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Fouette bobonne !

© le NetCeci est un billet-concept : je l’écrirai au fur et à mesure de vos commentaires.

Il répondra à la question posée hier par l’abominable Kebra hier, ici : DOIT-ON FOUETTER LES FILLES ? 

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Ginko dit que oui, mais seulement si elles en font la demande ; il précise par ailleurs qu’elle sont toutes demandeuses mais que nulle d’entre elles n’ose l’avouer. Ce que confirme Marina avec un petit clin d’œil malicieux qui ne laisse guère place au mystère…

Lemmy, grand connaisseur, n’est pas pour le fouet − instrument difficile à manier − : il favorise la fessée et le ligotage langoureux.

Notre ami conservateur (en chef) du patrimoine avec lequel Annie s’entretient présentement au téléphone, dit : « pourquoi ne faut-il fouetter que les filles », et « faut-il fouetter uniquement les personnes qui le demandent ? ».

Pseudo abonde dans le sens de not’ conservateur (en chef) : « faut-il aussi fouetter les hommes ? ».

Dodu affirme que ce sont là des fantasmes typiquement masculins… (j’ai des doutes).

Banana trouve l’art du shibari assez tentant, mais craint l’assoupissement  du maître-noueur

Mon-Al et Pseudo sont d’accord sur le fait qu’il ne faut pas que ça fasse mal… ou alors juste un tout petit peu… ce qu’il faut pour faire grimper aux rideaux…

Ben85 fouette du calbute en adepte certifié de la crassophilie hydrofuge. Le fumôt dégagé par not’ sporteux officiel attira irrésistiblement N°6, qui lui fit très justement remarquer que « le sport , c’est du sado masochisme de la pire espèce puisqu’en plus cette pratique immonde hypocrite n’ose même pas s’en revendiquer… »

Insidieusement vers neuf heures du premier soir, la déconnologie glisse vers le Hors-Sujet : il n’est plus question de fouetter quiconque, mais de humer des vapeurs sui generis de haute graisse.

À minuit, Camille revient sur le Sujet en proposant une séance de martinet aux déconnologues volontaires, qui se débinent tous, kondukator inclus, en faisant des pirouettes.

 

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L’anarchie, c’est nul à chier

Broyé du Poitou à l'angélique - Illustration © Cyprien Luraghi 2009

« Les gouvernements, lorsqu’ils durent, tendent toujours vers des formes aristocratiques. Aucun gouvernement de l’histoire n’a échappé à ce processus. Et, au fur et à mesure du développement de l’aristocratie, le gouvernement a de plus en plus tendance à n’agir exclusivement que dans l’intérêt de la classe dirigeante, que celle-ci soit une royauté héréditaire, ou une oligarchie fondée sur des empires financiers ou une bureaucratie installée. »

Frank Herbert
Les enfants de Dune


C’était La Pensée Du Jour (LPDJ) de l’autre jour… et comme toujours depuis des années je la reçois au courrier, envoyée par l’ami Vincent.[1] C’est devenu un rituel (de plus) sur l’Ici-Blog, qui est tenu par un hindouiste athée comme un cochon aimant les fioritures, les bâtonnets d’encens et les machins kitsch sans la moindre utilité.

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Les gouvernements, c’est de la merde et les gentils qui suivent les guides suprêmes des gros moutons. OK, je suis bien d’accord avec Frank Herbert sur ce coup. Pas que sur celui-ci, d’ailleurs : avant tout le monde, il a été un des chantres de l’écologie planétaire. Rien à voir avec les sommets actuels, au cours desquels des pingouins encravatés croisent des cyclistes urbains trieurs de poubelles. Ça, c’est vraiment le fond du tiroir de la connerie humaine.

Mais bon : le sujet du billet, c’est le pouvoir et ses dérives obligées. l’écologie, je la laisse aux bio-mormons sinistrés de la comprenette.  Tiens : un exemple très évident de ce que dit Herbert : Sarkozy, c’est un dictateur sans pouvoir. Il est bridé par la Constitution, le monsieur. Sinon, c’est Napoléon III moins la culture générale.

Sans pouvoir absolu, il offre le spectacle affligeant d’un Mussolini fanfaronnant à la tribune des imperators, sans toutefois pouvoir totalement exercer ses effets néfastes ; c’est d’un riducule achevé. Oh : il fait pourtant tout ce qu’il faut pour se rendre haïssable à mes yeux et ceux de nombre de ses sujets : je ne remettrai pas sur le gaz les inévitables analogies entre sa gouvernance et la triste époque de la Révolution Nationale, parce que c’est mal vu. Il paraît qu’il ne faut pas. Mais comme je me fous du bien et du mal et en véritable malotru je le dis : il est heureux que l’Unter-Duce de la France soit tenu au bout d’une chaîne et ne puisse qu’aboyer en grimaçant comme un caniche-bull. Il dégueulasse déjà suffisamment son bac à sable.

