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Le bal des gens pires

Photographie : Paul Grély 1961 - © Fonds Auzanneau - tritouillage : Cyprien Luraghi

*

Les pipistrelles sont de sortie, c’est de saison.

Enfin j’anticipe un peu, là elles doivent lentement s’extirper de la torpeur hivernale et envisager en leur for intérieur, que la vie n’est pas que rêve comateux.

Les vampires eux, ont le sang chaud et le goût du sang ; c’est en tout temps qu’ils font la sarabande et au gai printemps plus encore, mènent la danse, vent en poupe.

Crocs en avant.

Heureusement, on ira tous au paradigme.

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E la nave va !

(mercis à Apicius pour le titre et Croûton pour la dernière phrase de ce billet tout court)

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Le FLIP

Illustration originale © Cyp 2011Les petites bêtes ne mangent pas les grosses : ça se discute. J’y ai jamais cru, à cette sentence. Un régiment d’asticots vient à bout de n’importe quelle charogne, déjà.

Et puis on sait jamais : la moindre pipistrelle avec ses petites pattes griffues, pourrait faire je ne sais pas quoi… d’ailleurs c’est ça qui est flippant : quand on ne sait pas.

L’autre nuit elle est entrée par la fenêtre de la bibliothèque : il faisait bon chaud et elle a atterri sur le plancher sans faire plof. C’était terrible. Le frelon, qui est une petite bête aussi, a le bon goût de faire un boucan d’enfer avant de vous planter son dard dans la couenne, au moins. Alors que la pipistrelle : silence radio. On ne connaît même pas son modus operandi et encore moins ses mauvaises intentions.

Ensuite elle a rampé jusqu’au lit : c’était atroce…. par petits soubresauts erratiques, éraflant les interstices des vieilles lames de peuplier et plantant ses serres affilées dans les trous de vers à bois.

Impuissant, j’assistais au spectacle de mon infortune en gésine. Et rien pour la neutraliser : pas de scie à pieds de commode1 ou à pieds de lit en vue, qui m’aurait permis d’aplatir la bête… pas de nettoyeur à haute pression élyséen, pas de braves pandores en vue : rien. Seul, j’étais. Ça m’arrive à peu près deux fois par an, quelques jours à peine et manque de bol ce soir-là il n’y avait personne à la Maison de l’Horreur2 pour apaiser mon petit palpitant tiquetoquant à 220.

Au loin l’orage grondait : et si soudain une panne de jus survenait ? Pas même le temps de peaufiner cette nouvelle angoisse, que la pipistrelle, d’un bond malhabile mais déterminé, disparut sous le pieu. Trop tard pour agir : j’étais cuit. Dans ces cas-là il faut se faire une raison, mais j’avais beau me triturer les méninges : seule la déraison se pointait à l’horizon, comme une nuée de criquets à l’assaut du désert…

Manquerait plus qu’une invasion sarrasine, pour parachever le tableau.

Si encore ça s’était passé le 14 juillet… j’aurais pu me rasséréner en voyant défiler les militaires à la télé. Sauf que je n’ai pas de télé et à la radio c’est pas aussi efficace, et puis de toute façon c’était le soir du 63.

Résigné à mon sort, je suis redescendu à la cuisine pour me préparer un dernier café et me griller une ultime cigarette.

***

18 juillet : elle est toujours là sous le pieu dans la bibliothèque, je le sais. Les Sarrasins ont fait tomber la foudre à moins de trente kilomètres de Puycity, occasionnant au moins trois micro-coupures de jus. L’émetteur de France Inter est tombé en panne : ils veulent ma peau. Mais je la défendrai chèrement : j’ai de quoi tenir un siège !

E la nave va…

  1. Lire le billet lié « Virtuel = Foutaise ». []
  2. Lire le billet lié « La Maison de l’Horreur ». []
  3. J’ai mis la date au pif, étant crès crès nul en maths et en dates. []
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