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PAUVRES CHOUX

 

Ça chiaoule planétaire, ces derniers temps. La globalisation passe par les armes et les larmes dégoulinent en océans où se diluent ce qui faisait le sel de l’humanité. Dont il ne reste plus que fades jérémiades au final, et un petit arrière-goût de sang.

Une fillette en Chine se fait écrabouiller sans une œillade, et sitôt l’écœurant suc des lacrymales s’exprime ; soupape de la foule des flagellants expiant leurs petites lâchetés. Tous ensemble car c’est bien meilleur ainsi d’être gnangnans, globalement.

Ça n’y a pas été avec le dos de la petite cuiller, dans les gazettes et sur les forums : ce petit fait divers de rien du tout a agité quelques térachiées d’octets dans les fibres optiques et les câbles de cuivre, engendrant une surconsommation électrique planétaire préjudiciable au bilan carbone général. Sans parler des malheureuses forêts russes alimentant les rotatives des ramasse-épluchures de la presse imprimée.

En bon mauvais esprit et par Dame Satire titillé, j’épluchai maints articles et billets de blogs relayant ce chien écrasé, attiré d’instinct par les plus crapoteux, larmoyants et baveux de bons sentiments malsains. Inutile d’aller chercher bien loin : la dernière ponte en date du Yéti sur Ubu89, ainsi que le petit fil de discussion adjoint, remplit tous les critères exigés par l’exercice de mon artisanat.

Il est lisible ici : CLIC

Rédigeant dans un bousabia[1] solidement rustaud, le Yéti a su y distiller à peu près tous les épanchements récents sur ce sujet, d’une façon binaire par lui revendiquée, dans la réponse qu’il y fait à un de mes commentaires qualifiant son billet de gnangnan au possible ; car pour le Yéti il n’est que deux attitudes à envisager dans ce genre de cas :

– accepter d’être gnangnan ;
– ou ricaner en se la jouant blasé revenu de tout pour montrer qu’on existe.

Pourtant rien qu’en parcourant les quelques commentaires de ce fil de discussion, il est évident qu’il existe bel et bien d’autres manières de réagir à ce chien écrasé. Par exemple celle du commentateur « Sixpatte » qui pense que « les chinois tuent les petites filles sans remords » juste au dessus.

Mais le Yéti pense pour les autres comme il pense lui-même ainsi qu’il l’a fait pour moi, qui n’accepte en aucun cas d’être gnangnan et ne ricane pas et cætera : la mort des gens est un spectacle ne blasant pas le moindre croque-mort, ou tout autre membre d’un métier y étant intimement lié. Nulle infirmière ni soldat ne me démentira : seuls les gardiens de camps de la mort trouvent ça banal, et certains aliénés.

Et si alors je n’en pense pas ce que le Yéti a décidé pour moi et les autres, quel est donc mon point de vue personnel sur cette triste historiette ? Simple : que je trouve ça tout à fait normal dans le monde où on vit, que des malheureux claquent sans que nul ne s’en soucie ; normal que ça chiale obscène un bon coup après coup ; normal que des salauds en profitent pour pointer du doigt tel ou tel chinois, arabe, juif, bouc ou tout autre émissaire passant à leur portée ; normal de prendre le parti d’en rire à gorge déployée parce que la vie est terriblement bidonnante et dramatique.

E la nave va…

  1. Charabia bousique, voir dans le Lexique : CLIC []
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MOULIGNIASSE

 

C’est la fin d’une minuscule époque et comme toujours dans ces cas-là, ça grince. Fin de facto du sarkozysme déjà, alors qu’il reste encore six longs mois avant de voir tous ces fumistofascistes[1] qui ont si mal gouverné ce pays, être éjectés violemment y compris par une bonne partie des gens de leur propre camp.

Rarement une telle brochette de salauds et d’histrions aura exercé une telle nuisance sur une telle durée, depuis le temps de la guerre contre Hitler, en France.

