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SUJET ANIMALIER

Autoportrait au lucane © Pierre Auclerc 2010Ras le cul des humains : six milliards de sales bêtes à becqueter, c’est le seul intérêt qu’ils présentent à nos yeux, et encore : on a connu plus tendre. Et puis c’est filandreux.

Mou dehors et dur dedans : le monde à l’envers. Ça a l’air bénin vu de l’extérieur, mais quand on gratte un peu c’est mauvais comme tout.

Autant continuer à bouffer des souches mortes; à mastiquer la vieille fibre ligneuse tranquillement on perd moins son temps qu’à s’attaquer à l’espèce humaine. Quelle saloperie, les gens. Aucun savoir-vivre, et ne parlons même pas du vivre-ensemble dont ils nous rebattent les oreilles : aussi creux que leurs os une fois correctement nettoyés. Du blabla : ils en connaissent un rayon sur le sujet.

Ils n’ont pas de saison particulière pour se pincer la gueule : hors-rut ils continuent et pour des riens : leurs motifs d’affrontements sont pour nous un grand mystère. Même les femelles se battent tout le temps, c’est extraordinaire.

Ils se bouffent entre eux et pourtant ils sont très communs, voire envahissants. Leur espèce n’est pas protégée et on peut la considérer nuisible. Ils prolifèrent sous tous les climats : certains y parviennent jusqu’en Sibérie, bien que le taux de natalité de cette engeance y soit fort réduit : le froid n’incite guère à la gaudriole − ingrédient nécessaire à la reproduction.

Restons saproxylophages : la carne humaine ou autre ne nous conviendra jamais. Ne prêtez pas foi à ces doctrines fumeuses propagées par certains d’entre nous, prétendant que l’éradication par manducation de l’espèce nous parera uniquement de ses qualités : seuls les Papous et les chrétiens[1] croient à ce genre de conneries.

***

Malheureusement, la voix de la sagesse est rarement entendue. En retournant mastiquer ma souche, je savais bien que mon discours n’avait servi à rien : les jeunes, c’est plein d’hormones et ça n’en fait qu’à sa tête. Derrière moi, sous le gros érable, ça ferraillait dur des mandibules en bande compacte, mâles et femelles dans un concert de cliquetis de chitine. L’effet de l’été indien sûrement, ou le vent d’autan, ou les deux. Ou − mais je n’ose pas y songer − les sirènes de la propagande des faux-prophètes…

Pensez-donc : ils leur promettent le chauffage en hiver au pied des souches, l’eau chaude au robinet et la sécurité sociale, ces enflures.

[broute, broute]

Sur une idée de Homère dans les coms du billet précédent.

E la nave va…

 

  1. Deux variétés de cette race étrange. []
Publié dans Billet Express, Binosophie, Déconnologie | Autres mots-clefs : , , , | 664 commentaires
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