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Enculé culte

Le bûcher de César - © Hulk - avec son aimable autorisation.

 

Tout est prétexte à rituel : nous y sommes sensibles, car les objets de notre adoration nous ressemblent tant. En déposant des fleurs à l’emplacement d’un bûcher funéraire d’imperator, nous nous rendons culte.

Jules César fut le plus modeste mégalomane de tous les temps connus ; c’est pour ces deux qualités que 2050 ans après sa mort, les gens vont toujours déposer des offrandes à l’emplacement de sa crémation, qui donna lieu alors à des scènes de démence orgiaques dans lesquelles tout ce qui pouvait brûler ou pas fut projeté sur le cadavre sanglant. Suétone, ce merveilleux petit rapporteur des bruits de chiottes de l’Empire, raconte ça très bien ici : CLIC.

Tout le monde pouvait et peut encore se reconnaître en César, bien plus facilement que dans un Jésus quelconque et indigne du moindre intérêt ; la fascination que ce petit charpentier exerce encore m’a toujours étonné… quelle mièvrerie… Alors que le grand Jules, lui, est d’un tout autre calibre.

Il fut le plus parfait des faux-culs : trompant son monde à tour de bras, comme il le fit pour ses femmes, ses amantes et amants avec sa bite. Aucune hésitation : épée de chair ou braquemart d’acier, il encule et se fait enfiler dans un but unique : Rome et sa pomme, qui ne font qu’un. Or Rome, c’est nous, le monde occidental. Ne cherchez pas plus loin : les Gaulois, c’est de la blague ; nous ne sommes en aucun cas les descendants d’un peuple ingéré par la puissance commerciale romaine – bien avant la guerre des Gaules, qui ne fut qu’habile propagande. C’est un mythe rassurant repris par le Maréchal pour apaiser la France envahie, rien d’autre.

Nous sommes les descendants directs du peuple inventeur des HLM pourries avec de la racaille dedans – les insulæ – et pourvus de vide-ordures, abondamment salopés de graffiti obscènes et d’un type de gouvernement que nous pratiquons toujours : la démocratie impériale.

Mon unique nostalgie est que les jeux du Cirque bien saignants aient été remplacés par la fade débauche télévisuelle. Sinon, notre monde romain du vingt-et-unième siècle après César me convient bien : on y retrouve les mêmes enculeurs enculés, quoique plus minables que notre bon vieux Jules.

Sa recette : paraître très modeste et tempéré en public, mais en public seulement. Et puis tout faire pour plaire au populo. Très important, le populo : bien lui montrer sa superbe en érigeant de grands bâtiments mastocs et ravir ses vils instincts en humiliant les représentants de la république.

Toutes choses perpétuées de manière abâtardie par nos Mitterrand et sa Grande Arche merdique, sa Grande Bibliothèque hideuse ; Chirac et sa mocheté kitsch de musée des Arts Premiers et autres merdicités.

Sarkozy, lui, n’a pas encore coulé de gros pâtés de verre et de béton pour édifier la postérité : il se contente de cumuler les tares de César sans présenter la moindre de ses qualités ; et il insulte bien la république. Car on peut reprocher tout ce qu’on veut à Jules, sauf son manque de courage. Dans les batailles, il ne s’est jamais débiné comme un roquet tout aboyant.

 

Publié dans Déconnologie, Pilotique, Spectacle | Autres mots-clefs : , , , , | 510 commentaires
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