Alors évidemment comme toujours, le vent mauvais a soufflé sur une majorité d’esprits perméables et les a empoisonnés. Et maintenant qu’il ne souffle plus, les moutons se sentent tout cons[2] et ils s’apprêtent à aller à confesse en votant socialaud,[3] jurant déjà leurs grands dieux, n’avoir jamais mangé de ce pain brun.

Ce pain brun ? Le goût et l’odeur de l’andouille faite de boyaux mal lavés, et pas fraîche. Le plat du jour des chiens à face humaine auxquels le maître a retiré la muselière après des quinquennats de jeûne. La vile tripaille de la pensée. Le remugle du dedans, qui reflue.

Ce pain dont l’ingestion rend le plus mouton, hyène.

À tous les étages : confession générale et autocritique collective en vue dans les mois à venir. Ça a déjà commencé ici et là… et sur le forum que la plupart des lecteurs de l’Icyp connaissent bien[4] c’est la grande lessive. Ce magazine en ligne a changé de navire il y a peu, passant de la version 1 − la V1 comme on dit − à la V2.

Ce canard est né en même temps que ce quinquennat de chien. Il a donc lui aussi reflété cette misérable époque en train de s’achever, tant dans nombre de ses articles, que sur son forum. Comme tous les autres canards en ligne, sauf que celui-ci je le connais comme ma poche.

Sur Ubu89 comme partout ailleurs dans le royaume, le méphitisme sarkozyque a imprégné l’atmosphère, aidé en ça par un système de commentaires des plus infantilisants comportant notation positive ou négative et signalements d’abus anonymes  : tout à fait à l’image de la France depuis mai 2007.

Idéal donc pour un qui comme moi, aime à tâter la température viscérale de son temps. C’était pas bien jojo je dis : hormis pour quelques irréductibles bien vivants, j’ai passé quatre ans au bal masqué chez les zombies, là-bas. À bien me fendre la poire en observant et chatouillant au besoin, les bruns de toutes variétés : bleus-bruns de la droite réac,[5] les rouges-bruns conspirationnistes,[6] et enfin les plus massivement présents : les roses-bruns socialauds[7] .

C’est chez ces derniers que j’ai trouvé les plus fervents contaminés partisans du brunisme. Une chouette bande de fumiers en vérité. Oh : pas tous bien sûr, mais force m’a été de constater que bien souvent sous l’épiderme rose, la bête brune sommeille et que sous couvert d’anonymat, elle révèle vite sa nature.

Parce que c’est ça, l’internet : on y chie en public avec un masque sur la tronche et je peux vous dire que ça ne se prive pas. On s’y branle aussi en public. Ainsi je me suis payé une des plus belles tranches de rigolade l’autre jour, en découvrant que dans la V2 d’Ubu89 il était désormais possible de voir qui s’était autogratifié d’une note sous forme de petite boule rouge. Et qui avait massivement aplati Machin avec un commando de comptes bidons.

Quelle bande de guignols et de pignoleurs…

Nono le Simplet, qui était venu Ici hier me faire caca sur le paillasson, suivant les excellents conseils et bruits de chiottes d’une personne innommée, a publié un petit billet chez Ubu89, qui vaut vraiment la peine d’être lu… et bien plus encore, le fil de discussion juste en dessous : c’est à pleurer de rire, vraiment.

C’est ici : CLIC

C’est ça aussi, la fin d’une époquette : les masques tombent. On voit soudain les branches sèches et le tronc mort, une fois la déco et les boules rangées dans leurs boîtes. Il ne reste que l’odeur : ça sent le sapin.

Et ça, c’est ce qui se passe sur un seul forum : c’est ce qui se passera d’ici peu à l’échelle du pays.

