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Bon voisinage

CC Berthold Werner - Wikimedia Commons - tritouillage : Cyp Luraghi

Une « bouche de lion », boite aux lettres pour les dénonciations anonymes au palais des Doges, à Venise.

Cet après-midi, notre bonne amie Tamsin, dont j’ai souvent parlé Ici, a filé à Annie une photocopie d’un courrier d’avocat reçu par son homme − qui est un gros con de droite et l’ex plus gros pinardier de la contrée : l’homme le plus abominé à cent bornes à la ronde.

Depuis sa faillite il y a deux ans, c’est le déchaînement : la foule écume au pied de l’échafaud, bavant à l’idée de piétiner le social-mort… et Tamsin qui l’a rencontré à ce moment-là a perdu nombre de ses amis − de gauche, bien évidemment − au passage. Car quand on est de gauche, il est rigoureusement interdit d’avoir des amis de droite sous peine de s’exposer à des sanctions pénales, voire à l’excommunication.

Toutes ces conneries ne leur entament pas le moral et quand je leur ai téléphoné tout à l’heure pour demander  s’ils étaient  partants pour que je colle ce morceau de bravoure à la Une de l’Ici-Blog, ils étaient à table la bouche pleine de boustiffe et bien enjoués. Hardi petit : idéal pour une ponte-express…

C’est un lieu commun : on dit qu’il ne vaudrait pas avoir eu Roger Velu pour voisin au temps de la guerre contre Hitler. C’est vrai :



ATTESTATION

Établie en vue de sa production en justice, conformément aux Articles 200 et suivants du Nouveau Code de Procédure Civile.

Je soussigné(e)

Nom et prénoms : VELU Roger
Date et lieu de naissance : 14-03-1962 à Vieussac (46)
Nationalité : Française
Profession : Artisan Donneur
Adresse : Les Gonadouilles, 46840 Crassac

Témoigne des faits suivants pour y avoir assisté ou les avoir personnellement constatés. [blabla juridique habituel…]

« Je certifie que M. Pinardier François habitant Crassac ne vit pas seul dans sa maison. Et en tant que voisin le plus proche et surélevé géographiquement, je vois bien que le véhicule Peugeot blanc immatriculé 46700 KZ 46 est là quotidiennement.

Le jour de son départ en clinamen 136 A.’P pour se cacher pour cause de faillite, c’est cette personne féminine là qui a déménagé toutes ses affaires pour les ramener 3 mois après avec les siennes.

Et depuis elle habite là et y travaille même parfois car j’entends des bruits de machines à couper le fer. Et je peux affirmer aussi que cette dame là part tous les matins entre 8h30 et 9h pour rentrer le soir entre 18h30 et 19h30, sans compter les va-et-vient de la journée. Et pas mal de voitures y viennent aussi à toute heure du jour et de la nuit.

Mes fenêtres donnant sur son chemin d’accès et sa maison, je sais de quoi je parle. »

Le 15 merdre 136 A.’P

(signature)

[scritch scritch]

Il est préférable de joindre une photocopie de la carte d’identité.
Ne pas oublier de dater et signer l’attestation

[NDK : seuls les lieux, les noms et les dates ont été modifiés]


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Terrasser l’ennemi

© Shanti Devi et Cyprien Luraghi 2009

Pendant ce temps-là, ça s’entredéchire au loin. Pas très loin : à quelques pas à peine de la terrasse, des grands enfants traitent leur petite sœur de grosse truie. Plus loin à peine, ça gueule entre homme et femme dans un logis.

Les chiens se parlent, la nuit. Les terres émergées sont couvertes par les émetteurs de Radio Clébard. Je pensais souvent ça sous la toile, dans les hautes vallées himalayennes, percevant les échos du concert nocturne des cabots dans l’air ténu.

Ainsi les conflits se propagent : par la voie des airs. L’homme frappant sa femme entend celui qui entend celui qui, celui qui… loin loin loin ; au Kivu, tiens : mutile à la machette une jeune fille.

Faudrait pouvoir tourner le bouton. Il y a des zones blanches heureusement. Sur la terrasse et posée sur le guéridon,[1] c’est la paix. Elle se déguste lentement, précieuse comme du thé vert long aux fleurs.

