Archives par tag : Dodu

Billet gynophile

 

« Changent nos cœurs et vos prénoms
Comme la couleur des saisons… »

 

Aline l’énergique qui administre le service avec compétence et amabilité.

Valérie la silencieuse au sourire reposant .

Tania notre rayon de soleil, qui sait si bien accueillir tous les nouveaux et les mettre à l’aise.

Marie-la-petite-nouvelle qui déborde de bonne volonté et d’enthousiasme pour ce métier si difficile qu’elle exerce déjà avec beaucoup de cœur.

Véronique la coordinatrice efficace, interface indispensable entre la connaissance médicale et les angoisses des patients

Les intérimaires comme Séréna qui mettent toute leur énergie à s’intégrer à l’équipe pour le plus grand bien de tous.

Les « libérales » Carole qui sait si bien dépasser ses propres problèmes et Marie-No à l’accent savoureux, sur qui on peut compter aussi bien pour les soins de suite que pour les urgences.

Marie-Pierre qui veille sur notre confort, Amandine-la-belle-au-doux-sourire capable de tenir la main de ceux qui sombrent dans l’angoisse.

Et vous toutes dont je ne connais pas les prénoms : secrétaires efficaces et aimables, femmes de ménages qui craignent toujours de nous déranger et dont le travail est indispensable pour notre sécurité en ce milieu si agressif ; préleveuses des labos, mes vampirettes préférées, préparatrices en pharmacie qui veillent plutôt deux fois qu’une à ce que les traitements soient bien attribuées au bon patient…

 

Merci à vous.

 

(Ce billet est dédié à toutes les équipes para et périmédicales qui gravitent autour du service d’oncologie de la Clinique Saint Roch, et qui se trouvent n’être composées que d’éléments féminins.)

E la nave va…

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De l’autre côté de la blouse

 

Réa 1, 22h30, fin des transmissions équipe de jour / équipe de nuit, chaque malade a été retourné, massé, cocoonné par les mains efficaces et bienveillantes des soignants, les premières rondes de surveillance ont eu lieu.

Lumière tamisée, la nuit de la réa est traversée des milles bruits des machines d’aspiration, du chant polyphonique des alarmes, du tintement cristallin d’une « machine qui fait ping », des lueurs de l’affichage du monitoring.

Parfois s’élève le hululement d’un malheureux décompensant une crise d’angoisse, ou le tip-tap trotte-menu d’une infirmière pressée de répondre à un appel, et puis retombe la sérénité bercée par le bruit des machines.

Étalée sur le lit, méduse échouée dans l’entrelac tentaculaire des sondes, drains et cathéters, sentir monter en soi une énorme rage, colère contre cet alien né de soi dont Jojo-les-doigts-de-fée a extirpé la masse principale, mais dont il faudra combattre l’hydre métastasique jusqu’à la dernière tête. Mais aussi révolte contre cette énorme faiblesse qui vous submerge, cette maladie qui bouscule le grand jeu de rôle de la vie en vous faisant passer brutalement du statut de soignant à celui, beaucoup plus universel, de patient.

Est patient qui subit l’état de malade, mais aussi qui accepte de donner du temps au temps, de ne pas bousculer les règles du jeu, mais de s’appuyer sur le réel pour récupérer progressivement et se battre plus efficacement.

Chasser la mélancolie et la rancoeur, accepter avec reconnaissance l’aide technique des professionnels mais aussi l’affection de ceux qui vous aiment, se laisser porter par la tendresse.

Fermer les yeux en attendant l’aube d’un nouveau jour, d’une nouvelle espérance.

(en hommage à Marina qui a si bien su comprendre mon état d’esprit)

[Note de Cyp au lecteur inconnu : pour comprendre de quoi il en retourne dans ce billet de Dodu, lisez ceci : CLIC]

E la nave va…

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Fut glace fugace

© Cyprien Luraghi 2008Tout est pris, soudé, en bloc. Mais n’allez pas croire que ça fait bloc : c’est des glaçons chacun dans leur coin, qui se les pèlent et s’épient en chiens de faïence loin de l’un, de l’une.

Des blocs de chair fondant en se frottant le lard aux autres larrons dans de trop éphémères raouts, en de lointaines capitales. Et qui passent à la casserole et puis au four et se flambent aux alcools capiteux pour se finir aux digéros fulminants et décapants chez la mère Dodu, pourquoi pas donc ; quelle belle et bonne idée de se dégeler par les temps qui courent : c’est une époque à griller au chalumeau tellement elle est glaciale.

Dégeler ou se coller des dégelées ? ou les deux ? ou rester tout glaçon comme les passants gris des rues marmoréennes où le moindre pas résonne et fronce les sourcils des résidents. Tsk, tsk : très peu pour nous.

Ah et puis c’est trop court le temps d’un grand réchauffement, toujours. Si c’est trop long, c’est pas une fête. C’est comme un billet de blogs : court et jouissif, si possible. Sinon il y a les volumes de la Pléiade dans la bibliothèque, à portée de main.

On y entre cru et on en ressort cuit. On n’a qu’une seule envie : remettre ça sur le gaz en rentrant chez soi plein gaz sur le verglas.

Frottons-nous la couenne !

***

Touillé sur la gazinière de la Maison de l’Horreur avec deux idées de Marina et Sambucus, que vous lirez ici : CLIQUEZ DUR (la page est longue à charger).

 

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