E la nave va…

  1. Voir dans le Lexique : CLIC []
  2. Ce qu’ils sont : le mouton étant doté d’un QI inférieur à celui d’une poule. []
  3. Lire le billet précédent, de Liger. []
  4. Les catacombes d’Ubu89 []
  5. Sur Ubu ils sont une espèce rare et protégée : le bleu-brun foisonne ailleurs. []
  6. Branchés Alain Soral, Dieudonné et autres illuminés toxiques. []
  7. Des droitistes tendances Valls aux rougeoyants poujadistes de Mélenchon en passant par les technocrates socdems de DSK et les ségolâtres fanatiques. []
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Une petite tranche de Trouducosphère©

 

On se pince sur l’internet. Enfin, virtuellement, parce que si c’était en vrai, on serait des peaux-rouges sans plumes depuis longtemps. Dans la vie de l’extérieur, celle où il y a des odeurs et de la sueur, on a l’habitude de croiser toutes sortes de connards hallucinants©. On s’y fait, on apprend à les éviter, à les ligne-maginoter, et vu qu’ils ne sont pas si nombreux on ne développe pas par leur faute de cancers du cul.

Mais eux ne se satisfont pas de cela. Ça les frustre cette mise à l’écart polie (ou pas). Et quand ils rentrent chez eux après une journée où ils ont vécu leur médiocrité ordinaire faite de contrariétés, d’humiliations et de frustration de ne pas voir leurs immenses mérites reconnus, alors ils revêtent leur panoplie de paladin philosophe des étoiles, se connectent sur l’internet, et vont rejoindre leurs confrères avec lesquels ils forment l’ossature de la Trouducosphère.

Tout d’un coup ils sont beaux, ils sont grands, ils sont intelligents, même brillants. Ils ne savent rien, mais ont un avis péremptoire et définitif sur tout et s’autoproclament grands experts en tout et savants universels. Einstein leur est suspect, ils doutent de sa théorie car il n’y a pas eu d’avion dans le Pentagone. Ils sont les rois du copier coller qu’ils n’ont pas compris, ou du lien vers une vidéo édifiante qui supplée les mots qu’ils ne savent pas articuler en un raisonnement cohérent. Dans le domaine de spécialisation où ils ont reçu un vague verni lors de leurs médiocres études supérieures, ils remettent en cause l’existence du Prix Nobel, insuffisant à reconnaître leurs mérites car distribué à beaucoup trop de pitres grotesques par le passé.

Ils sont intransigeants avec les fautes des autres, prononçant les condamnations les plus dures envers toutes sortes de délinquants divers et variés, oubliant que dans la même journée ils ont eux-mêmes omis de déclarer un revenu au fisc, brûlé un feu rouge, resquillé dans une file, été cruels et méprisants envers un faible, et été jaloux d’un plus ceci ou cela qu’eux.

Ces armées de Saint-Just au petit pied se muent ensuite en Révolutionnaires guévariens du clic gauche lorsque la Très Sainte Indignation étend sa grâce sur eux. Alors ils donnent leur pleine mesure. Les condamnations à mort pleuvent, les camps de concentration se remplissent, les sous-hommes sont décimés, Polanski, DSK et Cantat sont émasculés et pendus, la Vérité triomphe et Israël est, au choix, détruit ou victorieux pour mille ans.

Et voici donc la e-journée du trouducosphéreur moyen : Je m’indigne. Je lapide. J’étale mon ignorance et mon inculture. Je me félicite de mes idées qu’elles sont bonnes en compagnie de mes collègues miliciens de la trouducosphère. Sans me rendre compte que pendant ce temps mon cancer du cul se développe, métastase, et devient incurable. Mais l’avantage, c’est que je suis content de moi : j’ai vengé sur l’internet ma vie misérable du monde extérieur.

Observons avec une neutralité scientifique de bon aloi un trouducosphéreur ordinaire. Ce qui frappe en premier lieu, ce n’est pas tant qu’il est bête à manger du foin, inculte, hypertrophié du moi-je et affligeant. C’est surtout qu’il n’est pas bienveillant. Il ne pardonne rien à personne, sauf à lui-même, à qui il pardonne d’être un raté. Il débusque le crime chez quiconque croise sa route, et l’extirpe. Quand il s’affiche tolérant, il est totalitaire et haineux. Par exemple il saura dans la même phrase demander l’indulgence pour le tueur ivre du volant, et exiger la perpétuité pour Polanski. Et réciproquement.

