Archives par tag : Paul Grély

En bande de bande

Photographie de Paul Grély - 1954 © fonds Auzanneau - ICYPSalut bande de bande ! À l’heure où j’écris ce petit billet, le 444 444ème commentaire s’apprête à être pondu icy. Comme les malheureux lecteurs ne peuvent lire que les billets, je vais me charger de leur filer quelques nouvelles de nos petites pommes. Histoire qu’ils ne soient pas trop frustrés, car la frustration peut mener tout droit à la folie furieuse. Donc d’abord : tout va bien à bord de notre petit navire. C’est encore l’été alors on se la coule douce en en foutant le moins possible à traîner des savates. Certains d’entre nous sont rentrés de leurs vacances et ils turbinent en tirant peu ou prou la gueule. C’est d’un banal, mais il convenait que ce fut su. Pour ce qui me concerne, j’ai passé l’été à réparer les ordinateurs de mes clients : c’est super original. Pour l’anecdote − totalement croustillante − : d’ordinaire au mois d’août c’est le calme plat mais grâce au nouveau Windows qui a planté plein de machines, les clients se sont pressés au portillon. Je remercie donc Bill Gates une fois de plus : ce bienfaiteur de l’humanité m’aura encore fait gagner plein de sous-sous cette année. Je remercie aussi les orages de la fin du mois dernier, qui ont eu la gentillesse de carboniser quelques ordis de mes clients adorés.

Sinon pour le reste, nous ourdissons toujours des tas de complots pas croyables, à l’abri de vos yeux indiscrets et de vos oreilles poilues : les déconnologues de la Franc-Limaçonnerie ne sont jamais en reste pour ce genre de conneries : entre l’invention du levier à renverser le monde et celle du jeu de mots ultra pourri capable de transformer en cake aux nouilles le plus robuste des militants national-fiontiste. On a aussi créé plein de nouveaux slogans démoralisants : c’est toujours bien d’en avoir quelques uns d’avance pour monter au front. C’est qu’on ne se bat pas avec des manches de pioches ou des kalachnikovs, nous autres, mais en balançant des bêtises à la tronche des fâcheux. Qui sont de tous bords de nos jours tant la confusion est à son comble…

La Grande Désabusion approche ! Rajoutons-en !

…E la nave va, les aminche(tte)s !

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Prêchi-prêcha

Photographie de Paul Grély  - 1972 - © fonds Alain Auzanneau - tritouillage : Cyprien Luraghi 2015Tout le monde prêche pour sa chapelle. N’étant pas tout le monde je n’en ai pas. D’ailleurs je ne prêche rien du tout à personne. Prédicateur est une activité trop fatigante pour un comme moi, aimant bien se la couler douce. Et puis je n’ai nulle camelote à fourguer. Pas de verroterie clinquante, pas de lunettes miraculeuses, pas d’utopie paradisiaque, pas de panacée remédiant aux maux du pauvre monde. Rien de rien. N’ayant ni la science infuse ni un QI de 250, je me contente d’absorber les sucs suintants du monde comme l’éponge grattante au soir quand je fais la vaisselle en gambergeant gentiment sur le Ci et le Ça ou quelles bêtises écrire dans le prochain billet, et comment les emballer convenablement.

Non et puis alors c’est un métier à risque, sermonneur. Suffit de voir les missionnaires morts au combat de ces derniers jours pour vous faire passer l’envie de convertir le populo à vos idées géniales. Le genre de truc à refroidir les convictions les plus bouillantes. En chaire ou au pupitre, n’importe quoi peut vous arriver en pleine gueule, de plein fouet : une poignée de farine ou douze balles de kalach. Alors que pas de blabla, c’est la santé assurée et de bons vieux jours à se faire chier paisiblement en perspective. Pour vivre heureux, vivons muets.

