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Dégelée sur la rive nord

Nids de guêpes maçonnes - Illustration © Cyprien Luraghi - ICYP - 2015

Dans l’armoire à linge, sous la pile, bien à plat planqués, à l’abri dans l’air immobile, juste à température. Envolés, barrés happer la chenille aux rafales d’autan, passé les grues cendrées, l’an neuf et les fèves perçant la croûte aux jardins.

Tous les ans ça recommence : timidement les gonds grincent, les fenêtres s’entr’ouvrent, miasmes et bestioles se diluent dans l’azur incertain rincé de giboulées.

***

Sur la rive sud où crèchent de frustes créatures, Sambucus asperge d’huile à machine à coudre[1] les roulements de son fauteuil à pneus pendant que sur la rive nord je grommelle en dressant les puces des ordinateurs en carafe de mes clients. À la cuisine ça gazouille autour de la table en bois d’arbre : chocolat, café, la jeunesse de passage, le voisinage bricolant à l’entour, Léopardo s’enfilant des bananes à pleins régimes, Marcel Granule ronronnant de concert avec la Moutche, et au loin, très au loin, d’autres grincements et d’autres envolées ont lieu en même temps : les drones et les Rafale sont à la parade nuptiale des engins de mort, dézinguant les coupeurs de têtes amoks pendant que les obus de Vladimir fécondent les terres à blé de l’Ukraine sous les vivats des révolutionnaires sur canapés de la France pépère, rouges et bruns main dans la main, unis pour le pire dans la plus parfaite communion confusionnelle des esprits inachevés.

…e la nave va !

  1. La machinacoudrophilie est un de ses nombreux vices. []
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Le vrai péril fasciste n’est pas celui qu’on croit.

Illustration © Pierre Auclerc - ICYP - 2013

Ah, elle n’est pas facile la vie de l’honnête homme, en France, en ce début de 21è siècle. Quand il allume sa télévision ou son internet, il apprend qu’il est menacé par le fascisme, ce qui le rend très inquiet, car il a été à l’école et il a bien compris que le fascisme c’est très vilain, les zheures sombres, et tout ça.

Mais, se demande t-il, qu’est-ce exactement que ce péril fasciste dont on me dit qu’il menace la République, mes fils et ma compagne jusque dans mes bras ?

C’est une bonne question.

On lit un peu partout, sous des plumes plus hâtives à reformuler les poncifs du voisin qu’à tenter de faire preuve de lucidité, que la période actuelle serait caractérisée par une grande confusion intellectuelle et politique. Les Sentinelles stipendiées et autoproclamées qui guettent du haut de leurs miradors le retour de la bête immonde sont formelles : l’extrême-droite conservatrice et autoritaire française est en cours de mutation en reprenant à son compte les penseurs et politiques de la gauche radicale, dans un grand mélange de patriotisme social, de socialisme capitaliste, d’anarcho-syndicalisme et d’appel à la révolution (non violente dans un premier temps). Le tout étant lié au moyen d’un délicat fond de sauce à base de populisme et de mise en cause des soi-disant élites responsables de tous (ou presque) les maux.
Ce brouet indigeste est dénoncé quasi unanimement par nos braves Sentinelles, à l’exception des plus pétochardes qui se positionnent déjà sur le créneau du TINA (il n’y a pas d’alternative, il faudra en passer par le FN pour transformer la France, hélas…). On dit ainsi sur tous les tons à l’honnête homme que ces mélanges idéologiques, cette confusion, ne riment à rien, et sont obscènes. Bref que ce n’est pas très sérieux.

Du coup, l’honnête homme se demande si cela le rassure. Il se dit que si c’est absurde, ça ne repose sur rien, et qu’il n’en sortira rien de concret à part du bruit.
Mais ensuite, l’honnête homme, qui a du bon sens contrairement à ce que nos braves Sentinelles qui le méprisent déclarent, se dit que ça ne lui suffit pas, et il ouvre un livre d’histoire qu’il a acheté pour l’occasion en 1-click sur amazon. Et il y découvre effaré que dans les années 20, le fascisme est né de la conjonction des idées patriotiques et des idées socialistes et anarcho-syndicalistes sur fond révolutionnaire.

Et tout d’un coup, il se rend compte que tout ça n’a rien d’absurde ou de confus ou de pas sérieux, que c’est au contraire très clair, et que soit les Sentinelles sont incultes et stupides, soit elles sont complices : la réalité le frappe d’évidence : le rapprochement rouge-brun en cours, celui de l’extrême-droite conservatrice autoritaire traditionnelle avec les extrêmes-gauches subversives et radicales, est le même que celui qui s’est opéré en Italie dans les années 20, et fédéré par Mussolini.