Mais dans le même temps, il est totalement inféodé à l’air du temps. Il est parfaitement conformiste. Il suit l’indignation dominante, l’anticonformisme à la mode, la rébellion hype. Et on ne la lui fait pas à lui, c’est pas la moitié d’un con.

Et quand on lui dit tout cela, il le réfute de bonne foi, parce qu’il ne se rend pas compte de l’état dans lequel il erre. Et si on lui dit trop fort, on est puni par les autorités compétentes qui ont pour mission sacrée de protéger la trouducosphère des assauts des barbares de l’extérieur.

Autour de cette ossature, tout un écosystème se développe et vit sa vie indépendante. Je suis sûr que les honorables Ici-lecteurs se feront un plaisir d’en entomologiser les branches, ordres et sous-ordres, entre les fanatiques d’une cause, les pompeux cornichons, les révolutionnaires indignés en passant par les éradicateurs de gros cons de droite.

Mais avant de conclure, un mot quand-même sur l’effarante excroissance qu’en constituent ceux qui décident d’en faire leur métier, et qui deviennent blogueur à pub ou journaliste en ligne. Ceux-là montent d’un cran, ils s’auto-proclament Sage Galactique et prétendent éclairer le monde et gagner leur vie en le faisant. Ils sont capables dans le même article de violer le secret de l’instruction en exposant les pièces du dossier, et de hurler à la violation de la démocratie et au fascisme parce qu’un ministre aurait fait de même en ayant accès au même dossier. Ceux-là sont la cerise sur le gâteau, l’Olympe de la bêtise satisfaite, le panthéon du crétinisme médiatique. Ils feront l’objet d’un prochain billet spécialement dédié à se foutre copieusement de leur poire.

Et n’oubliez pas de voter Sarkozy en 2012.

E la nave va…

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VENGEUR MASQUÉ

Caillou magik - cailloux arrangés et photographie de François Deloncle - © 2009« […] (estimation à la louche : ne me demandez pas de sources statistiques :-) 99% des gens qui ont tué un autre être humain l’on fait … en pensant bien faire en en trouvant cela parfaitement normal et justifié !!! […] »

Xavier de Ligonnès alias Ligo, Chevy et au moins deux autres pseudonymes[1] sur le forum de Cité Catholique le 18 mai 2010 (vers le milieu de la page) : CLIC

 

Depuis une quatorzaine d’années, je pèle les forums de l’internet : c’est le meilleur roman d’la vie du monde. Quand j’enquille un fil de discussion, c’est pour filer d’un bout à l’autre, et si un blog m’intrigue, c’est tout englouti jusqu’à la lie sinon rien.

Alors je ne répéterai pas les mêmes monceaux de conneries et autres saloperies graveleuses que la plupart des journaux ont raconté sur l’affaire de l’assassin très supposé de sa famille. Que les choses soient claires : le forum de Cité Catholique est peuplé en très grande majorité de braves gens et non pas comme des quarterons de pisse-copie l’ont partout claironné, d’intégristes craignos ou de mystiques exaltés fumeux du genre de la Gloglo. Bien que ce soit un fief intégriste, ça y cause de tas de trucs théologiques en tout bien, tout honneur et très paisiblement : point barre.

Mais ce qui m’a surtout intéressé, c’est le fait que Ligonnès soit un troll multicomptes − le seul de ce forum. Phénomène pénible et très peu étudié parce que réputé salissant par les tenanciers de forums, qui se contentent en général de les virer de manière répétitive, misant de manière irréfléchie sur leur lassitude face à ce rejet exprimé d’un clic sec, définitif et tranchant. Sauf que ça ne marche pas.

Tous les trolls multicomptes que j’ai pu croiser en quatorze ans d’internet se sont prouvés être des créatures particulièrement mauvaises et profondément malades de la cervelle.