Elle est si délicieuse, aux fruits rouges confits. Tentante au point d’en tomber en amour. Et puis gracieux ornement de chevelure. Sans elle à goûter, quel plaisir ?

Pourtant le monde se bat, au coin. C’est bien, de se battre, il paraît. Des fois je me bats ; je me suis battu ; je me battrai encore. Mais pas là ; c’est bien, là. Je me pose, là. Un de plus, un de moins : les guerriers n’y verront que du feu ; je passe inaperçu. Je fais chier personne.

On boucle la gueule à un chien, pas à l’esprit canin planétaire qui aboie nonobstant.

 

« Je suis un chien ? perhaps ! »

Léo Ferré – Il n’y a plus rien

 

  1. forgé avec amour par Tamsin. []
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État policier

Tamsin - © Cyprien Luraghi 2009

Nous y voilà : en plein état policier. Même notre amie Tamsin a cédé à la pression : elle a elle aussi adopté un flic intérieur ; c’est très à la mode ces derniers temps. Ça l’éclate et moi aussi. On se sent plus en sécurité ainsi ; rassérénés et nos taux d’hormones joyeuses grimpant aux rideaux.

Pourtant, dans le vaste univers, il est des êtres pusillanimes renâclant au port de la casquette : ils sont pleins de fiel et d’ennui, et la paranoïa les nimbe d’une pénible aura. Ainsi, sur les grands forums dont nombre d’entre nous proviennent, nous en croisons souvent : drapés dans leur importance, ils caracolent en crachotant leur petit venin, et se la pètent tout en nous les brisant.

Le haut du panier de ces gens-là, c’est Julien Coupat : l’Invisible que j’évoquais dans l’un de mes billets.

Et le fond du fond, c’est la trollesse multicompte de Rue89, dont nous ne retiendrons ici que l’appellation hulkienne : Pipirella.

Il s’agit donc dans cette discussion, de dire tout et n’importe quoi sur ces gens. Sans restriction aucune. Le hors-sujet est permis, et les gros mots aussi.

Et banzaï !

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Secte Mic Mac

Shaman Koskimo - Photographie Edward Curtis

 

« Trop chous, je vous jure :  le pousseur non formaté de gueulantes épiques z’et révolutionnaires, l’affûteur d’arguments et le reste des groupies… »

Extrait de la Lettre Ouverte de Quinine, traducteur et amoureux des chats, publiée sur Rue89.

DIRECTION LA LETTRE OUVERTE DE QUININE SUR RUE89
( NVDF (Note Venue Du Futur) : il ne subsiste nulle trace de ces commentaires sur le site d’Ubu89, mais une bonne copie est conservée, accessible uniquement sur demande)

 

Le pousseur non formaté de gueulantes, c’est moi. L’affûteur d’arguments, c’est Numérosix, et les groupies c’est tout un tas de filles. Des groupies, quoi… et moi je suis un chef de secte, comme ils disent plus loin, les copains de Quinine.

Parce que nous avons admis récemment dans ma secte, un gros con de droite qui le crie haut et fort et signe Hulk. Ça, c’est pas bien. Alors monsieur Quinine, qui est un pur gauchiste, nous donne la correction.

Ce n’est pas mieux ici, dans les parages de Puycity, où notre amie Tamsin est tombée en amour avec un gros con de droite, qui fut le plus gros pinardier, et de loin l’homme le plus détesté de la contrée, avant sa chute récente et sa séance de pilori publique suite à sa faillite retentissante. Parmi les anciens amis de Tamsin, quelques Quinine lui tirent tout pareillement la gueule qu’à nous, et l’accusent des même tares.

Le débat qui s’ensuivit après notre lecture commune de cette Lettre Ouverte fut rude, raboteux, et les copains de Quinine l’épaulèrent bravement, Brogilo allant jusqu’à me traiter d’anarchiste de droite, ce qui est fort de café, pour le moins. Et d’une parfaite dégueulasserie. Et je ne vous dis pas ce que les autres malheureux sectateurs se sont pris dans la gueule. C’est long, mais il faut à tout prix lire ça : c’est un morceau d’anthologie de l’internet français !