À peine remis de sa stupeur, notre honnête homme s’aperçoit que le fascisme italien n’était pas raciste. Or il observe que ce rapprochement rouge-brun conspue à longueur de journée deux populations désignées comme les ennemis de l’intérieur qui veulent saper la civilisation et le modèle républicain français : les musulmans et les juifs. Il observe que l’épouvantail des musulmans est largement utilisé pour convaincre l’électorat de droite et du centre, ainsi que l’électorat républicain soi-disant laïc de gauche. Mais, pour l’extrême-gauche, les musulmans sont des victimes ontologiques, et la République est une chienne à abattre. Pour eux, la coalition rouge-brun a donc remis au goût du jour le péril juif mais cette fois comme ennemi de l’extérieur avec sa cinquième colonne en France, ce qui fonctionne très bien sur fond de conflit israélo-palestinien en particulier.

Par conséquent, notre honnête homme en conclut que l’analogie avec le fascisme ne tient pas, puisque cette coalition rouge-brun est raciste et antisémite. Il ouvre donc un autre livre d’histoire qu’amazon lui a recommandé, et il y découvre stupéfait que cela aussi a un antécédent historique, plus au nord, en Allemagne à la même époque.

Voilà notre honnête homme tout à fait inquiet désormais. Le retour du nazisme, se dit-il in petto, ce n’est tout de même pas rien, et il n’a pas tort. Son inquiétude est renforcée par le ballet permanent qu’il observe de purs gauchistes radicaux tamponnés sur l’œuf, amis du peuple autoproclamés (démontrant par là qu’on peut se proclamer ami de ce qu’on méprise) qui prêtent attention à cette synthèse rouge-brun, la justifient par un besoin légitime de changer la société et d’écouter ledit peuple, puis basculent sans jamais l’admettre du côté obscur et s’en vont rejoindre la nébuleuse du Front National.
Avant, se dit-il, c’étaient les ouvriers et les employés qui faisaient défection du Parti Communiste pour aller grossir les rangs des électeurs FN, ce n’était pas bien grave. Mais désormais, ce sont des intellectuels (souvent autoproclamés), des leaders d’opinion, qui font ce même mouvement. Voilà qui est plus inquiétant, d’autant qu’il est difficile de faire la différence entre les opportunistes qui vont à la soupe (eh oui, le PCF, le NPA, l’altermondialisme, pour faire carrière, c’est compliqué), et ceux qui y croient vraiment.

Mais notre honnête homme prend du recul, car il n’est pas dos au gouffre encore, il peut se le permettre. Et que constate t-il ?
Il constate que dans son entourage, les gens qui se disent de gauche qui prêtent attention à cette coalition rouge-brun sont tous, sans exception, des gens sans colonne vertébrale intellectuelle, sans convictions ancrées, qui baignent dans un relativisme délétère selon lequel tout se vaut, et qui pour la plupart vivent de grandes frustrations personnelles dans leur vie. Il en parle avec ses vrais amis, et il constate qu’il en va de même partout.
Du coup, le voilà un peu rassuré de constater que la mouvance rouge-brun est largement une affaire de médiocres et de ratés. Il constate aussi que de très nombreux intérêts privés n’ont rien à gagner à l’arrivée au pouvoir d’une telle coalition rouge-brun. Son livre d’histoire lui montre que la quantité des déclassés et des désespérés est beaucoup plus faible (quoique trop importante) dans la France d’aujourd’hui que dans l’Allemagne et l’Italie de l’entre-deux guerres, grâce à un système redistributif aussi performant qu’il est onéreux.
Il en conclut que ce pays est encore armé d’un solide bon sens, que des anticorps nombreux et puissants existent, et que personne n’est prêt à lâcher ses intérêts particuliers ou corporatistes pour une quelconque aventure.

Notre honnête homme se rassure donc. La mouvance rouge-brun, et le FN, ne prendront donc jamais le pouvoir. Ils vont certainement causer des perturbations diverses et variées, mais cela n’ira pas au-delà et ne sera pas bien grave in fine.

Mais il reste quand-même un peu inquiet. Tout de même, 25% du corps électoral qui vote pour la haine, on ne peut pas être complètement rassuré.

Et ça tombe bien, car une autre mouvance bien plus puissante et bienfaitrice est là, qui a pensé à tout pour le rassurer et lui garantir une vie heureuse.