Alors évidemment, je ne peux pas comparer un Ligonnès avec un Brogilo, la Bouse de Clichy et quelques autres phénomènes de foire du même acabit, dont nous parlons Ici de temps à autre, vu qu’ils nous collent au cul comme des hémorroïdes : cette engeance merdique ne détestant rien tant que les bons vivants à personnalité unique ; mais c’est exactement la même folle mécanique qui les anime, assassins en puissance ou simples gniasses paranoïdes.

Parce que c’est ça qui nous caractérise Ici, tous autant que nous sommes : il n’existe aucune différence entre les pseudonymes qui y écrivent et la chouette brochette en chair et en os qui se réjouit en grands raouts ou petits conclaves, coudes collés dessus et pieds dessous, une bonne vieille table en bois d’arbre et les yeux dans les yeux à papotipoter jusqu’à pas d’heure.

On n’est pas les seuls heureusement ; mais j’ai de plus en plus de doutes sur le fait que nous soyons encore majorité, sur l’internet. Qui prend des airs de nef des fous à toute allure.

Ces transformistes à personnalités fractionnées et fracturées sont tous en quête de quelque chose : Ligonnès d’une caution morale − qu’il n’a pas trouvée − à ses pulsions morbides ; Brogilo du pur plaisir pervers de meubler sa triste existence en menant un wargame atroce, jouant avec la vie des gens[2] ; et la Bouse de jouir de manière malsaine en pratiquant ses sports favoris qui sont ses seules raisons de vivre : la calomnie, la victimisation et le harcèlement à outrance avec ses deux alliées − Jexiste la corbaque de Brest et la coach Gloglo.

Et nous, blogueurs ordinaires et bêtement monoblocs, sommes bien démunis face à ces serial-craignos à faces multiples, qui peuvent porter réellement préjudice à tout un chacun, et que ça peut aller vraiment très loin et jusque dans la vie du dehors.

Parce qu’il n’existe pour l’heure aucun moyen technique valable de les identifier et que nous sommes contraints de naviguer dans leur sphère d’influence néfaste, que ça fout une putain d’ambiance de merde sur les forums… et que ça peut réellement tourner vinaigre et aller jusqu’à nous mettre en danger. Celles et ceux qui ont eu affaire à la gniasse Jexiste − la corbaque de Brest − et à la Bouse savent très bien de quoi je cause.

Les fous rigolos et gentils sur les forums : vous m’en rajouterez une douzaine bien dodue… mais les psychopathes et autres paranoïaques malveillants majeurs, c’est niet.

***

Là, sur le forum de Cité Catholique, tout le monde est correctement secoué en découvrant que le troll multicompte de service a zigouillé toute sa famille : en bons chrétiens ils se culpabilisent alors qu’il n’y a pas de quoi ; qui aurait pu deviner ce qu’il y avait de planqué derrière les avatars de Ligonnès ?

Tout le monde ou presque avait bien senti que le mec craignait de la couenne et le modérateur avait très correctement percuté et pris les mesures idoines ; mais personne ne pouvait prédire que ça se finirait de si affreuse manière. Il aurait fallu lire entre les lignes et prendre un temps considérable… et voir la chose sous un angle différent que celui que leur impose leur credo. Et ce qui est valable pour les cathos, est tout aussi pertinent pour n’importe quel autre forum, de quelque obédience qu’il soit. Faut avoir du recul pour se rendre compte de ce genre de choses, d’abord.

Sur l’internet bien des gens révèlent leurs tripes, dissimulés sous un semblant d’anonymat… jusqu’au jour où ça craque et pète et que les masques tombent. Les mêmes qui au dehors sont si propres sur eux et si polis qu’on leur donnerait le bon dieu sans confession.

Ne cherchez pas : il n’y a pas de signal d’alarme sur internet : c’est le grand shoot’em up et basta !