Ils y révélèrent leurs tripes, et je vous assure qu’elles sont aussi peu ragoûtantes que les nôtres… sauf que nous, c’est normal : de par notre nature-même nous puons. Eux non : ils sentent l’eau de Cologne, comme dans la chanson du Grand Babu de Signé Furax :

 

Tout le monde y pue, y sent la charogne
Y’a que le Grand babu,
Qui sent l’eau de cologne
Tout le monde y pue,
ça fait mal au coeur
y’a que le grand Babu
qu’à la bonne odeur

 

Vous pensez bien qu’on n’allait pas se laisser faire : le Grand Babu nous avait craché dessus, alors ma secte de babucides et moi nous sommes surpassés : le ridicule ne tue pas, c’est prouvé : Quinine, Brogilo et leurs petits copains sont bien vivants. Et dignes comme Philippe Val.

Pour fêter ça, le Professeur Choron nous a envoyé une charlotte.

Mangez en tous, Frères et Sœur de l’Église de Cypologie Déconnologique : il vous ouvrira les portes de la perception où nous irons assouvir nos instincts les plus bestiaux en enculant le percepteur en tournante. Y aura des Chippendales pour les filles. Et ce gros con de droite de Hulk, et un gros con de droite qu’est pinardier déchu.

 

 

 

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PUDDING CONG !

Scan © Cyprien Luraghi 2006Putaing cong… comme on dit par chez nous.

Le Sud-Ouesteucong est aimé des Britons, c’est chose acquise et sue, exquise aussi parfois…

Tamsin est une heureuse hybride, et débridée, qui nous narra ce contelet, très véridique… C’est des Anglais d’Anfouars-Crassac qui ont offert, l’an dernier, un Christmas pudding au père Pagès, leur papy de voisin… La première fois, ça surprend… T’as les britishers du coin, que tu connais à peine, qui viennent quelques jours avant Noël, et qui t’offrent un panier garni avec des clémentines, des chocolats… et un machin non identifié planqué au fond, qui sent bon le pain d’épice à la gnôle, tout mou et grumeleux, dans un petit saladier. C’est le pudding. Qui nous laisse perplexes, nous autres. Surtout qu’on ne te donne pas le mode d’emploi.

L’an dernier, Ann, une adorable dame vivant à Montéton, que j’avais défendue face aux ogresses de Wanadoo qui lui faisaient raquer au prix fort une connexion fantôme, nous avait porté notre premier saladier… On avait goûté la ragoûtante ragougnasse du bout d’une cuillerette, mais bon, on avait beau savoir que la cuisine, c’est pas leur tasse de thé, ça nous paraissait bien rudasse, comme entremet.

Finalement, le lendemain, par la grâce d’une grognasse croûte qui menaça notre Ann d’une interruption de ligne si elle ne s’acquittait point de la modeste somme de 617 € 57, j’eus droit à la lady en pleurs au combiné… Je la rassurai : j’appellerai la direction des télécoms, à Toulouse, réglant ainsi l’affaire…

−Et le pudding, il était bon ?
− …Euh… ben yes, quoi…
− Vous l’avez laissé cuire combien de temps ?
− Ah ! Parce qu’il fallait le faire cuire ?
− Trois heures au bain-marie le premier jour, et six le lendemain.
− Ah bon…

C’est vrai que cuit, c’est bien meilleur. Même si c’est laid. Mais Tamsin nous a dit qu’en fait, le grand truc, c’est de le napper d’une sauce qu’on confectionne ainsi : Tu prend une plaque de beurre un chouïa ramolli, que tu bats vigoureusement avec autant de sucre, jusqu’à ce que le tout soit blanc et lisse. Là, tu montes le tout comme une mayonnaise, mais tu remplaces l’huile par du brandy − ou cognac, ou Cointreau. Su tu te démerdes bien, tu peux y faire passer toute une bouteille. Quand c’est prêt, tu en nappes le pudding, et tu sers après avoir flambé le tout. Après, c’est toi qu’es tout flambé. Et plombé de la tripe.

Mais revenons au père Pagès. Sa lady avait le goût de la déco ; du panier dépassait une branche de houx… Le pépé souleva la verdure, y vit le saladier, le huma… et en déduit que le brouet du dessous devait être l’engrais. Il planta donc le pudding et son houx dans un grand trou d’un fer de bêche carré en son jardin, et l’arrosa, confiant.  

Publié dans Déconnologie, Humain, Inde | Autres mots-clefs : , , , , | 7 commentaires
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