Dans le temps, la République était paternelle. On ne rigolait pas tous les jours, et l’autorité était l’autorité et on lui obéissait dans les domaines jugés importants où elle voulait qu’on lui obéisse. Pour le reste, Pompidou disait « n’embêtez pas les Français ».
C’était une époque insupportable, intolérable, où tout un chacun pouvait mal se conduire en toute impunité. On pouvait nuire à sa santé, ne pas manger cinq fruits et légumes par jour, se tuer à 200 sur l’autoroute sans mettre sa ceinture, cultiver son cancer du poumon en fumant des gitanes sans filtre, etc.
On peut toujours faire tout ça en 2014 d’ailleurs, mais ce qui a changé, c’est qu’à l’époque, la société et le gouvernement disaient : « tant que ça ne nuit qu’à vous, c’est votre problème, vous êtes un adulte responsable, on vous a prévenu des risques ». C’était le gouvernement paternel.

Maintenant c’est différent. On veut nous empêcher d’avoir ces comportements « déviants ». On édicte des normes de vie qu’on nous somme de respecter, et pas seulement pour préserver notre capital santé comme ils disent. Mais aussi parce que ces normes représentent la nouvelle morale publique que les gens autoproclamés raisonnables souhaitent imposer à la population, pour faire son bien malgré elle si nécessaire. On veut interdire la cigarette électronique parce que « fumer c’est mal ». On fait condamner une exposition artistique de photo à Bordeaux au motif qu’une des photos présentait un enfant de manière équivoque, et cela au nom de la protection de l’enfance. On fait honte aux gens qui refusent de se vacciner contre une grippe imaginaire au motif qu’ils mettent en danger, par leur refus, les plus faibles. De manière générale, on édicte des normes de protection des individus contre eux-mêmes. Et on pourchasse le crime jusque dans l’art et dans la science. Un historien n’a pas le droit de dire, même preuves sérieuse à l’appui, que les bombardements de Dresde en 1945 étaient justifiés par le besoin de briser le peuple allemand et d’éviter une troisième dans vingt ans ; s’il le fait, il sera poursuivi et condamné pour apologie de crime de guerre. Etc, etc. les exemples abondent. Le dernier en date étant la pénalisation des clients de prostituées qui offre une excellente synthèse de ce que sera bientôt la nouvelle bête immonde au ventre fécond.

La vie, c’est dangereux, et c’est turbulent, et c’est imprévisible. Les gens raisonnables ont décidé que la vie ce n’est donc pas raisonnable, et qu’il convient d’encadrer tout ça. Ce qui est précieux pour eux, ce n’est pas la vie, c’est ce qu’on peut en mesurer ; sa durée, son degré de santé, son absence de traumatismes. Mieux vaut pour eux une population qui vit cinq ans de plus dans un état morose et gavée de psychotropes qu’une population qui vit vraiment, qui fait des bêtises, et qui meurt cinq ans plus tôt en moyenne.

Nous sommes ainsi passés de l’État paternel à l’État maternel. Les citoyens ne sont plus des adultes responsables qui ont à assumer leur vie et leurs choix, mais des enfants turbulents qu’il s’agit de canaliser et de mettre dans le droit chemin. Le gouvernement maternel des gens raisonnables se développe ainsi au centre de manière consensuelle. C’est l’extrême-centre de la vie politique et sociale. Et cet extrême-centrisme devient peu à peu le nouveau totalitarisme qui va asservir les gens, avec leur plein consentement, puisque c’est pour leur bien. Et comme tout totalitarisme qui se respecte, l’État aura de moins en moins besoin d’intervenir contre les déviants, puisque la pression sociale ordinaire et quotidienne s’en chargera.
Par exemple : vous faites du ski hors piste :
. L’État vous dit : si on doit vous secourir à cause de cela, c’est à vos frais, les impôts payés par les gens ne servent pas à couvrir des prises de risque insensées.
. L’Assurance Maladie vous dit : si on doit vous soigner à cause de cela, c’est à vos frais, nous ne couvrons que les risques indépendants de la volonté de l’individu.
. L’assureur vous dit : je ne peux pas vous assurer contre les conséquences d’un accident, car ma charte de Responsabilité Sociale d’Entreprise m’interdit d’encourager les comportements déviants.
. Votre voisine vous dit : vous devriez avoir honte de faire du ski hors piste et de mettre en danger les secouristes en cas d’accident.
. Vos collègues et supérieurs disent : ce gars qui fait du hors piste, comment lui faire confiance pour jouer collectif et respecter les règlements ?
. Etc. Donc vous avez le droit de faire du hors piste, ce n’est pas interdit. Mais dans les faits, si, c’est interdit parce que vous ne pouvez pas vous le permettre.