E la nave va…

  1. Je sais lesquels, mais démerdez-vous pour les trouver, non mais. []
  2. J’aurais bientôt l’occasion d’en reparler Ici plus en détail. []
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…e la nave va…

Illustration de Pierre Auclerc - © 2010

Il y a neuf ans bien sonnés j’ouvrais le Sitacyp en braillant : « les éditeurs, c’est de la merde ! » dès la page d’accueil. Ma machine à écrire avait soudain une imprimerie accolée au bout de la page : l’internet. Comme l’infâme boîte à rythmes et les radios pirates des années 70 avaient un son dégueulasse mais l’immense mérite de coûter que dalle et de permettre la naissance de nouvelles manières ; la littérature y perdait tout autant qu’elle y gagnait.

Elle y perdait en langueurs et en longueur, puisque rien n’est plus chiant que se manger un pavé sur l’écran. Et y gagnait considérablement en fraîcheur. En écrivant sur l’internet en lieu et place de papier, l’écrivain devenait véritablement public. En 2001 nous étions douze, pas un de plus, à balancer la purée en français sur le réseau et s’il n’en reste qu’un je suis celui-là.

Maintenant tout le monde fait ça : deux millions six cent mille scripteurs rien que sur Overblog ; voyez-vous ça. Sans parler de Facebook. Rien que des gros machins où tout un chacun raconte ses petits machins du jour. Et se fait ses mélis-mélos, ses embrouillaminis. Complots et prises de bec, bécotages et mamours.  Ragots et bruits de chiottes.

Agora devenue place de Grève : voilà l’internet de 2010.

Cet internet n’est pas le mien : je n’y étais venu que pour écrire, rien d’autre. Et puis je me suis fait happer par les forums. Un piège mortel : tu fous le doigt dans l’engrenage et tout le reste suit et passe à la moulinette.

En 2005 déjà, j’avais coupé toute communication avec le public sur le Sitacyp : en ce temps on correspondait par mail et hors le cercle restreint des lecteurs au long cours ça ne présentait que peu d’intérêt. J’avais viré l’adresse de contact. Simple. Il y avait toujours autant de monde, mais on me foutait la paix. J’écrivais et c’est tout. Après tout c’est la raison d’être de notre race : écrire.

Et puis il y eut le Blogacyp l’année suivante et jusqu’à l’an dernier. Un blog. Pas un site. C’est-à-dire que sur un site, non seulement tu écris, mais en plus tu te farcis un travail pas marrant du tout de mise en forme à chaque page. Alors que sur un blog, tu te défonces un bon coup la caisse au moment de la mise en ligne, et puis après c’est très simple : tu écris ton texte, tu vas chercher l’illustration et tu la places et tu envoies. Zéro maquette.

Alors évidemment, le blog est livré avec un système de commentaires : c’est la règle. Tu les actives ou pas. Comme à partir de ce billet où il n’est plus possible de commenter : clic, fini.

Au début il y en avait très peu et tout baignait dans l’huile. Je me fous totalement que les gens commentent ou pas mes billets. Oui : rien à branler. Je n’écris pas pour qu’on me passe la pommade ou qu’on me balance des parpaings dans la gueule : j’écris parce que j’écris et c’est pas autrement. Faut pas chercher plus loin : c’est ni pour la gloire ni pour le fric, mais pour le plaisir.

Et j’écris aussi sur le Net parce que le Net, c’est l’écriture. Devise longtemps et fièrement proclamée sur mon site et mon blog. Juste devise ; du moins je le pensais jusqu’à peu : parce que oui, les ordinateurs sont avant tout des machines à écrire, et oui j’ai parfois croisé de merveilleux artistes du clavier sur de simples forums, mais non : parce que le grand raz de marée des médiocres a tout noyé dans l’entre temps.

Ce temps que j’ai passé à me dégourdir les papattes sur les forums. D’abord sur celui du défunt site de campagne de DSK en 2007, puis dans les catacombes de Rue89 (dm). Hé oui, parce que quand tu lis une phrase mortelle d’un comme lamorille, tu n’as qu’une seule envie : t’embaucher dans l’escadrille et chatouiller le Roger Velu dans la joie et l’ébullition.

