Archives par tag : Tristosses

Entravons sans jouissances !

Illustration © Cyprien Luraghi - ICYP - 2017

Exit la gaudriole, le foutraque, le mal branlé, le guingois, le cradoc familier, les frêles parapets aux passerelles du libre jouir. Place aux liens solides, propres sur eux, calibrés, confortables, rassérénants. Bienvenue dans le principe de précaution. Au départ il y a un corps mammifère bourré d’instincts et de pulsions suspects,[1] dans lequel les fluides les plus variés circulent, drainant désirs et émotions tant qu’à faire. Progressivement il se couvre de pelisses et s’encombre de colifichets. Dont ces chaînettes et colliers symbolisant l’appartenance au corps social : cordes et licols. Puis, plus récemment, des extensions sont apparues. Le smartphone par exemple. Miroir, miroir, dis moi qui est le plus conformiste ? Appuie sur Envoi et compare-toi au monde entier, clic. Sois unique dans le globiglobal. Lequel est l’archétype de l’unicité glutineuse. Le néodieu partagé par tout un chacun en quelque sorte. La Référence de toutes les références. Celle qu’on suit comme un con. Qu’on est si on le fait.

Mais icy, foin de ces conneries merdiques : le conformiste aliéné de l’ère des réseaux miroirs, nous nous foutons de sa poire. Et pas qu’un petit peu. Et dans les règles de l’art. Et en meute cannibale. Partant du principe que rien n’est plus comique et comestible qu’un triste con et qu’il constitue le meilleur aliment pour nos estomacs de francs-limaçons tristophages. Et qu’en ces panses philosophales se distille la bonne humeur : l’arme suprême de notre complot intergalactique d’éradication des sourires à l’envers. Et des manches à balais dans le cul.

Suçons ces sucs sinistres, les aminches ! Sus ! Sus ! Et merci à Zebao pour le titre du billet ! E la nave va, olé !

  1. prononcer « sussepaictes » []
Publié dans Déconnologie | Autres mots-clefs : , , , , | 4034 commentaires

De par l’immonde

Illustration © Cyprien Luraghi - ICYP - 2016Un bon ami est passé ce matin nous porter un pochon du dernier raisin de l’année. Mûr à point, la peau fragile et un tantinet aqueux vu le temps de merde d’un novembre caractérisé par des orages comme d’avril. Alors j’en ai coiffé Léopardo pour en tirer l’illustration de ce billet. Léopardo est népalais, mais pas des hautes montagnes : de la plaine du Téraï, là où vivent les animistes Tharus et compagnie, dans la forêt profonde dont il ne reste plus grand-chose de nos jours, ratiboisée par les paysans fuyant guerre civile et famine sévissant dans leurs grandes collines et venus s’installer là depuis une trentaine d’années. Léopardo était planqué derrière un tas de rougnes chez un brocanteur de Katmandou depuis bien vingt ans. Personne n’en avait voulu et le vendeur me fit de la retape : si je le voulais, je pouvais partir avec pour une poignée de roupies, ça ferait du débarras. Le problème c’est que Léopardo est encombrant : soixante-six centimètres des orteils aux oreilles et le fourrer dans le sac à dos pour le retour en France, c’est carrément pas évident. Donc je dis non. Mais Léopardo me fixe de ses deux globules et c’est dur de résister. Dans ces cas-là c’est simple : il faut sortir de la boutique nonchalamment et là le vendeur vous suit et ne demande plus qu’une demi-poignée de roupies. Alors j’ai topé là et Léopardo fut à moi pour trois euros et demi.

Depuis, Léopardo fait la joie de notre petite famille et des amis de passage : il se tient debout sur le plancher de la cuisine, au pied d’une fenêtre où il nous regarde vivre, la gueule ouverte. De temps en temps pour illustrer un billet, je m’en sers comme aujourd’hui encore. Et puis Léopardo est un des totems de l’Icyp. Sans totems, la vie ne vaut pas un clou rouillé. Au temps jadis, les totems et les fétiches restaient plantés en lieu fixe et la tribu ne s’en éloignait guère, par crainte des représailles planquées dans la nature hostile à l’entour. C’est fini, ça. Léopardo fend la planète en avion et la tribu est éparpillée aux quatre coins du monde.

Heureusement la tribu est invariable, increvable et joyeuse. Elle se fout de tout : des éléments déchaînés, des tarés ivres de haine sur les réseaux, du flot de merde dans les gros tuyaux, du décervelage global, de la mauvaise graisse, des sérieux pontifiants, des missionés par des dieux qui ne sont que leurs misérables démons intérieurs, des avachis larvaires aspirés par des écrans, des terreurs irraisonnées, de la gamberge masturbatoire, de la notion de nation, de l’identité culturelle, des salsifis en boîte qui sont des scorsonères, de la voiture automatique, de l’intelligence artificielle, des artifices en général et du monde qui n’est immonde que pour qui le veut bien.

Comme notre bienveillant totem tharu : la gueule ouverte et tout observant.

…e la nave va !

Publié dans Déconnologie, Népal, Spectacle | Autres mots-clefs : , , , , , | 4349 commentaires

Prophète de bonheur

 

La tâche est rude : face à nous les sinistres se pressent au portillon, croissant et multipliant tels lapins frénétiques. Millénaristes hallucinés, lèvres et culs pincés, piaillants oiseaux de malheur avides de mauvais augures, se repaissant de prophéties apocalyptiques, rêvant de bruit et de fureur, révolutions sanglantes et guerres meurtrières. Têtes sanglantes roulant dans la sciure. 

