De prime abord

© Cyprien Luraghi 2007

 

Il faut pousser.Il y en a qui disent qu’il ne faut pas, et moi je dis que si. Comme ça, c’est le printemps. Poussez tout juste le bouchon, l’ivresse est à votre portée… Je l’écrivais hier parce qu’il faisait nuit, et si froid au dehors, et que dans ces cas-là il faut un peu d’espoir en rêvant à des bananiers géants, des éléphants, des plantes qui poussent dru alors que les feuilles tombent.

***

C’est un bébé lézard qui a poussé sur le plancher de notre chambre ce matin, alors que je m’apprêtais à descendre à la cuisine revêtu de ma tenue de Calbuteman.[1]

Je l’ai descendu à la cuisine et puis bu mon café pendant que la bestiole n’exprimait aucun sentiment visible dans sa boîte, sur la table. J’y ai tiré le portrait et puis je l’ai posé dans les joubarbes, sur le muret de la terrasse. Vu de près, c’est un peu un varan. Vaut mieux pas être une mouche. Sauf que là, mon saurien, tu risques bien de la trouver mauvaise : elles sont toutes clapotées. Et après le redoux, t’auras droit au redur. Il s’en fout, le pépère… Il doit même pas savoir ce que c’est que mourir ; ou bien il tournera au ralenti à l’antigel, planqué le sang glacé dans une fente de muraille.

***

Je me recolle vite fait au chaud, avec un autre grand café ; à la radio ils parlent de notre souverain, l’Inique Holà, l’assassin des enfants de Mandrin ; et c’est alors que l’image me revient pour se superposer à celle de la race des prédateurs qui nous gouvernent comme des merdes.

Sous Caligula, au moins, c’était fun. 

  1. Tricot de peau et caleçon en Flanellex™ ; si vous criez très fort je vous envoie la photo dédicacée sur le blog. []
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