Archives par tag : Rêvasserie

Chauffe la couenne !

Illustration © Cyprien Luraghi 2016 - ICYP

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Ingérer, accumuler, profiter.
Les jours rallongent, la sauce aussi.
Ça sent la casserole.
Et la jonquille en attendant les lilas.

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L’Icyp : 14 ans au compteur et 500 000 commentaires.

…E la nave va !

 

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Machine à lover

Illustration © Cyprien Luraghi - 1990 - 2016 - ICYPY a quoi là derrière ? Oui, il y a quoi donc. Après, il va se passer quoi, dis voir. Qu’est-ce qui nous attend de l’autre côté. Est-ce qu’on va y laisser la peau au passage. Ou bien rien que les oripeaux. Les faux semblants, le vieux monde. Et là soudain dans la descente le sens de l’irrémédiable : pas de retour possible. Trop d’efforts déjà pour se hisser là-haut, si loin. Dis voir, dis voir

Et personne ne répond jamais. Le monde n’a pas été livré avec un organe vocal. L’avenir non plus. Alors on reste dans l’expectative et comme on n’y coupe pas, il n’y a pas trente-six solutions : soit tu flippes comme un rat imaginant le naufrage du navire en plein océan, soit tu t’en tapes complètement et tailles le bout de route gentiment en sifflotant. C’est ce que je fais, à l’instar des grues cendrées que l’ami Sambucus vient de voir passer sur la rive sud du Lot. Quoi qu’il arrive, en avant toute. Cap vers l’inconnu ; ce truc qui se planque derrière. Qui sera ce qu’il voudra : amas de haines, éclats de schrapnels, sang sur les murs, conflits planétaires, irradiation générale. Ou peut-être l’amour, oui c’est ça : l’amour qui propulse nos pattes plus sûrement que la faim au creux de nos estomacs à la vue d’un tendre saint-nectaire et nous fait profiter sans cesse de l’instant présent. Non parce que les guerres, merde. Et que la haine ça va bien cinq minutes : au delà c’est épuisant. Et con à pleurer.

Il n’y a pas de col à franchir et rien derrière, pas même le grand méchant Tout,[1] il n’y a que la lune à décrocher au bout du voyage, du bout des yeux, du fond du cœur… E la nave va, un, deux, trois…

  1. © Lady []
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L’horizon des ondes

Illustration © Cyprien Luraghi - 1989 - 2015 - ICYP

Elle était adolescente, en pyjama et prête à aller au lit. Et là elle m’a dit : dis papa toi qui a beaucoup voyagé, en fait y a plus de zones blanches sur la planète. Non il n’y en a plus, c’est fini. Tout a été visité par des visiteurs de contrées lointaines. Les satellites se sont chargé du reste. Tout le monde sait tout sur tout le monde ou tout comme. Instantanément. Les recoins les plus mystérieux sont éclairés a giorno, même par les nuits sans lune. Le mystère lui-même a fondu sous ce flot de photons et autres particules rapides. Les zones blanches sont devenues des zones ordinaires. On ne peut plus dire fuyez, tout est découvert : il n’y a nulle part pour aller se réfugier à couvert. Les enfants ne peuvent plus rêver de devenir de grands découvreurs de terres inconnues comme des myriades de générations d’enfants d’avant. Il n’y a plus non plus le voyage dans le temps : c’est fini ça aussi. Pour ça il fallait arpenter longtemps les sentes périlleuses des contrées les plus reculées. Qui n’existent plus non plus. Là, on était au Moyen-Âge, d’un coup. Tout n’était que bois, laine brute et jute, suint et ferrures, feux de bois. C’était chaud et âcre et là, on était vraiment au bout du monde. Personne n’en savait rien à part nous, passagers de fortune d’un songe qui a soudain cessé. En pas trente ans. D’un coup d’un seul. Clac dans les doigts. Je l’avais écrit quelques années avant ta naissance, ma fille : …juste avant le nouveau siècle, avant que tout ne soit balayé par l’insipide modernité[1] mais te fais pas de bile : les grandes découvertes et les voyages dans le temps ils sont dans nos zones blanches intérieures maintenant. Et celles-là, aucun explorateur n’y aura jamais accès. Aucune onde véloce ne colportera ses secrets. Le monde entier n’en saura rien. Jamais. Tu peux dormir tranquille.

Bonne nuit, ma bwanelle. Bonne nuit mon bwana.[2]

…E la nave va…

  1. Extrait de l’intro de Pistes Himalayennes. []
  2. Lire le billet lié « Wituel du soiw ». []
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Orange tétanique

Illustration © Cyprien Luraghi 2015 - ICYP

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C’est l’hésitation
Avancer ou bien non
Le feu clignote
orange
Partout il y a des feux
Et pourtant le monde est froid.
Glacé.
Pas un philosophe pour décrire son état sans cesse mouvant
et figé
tout à la fois.
Sa débâcle et ses fermentations.
Aucun penseur pour fixer un cap idéal
à son futur.

Et pourtant elle tourne e la nave va…

*

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Rituel nataliste

Illustration © Cyprien Luraghi - ICYP - 2015

L’astre rutile cendré par dessus les puys et les jours rallongent d’un poil. Le temps est mûr et les conjonctions idéales. Ce 25 décembre, nous autres déconnologues distingués, sacrifions un saint-nectaire du bon faiseur afin d’alimenter notre glande poilante[1] en quintessence de bonne vie : substance indispensable aux pratiquants de la gymnastique zigomatique.

*

Bref, tout va bien à bord de la nef des francs-limaçons de l’Icyp. Dehors c’est pas terrible par contre : la malédiction du pétrole engendre son lot de guerres et de bouleversements planétaires de toutes sortes, plus que jamais. Et à un bien plus petit niveau, celles et ceux qui se sont trouvés des atomes crochus sur le forum de Rue89 ont appris que ce magazine allait se faire bouffer par les magnats de la presse. Cet article des Inrocks explique ça pas trop mal : CLIC. C’était tout cuit d’avance : ce canard n’a fait que sombrer lentement depuis son lancement dans l’océan Océtique en 2007. Ni fleurs ni couronnes : après tout ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes et si de nombreux vieux commentateurs les ont soutenus à chacune de leurs galères, j’ai bien l’impression que sur ce coup ils peuvent aller se brosser. Un tel gâchis humain mérite à la fois l’admiration et le mépris, hein. Mais c’est sur ce forum que beaucoup d’entre nous icy se sont connus, donc c’est triste quand même.

L’engloutissement programmé de Rue89 ne changera rien pour moi : l’Icyp a 14 ans bien sonnés et les belles et bonnes amitiés qui s’y sont créées sont faites pour défier le temps. Il ne reste plus beaucoup de petits estaminets accueillants sur le Net de nos jours : de nombreux tauliers ont jeté l’éponge en cours de route : ce n’est pas un métier de tout repos d’écrire à visage découvert, livré tout nu et tout cru aux masques des malfaisants hantant ce réseau qui semble avoit été conçu rien que pour eux dès l’origine. J’ai tenu bon et je ne regrette rien : l’esprit de l’Icyp est intact et indestructible. Ce n’est pas moi, cet esprit : c’est vous. Moi je ne fais que frapper le diapason en rédigeant un petit billet rêvasseur de temps à autre. La belle musique, c’est vous qui la jouez dans le système de commentaires.

L’amitié, bande de bande ! Bon Noël aux chrétiens qui y croient et doux solstice à Touti et Couanti. Et envoyez des sous, ceux qui peuvent et ceux qui veulent : faut renouveler la location du serveur dans trois semaines ;-)

…E la nave va !

  1. Lire le billet précédent []
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