Archives par tag : Pierre Auclerc

Troubles mentors

Illustration © Pierre Auclerc 2013 - ICYPHou putain c’est sinistre ! C’est le FLIP. On est espionnés par tous les trous. Le moindre de nos octets est capté à la volée. On nous sonorise jusque dans les chiottes. Des agents douteux nous suivent à la trace. On a beau se claquemurer, le moindre frémissement de nos vibrisses est analysé par des ondes dont le commun des mortels n’a pas idée, et que la Science peine à découvrir.

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Enfin c’est le flip pour ceux qui pensent comme dans le premier paragraphe, ou des qui s’imaginent vivre dans l’illustration de ce billet, tritouillée par l’ami Pierrot avec sa petite souris. Vu que nous autres icy ça va plutôt pas mal, je le dis tout net. Quand on chasse le spleen, il ne revient pas au galop : on se l’est bouffé tout cru en cours de route, avec une petite salade du jardin conquise de haute lutte sur les limaces gluantes.

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Quelques nouvelles de notre petit navire, donc. Dans la salle des machines, notre bonne fée mécano − Lady − nous a tricoté un moteur de recherche entièrement autonome basé sur Elasticsearch qu’il lui a fallu adapter à l’usage particulier de l’Icyp, à savoir que tout y est orienté sur le système de commentaires : ça n’a pas été une mince affaire et elle s’en est dépatouillé avec brio. C’était indispensable : l’Icyp ne dépend que de lui-même et n’est relié à aucun réseau. Comme tous les fils de discussion − y compris les plus anciens − restent ouverts en permanence, ça nous permet de retrouver n’importe quel sujet en quelques secondes et de le remettre sur la grande table en bois d’arbre ou d’aller papoter sous d’antiques billets. Bref : ça fait circuler le sang de l’Icyp et jamais je ne saurais remercier assez notre Lady de nous avoir offert ce cadeau impérial.

Du côté de l’équipage aussi, tout baigne dans l’huile : y a des petits nouveaux et des petites nouvelles. La moyenne d’âge a méchamment baissé et le cosmopolitisme s’est encore enrichi : le bugdet s’est pris une claque, le cirage à bites blanc étant hors de prix et le bizuteur en chef un gros sagouin qui en fout partout. Sans compter qu’à la cantine à part notre catholique pratiquante de service[1] embauchée pour respecter les quotas imposés par le Bureau, chacun chacune a ses tabous alimentaires pénibles bien que ces estomacs crient famine comme ceux des gens normaux.

Le bilan carbone de l’Icyp est toujours des plus lamentables : les déconnologues sillonnent la planète en tous sens dans des gros avions et leurs véhicules terrestres sont des poubelles à roulettes hors d’âge crachant le noir par le pot d’échappement ; et quand notre prophète bien aimé Numérosix traverse Paris sur son scooter, la ministre de la santé interdit les scooters dans les lieux publics par décret à effet immédiat.

Suite au crash du disque dur de notre serveur en décembre dernier, plusieurs parties internes de l’Icyp ont eu chaud, mais tout a été impeccablement récupéré et la réinstallation du système s’est faite sans problème en trois petits jours. La Cambuse est en cours de transfert dans les nuages, où ces données seront bien mieux abritées que sur un seul disque dur, cette pièce étant connue pour sa fâcheuse tendance à claquer dès qu’on la regarde un peu trop fort. Tout devrait être aux petits oignons dans les deux, trois semaines à venir.

Notre plan d’éradication mondiale des tristos et de leurs sinistres mentors peut donc continuer de plus belle : en avant, tchatche !

e la nave va…

  1. Hé oui : nous avons ça en stock aussi. []
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Escargot, go, go !

Photographie © Pierre Auclerc - tritouillage : Cyprien Luraghi 2015On est de sortie alors on va baver tant qu’on peut et s’en coller jusque là et faut dire qu’après l’hiver l’estomac nous travaille alors je parle même pas des glandes de toutes sortes frétillant sous la coquille où tout est flaccide mais plus pour longtemps je vous le dis parce que achtung bicyclette barouette nous voilà barrés en goguette la langue râpeuse en avant droit sur la rose et mesclun contournant les obstacles et reniflant les bouses cornes au vent et après le festin vas-y que je te pousse le dard et qu’on s’envoie en l’air dans les orties pendant que les humains ces géants s’y piquent les mollets à cause de leur peau toute fine et trop sèche sans le moindre mucus émollient barrant la route à l’irritation comme on a nous autres francs-limaçons quand on est de sortie dans les vastes prairies de l’internet à baver bavasser rêvasser tout langoureux et les yeux dans le vague à penser sans cesse au bon mot lâché à la ronde qui nous mettra le cœur en joie vu que c’est la condition indispensable à toute bonne glissade entre bons amis allant à la cueillette aux petits plaisirs de la vie dont le dernier n’est pas d’aller titiller le tristos dans les endroits où cette misérable espèce pullule et puis de revenir ensuite pied dessus pied dessous icy pour nous fendre la pipe même que c’est ce que nous allons faire à peine ce petit billet vernal et tout guilleret sera publié et que le preum’s retentira en haut de la colonne des coms alors les aminches à tout de suite là en bas e la nave va.

Publié dans Déconnologie, Édits Vespéraux | Autres mots-clefs : , , , , | 6118 commentaires

Ô… Coq’ !