Et voilà, en conclusion, l’honnête homme a bien compris que le vrai péril « fasciste » ou totalitaire qui nous guette n’est pas la mouvance rouge-brun, ni l’islamisme radical ou quelqu’autre religion, ni le terrorisme, ni même les excès du capitalisme mondialisé. Il y a suffisamment d’anticorps dans la société, et d’intérêts privés, et de matérialisme individualiste, pour contrer correctement tout cela.
Ce qui est beaucoup plus puissant, et qui se prépare à dominer nos vies c’est l’extrême-centrisme totalitaire, et s’il n’y avait qu’une seule lutte à mener, il faudrait choisir la plus importante, c’est à dire celle-ci : la lutte contre le totalitarisme d’extrême-centre, hier rampant, aujourd’hui chaque jour plus audacieux, et demain au pouvoir si on le laisse prospérer. Les vrais fachos dangereux, c’est eux, pas les pitres rouges-bruns qui sont voués à l’échec.

L’honnête homme ne veut pas d’un État maternel, et il veut que les gens raisonnables s’occupent de leurs fesses et pas des siennes.

Aux armes citoyens !

…e la nave va…

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VEILLÉE DE GUERRE

Illustration © Cyprien Luraghi & Pierre Auclerc - © 2011Il y a eu basculement ; délicat de dire quand exactement. Mais là, ces derniers jours ; pas plus avant. Ça se sent au travers des masques et quoi qu’on fasse, ça passe au travers et s’insinue, pénètre et imprègne au plus profond, jusqu’au frisson entre chair et os.

Les tenues de combat en face sont de sortie et leur touffeur, boutée au vent attisant les exhalaisons du remugle ennemi enivre à mort : dans dix mois tout sera consommé et ça sent l’écurie. Lancés au grand galop s’entrevoit en dépit des gaz et de la fumée acre, la fin du tunnel : loupiote au loin.

Au dedans c’est le tohu-bohu : ça se frotte la couenne et le sang y affleure avant de jaillir à gros bouillons, tout bientôt. Chaque parti s’affûte les nerfs : vils coups bas permis en vue. Ça va charcler, je ne vous dis que ça.

Tous n’ont qu’un but commun : déposer l’exécrable Nicolas Caca, petit poulet de France postillonnant de tous ses pores et orifices depuis quatre ans sur ses sujets, des jets continus de sanie et d’insanies, à tel point que tout un chacun ou quasi en est contaminé et devenu confus.

Dans le tunnel on ne sait plus qui combat qui et les camps s’entre-dévorent à l’aveuglette ; chiens cannibales et moutons féroces.

Des catacombes et les tranchées de l’internet : tout n’est plus que rouge et brun dans la fange glacée : la confusion la plus absolue règne entre belligérants. C’est grand vaudou là-dedans.

Du sang et de la merde : au moins c’est clair. Grand merci à l’internet de laisser les vengeurs masqués étaler leurs tripes sur les grands forums mieux que sur les divans des psychanalystes. Ça fuse en instantané, de nos jours : plus besoin de thermomètre culier à mercure pour prendre la température de la société, ni de se farcir de pénibles ouvrages imprimés sur papier jauni.

Face au nain grimaçant, dans le tunnel il y a : le Front National de Gauche avec le Líder Máximo des petits bourgeois Jean-Cul Merluchon ; Murène Lapine© et ses Dupont Lajoie gogols à calibre 12 juxtaposé planqué sous l’oreiller ; Gogolène Poital et ses troupes de conspirationnistes fous d’amour attendant l’Apocalypse en biffant les jours sur le calendrier maya en flippant sur les réseaux satanistes pédophiles ; Nicolas Shampoing et son ULM à pédales. Et c’est à peu près tout. Les autres comptent pour du beurre et seront soit élus − fade entremets gélifié ou tomate farcie − ou disparus corps et bien : NPA et PCF.

Moi, ce qui me frappe en cette veillée de guerre, c’est le lien reliant tout ça : de la même fibre que celui qui a mené Jacques Doriot à Alain Soral, il est.

Qu’ont en commun Gogolène, Merluchon et Murène Lapine ?

Les mêmes obsessions maladives : racisme ou xénophobie sournois avoués ou pas, retour à l’ordre moral, fantasmes morbides et ultra-violents, négationnisme − Gogolène de l’affaire d’Outreau ; Merluchon des crimes contre l’Humanité commis par le PCC au Tibet ; et Lapine des négationnismes divers et variés professés par l’écrasante majorité des adhérents et des pontes de son parti national-fumiériste.

