Archives par tag : zombie

zombillet

 

Le film de zombie est un sous-genre du cinéma horrifique qui se caractérise par l’apparition de créatures revenant de l’au-delà, généralement en sale état, pour titiller, et accessoirement dévorer les « vivants ». Apparu dans les années 30, la toile zombiesque fait référence au vaudou à la base. Mon propos laissera de côté cet aspect exotique et suranné du genre. J’évoquerai la venue du zombie moderne, en voie de décomposition et définitivement cannibale. En quoi le mort-vivant fait-il peur en même temps qu’il fascine [enfin moi et quelques fondus] ? Le tabou ultime de l’anthropophagie y est pour beaucoup, mais ce n’est pas la seule raison. Dressons un panorama non exhaustif d’un genre saignant, si vous le voulez bien.

Le zombie romerien

À ne pas confondre avec le zombie romehrien, qui parle beaucoup et qui agit peu, le mort-vivant romerien est un taiseux ; il se meut lentement, gauchement et attaque en meute. La claque de « la nuit des morts-vivants » (1968) va secouer un cinéma d’horreur devenu conventionnel. George A. Romero, avec sa bande de potes de Pittsburgh, livre un film en noir et blanc flippant à souhait. C’est fauché, mais le climat oppressant et malsain pose les jalons d’une œuvre consacrée à cette créature chancelante. Ce n’est pas gore, malgré quelques scènes chocs, et déjà, on sent poindre les opinions politiques du réalisateur : le héros est noir, son sort est inéluctable bien que son courage soit remarquable, les vivants se cloîtrent pensant être protégés. Mais leur égoïsme, leur bêtise, leurs instincts vont faciliter la tâche des assaillants.

Immense succès. Pourtant Romero devra attendre 10 ans pour commettre non pas une suite, mais plutôt une relecture du mythe. Grâce à des fonds italiens, notamment grâce à Dario Argento, en pleine vague giallo [un autre sous-genre sur lequel je reviendrai] sort « Zombie », l’aube des morts-vivants, dont l’action se déroule principalement dans le temple de la consommation US, un mall. Ultra gore, anarchiste et implacable, le film est interdit aux moins de 18 ans en France. Curieusement, les zombies acquièrent une sorte d’humanité, qui ne cessera de se développer par la suite. La critique sociale et politique est désormais explicite. Les hommes ne peuvent plus l’emporter : ils sont définitivement trop cons. Ce sont d’ailleurs les pillards qui vont aider les zombies à pénétrer dans ce Fort Alamo qu’est l’hypermarché. Ils errent dans un endroit qu’ils connaissent fort bien et en délogent les survivants.

Viendront par la suite « Day of the dead » (1985), huis clos dans une base militaire avec des soldats complètement dégénérés et un savant fou qui se servent des zombies comme cobayes… Dans « Land of the dead » (2005), les survivants sont murés dans une ville vouée à l’abandon et au luxe – une parabole de la cité américaine moderne – dirigée par le génial Dennis Hopper en mégalo timbré ; désormais les zombies sont un prolétariat qui s’organise autour d’un chef, noir il va de soi. Alors que l’on s’attendait à une tétralogie finie, la mode du film de zombie, en plein renouveau dans la première décade des années 2000, va permettre à Romero de réaliser « diary of the dead » et « survival of the dead », une préquelle et une histoire indépendante autour des rivalités entre « seigneurs » d’une île… qui de refuge se transforme en piège. Moins réussis que les précédents, selon moi, ils n’en restent pas moins des films du maître ès-zombie : le grand, l’unique George A. Romero ! Cet échalas n’a jamais sacrifié son honnêteté pour se vendre à Hollywood [un coup d’oeil rapide sur sa filmographie le montre aisément, là http://www.imdb.com/name/nm0001681/]. On peut trouver la critique de la société de la part de George Romero naïve, certes.

 

Le zombie spaghetti

Selon l’expression attibuée à Jean Pierre Putters, ancien rédac’ chef de Mad Movies, à l’instar du western, du polar, de la comédie, le film de zombie va être récupéré par les cinéastes italiens… Mais n’est pas Sergio Leone qui veut. Ainsi de nombreuses toiles, parfois intéressantes, la plupart du temps gore et outrancières, vont se succéder, grâce au marché de la VHS, en pleine explosion au début des années 80 : Lucio Fulci commet sa trilogie, lorgnant sur Romero [« L’enfer des zombies », « L’au-delà », « Frayeurs »] pas inintéressante, mais plutôt molle. Le pire est à venir ! « Le manoir de la terreur » (Andrea Bianchi 1980), « L’avion de l’apocalypse » (Umbert Lenzi 1980), »La terreur des zombies » (1980) et le cultissime – surtout pour Cyp et moi – « Virus Cannibale » (1981).

Outre que cette « école » ne durera que quelques années, elle est caractérisée par des films de plus en plus fauchés, complétement décousus et, au final, charmants de ringardise : décors nuls, stock-shots, maquillages grossiers – genre pizza froide sur la tronche et vogue le zombie ! – situations aberrantes – zombie vs requin, vs cannibales, vs chevaliers, vs tout ce qui tombe sous la main de ces tâcherons bien sympathiques.