Alors que nous autres déconnologues distingués, non : notre prophète bien aimé Numerosix ne prêche rien de tout ça et ne prévoit strictement que dalle, sinon la survenue de l’AQM − lequel est aussi peu flippant que possible − et l’heure de l’apéro. 

***

À intervalles irréguliers nous nous réunissons en raout afin d’ourdir des machinations qui mettront un terme définitif aux plaies bibliques affligeant le pauvre monde. Du 6 au 10 juillet nous tînmes conclave à Ploukoum, en Bretonnie septentrionale. Numerosix, qui n’est pas né de la dernière pluie, fendit les eaux salées de son regard et immédiatement 37 millions de lignes téléphoniques mobiles Orange tombèrent en panne, nous coupant du reste du monde. Comme ça : peinards. Nous pouvions enfin entamer nos rituels sans craindre l’espionnage. Le sacrifice du kouign-amann et l’étripage de bulots d’abord, et puis le sirotage de spiritueux pour les uns et de liqueurs pour dames pour les unes, en guise d’adjuvant. Rien de tel pour concentrer nos fluides sur les tristes sires paranos peuplant inutilement le vaste monde. 

Car nous les aurons : tristosses no pasaran !

E la nave va…

Publié dans Déconnologie | Autres mots-clefs : , | 1222 commentaires

Bien parti pour

Illustration © Annie et Cyprien Luraghi 2011

Chaud devant. Le poste de commandement de l’Ici-Blog bourdonne comme une ruche : trois abeilles charpentières inspectent les poutres du plafond pour y forer leur trou et une paire de mouches se donne bien de la joie sur le rebord de la table en bois d’arbre.

Rien n’est plus délicat que de manœuvrer entre les essaims de martinets et d’hirondelles : le pilotage demande du doigté et une longue expérience à la barre : pas question d’abîmer les flancs de mon petit navire, ou de froisser le plumage de ces délicats zoiziaux.

Le rostre fier de l’Ici-Nef fendant la mer de Fiel évite les écueils de l’archipel des Atrabilaires, préservant sa pointe en morille aciérée pour l’éperonnage des coques ennemies en vue. Pour les faire s’ouvrir, il faut bien plus que des chatouillis : valves serrées comme des mâchoires saisies d’un trismus tétanique, ne laissant s’échapper que des excreta secs de manière sporadique. Une spore ne s’y immiscerait pas tant elles sont encoquillées, ces coques cons.

Tristes mollusques musculeux tout en masséters crispés : bientôt vous serez écalés, faut vous faire une raison. Au court-bouillon, les sinistres ! C’est que j’ai des ventres à remplir : dans les soutes ça s’agite et crie famine ; vivement la prochaine armada, qu’on puisse s’en coller plein la lampe et regarnir la cambuse.

Sans ces mornes coques, que serions-nous ? On ne pourrait même pas sucer des roudoudous.

***

Soudain j’ai faim. Des coques aux morilles juste avant le bouquet final du feu d’artifice de la Fête Gniassionale, vite !

E la nave va…

Publié dans Billet Express, Déconnologie, Fabrication | Autres mots-clefs : , , , , , , , , , , | 643 commentaires

Fondation Banzaï

Déconnologie Pilotique (lamorillienne) Association 1901 © Cyp Luraghi 2011

Moi, Cypounet Preum’s, Kondukator Kosmoplanétaire du vaste univers, déclare la Déconnologie© Pilotique (lamorillienne), association à but non lucratif constituée de fait : dans quelques jours elle sera déclarée au Journal Officiel.

Elle réunit les Rigolos de l’internet sans distinction de caste, d’emballage et autres conneries, et son but est d’instaurer le règne du Rire, du Second Degré et de l’Ironie, tant dans son tripot − l’Ici-Blog −, que sur toutes sortes de forums.

La Déconnologie considère que le monde actuel est tristounet et que les adeptes de la tristouillerie[1] sont ses ennemis, puisqu’ils ne jurent que par le Pied de la Lettre et le Premier Degré. La Déconnologie est de ce fait une cellule de combat pilotique ; la pilotique étant à la politique ce que la politique est à l’orgasme.

Les armes de la Déconnologie sont : le Poteau EDF modèle 1962[2] , le mimi chatouilleur de trolls velus, le Prout© alliacé et le menhir.

Le repos du guerrier est assuré par ses groupies frétillantes et notre troupeau de mammouthesses agralantes.[3]

Nos guerrières − appelées bonnes femmes −[4] trouvent leur réconfort en cas de coup dur au son d’un orchestre de yodlers bavarois musculeux tout aussi agralants que nos mammouthesses.

De par sa nature même, la Déconnologie s’attire souvent les foudres des tristosses, des gniasses et des biomormons, lesquels n’hésitent pas à user de procédés vils et peu ragoûtants pour parvenir à leurs sinistres desseins. Par conséquent il importe que l’Association de la Déconnologie© Pilotique (lamorillienne) puisse se défendre légalement et ester en justice, le cas échéant.

***

Voilà, c’est un brouillon de nos statuts… à vous toutes et tous de les compléter dans les commentaires, parce que la paperasse et moi, ça fait deux ;-)

Édit vespéral édicté !

e la nave va…

 

  1. Communément appelés « tristosses », « gniasses » ou « biomormons ». []
  2. Réservé au surenculage. []
  3. En cas de bannissement d’un forum extérieur en Icibérie. []
  4. Masculin de bonshommes, tout bêtement. []
Publié dans Déconnologie, Édits Vespéraux, Pilotique | Autres mots-clefs : , , , , , , , , , , , | 586 commentaires
Aller à la barre d’outils