Archives par tag : Pierre Auclerc

Colloque annuel

Lilly - illustration de Pierre Auclerc - ICYP - © 2013

Ceci est un billet de blog public dans lequel vous ne saurez rien de ce qui s’ourdit dans les commentaires situés à son pied, parce que vous, lecteurs non inscrits, bien ou malveillants, ne pouvez y accéder. Va falloir vous résigner à gamberger en vain : vous en serez réduits à des supputations douteuses. 

Ce que nous complotons bien à l’abri de vos grandes oreilles ne vous concerne pas. Encore que… Il est bien possible que nous disions du mal de vous en secret, ou que nous conspirions contre vos petites personnes. Méfiez-vous : nous sommes peut-être en train d’espionner le contenu de vos ordinateurs et de sonoriser vos chiottes avec des tout petits micros… 

Votre vie nous intéresse au plus haut point : le moindre détail concernant vos us et coutumes occasionne de longs conciliabules dans notre soute à commentaires accessible seulement au Peuple Élu ayant juré ses grands dieux à notre prophète bien aimé Numerosix, de rester muet comme une tombe sur les rites effroyables se déroulant à l’abri des regards indiscrets. Bref : passants qui passez, vous pouvez vous brosser : vous ne saurez rien de nos orgies. On sacrifie des chats sur l’autel du grand Marrattataoû, peut-être : allez savoir… et dans le sombre dessein de vous marabouter et vous causer du tort. C’est ce qui se susurre assurément dans les corridors et les bas fonds de l’internet à notre sujet, donc forcément ; y a pas de fumée sans feu, hein… et vous m’en direz tant et plus, bédame !

Sachez tout de même que pour nous autres déconnologues distingués, dignes francs-limaçons et satanopédotrotskystes invétérés, tout baigne dans l’huile. Le moteur de l’Icy ronronne d’aise dans la salle des machines chauffée aux granulés de bois périgourdin bio. Ça tchatche un max, ça dit du bien, ça dit du mal ; on se prend du bon temps en bande désorganisée. On se fout sur la gueule entre gens hautement civilisés, aussi. C’est le joyeux bordel en tout bien, tout honneur et dans un coin y a un chat qui pionce sur son coussin et qui s’en fout bien. Ça pourrait être pire, à la veille de l’an neuf que je vous souhaite encore plus excellent que le vieux qui s’en va, à petits pas lents sur le fil… de l’an.

…e la nave va…

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C’est pas encore fini…

Illustration © Pierre Auclerc 2013 - ICYP

 

Pendant deux jours il y a eu grève à la rédaction dans la rue du père Ubu.[1] Et les journalistes ont repris le boulot. Après avoir partiellement obtenu satisfaction concernant leurs revendications, comme on dit d’ordinaire dans les journaux en pareil cas. Les riverains[2] se sentent à nouveau chez eux. Dans la rue. 

Nous, icy, on ne fait jamais grève. On est toujours sur la brèche à discuter le bout de gras ou le nez collé sous le capot dans la salle des machines, bien au chaud. Personne n’est dans la rue chez nous, à se surgeler les replis. Il n’y a pas de riverains, tout un chacun est chez soi pour de bon, les pieds collés sous la table en bois d’arbre. 

Dans la rue du père Ubu les riverains ne sont pas des riverains, mais des passants précaires : ainsi s’entame l’arnaque, avec cette torsion perverse du mot ; suffit d’ouvrir le dico et les yeux directs sur la fumisterie, là : CLIC

Dans la rue du père Ubu, les sujets badent et baguenaudent, plus monarchistes que le roi, tortillant du fion, faisant le beau à laisse et à lèche, la langue bien muselée, mendigotant la niche et l’os. Ça n’en finit plus de ne jamais finir, dans la rue du père Ubu.

***

Bon : un paquet d’entre nous icy fréquente la rue du père Ubu depuis le tout début. On y a nos petites habitudes, nos copains, nos amis, nos ennemis, nos trolls gluants, nos gniasses paranos, nos modérateurs lunatiques qui charclent nos déconneries à la machette rouillée quand ça leur chante vu que la rigolade et eux, ça fait deux.

Y en a qui nous disent : mais pourquoi donc vous persistez à y aller, dans cette rue où vous êtes traités comme des clebs ? Simple : c’est parce qu’il y a les copains et, les copains d’abord. Et puis même si ça peut sembler futile, je sais aussi qu’on en fait rigoler plus d’un. Foutre la bonne humeur : noble tâche ;-)

***

Sinon tout va bien à bord de notre petit navire : demain ça fera un an tout rond que le système de commentaires de l’Icy n’est plus accessible qu’aux déconnologues et ça fonctionne impeccablement depuis. Autre chose : Lady de Nantes, notre bonne fée mécano, fait plus que me seconder dans la salle des machines : c’est la première fois depuis le début de la grande traversée en 2001, que je ne suis plus seul à tout me taper, de A à Z. Un vrai bonheur. Du coup, j’ai le bout des doigts qui me démange à nouveau : des sujets de billets, j’en ai à foison. Chic !

E la nave va…

  1. Rue89 []
  2. Terme par lequel la rédaction de Rue89 désigne les commentateurs. []
Publié dans Déconnologie, Fabrication, Spectacle | Autres mots-clefs : , , , | 5722 commentaires

aux pelures

Illustration © Pierre Auclerc 2013

 

*

foin des asphodèles

passé les grues cendrées

on se les pèle

à cru

dans tous les cas

la racine, tubéreuse, est comestible

*

e la nave va…

Publié dans Déconnologie, Tout court | Autres mots-clefs : , , , , | 2820 commentaires

fable rase

Illustration © Pierre Auclerc 2013

Il n’y a plus et pas encore.
Alors pousse, poussif dans les ahans.
Ronron diesel mécanique, et rouille et cliquetis.
En avant droit dans l’on ne sait pas quoi mais ça y va à l’arase.
À l’aveuglette.
Dans le tas, dans le lard.
Total bourrin.
Comme des cons, paumés.
Processionnaires.
Croisés, hagards.
Avec des Sarrazins plein la tête et une Terre Sainte à reconquérir, chimérique.
Latérite et bain de sang.
Allant sans trop bien savoir, sans cap.
À l’arrache.

Sans se poser de questions car il ne vaut mieux pas pour s’épargner la douleur concomitante à toute bonne intelligence. Dans la confusion à fond de train dans le vacarme. Vers la connerie insondable, à l’infini. 

Il n’y a plus de direction, plus de barre, de volant, de manche à balai, de palonnier. Rien qu’un accélérateur et un engin poussant aussi fort que possible, rasant le tas. L’accumulant un peu plus loin. Montagne d’atavismes dans laquelle ça patauge. À hue, à dia. Moi je crois que le monde entier est devenu fou comme l’Allemagne sous Hitler, d’une autre manière.

Un jour la machine tombera en panne sèche et le silence, la paix… 

E la nave va

Publié dans Binosophie, Spectacle | Autres mots-clefs : , , , | 2611 commentaires

avant-poste

Illustration © Pierre Auclerc 2013

*

le flux
dessous

à l’entour
les échos

au ciel
les cormorans

remous
fluides
remugles

à quai
impavide
à l’affût
je suis

*

e la nave va

Publié dans Tout court | Autres mots-clefs : , | 1744 commentaires
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