Dans plusieurs billets à venir, je montrerai avec preuves tangibles à l’appui ces liens qui les unissent, ces rouges et roses bruns. Aujourd’hui je tapote juste le diapason pour donner le ton, à la va-vite.

Le confusionnisme des idées : voilà l’Ennemi !

E la nave va…

 

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Branlette Circulaire

CC NASA

« Prenez un cercle, caressez-le, il deviendra vicieux »
Ionesco, La cantatrice chauve

Comme dans les années vingt et trente du siècle mort, la confusion des sentiments et des idées, des idéaux, engendre son petit lot de roulés-boulés folisophico-pilotiques chez les naisseurs d’étalons de la pensée humaine. Sur le vigoureux océan de l’inculture du cœur, de bien petits morceaux d’esprit tournent comme des hamsters, distrayant leur esclavage dans une roue multicolore, insatisfaits toujours.

Tentez de lire un livre de Dantec ; de voir où veut en venir un Soral quand il cause… ou un Régis Debray ; de crayonner un arbre retraçant la toile d’araignée shootée du raisonnement d’un pourfendeur d’hérétiques contemporain, ex-mao… ou d’un simple Bruckner. Ou Goupil.

Tout ça nous fait du drôle de converti… un sacré embrouillamini ; rien que colère et ressentiment pour ce qui est si soudainement différent de ce soi girouette ; alors que si peu de temps auparavant il juronnait encore en louant les Soviets… et qu’il prie en latin maintenant, agenouillé sur la dalle roide de son schiste[1] mental…

Enfin bon, ils ne sont pas des masses et n’entraînent dans leur sillage qu’un bien maigre fretin de couillons entravés de la comprenette… J’ai quand même l’impression que la qualité est en baisse : le méchant filousophico-pilotique moderne ne perce pas vraiment : il n’est pas sexy. Il n’attire à lui qu’une raïa hétéroclite de garçons surtout, ou de rombières pavillonnaires à caniche-bull et Cédric à pompe huit coups, xénophobe et magasinier.

 

Il ne fait pas bander les foules,
mais tel le vilain paraphile
des trucs extrêmes,
il s’astique le poireau
en s’extasiant
sur les photographies
de ses héros
de pacotille.

***

 

J’y peux rien, mais tous ces gens-là me font rire. Je devrais pas, je sais. Mais bon, je ne peux pas me refréner  Ça me colle pas la déprime, bien au contraire. J’aime bien aller traîner chez eux, sur leurs blogs et leurs sites. C’est véritablement bidonnant et dramatique.

Un de ces quatre, je passe aux complotistes. Paraît qu’il y en a plein. 

  1. …ou de son schisme, ça marche aussi… []
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Captain Zodiac

Six heures du mat et déjà clopant aujourd’hui, et à sept un grand café, le soleil qui me chauffe le dos dans la cuisine. Et hop, au taf. Old Nick m’envoie un mail, chic. Un jour, il y a trois ou quatre ans, en allant à la pêche aux bons textes sur le Net, je tombe sur un roman INCROYABLE : Captain Zodiac pondu par Olivier Nicolas et Stéphane Cabel et refusé par tous les éditeurs. Je suis tellement soufflé par la chose que je me fends d’une impression au format bouquin; je relie l’objet et le fais tourner chez les potes. Qui en tombent sur le cul, tous autant qu’ils sont. On peut le trouver là, sur l’Organe, vers le bas de la page, en cliquant sur l’image. Ça fait deux ans que le site n’a pas été vraiment réactualisé, mais Nicolas passe le flambeau et tout redémarrera à neuf dans le courant du mois… Amusez-vous bien, en attendant. C’est avec le Zodiac que j’ai compris l’intérêt du Net. Plus besoin d’aller mendier auprès des requins de papier, ni d’aller enrichir l’imprimeur du coin. À moins de cent balles par mois, tu es libre et lu.

[NVDF (note venue du futur) du 19 août 2015 : depuis les alentours de 2005, le site lorgane.com a totalement viré sa cuti : Olivier alias Old Nick est désormais un ardent soutien du FN. Comme un paquet d’autres girouettes, d’ailleurs. Autant vous le dire tout de suite : c’est pas du tout le genre de la maison. Idem pour les requins de papier : en 2001 il était encore permis de croire que le Net allait changer la donne en mieux, mais macache : c’est encore pire qu’alors, quatorze ans plus tard… ]

Captain Zodiac est librement téléchargeable en PDF, dans sa version revue et corrigée par mes soins : CLIC

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