Photographie de Pierre Auclerc - tritouillage : Cyprien Luraghi © ICYP 2015

(poème fermier en prose et en rime, c’est selon)
(et allégorique étant donné les moments difficiles que traverse notre beau pays aujourd’hui)
(voire ironique)
(ou satirique ! mouaaaaarrrrffff)

***

T’as eu du bol,
T’aurais pu finir à la coque,
T’aurais pas fait ton coquetier !

Les matins calmes,
La nuit est encore là,
Dans les chaumières ça ronfle,
Dans les étables ça vesse avec langueur,
La campagne gnengourdie
Retient encore son souffle…

Quand soudain !
Putain de coq !

T’es qu’un piaf qu’a du gosier,
Un nain dressé sur ses ergots,
Il aurait fallu te couper les roustons,
Ou te bourrer le cul à coup d’ sabots

Coq à la con,
Ce soir ce sera ta fête,
Tu vas mariner dans du Morgon
Fallait pas se moquer du prophète,

Tu m’as rendu amok
On va te bouffer aux petits oignons
Et j’en aurais pour mon pognon,
Tu vois, je t’aime bien, vieux coq

© Cyprien Luraghi 2015

***

 (note du kondukator de service : ce poème plouquien provient de ce commentaire dans le fil de discussion précédent : CLIC.

…e la nave va…

Publié dans Déconnologie, Tout court | Autres mots-clefs : , , , | 3671 commentaires

Mystique gazeuse

Un ami que son épouse venait de plaquer après vingt ans de vie intensément commune pour un gourou lubrique, me demandait cet été : dis Cyp, pourquoi passé les quarante ans certaines femmes deviennent soudain mystiques gazeuses ? Je dois dire que son ex n’y avait pas été avec le dos de la petite cuiller : d’un coup d’un seul elle avait eu des visions mariales et dans la foulée s’était prise pour Marie Madeleine et son gourou métamorphosé en Jésus sexuel.

Je n’avais pas su quoi lui répondre sur le coup. Surtout qu’il était arrivé la même chose à la femme d’un de ses copains, quarantenaire elle aussi. Après deux saisons à potasser le sujet à fond les ballons en épluchant de vieux traités d’aliénistes sur le site de la BNF, j’en étais venu à la conclusion que l’équivalent du démon de midi pour les femmes pouvait être appelé démon de Jésus. Ça me faisait une belle jambe.

C’est l’époque qui veut ça et ça ne touche pas que les épouses quadragénaires des copains ni les femmes tout court, et ça ne se manifeste pas systématiquement de la même manière. Mais ça commence toujours un peu pareil : par des petits flips irraisonnés concomitants à un rut embrasant. Le tout débouchant sur une gazéification cérébrale engendrant visions marialoïdes et adhésion immédiate au premier gourou de passage. On retrouve cet état mystico-gazeux aussi bien chez les électrosensibles que les évangéliques et autres frappés charismatiques, kévins jihadistes acnéiques, soraliens adorateurs du grand Canapé rouge, sectateurs de l’Église de Googologie etc. et tout le kit qui va avec. Et même plus.

Tout ces mécanismes subtils que rien ne peut expliquer, ou qui lorsqu’ils le sont par la Science jargonnante, ne s’impriment pas sur les circuits de l’auditeur, faisant ainsi de lui un bon candidat à l’angoisse de l’inexpliqué. Favorisant ainsi le sentiment d’infériorité du client et puis sa soumission au supérieur planqué dans l’inexpliqué, l’implosion lente en soi et l’épaississement d’épiderme en carapace. Du dehors le jour ne se fait plus pour lui : tout alors provient de son dedans, sons et lumières, et d’un judas déformant il perçoit seulement son supérieur luisant à l’extérieur. Et là le sexe entre dans la danse et alors achtung.

Le spectacle vaut le coup d’œil, il convient juste de l’observer à bonne distance pour ne pas se laisser happer dans ce vortex.

Le mieux est d’en rire. On n’a jamais fait que ça icy, alors il n’y a pas de raison pour que ça ne continue pas.

[à suivre]

…e la nave va..

Notes :

  • Ceci est un « billet liseuse » qui s’écrit au jour le jour jusqu’à ce que j’en aie marre et passe au suivant.
  • De mai à décembre, l’Icyp a été totalement invisible à la surface du Web. Pendant ce temps la grande table en bois d’arbre de la Déconnologie n’a cessé d’alimenter les discussions et les estomacs de notre sacrée bande de joyeux convives.
  • De très nombreux billets ont été basculés en privé et ne sont donc plus accessibles qu’aux déconnologues inscrits sur l’Icyp.
  • Suite à la grosse panne de serveur récemment, il est possible que quelques fonctions déconnent encore un peu : patience, ça bosse dans la salle des machines.
Publié dans Billet Liseuse, Binosophie, Déconnologie, Humain, Spectacle | Autres mots-clefs : , , | 3495 commentaires

hip happe

Illustration © Pierre Auclerc - ICYP - 2014

*

les mouches c’est chiant
enfin ça dépend pour qui
j’en fais mon régal
personnellement
c’est l’printemps, elles sont de sortie
tout comme les abeillons faisant mon miel

au cœur de  la toile à guetter
l’imprudent bourdon à portée de happe
par ici mon coco, pénètre en mon vortex

tu verras
mes villosités gastriques sont aussi douces que soie
ma soie
ma foi
happe, happe

*

e la nave va

 

Publié dans Déconnologie, Tout court | Autres mots-clefs : , , , | 5640 commentaires
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