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Or donc les jeux de pouvoir n’ont pas mes faveurs : quoi de plus normal puisque l’anarchie est mon idéal. Et c’est quoi, l’anarchie ? L’utopie des utopies : les rishis[2] en discutaient déjà les mérites il y a plus de trois mille ans, chose inconnue ici, puisque l’intégralité des références culturelles est centrée sur « notre » « civilisation », ce qui fait beaucoup de guillemets pour pas grand-chose.

Mais voilà ; tout anarchiste qui se respecte sait une chose essentielle : il ne verra pas son idéal appliqué à l’ensemble de la société humaine de son vivant, ce qui engendre chez lui une foule de sentiments forts, débouchant sur le terrorisme à la façon de Ravachol, la désillusion morne ou le cynisme flatulent, voire à l’immobilisme railleur[3] ou au néant individualiste.

Mais non : j’oppose à cette sinistrose flippante, ma devise personnelle : ni Rien ni Quoi, mais Comment ?

Autant le dire tout de suite : il y a du boulot. Comment réussir à ne convaincre personne des bienfaits d’un mode de fonctionnement qui n’a pour ainsi dire jamais été pratiqué, déjà ? Faire l’anti-missionnaire, c’est un taf à plein temps. Ne soyez pas anarchistes : c’est sans intérêt ; vous ne verrez jamais le fruit de vos idées prospérer au soleil sur la planète bleue. Continuez à vénérer les chefs : ils ont vachement raison de nous prendre pour des cons. Persistez dans l’infantilisme : c’est suave et mou comme un hamburger industriel.

Ne fumez pas ! N’enfumez plus !

 

  1. Alias Sambucus. []
  2. Sages de l’antiquité hindoue. []
  3. Dont je fus récemment qualifié par l’ami Kebra [NVDF] : qui n’est plus mon ami depuis longtemps. []
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Rue88

© Annie Luraghi 2008

« La violence est préférable à la lâcheté,
la non-violence est préférable à la violence. »

Gandhi

 

J’ai quitté Rue89 en demandant à l’équipe de supprimer mon compte, et d’effacer l’intégralité de mes messages. Je veux qu’il ne subsiste pas la moindre trace de mon passage dans cette rue qui pue.

Au printemps, après y avoir écrit deux mois durant, je l’avais déjà quittée en expliquant pourquoi.[1] En novembre, j’y suis retourné comme si de rien n’était, et, de fait : rien n’était. Je m’étais souvenu de l’immeuble, au 89, avec ses affiches publicitaires et sa façade lumineuse, où les actualités défilaient à toute berzinque en clignotant, et de ses caves comme un tunnel de métro bondé, aux odeurs d’aisselle, de suint de rat et d’eau de toilette bon marché, d’épices exotiques et de cols amidonnés.

Mais là, au fur et à mesure que j’arpentais en sifflotant, j’ai eu un doute : je me serais-t-y pas gouré, des fois ? Pas de rue, non, mais de numéro : ça reniflait comme dans le vieux chenil pourri d’en face, au 88, d’où émanait déjà une violente odeur de merde et de sang séché.

BLOCK 88 sur l’enseigne.

Huitième lettre de l’alphabet, deux fois, comme Heil Hitler. Un signe de reconnaissance des nostalgiques du grand Nettoyeur.

 

Rue88, donc. OK, je me pince le nez : ils ont changé de locaux, c’est tout, que je me dis. Mais non : le décor était tout pareil ; j’étais bien là où il fallait. Les voisins avaient juste sous-loué une partie des caves, d’où la pestilence. Y avait l’odeur, et le bruit qui va avec : des hurlements répercutés sur le béton, claquant sonore. J’ai dit bon, quand faut y aller, faut y aller, faire les pleins poumons et arrêter de respirer… et taper, taper, taper, sur mon clavier comme au concert de casseroles. Et puis avant-hier, j’ai eu mal au bout des doigts : je me suis senti tout clou. Coincé entre marteau et enclume. Entre le hautain garde-chiourme et la soute à gros fachos.

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La Rue88 est devenue le coupe-gorge favori d’une bande de salauds qui s’en donnent à cœur-joie. Ce n’est pas nouveau : au printemps, j’avais tiré ma révérence pour cette même raison. Et là, je me suis fait eu  dans le cul comme un bleu : j’ai cru, une fois de plus à la publicité mensongère qui proclame haut et fort que chez eux, c’est « l’Info à trois voix », la troisième étant celle des internautes, dont je suis.

