Le trésor gélinais

Image trouvée sur un disque dur jeté à la benne, tritouillage © Cyprien Luraghi 2010

Les choses ont bien changé, sur le Mont Gélin. Et l’ambiance aussi : jamais la tension n’a été aussi forte. Seul Savachié, le livreur de fleurs et d’épines, arbore sa jubilation.

L’histoire du Mont Gélin est bien riche, en voici la chronique.

Les temps anciens

La terre est dure, mais l’eau est abondante. Les poules, principale ressource des Gélinais, pondent et se reproduisent. En haut de la colline domine le grand apérotier, dont les feuilles aux vertus psycholeptiques incitent celui qui les touche à inviter ses voisins.

Le chef Bonnepioche, propriétaire privilégié du seul coq gélinais, affiche sa richesse avec ostentation en même temps qu’il cache une blessure douloureuse : À la mort de son père, héros gélinais, il a été victime d’une crise d’amnésie et a oublié le grand secret des Bonnepioche, transmis de génération en génération, qui faisait de cette famille un modèle de sagesse. Un malheur n’arrivant jamais seul, depuis ce jour, la feuille d’apérotier ne lui fait plus aucun effet. Loin de s’en plaindre, il en simule les sensations, invitant même ses voisins plus qu’à son tour. Ce qui a toujours mis les Gélinais en joie, sauf Savachié que ça met en rage, rapidement raisonnée par Bâbord et Tribord, les fidèles conseillers de Bonnepioche.

Premier jour

C’est Bâbord qui l’a trouvée. On n’a aucune idée de sa provenance, mais elle flottait, immobile, au fond du Péhibé, le principal puits d’eau potable du Mont Gélin. D’un verre coloré et bullé, scellée par un bouchon de résine, la bouteille laissait voir le rouleau de cuir tendre joliment maintenu par un nœud de jonc.

À l’apéro du soir, on a fait fondre la résine, libéré le rouleau de sa gangue et de de sa bride, et chacun a pu admirer ce que révélait le parchemin : une carte aux trésors.

Jéfellessèque, le brillant compteur de ponte, jugea précieux la bouteille et la carte, et décrypta les symboles de celle-ci sans souffrir du moindre avis contradictoire, comme de coutume car personne ne voulait compter les œufs à sa place. Jéfellessèque semblait du reste avoir raison, et chacun acquiesça à ses conclusions : on cherchera le trésor à l’endroit par lui désigné, et on conservera la bouteille. Mais surtout, à l’avenir, le possesseur d’une carte sera propriétaire du trésor correspondant.

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