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true grit…western coen

un western des frères coen, déjà, c’est du miel, me suis-je dit. échaudé par les décevants « ladykillers » et « intolérable cruauté », je n’avais guère kiffé « a serious man », mais je savais, au fond de moi, que les frangins allaient à nouveau me ficher une belle et bonne baffe…bientôt.

ce fut le cas avec « true grit », un western à l’ancienne relatant une histoire archi-classique de vengeance. une gamine de 14 piges a décidé de venger la mort de son père assassiné et engage un marshal avec le fric qu’elle a amassé. elle est fortiche en affaires et opiniâtre en volonté. deux hommes sont sur l’affaire : cogburn et laboeuf, marshals routards et roublards. ces gars-là sont des durs à cuirs et ne veulent pas de la gamine dans leurs pattes. las, ils seront bien obligés d’accepter la présence de la jeune fille à qui on ne l’a fait pas. la chevauchée les conduira dans un ouest sauvage, dans lequel évoluent des rustres patibulaires. on n’en finit pas de dire que le western est un genre mort. les frères coen, comme eastwood avec « impitoyable » le ressuscitent – à croire qu’il ne veut pas mourir ce foutu genre. les paysages sont grandioses, d’une pureté liliale, vite gâchée par des hommes aux trognes invraisemblables.

c’est aussi et surtout une tragédie teintée d’humour noir, dans laquelle les séquences contemplatives succèdent à des accès de violence inouïe. la coen touch n’a jamais été aussi vive : des personnages bien campés, un sens aigu de la dramaturgie et des idées de mise en scène velues. jeff bridges en fait des tonnes, c’est pour cela que je l’aime [comme je l’ai écris dans la rdm], matt damon est plutôt sobre en texan qui se fait arracher la moitié de la langue, la môme [hailee steinfeld] est tout bonnement géniale. quant aux seconds rôles, ils excellent en mimiques et en saloperies. les mâles sont d’ailleurs assez pitoyables à ressasser leurs « exploits » d’antan.

s’il fallait résumer ce film, ce qui est complétement crétin je vous le concède, j’évoquerais la séquence où Mattie – la drôlesse -tire sur l’assassin de son père et tombe dans une profonde cavité. elle en sortira miraculeusement après avoir affronté de venimeux serpents, enfin surtout grâce à l’énuclée Cogburn : un père et une renaissance [sorry pour la psychanalyse de bazar]. et puis une fin d’une magnifique nostalgie que seuls de grands cinéastes peuvent oser, sans pathos, avec tendresse. bon, maintenant, vous cassez la tirelire et vous y allez. non mais !©

ps : spéciale dédicace à manue ;-)

pps : pas vu le film d’hathaway de 1969 du même nom.

 

[Note du kondukator : ce billet inaugure la rubrique « cinoche » de l’Ici-Blog]

e la nave va…

 

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La Transparence qui couine

Illustration © Pierre Auclerc 2010Fini le souterrain : tous sous les projecteurs. Pleins phares dans la gueule et étalez-vous les tripes à l’air, et qu’ ça saute.

Et sous caoutchouc : bien transparents et transpirants, comme bites sous capote. Un monde-latex, lisse et laissant transparaître sa viscère ; bien consentant ; qui se rend au boulot dans d’infâmes embouteillages en pleine tempête de neige en s’enquillant dans les carambolages la joie au cœur, d’aller se faire pomper les meilleures années de sa vie en openspace : la promiscuité contraignante à l’état brut, pire qu’à Çatal Höyük où ils vivaient pourtant tassés comme en caque, les ancêtres du genre urbain.

Plus transparent qu’une grosse de bureau[1] qui couine sous les néons d’un openspace, il y a quoi ? une vieille souris qui stridule en agonisant au grand soleil, et encore. Et quoi de plus caoutchouteux et, osons le dire : visqueux ? Le petit comptable. Oui : le petit comptable. Pas mieux que la grosse de bureau, le petit comptable : un fléau.

Tous les ans à pareille saison la grosse de bureau et le petit comptable parlent de la neige en hiver. Ça les émeut plus sûrement que les grands malheurs du pauvre monde. Qui malgré le flot continu de dépêches d’ambassades déversé par WikiLeaks, l’indiffèrent. Tout est tellement normal dans le normonde : celui dans lequel le travail est la règle, et l’inutilité d’icelui patente dans nombre de cas. Parce qu’il faut voir les choses en face : on peut très bien se passer de la grosse de bureau et du petit comptable : ils ne sont là que pour la décoration, et ils décorent très mal.

Il y a de la neige en hiver et ça glisse, et le concours de miss à la télévision. Et WikiLeaks. Le 5 décembre 2010, c’est réglé comme du papier à musique : il y a ça et quelques autres trucs à lire dans la presse mondiale, mais rien de fracassant. Encore que des myriades de cols du fémur se fracassent, rapport au verglas. Si seulement la grosse de bureau et le petit comptable pouvaient se faire un col du fémur, mais même pas : opiniâtres comme ceux de Stalingrad, ils n’ont pas froid aux yeux dans le blizzard. Ils vont bosser. On se les farcira toute la sainte journée.

Leurs chaussures couinent en patinant sur la neige mouillée sous l’œil bienveillant des caméras à rayons X du ministère qui voit tout leur dedans : le grand néant.

E la nave va…

Sur des idées de Banana, Manue, Numerosix et compagnie… ICI et .

 

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  1. © Numebert VI. []
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