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Dandy Dandin

Vidéos : CC Archives NASA  - Illustration © Pierre Auclerc 2010

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Apollo 17… pas foule devant les petits écrans, à l’époque. Tout le monde ou presque s’en foutait, de cette dernière mission lunaire. Et moi, le museau collé au hublot de la grosse télévision avec Léon Zitrone dedans, comme un crapaud sous la lune à attendre interminablement le bon moment : celui du gros pataud se dandinant pingouin dans le rutile et engoncé, coiffé d’or et de verre, tout empoté dans l’éther ; l’infini noir vif au dessus et foulant la cendrée gauchement.

Le crapaud a l’air de s’en foutre, ne battant pas paupière : roide et coi les yeux au ciel pendant que dans ce temps les sélénites entament la gigue une seconde lumière plus haut sous les étoiles.

Ce que nul ne voit, c’est que dès lors qu’on a le dos tourné, le crapaud file au grand sabbat des anoures énamourés du bel avril draguer la crapoussine en guibolant dégingandé, esquisser le moonwalk du grand rut printanier et sur son aire de dansement, s’envoyer au firmament tout gambillant.

 

I was strolling on the moon one day…

Vidéo CC NASA

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Sur une idée de Lemmy & Cie dans les commentaires du billet précédent.

E la nave va…  

 

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Sur le pied de grue

Cliché Lespinard 1913 - l'aviateur Jules Védrines à Prayssac (Lot) - Collection M. Mayssal ©

Une bien belle invention que l’avion : son doux ronron passant au dessus de nos maisons est bien plus harmonieux que le glapissement des grues cendrées. Et puis les avions pérégrinent à toutes saisons, rugissant gaiement des turbines et réjouissant nos cœurs et nos tympans ; et non pas seulement deux malheureuses fois l’an tels ces vils migrateurs trompettants, battant de l’aile.

Et point de fientes immondes : l’avion n’excrète que de très proprettes bombinettes, qu’il largue droit dans l’ mille au commandement des Nations Unies, pour punir rien que les gros méchants. La grue cendrée conchie pareillement les innocents dont elle bousille irrémédiablement les fringues chics.

Une belle salope, la grue cendrée ; interdite de survol au dessus de l’Élysée, ça va sans dire.

***

C’est pas tout ça, mais il y a les actualités. La foule me reproche souvent de ne pas assez en parler. Les grues cendrées, qui s’en soucie encore ? le monde entier roupille quand elles passent les frontières de l’espace Schengen en douce, déjà. Mais le monde entier se fout aussi de pas mal de choses : la dernière tenue de Chaaaaarlène et les retards de livraison du dernier produit de la marque Apple® l’occupent énormément, ainsi que de faire la Révolution en cliquant frénétiquement du bouton gauche de la souris sur les forums.

Or donc la France est partie en croisade contre le vil sarrazin en Libye avec ses beaux avions excrétant leur bombes astiquées exactement là où il faut, faisant couler le sang impur dans nos sillons sans que la moindre goutte éclabousse nos fils et nos compagnes. Cette nouvelle guerre a d’ores et déjà généré un nombre considérable de clics gauches dans l’opinion ; presque autant que le dernier chapeau de Chaaaaarlène, mais moins que le dernier produit de la marque Apple®, dont les sectateurs en manque se dessèchent à vue d’œil en faisant le pied de grue devant les rayons désespérément vides des magasins dédiés.

Ah et puis il y a les actualités politiques : la démocratie se porte bien, je vous assure. Elle va bientôt envoyer des grues aux japonais atomisés pour la reconstruction, à la satisfaction générale des clics de souris.

 

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Ce billet est dédié à tous les pauvres travailleurs exilés népalais, indiens, philippins et compagnie, qui se retrouvent abandonnés de tous, au beau milieu des croisades pétrolières.

E la nave va…

 

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Sujet cochon

Vidéo : © 2010 - BTS Communication Renoir - Paris - Avec Nono.

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On parle pas assez de trucs cochons sur l’Ici-Blog, alors que partout ailleurs ça s’étale en tartines à longueur de colonnes. Ça attire du monde à foison et les statistiques de fréquentation des sites foncent droit au plafond comme juste avant que les banquiers planétaires nous vident les poches.

Or tout est bon dans le cochon et c’est tout à fait déplorable de ne pas en parler plus souvent Ici, vu qu’on en est entourés et que c’est le sujet national. Marine le Pen par exemple, en pince pour le cochon dont elle a chopé quelques traits − par osmose sans doute − ; à moins que ça ne soit son vieux cochon de paternel qui en pince pour elle. Va savoir. Je dis ça pour créer le buzz : y aura forcément une chiée de lecteurs qui se chargeront de répandre la nouvelle de par le vaste monde et qui par effet-boomerang m’attireront des hordes de lecteurs. Ça me fera une belle jambe et mon ego hypertrophié gémira de contentement.

