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Pas de cul

© Cyp Luraghi 2009 - d'après une photo de Philippe Dulauroy

« C’est vrai ça, pour une fois qu’on voit un peu de fesses sur le blog a cyp. Je me demande des fois si on n’est pas chez les mormons (le nœud). »
Homère, le 14 septembre

 

Hors de question : je ne mange pas de pain de fesse ! L’Ici-Blog est super moine : on y fait ceinture et chasteté ensemble ; frères et sœurs unis en Sainte Déconnique.

Or déconner, c’est sortir du con. Si le grand Alfred Delvau le dit, c’est la vérité : CLIC.

Et plus précisément, recopié directement de mon Dictionnaire Érotique Moderne (1874) :

DÉCONNER : sortir du con de la femme, soit parce qu’on a fini, soit parce qu’elle remue trop les fesses. Il y a des gens qui peuvent, comme l’Ascylte de Pétrone, rester deux jours sur une femme. Heureux Ascylte ! Plus heureuse femme !

« Ah ! me voilà déconné ! » La Popelinière

Donc non. Les enfançons pourront lire l’Ici-blog sans que nulle cellule psychologique ne soit convoquée après coup : je montrerai mon cul aux corps célestes seulement et ferai face à mon public, docte et digne.

La déconnologie est prude, probe et valeureuse. Elle n’est pas ce que vous en pensez ; elle est une forme d’humour asexuée, déshormonisée, et carbure à l’eau claire. Jamais grivoise et moins encore graveleuse, elle réjouit le couple familial et sa progéniture le soir à la veillée ; quand le Kondukator en Chef en cause dans le poste, le respect règne en maître au nid.

 

Paul Mathias Padua - Le Führer parle – 1939

 

À compter d’aujourd’hui, je vous invite à déconner, puis à vous reboutonner. Je ne veux voir qu’une tête. Sainte Déconnique vous contemple du haut des cieux ; enfoncez-vous bien ça dans le crâne. Et pas ailleurs, sinon je convoque la révérende mère Béa One. 

Rompez !

 

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QUI EST EN CAGE ?

© Olivier Tichané 2007

 

On s’était hissés jusqu’à Swayambhunath, deux cent mètres au dessus du fond de la Vallée, après avoir traversé la zone des faubourgs de Katmandou, Olive et moi. Et nous crevions de faim, de soif ; alors on s’est posés dans un petit troquet, pour avaler un bol de nouilles, des raviolis à la vapeur, et siroter des nescafés…

D’un coup vinrent les singes, et comme par gros temps sur un navire, tout alla vite et bien huilé, avec un souffle de panique adrénaline ; celle qui fouette l’équipage à bien boucler les écoutilles en quatrième. Les deux loufiats filèrent droit aux portes grillagées, qu’ils claquèrent de concert. Les clients hérissés des poils des avants-bras et de la nuque, planquèrent leur progéniture en fourrant rapidou les gâteaux secs qui vont avec dans leurs besaces sous la table.

Olive ne fit rien, sinon écarquiller les yeux qu’il a déjà bien agrandis par ses carreaux d’hypermétrope. Le macaque rhésus lui était resté totalement inconnu jusqu’à ce jour de fin d’avril…

— Planque l’appareil-photo, bordel !
— Oung ?

Il était tout bonnement tétanisé par le plus large des sourires qu’un corps entier pût exprimer. Une des plus radieuses irradiations qu’il m’ait été donné d’observer de visu le fut à ce moment précis, et ce jour-là. Vous auriez dû voir ça. Olivier venait d’entrer en vibration diapasonique avec son totem animal, et c’était beau à voir.

J’ai une passion particulière pour les singes, que je considère simplement comme mes frères ; ce ne sont pas des animaux mais des humains tout court ; il n’y a pas de différence entre eux et nous ; ce sont nos grand-parents et nous leur devons tout. Nombre de peuples asiatiques l’ont bien compris, qui vivent avec eux et leur vouent un culte ; ils ont raison, même si ces antiques frérots sont impossibles à fréquenter, tant au logis qu’au quotidien.

Une dizaine d’entre eux a désescaladé la véranda, sans se presser, en nous dévisageant, l’œil gris brillant, le nez froncé, petites mains tendues pour chiper à travers les grilles, la tête dans le vide, les pieds au ciel. Un peu plus bas dans la clairière du bois sacré ils ont mangé des épluchures en nous montrant leurs culs ; on aurait dit une bande de keupons heureux en rut, pouilleux et lumineux, libres comme l’air.

C’est au moment de payer l’addition, que nous avons soudain réalisé qu’on était bien coincés, et qu’il faudrait attendre pour sortir au grand air le bon vouloir de cette troupe de créatures, chromosomiquement liées à l’espèce que nous clamons être l’humaine, mais qui ne l’est que peu ou prou.

Mais macache ou macaque, des nèfles et puis des cacahuètes. Et puis des grilles. 

Publié dans Déconnologie, Népal | Autres mots-clefs : , , | 2 commentaires
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