Vent de rumeur

Illustration © Cyprien Luraghi 2013

Serge à l’assaut

On dirait pas mais il s’en passe de drôles à Puycity ces derniers temps…  en 2009 on a eu la mante Caroline à la maison, qui frayait avec le petit goret de porcelaine. Elle était tombée dans la cheminée, à côté du pot de pommade Cochon et puis restée quelques jours en notre compagnie avant de prendre son envol au delà de la porte rouge.  

Et puis Serge s’est radiné cette année à la mi-juin avec ses airs de faux garçon, tout speedé et cliquetant des élytres, atterrissant dans les cheveux d’Annie. Puis s’est viandé sur le parquet avant d’entamer l’escalade de mon blue jean avec des intentions que je ne préfère pas savoir. Enfin s’est cogné partout avant d’aller roupiller bien planqué derrière le buffet. Et redécoller après le café, à l’heure des nouvelles du dehors, poussées au vent de notre petit quartier − dit de la Pétaudière par les méchantes langues des péteux du haut bourg. 

***

Après-midi

Le voisin de gauche passe boire un caoua et papoter un brin, et puis à l’atelier un peu plus tard ça cause politique avec un client devenu copain − il est du Front de Gauche et commence lui aussi à en avoir jusque là du furieux bruyant cramoisi de pacotille qui leur sert de grand chef, pour l’heure. Faut croire que l’ambiance atroce du quinquennat d’avant a pénétré bien des esprits à cœur, pour que le Peuple[1] acclame une réplique de son détestable papa national éjecté en mai de l’an passé.

Et les fachos ont une maman d’enfer
tout en viscères.
Dents de murène et haine sourdant aux commissures,
tout en crocs
commerciaux.

***

Trois heures la nuit

Le voisin d’en face se rend au boulot à la boulangerie du coin de la venelle. Il me fait un salut en se tournant vers la fenêtre de la cuisine et je le lui rends : un autre rituel qui rythme mes nuits immuablement. J’aime ce moment. Et le petit quartier à l’entour avec son petit monde bonhomme, déambulant. Et ses petites bêtes qui ne mangent pas les grosses et font escale au gré du vent…

Caroline © Cyprien Luraghi 2009

 

E la nave va…

  1. Putain qu’il est GONFLANT le Chon avec ça aussi… []
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