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Loin des 95%

Sadan, ma pomme et Mukti dans la forêt profonde de l'Uttaranchal - 1989 - © Cyp Luraghi

Hé oui : cinq pour cent de non-cons pour compenser les quatre-vingt quinze pour cent de cons de tous calibres uniformément répartis à la surface de la planète… c’est le quota effroyable qu’on doit se farcir tous les jours.

Il y aurait de quoi déprimer si nous n’avions pas de papattes ou de roulettes pour passer notre chemin et nous hisser cahin-caha vers de vierges alpages certifiés non foulés par les cons. Encore que les moutons soient encore plus cons que les poules et tout aussi comestibles, ce que ne sont pas les cons humains.

L’inénarrable Georges Frêche n’y va pas par quatre chemins, traitant ses électeurs de connards dans cet enregistrement :

L’Affreux Jojo dans ses œuvres.

Tout le monde traite tout le monde de con, même le Présidateur de la Pupublique fait retentir son con barytoné en guise de salut public.

Mais pas nous trois, au lendemain de ce con de gros col raide comme la Justice : aussi loin que nos yeux visent l’horizon, rien ni personne hormis d’invisibles mouflons et les effluves animés des petits esprits de la grande forêt.

***

On est bien, loin des cons à se conter des historiettes et à digérer le riz du soir, à sourire de nos peurs du jour, à se gausser de la tempête évitée de justesse qui nous avait bien foutu les chocottes même si on le montrait pas. Là, juste un souffle régulier du nord attisant le brasier : trois gros troncs secs tombés au sol, halés à six bras et allongés ensemble rôtissent nos couennes frigorifiées.

Il n’en faut pas plus pour oublier les cons du monde entier.

***

C’est un endroit sans pareil : il arrive parfois qu’un piéton s’y aventure ; la plupart du temps une jeunesse en quête de l’autre genre, loin de sa vallée. Depuis l’aube des temps ça se fait comme ça, dans les montagnes du Garhwal et les avoisinantes.  Des cols de mariages, qu’ils disent. Genre vrai casse-gueule : pas de sentier ; on file au pif dans le sens de la pente et on fait pas le fier sur les corniches larges d’une demi-godasse. Et puis il y a le replat avant les interminables pierriers qui nous hacheront les semelles et ferons flageoler nos genoux, demain.

Et tout en bas un petit bourg nonchalant et confortable avec quatre-vingt quinze pour cent de cons qui nous attendent de pied ferme.

Non : j’exagère un tout p’tit peu (comme d’hab ;-)

En attendant, on jouit à trois devant le feu d’enfer de notre paradis de forêt vierge de cons…

 

Publié dans Billet Express, Déconnologie, Himal, Inde, Pilotique | Autres mots-clefs : , , , , , | 729 commentaires
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