Mais non : comme l’écrivait ce matin Marie-Sophie Keller à l’ami Kebra :[2]

« La révolution par les trois voix, c’est en terme de provenance de l’info, pas de mode d’organisation. »

Pour aller lire le dialogue en question sur leur site : CLIC ! Elle a raison, Marie-Sophie : c’est nous qu’on est cons. Quand Sarkolas-le-Maudit me dit : casse-toi pauv’ con, j’obéis, et à Marie-Sophie aussi, et à Chloé Leprince, et à toute la salle de rédaque.

Si je les fait plus chier que le gang d’identitaires islamophobes, alterophobes et phobes tout court, ben je me casse : si je suis plus indésirable qu’un profanateur de cimetière ou d’un autre qui écrit qu’ils faudrait priver les détenus de nourriture pour les calmer (Signé Ouko, Célibataire) ou un ‘Pedro66’ qui souhaite ardemment renvoyer les Sans Papiers raflés tassés dans des charters dont on aurait arraché les sièges… ou que ‘Bardamu’ insulte la mémoire des époux Aubrac en se présentant toujours propre sur lui comme un simple citoyen ‘de droite’ et que la rédaque ne voit pas, parce qu’ils n’ont pas ‘quatre bras’, comme ils disent… et certainement pas non plus quatre cervelles, et encore moins quatre cœurs, sans parler de quatre nez : c’est pas des fins limiers ni des bons truffiers, ah ça non !

Moi, je pense surtout – comme Kebra – que c’est une rédac de notaires. Qu’il n’y a pas de big boss totalement barge comme Jean-François Bizot, par exemple… qu’il n’y a pas de fine équipe. Rue88 est un gratuit jetable et qui en jette : c’est la presse Kleenex qui n’a pas d’opinion, pas de goût, pas d’odeur. Quand ça sent la merde dans la soute, pschittt-pcshittt, comme faisait Chirac : un bon coup de déo et ciao.

Rue88 s’en fout : elle est goudronnée de frais, il ne lui manque plus que les plumes pour faire bon effet.

Rue88 n’est qu’un des petits reflets de ce qui se passe partout ailleurs sur l’internet mercantile : une ville pourrie aux rues jonchées de merde avec des poubelles dégueulantes sans gardiens de la paix, quadrillée par des miliciens de Darnand ivres de haine traquant l’Étoile Jaune, avec Philippe Henriot à fond à la radio.

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Dans la Rue88, il ne faut surtout pas faire ce genre de parallèles : on vous saute tout de suite sur le paletot, et même pour moins que ça… Pourtant, je persiste : les fascistes actuels n’ont fait que remplacer l’antijudaïsme par l’islamophobie et le bolchevique exécré par une tarnacoise de la Cellule Invisible. L’histoire se répète alors que les cendres des fascismes du siècle mort sont encore chaudes…

***

Cet après-midi, j’ai reçu dans mon atelier monsieur Francisco, son fils Jean-Claude qui est un bon copain, accompagné de sa fille : trois générations. Monsieur Francisco a vécu la guerre civile espagnole et il veut raconter ce qu’il a vu : il en est très marqué. Comme Lucie Aubrac et d’autres Résistants, il veut transmettre sa mémoire : je me suis proposé de les recueillir et de les transcrire, pour les publier ensuite, sur le papier et sur le Net.

En quelques petites phrases, ses yeux clairs plantés dans les miens, j’ai réalisé combien il était important de dire l’indicible, de l’écrire et de l’offrir à la lecture publique : ce qu’il a vu dans les jarres d’huile trouvées par les Républicains dans un couvent aux nonnes presque toutes enceintes, dépasse l’entendement et se doit d’être brandi, puis projeté comme un brûlot à la face des ignorants qui ne réalisent pas à quel point le danger est grand de laisser parler les fascistes de notre temps.

Rue88 les laisse agir librement : c’est leur petite affaire, leur boutique, leur fond de commerce. Leur responsabilité. Leur choix. Pas le mien ! 

cyp
en ligne(s) et à l’œil
« compte supprimé 24 »

*** 

Merci à G2G pour sa trouvaille : Rue88 ! Five points.

 

  1. Lire le billet lié « À la Rue » []
  2. Note Venue Du Futur : Kebra le « bisounours killa » , qui n’est plus du tout mon ami depuis bien longtemps. []
Publié dans Pilotique, Spectacle, Trollogie, Trouducologie | Autres mots-clefs : , , , , , , | 232 commentaires
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