Mais ce n’est pas possible : les forums-boulevards sont super fliqués. Bien que j’aie un ami (simple) flic, je me méfie de la police. Le flic de base est plutôt très con en moyenne, aussi bien sur le pavé que sur les grandes artères de l’internet.

Alors petit à petit, le Blogacyp est devenu l’exutoire, le troquet d’en face où on se lâche après une rude journée de taf bien chiant. Depuis un an et demi, ça ne débande plus au comptoir : je ponds un billet toutes les deux, trois nuits et c’est deux cent coms par jour sinon rien.

Cent mille coms au bout du compte. 102857 précisément.

E la nave va…

Sauf que la nave n’était pas prévue pour ça au départ. Alors j’avais eu l’idée de créer un multi-blog. Un genre de magazine sans les actualités avec chacun sa case à remplir : Hors-Sujet. Avec Dul on s’était lancés dans l’aventure l’an dernier, et puis Dul a jeté l’éponge en cours de route et je me suis retrouvé tout seul dans la salle des machines[1] et à l’écritoire.

La Déconnologie Pilotique (lamorillienne) était lancée dans la Joie, pourfendant le tristos, surenculant le biomormon au Poteau 62.[2] J’en étais le Kondukator Kosmoplanétaire et les disciplettes[3] m’adulaient en se tordant les poignets.

C’est ainsi que le Blogacyp est devenu l’Ici-Blog l’an dernier. Passer d’écrivain en ligne à kondukator n’est pas une mince affaire. D’abord on se retrouve avec une variété craignos d’hémorroïdes collés au cul : trolls malveillants, gros jaloux, fous véritables et furieux, qui tous vous vouent aux gémonies. À trop fréquenter les grands forums on chope des bêbêtes. Qu’on peut même ramener Ici.

Avec l’intrusion de Facebook[4] la contamination de l’Ici-Blog devenait inévitable… et elle n’a pas été évitée. C’est pour cette raison et elle seule que j’ai clos les commentaires. Les miasmes de Facebook Ici, pas question. Rien à foutre de cette chiasse. L’Ici-Blog n’est la succursale de rien du tout.  Facebook, c’est bon pour ceux qui n’ont pas d’idées propres. Tout le monde y fait à peu près la même chose : copier la moindre idée originale et se faire mousser avec en l’exhibant devant ses zamis.

Vous pouvez êtres sûr que d’ici peu les idées originales de l’Ici-Blog seront photocopiées sur Facebook. Je vois ça d’Ici : un groupe « Déconnologie » sur Facebook. Ha ! Ha !

Rien que d’y songer je rigole.

N’empêche que j’ai pas trouvé d’autre moyen d’échapper à la facebookisation des esprits, que de verrouiller les commentaires Ici et de reprendre possession de ma créature : mon écritoire. Peut-être qu’un jour je rouvrirai les commentaires, mais j’attendrai pour ça qu’on soit en comité réduit. Je continuerai à écrire Ici comme ça me chantera ; comme ça me chantait avant. Avant la mi-août de l’an passé… avant les 167 derniers billets.

Et je n’aime pas la routine, et là c’était bien parti pour. Les derniers billets étaient trop faciles à pondre : mauvais signe. Dans ces cas-là je fais toujours pareil depuis toujours : je passe à autre chose. Je casse ou je me casse.

Alors autre chose il y aura mais pas Ici.

J’ai déjà une idée. Toute fraîche, toute neuve et toute con. Vous verrez. Dans pas longtemps. Gardez l’œil et le bon ;-)

Maintenant le kondukator de l’Ici-Blog sort de la petite scène. Le spectacle est fini. Le Spectacle est partout.

L’amitié aux vrais amis et le Poteau 62 dans le cul des faux-culs !

E la nave va…

***

Ce billet est dédié à Captain Beefheart qui s’est tiré ailleurs l’autre jour.

  1. L’Ici-Blog est hébergé sur un serveur indépendant et je me tape l’entretien. []
  2. Han, han ! []
  3. Mes groupies agralantes. []
  4. Le cancer de l’internet. []
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