 

Le zombie frenchie

C’est le pire de tous. Dans le sens où là, ce ne sont même plus des tâcherons qui sont à la manœuvre, mais les pires nanardeux de la boîte de prod’ Eurociné (le must du nanard de l’époque) qui s’y attellent : Jésus Franco (« L’abîme des morts-vivants », « Une vierge chez les morts-vivants ») et Jean Rollin (« Le lac des morts-vivants ») par exemple. On perçoit tout de suite la volonté d’exploiter au maximun un filon « direct to video ». C’est nul, vaguement érotisant – Rollin et Franco évoluent parallèlement dans le porno soft, puis hard – lent, mal joué et pompeux, bref à éviter. C’est d’ailleurs pour cela que cette vague durera encore moins longtemps que l’italienne, tous ces réals signent leurs « toiles » sous pseudos, tellement ils n’y a pas de quoi se vanter. Un cas particulier : « La revanche des mortes-vivantes » (P. Reinhardt, 1986), un film d’exploitation tourné sous trois angles, comme le commettait l’italien Joe d’Amato : un film horrifique (ridicule), un soft porno et un hard XXX (pas vu, je vous vois venir…). Les 80’s, c’était du n’importe quoi !

 

Le zombie électrique

Il est speed, ne s’en laisse pas compter, possède une force hors du commun et son appétit est immense. Pour le repaître, il lui faut des litres de sang et des monceaux de chair. Initié par le film culte de Sam Raimi, « Evil dead » (1982), cette tendance plutôt américaine, va, quant à elle durablement s’installer, et ce jusqu’à nos jours. « Evil dead », c’est de la bombe ! Les zombies, possédés par un esprit maléfique, ne sont pas cannibales, certes, mais vont tout faire pour vous faire flipper : c’est réussi ! « Evil dead 2 » est la même histoire relue 5 ans plus tard, « Evil dead 3 » est une parodie plutôt drôlatique et médiévale (sic !). Sam Raimi bénéficie désormais des largesses d’Hollywood (« Spider-Man »), mais réalisent des trucs intéressants (« Jusqu’en enfer », « Un plan simple).

Très vite, cette « nouvelle vague », comme l’écriraient certains cuistres de Rue!ç, se scinde en deux branches : la gore et la parodique. Côté gore, quelques films intéressants : « Re-animator » (Stuart Gordon, 1985), Simetierre (Mary Lambert, 1984), mais surtout plein de petits films fauchés, parfois marrants, toujours peu ragoûtants. Côté parodique, à partir du « Retour des morts-vivants » (1984) et « Flic ou zombie » (1987), plutôt réussi, suivront une floppée de films – encore – plus fauchés les uns que les autres, mais qui seront la source d’inspiration d’une immense comédie zombiesque : Shaun of the dead » (E.Wright, 2004). C’est redondant certes, mais le vrai film de zombie se doit de ne pas être un blockbuster, il y perdrait son âme. Et puis quoi, je pourrais même plus jouer les snobs ;)

Mention spéciale pour la boîte de production « Troma », de Lloyd Kaufman, qui produit à tour de bras des films à (tout) petit budget aux titres ronflants : « Bloodsuchers from outer space », « I was a teenage zombie », « Redneck zombies », « Zombie campus » etc etc…. Le pricipe est simple : des rednecks, des filles à fortes poitrines, de l’humour gras, du rock, des maquillages improbables, du gore potache.

 

Le zombie néo-zélandais

Pour finir, j’ai choisi « Brain dead » (1987) de Peter Jackson, pour une sorte d’apothéose zombiesque. C’est la parodie ultime, ultra gore et méga drôle d’un cinéaste chtarbé (à l’époque). Les morts-vivants s’accouplent, copulent, dansent,accessoirement dévorent leurs concitoyens, s’étripent même dans une orgie sanglante et à l’humour noir d’une haute acidité, tout cela à cause d’un singe-rat crès crès méchant ! Je préfère ne pas en dire plus et vous laisser le découvrir.

En faim

Je passerai outre le zombie espagnol, plutôt gothique à la base, désormais urbain (« [Rec] », 2007), japonais ou chinois, lié à la mythologie orientale. Je m’aperçois en écrivant, que ce sous-genre possède, en sus d’une filmographie riche et variée, un authentique dynamisme. Je me suis souvent posé cette question gamin : pourquoi cette attirance ? Pourquoi être entré dans cette salle de cinéma de Rochefort cet été 81 pour en ressortir tout flagada – Zombie était au programme après 3 ans de censure ? Je n’ai toujours pas la réponse… tout ce que je sais, c’est que j’y ai chopé le virus cannibale.

À vous de voir ;-)

Pour compléter :

BD : « Walking dead » Kirkman et Adlard, Delcourt 14 tomes
Série : « Walking dead », tirée de la BD , 2 saisons
Livres : Mad Movies HS « Les 4 resurrections de George Romero » 2005
Mad Movies HS « L’âge d’or du cinéma de genre italien » 2003
Ze craignos monsters (le re-retour), JP Putters, Mad Movies, Vents d’ouest, 1998

E la nave va…

Publié dans Cinoche, Déconnologie, Spectacle | Autres mots-clefs : , | 1025 commentaires

Série Z

 

C’est l’horreur.

Un vent à vous désorbiter.

Alerte rouge.

C’est la faute aux communistes talibans.

L’ultragauche a encore déraillé.

Tempête hivernale.

Des tas de kilomètres à l’heure et plein de millimètres d’eau. 

Alors, entre les pannes de jus, on a regardé le fleuve lécher la dernière marche de l’escalier au pied de la maison par les fentes des volets pourris, et puis on a maté des séries Z comme zombies, Annie, Shanti et moi dans l’atelier. 

Et c’était bien.

 

Publié dans Déconnologie, Tout court | Autres mots-clefs : , , , , , | 78 commentaires
Aller à la barre d’outils