Frénétique Fantasy

 

Je ne sais pas si vous ressentez parfois un brin de nostalgie à l’évocation des films que l’on classe un peu facilement dans la catégorie « Héroic Fantasy » des années 50 et 60. 

Moi oui.

Ah Jason et les ArgonautesLe septième voyage de Sinbad ou encore Jack le tueur de géants. Ces toiles enchanteresses magnifiées par les trucages d’un Ray Harryhausen, désormais complétement dépassés mais si poétiques, mises en musique par un Bernard Herrmann perdu dans un Bagdad de pacotille, n’avaient pas d’autres prétention que de divertir. Tout en maltraitant la mythologie gréco-latine sans scrupule ni arrière-pensée. Du pur spectacle, quoi.

Comme une grande partie du budget était en général dévolu aux effets spéciaux, côté acteurs, à part une charmante bimbo de circonstance, des hommes jouaient les cadors, de vrais mâles, mais au charisme d’huître pas fraîche. M’enfin, qu’importe : Le récit mythologique était un prétexte à voir un héros venir à bout triomphalement de tous les dangers. Une sorte de Superman antique quoi.

Le genre périclite dans les années 70, avec un curieux soubresaut avec Le choc des titans (1981) de Desmond Davis, produit par Harryhausen, aussi à l’oeuvre pour les effets spéciaux, une dernière fois. C’est charmant et désuet. Puis les dieux se rendorment pour l’éterni…Tss Tss…quelques années. Car les effets spéciaux ont tellement techniquement progressé que les champs du possible (et toc, fallait que je le place) sont d’une vastitude infinie, enfin en fonction du budget quand même.

 Le remake du choc des titans commis par le français Louis Leterrier, gonflé aux hormones et aux millions de dollars allait nous en foutre plein la gueule. Las, seul reste, point commun avec ses ancêtres, des comédiens au talent discutable. La frénésie du montage, la musique omniprésente et un scénario sans originalité achèvent de tuer un projet intéressant, du moins pour moi. Ce n’est ni plus ni moins la reprise des exploits de Persée version 81, une sorte de copié collé avec un côté jeu vidéo hystérique.

Je suis donc allé voir La colère des titans, la suite. Mon masochisme n’a d’égal que mon opiniâtreté à tenter de devenir un super exégète du cinéma de genre, non mais ! ©. Bon, autant le dire illico, ça casse pas trois pattes à un canard. C’est tonitruant, c’est pyrotechnique et la 3D, inutile dans les 3/4 du film, est beaucoup plus efficiente pour la baston finale. Persée reprend du service ; il a pour mission de bouter les titans ; et il va le faire. [point virgule pour la respiration ;-)]

Le film est néanmoins intéressant sur un point : alors que ses aînés surfaient sur le strass et la pacotille, désormais, il évoque la fin du monde des dieux et rejoint un pessimisme ambiant sur le nôtre, de monde. Zeus, Arès et Héphaistos clamsent, laissant les mortels à leurs turpitudes. Le hic, c’est qu’il hésite entre un style « gothique » ténébreux et un montage clipesque. L’autre os, ce sont les dialogues ineptes. Enfin, quelques têtes connues (Liam Neeson entre autres) sont venus cachetonner sans entrain ; et ça se voit.

Donc, chers Icypiens, je vous conseille les old school movies, visibles gratos sur le net plutôt que perdre quelques euros pour ce genre de fadaises. Ne me remerciez pas ; j’aurai pu vous coller un comparatif d’un discours de Marchais et de Mélenchon.

C’était la rubrique des Héllènes et les garçons [les vrais]

PS : j’ai mis de côté la saga des Conan, je suis passé à côté d’une part, et elle ne fait pas référence à la mythologie gréco-latine.

La bande annonce résume farpaitement le film. C’est là : La colère des Titans – Bande annonce officielle

 

E la nave va…

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