Ceci dit, chez ces gens-là on a des mœurs peu ragoûtantes. Comme chez les de Villiers en Vendée par exemple : empalés sur le crucifix et confits de nationalisme vieille France au salon pendant que les enfants s’enculent dans le cagibi.

Le cochon envahit tout ; jusqu’à la charcuterie halal des mahométans : CLIC. On en voit partout au point que ça gêne la circulation. On se sent plus chez nous à vrai dire, mais dans une porcherie. C’est obscène : on les voit exhiber leurs saucissons, poitrines et jambons en plein milieu de la chaussée ; des socialoches roses-bruns au front-nationalises, bras dessus, bras dessous faisant profession de foi et profusion de foie de verrat en terrine sous la bannière de Riposte Laïque.

L’Axe du Bien est foutu je vous dis : ses mœurs dissolues et galantines le dissoudront comme gélatine à gros bouillon et tout ça finira en eau de boudin.

E la nave va…

 

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Tous des putes

Illustration et vidéo © Pierre Auclerc 2009

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Il y a la mentalité qui va avec, et pas nécessairement l’attifement et l’attirail. Le genre aussi importe peu. Le ou la pute fait le pied de grue, soutenant sa minime cervelette, parce qu’ils sont supposés cons selon nos normes à nous, qui ne sommes pas grues.

Un con grue ne fait pas le printemps, surtout à cette saison où ils se tirent sous de plus auspicieux[1] cieux par la voie du ciel.

Les migrations putassières s’effectuent partout et n’importe comment ; on peut parler de phénomène plumassier planétaire. La grue africaine vient en masse chez nous et s’y installe à demeure depuis le Réchauffement. Beaucoup meurent d’épuisement en chemin, et finissent tristement noyées dans la Grande Bleue. Les survivantes ont élu domicile sur nos trottoirs, où elles croissent et se multiplient au grand dam des espèces locales.

Une autre variété vient de l’Est : la Beauté Slave. Elle tapine[2] à Pantin et, à l’instar de l’Africaine, peut s’apparier avec les mâles indigènes du sous-groupe blafard, ou grue-jambon. Le jambon attire la femelle allogène en la récompensant, non d’une traditionnelle parade nuptiale, mais en lui déposant au pied des quantités de denrées nourrissantes.

Le rut peut alors trouver son terme naturel.

Mais le jambon − quelques jambonnes aussi, parfois − choisit de plus en plus fréquemment d’aller déposer des denrées précieuses au pied de grues très exotiques, dont une concentration massive est observable au royaume de Siam. Contrairement aux Slaves et aux Africaines, il revient toujours au pays. Son bon vieux pavé lui manque vite ; d’un grand coup d’aile il se laisse porter par les vents alizés jusqu’à Roissy, où il atterrit invariablement.

Les poches et les couilles vides, Roger Jambon rentre chez sa Jambobonne. Depuis quelques années, Roger y a pris goût et pli. Il leur rend visite une fois l’an, avec tout plein allant et un bel élan. Alors vous savez ce qu’il a fait, cette pute de Roger ? Il a foutu les Beautés Slaves et les Déesses Nubiennes dans un charter. Et divorcé de sa bobonne.

C’est beau : c’est le vingt-et-unième siècle.

 

  1. Anglicisme très commun chez les bouddhistes francophones []
  2. C’est ainsi qu’on désigne son comportement prédateur. []
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Marcel Charlemagne

Aérogramme de 1980 - © Cyprien Luraghi

 

J’étais enfin à Pondichéry. À cause du nom, et d’une émission de télévision vue à douze ans : elle s’intitulait « India 70 », dont je n’ai pas retrouvé trace sur l’internet. Et puis aussi trois ans plus tard « Auroville 73 », que vous pouvez visionner juste en dessous :

 

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Ça dure une heure dix-huit…

C’est donc à la télévision que je dois mon désir de l’Inde, à douze ans. Je ne m’explique toujours pas pourquoi, mais cette première émission m’avait fasciné. Seul dans la salle à manger, je l’avais écoutée en sourdine parce que le vieux se serait inévitablement foutu en rogne et aurait éteint la boîte à images. Et la vieille se serait moquée : « c’est quoi encore que ce merdique ? »… Ce merdique : c’est son expression favorite. Tout est merdique à ses yeux. Tout ce qui sort de l’ordinaire. Et quand ça arrive, elle fait semblant de ne rien voir. Elle a une absence. Le paternel, c’est le pinard qui parle. Violemment ; du rouge qui éclabousse. Je profitais des rares moments de solitude pour m’abreuver d’autre chose qu’Intervilles, les matches de catch dont raffolait le vieux, et ses putains d’émissions d’accordéon qu’il me forçait à regarder en lui tenant compagnie.