…e la nave va…

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Rentre dedans

Noce inconnue © Paul Grély 1971 - fonds Auzanneau - animation : Cyprien Luraghi 2013

C’était une photo de mariage de 1961 en noir et blanc. Sur le rouleau numéro 12. Que j’étais en train de numériser à l’atelier photo du Barbu à Puycity.[1] Le fonds de son prédécesseur, qui le lui avait cédé avec la boutique. Des dizaines de milliers de clichés : une vie de photographe. Avec des flopées de noces dedans, évidemment. J’étais en plein dans une, justement. Un mariage chez des notabliaux campagnards graisseux du portefeuille. Et là une vieille cliente est entrée, s’est approchée de l’écran et celle en robe de mariée affichée dessus, c’était elle. Exclamations : elle n’en revenait pas que le photographe de l’événement en ait conservé copie. Dont le boss pouvait lui faire des tirages sur bon papier dans son labo, bien entendu. Son salaud d’ex lui avait tout détruit avant le divorce. 

− Hou, la belle-mère, là : je ne veux pas la voir. Faudrait pouvoir la gommer, cette pourriture.
− Je peux faire ça. Au pixel près : vous ne verrez pas les raccords. 
− C’est combien ?
− Tant et tant madame (pas donné mais vu le boulot)…
− Hé bien allons-y.

Virer une belle-mère dans les règles de l’art de la retouche numérique, ça peut prendre une bonne paire d’heures. Parfois bien plus, pour combler les vides sur des fonds complexes. J’ai viré des belles-mères très récalcitrantes sur des fonds effroyablement complexes. Le pire c’est les belles-mères qui descendent les marches de la mairie après la cérémonie civile, au milieu d’une grappe de monde. Hé bien même là on ne voit pas les raccords à la sortie, tellement je me fais chier à tritouiller à mort avec le logiciel idoine. Le nez collé sur l’écran par moments, carrément. Là tu le vois gros, le moindre pixel rebelle de la beldoche à la cliente. Que ça réjouit toujours énormément quand elle voit le résultat. Elle signe le chéquot, radieuse, et puis s’en va. 

***

Depuis des années je conte et rêve avec les doigts sur un clavier et ça file en ligne directement sur l’internet. Sans intermédiaire. Comme au premier jour je trouve ce support de la pensée écrite merveilleux. Il est dur et exigeant aussi. Mais il me plaît trop. C’est un rituel vital : penser au billet suivant et à sa place dans l’architecture de la chose. Parce que dans ce désordre il y a de l’ordre. Des histoires à rallonge et à tiroirs qui se lient, se suivent et s’emboîtent et sont les épisodes d’un feuilleton. Avec des chouettes illustrations comme dans les gazettes. Des inédites bien sûr. Comme tout le reste : l’Icyp est entièrement cousu à la main. 

Mon kief : une illustration, un texte scandé sur tel ou tel mode, en fonction de l’humeur du temps qui passe par la fenêtre comme la brise et le couple d’hirondelles en amour qui vient nous squatter le plafond de la cuisine depuis que le printemps a daigné se pointer. Clic clac c’est dans la boîte.

 

© Cyprien Luraghi 2013 

Ça peut durer longtemps encore et d’ailleurs j’en ai bien l’intention. Samedi on a entendu les klaxons du premier mariage de l’année, retentissant comme les grues cendrées. L’amour est là. Et cætera. 

 

…e la nave va…

  1. Lire le billet lié « Un mec bien ». []
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ON SE BOUGE

Illustration originale : Cyp Luraghi, d'après une photographie de Paul Grély - 1972 © Fonds AuzanneauAvant toute grande migration, les bestioles se rassemblent et tiennent des espèces de conciliabules auxquels nous ne comprenons pas grand-chose. Seule une poignée de savants maigres et fort mal rétribués de leurs services par un gouvernement de pingres à culs gras y parvient.

Étant par nature du genre migrateur, il m’a paru bon de chercher un climat plus favorable et je l’ai trouvé : notre nouveau serveur est fin prêt à nous accueillir toutes et tous, indisciplinées disciplettes et mauvais sujets. Alors je décrète ouverte la conférences des drôles de zoziaux déconnologues, car il est temps qu’on cause d’une foule de détails concernant notre imminente nouvelle installation. 

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore on filera ici, sur l’ICYP : CLIC.

Depuis 2001 que j’écris en ligne, ce sera mon cinquième exode : du Sitacyp statique au Blogacyp sous Dotclear sur les serveurs gratuits de Free, puis vers le serveur actuel où je suis passé à WordPress. 