Maintenant, je n’ai plus la télévision depuis très longtemps ; mais c’est elle qui a été ma seule possibilité d’évasion pendant ma jeunesse. Et la minuscule bibliothèque de l’école primaire, où j’étais le seul et unique emprunteur.

Avec cette émission sur l’Inde, j’avais découvert non seulement le pays, mais bien d’autres choses que je ne pouvais pas comprendre à l’époque : le mysticisme et l’utopie. Les seules images dont je me souvienne encore sont celles d’un homme au longs cheveux blancs, de dos, vêtu d’une toge blanche, avançant lentement dans un paysage indéterminé.

À partir ce ce moment, l’Inde a fait partie de moi. Il n’y a pas de mots pour dire cela, ou alors un amour d’enfant. Simple, fort et vibrant ; frissonnant parce qu’on est face à l’inconnu.

***

C’est Marcel Charlemagne qui m’a ouvert la porte des Indes, à Pondichéry en 1977.

Moi je déboulais ; à peine sorti de l’avion je n’avais rien compris, sinon le souffle chaud et cette odeur de terre qui imprègne tout, se faufile vaille que vaille entre les fumées noires des véhicules affolants, les remugles d’égouts et de pneus cramés.

Donc j’avais fui Delhi et enquillé le train jusqu’à Vrindavan, lieu de naissance de Krishna où j’allai rendre visite à un vieux compagnon de route – Christian – qui s’était fait tondre par amour du dieu bleu et sautillait maintenant dans les rues, l’air béat, en jouant des cymbalettes avec ses potes. Quelques jours plus tard leur grand gourou mourait ; j’y étais ; un truc assez fou que je vous raconterai une autre fois. Pour faire bref, le vieux s’est étouffé dans son vomi et il ne fallait surtout par que ça se sache, car l’âme d’un gourou se doit de sortir par le haut du crâne, signe indubitable de sa « réalisation », et preuve qu’il échappe désormais au cycle des réincarnations… alors que par la bouche… et dans le vomi… c’est le ticket de retour sur terre assuré. Mauvais. Chut !

Après ce spectacle désolant, je mis fin à ma crise mystique, entamée quelques années plus tôt avec deux amis : Demian West et Roland Perret. Fallait plus me parler de gourous, ni de bondieuseries, et encore moins d’astrologie et de miracles de mes couilles.

Mais Pondichéry était au programme, et le programme, c’est le programme : je devais aller voir de près cette Auroville entrevue quelques années plus tôt dans la lucarne à blaireaux.

***

Quel flip, Pondichéry. Tout est ashram. Tout lui appartient ; et des gens compassés vous toisent comme si vous étiez gueux. L’ashram est tentaculaire : on s’y approvisionne, on y dort dans ses hôtels, on s’y vêt… mais on n’y rigole pas des masses.

C’est à la cantine de l’ashram que j’ai rencontré Marcel Charlemagne. Un indien très noir aux longs dreadlocks tout blancs, habillé de couleur safran, avec un trident de Shiva à la main, l’air hilare. je n’ai aucune photo de lui, mais il ressemblait assez à celui ci :

 

© Le Net

 

Chose surprenante, il s’exprimait dans un Français parfait, très classique… Deux minutes plus tard, nous étions de bons amis et il m’invitait chez lui. J’y suis resté plusieurs mois. Le paradis au numéro 24 de la rue Labourdonnais ; dans sa vieille maison bâtie au XVIIème siècle sur un plan de villa romaine ; vestibule et atrium.

***

Marcel avait perdu sa femme – l’amour de sa vie – quelques années plus tôt. De vieille famille pondichérienne convertie au catholicisme au temps de Dupleix, il était redevenu hindou, au grand dam de son entourage. Mais il s’en foutait, comme il se fichait bien des quolibets des calamiteux ashramites[1] qui le raillaient sur ses façons exubérantes. Il avait du Raimu en lui, mon Marcel.

Mais là, vous ne m’en voudrez pas : il est tard et je suis méchamment sur les rotules. Si vous avez envie d’en savoir plus sur ce personnage extraordinaire et oublié, et Auroville, et les utopies, je veux bien le faire… mais dans les commentaires, entre les batailles de polochons et les lancers de menhirs. Ça aurait plu au petit père Charlemagne !

Allez hop.

 

 

  1. Un autre genre de quicouinistes ; ces gens-là sont partout. []
Publié dans Déconnologie, Humain, Inde | Autres mots-clefs : , , , , , | 163 commentaires
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