Cette fois-ci, il y aura deux changement majeurs : d’abord ça ira considérablement plus vite[1] et puis il surtout il s’agira d’un ensemble de blogs et de pages, avec un site central − l’Icyp − et des blogs connexes et interconnectés ou totalement indépendants. 

Comme l’affaire est rondement menée, la majorité des fonctions essentielles de l’Icyp est activée : on peut y déménager dans quelques jours, si l’envie nous prenait. 

J’ai besoin de vos idées : je n’ai pas douze bras ni six cerveaux et pas de QI de 250 non plus. Vous voyez ça comment ? qu’est-ce qui vous chanterait ? et cætera.

E la nave va…

[NVDF (Note Venue Du Futur) : la Grande Jonction entre l’Ici-Blog et l’Icyp s’est effectuée le 2 juin 2013 à 22h22]

[NVDF du 31 décembre 2013 : à 19h25, la Grande Fusion est achevée : tous les billets, les commentaires et les fichiers attachés du Blogacyp et de l’Ici-Blog ont été inclus dans l’Icyp. Un grand merci à Lady de Nantes, sans laquelle cette délicate manœuvre n’aurait pas été possible.]

 

  1. Le nouveau serveur est une vingtaine de fois plus puissant que l’actuel. []
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La pêche à la lignée

Concours de pêche à Puycity − © Paul Grély 1959 − Fonds Auzanneau

Ces derniers temps, ça parle beaucoup de souche, de racines, de culture et de civilisation françaises, dans les gazettes. Mais alors en des termes peu amènes et sur un ton fortement courroucé.

Ainsi la France serait un pays farouchement monobloc et vachement catholique depuis au moins Vercingétorix, et son peuple au sang si pur serait béni par le sacrifice du saucisson et du pinard. N’importe quoi ; mais un n’importe quoi tétanisant les foules, puisqu’un n’importe quoi séduisant et rassurant comme un bon vieux maréchal.

C’est pas du tout ça, la moelle de la France ; c’est ni la haine à l’apéro, ni la carte de pêche à 83 euros, déjà.

***

L’autre après-midi, mon Jean-René de voisin est venu tailler la bavette à l’atelier comme à son habitude, pestant cette fois-ci contre ces putains de 83 balles qu’il lui a fallu débourser cette année pour sa friture. Surtout qu’il n’y va pas souvent, lancer sa ligne. Cher du kilo, le frétillant gardon.

Il n’y a plus rien de prévu pour le populo, plus rien à trois petits sous vaillants. Alors le populo s’emmerde et passe son temps devant la télévision à regarder le péril islamigré croître et multiplier, par exemple. Mais c’est du tout plus pareil que quand la France lançait sa canne à trois francs pour trois fois rien l’an, forcément. À tel point que je me demande si les Français vivent bien dans un pays appelé France, de plus en plus fréquemment.

Ça me titille, tout ça. Cette pénible impression que ça ne s’arrange pas : la France fout le camp d’elle-même et elle sait même pas où aller se réfugier parce que c’est partout pareil : l’Inde s’est barrée de l’Inde, le Népal est aux abonnés absents, etc. Y a plus qu’en Corée du Nord et aux USA qu’on sait à coup sûr que le pays ne s’est pas carapaté de son propre territoire. Et en Russie assurément aussi. Mais je ne vois pas la moelle de la France aller s’y installer, dans ces pays : elle serait en terre étrangère et l’allogène y est malvenu, tout comme ici.

***

83 euros la carte de pêche… il a raison, mon bon Jean-René : c’est putain pas donné. C’est comme pour boire le moindre coup : c’est pas donné non plus. Y a plus rien d’abordable pour la distraction du populo, alors à force il n’y a plus de populo tout simplement. Et le populo, vous ne m’enlèverez pas de l’idée que c’est la moelle d’un pays. C’est parce qu’elle a été vidée de sa substance que la France n’est plus qu’une peau de saucisson industriel.

Le péril islamigré n’y est pour rien, mais il est bien pratique.

E la nave va…

 

Publié dans Déconnologie, Humain, Pilotique | Autres mots-clefs : , , , , , , , , , | 516 commentaires
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