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Preum’s !

 

Première de primaires ouvertes en direct ce dimanche, on essuie les plâtres. Et à plus de 44 millions de plâtres, ça fait de la poussière.

Avant, c’était scandaleux. Le PS choisissait tout seul dans son coin son candidat scandaleux, au cours d’arrangements scandaleux, voire même en s’inspirant scandaleusement de sondages scandaleux.

Les sondages, c’est scandaleux parcequ’on gne m’a pas demandé mon gnavis à moi.

Mais aujourd’hui, c’est scandaleux.

D’abord, il faut savoir où on vote, et quand gne me connecte, gne site est bloqué. Dimanche, à dix heures trente, on gne me répond pas. Mon gnadsl est en quarantaine. Indignant.

Ensuite, faut avoir été inscrit sur les listes. Et comme par hasard, sur les quelques 44 300 000 électeurs, mon gnon n’apparaît pas. C’est quand-même pas dur de scanner quelques millions de listes, et surtout de commencer à la lettre L, comme Liger. On scanne, on, vérifie « Liger », c’est bon, on revérifie « Liger », OK, Roger, affirmatif, checked. Gné pas dur.

Après, cômmmmme par hasard, pour voter quand-même, eh bin faut sa carte d’électeur. Alors que c’est écrit noir sur rose, on n’a juste besoin de sa carte d’identité. Et là, cômmmmme par hasard, ils ne prennent gni ma carte Auchan, gni ma carte Leclerc, gni ma carte Intermarché, gni ma carte FNAC, gni rien. Alors faut rrrrrrretourner chercher sa carte d’électeur. Et là, ils gnous donnent un ticket pour le deuxième tour.

Parcequ’en plus, gni faut pas perdre ce ticket. Comme si gnavais que ça à foutre.

Sans compter qu’en plus, il faut donner un euro, comme à chaque fois qu’on va chez le médecin. Non mais, ils gnont peut-être pas les moyens de nous payer les primaires, tous ces socialos super riches qu’ont passé les douze week-end précédent à s’amuser avec le scanner ?

Alors les primaires, hein, merci bien. Merci les socialauds.

Aaaaaah, putain, c’est bon. Vautré dans la tièdeur de mon inexistence, j’abuse de ma drogue préférée. La victim’attitude, mon nouvel opium.

Aujourd’hui, c’était de la bonne : Le bénéfice secondaire des primaires. Même pas coupée.

E la nave va…

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ÇA PERLE…

Illustration originale © Liger 2011

Saperlipopette ! Le dernier centile sent-il ?

La boulimie bien « involontaire » de la crème des assujettis à l’ISF laisserait-elle place à une période d’anorexie toute aussi « involontaire » ?

Depuis quelques semaines aux États-Unis se succèdent des déclarations bruyantes de Crésus[1] bien en vue, implorant publiquement la rédemption fiscale. Un mouvement vaguement imité en France.

Henri Guaino, l’éminence, crise [2] et Fillon prépare 2017 en remontant son col de blouson.

Le désamorçage trop clairement bidon du bouclier fist-all n’a donc pas suffi. Et l’obsession du scrutin présidentiel à venir pousse chacun à prendre l’initiative, c’est à dire à souhaiter tout haut ce qu’il ne peut empêcher tout bas.

La France héritière, celle qui se lègue tôt (et meurt plus tard) a les chocottes, mais pourquoi ?

Tout fout le camp, et ce que représentait Cuba ou l’URSS pour les activistes de gauche des 70’s, c’est à dire une base arrière idéologique et menaçante, disparaît à son tour pour les gentils des films de Berlin-ouest.

USA c’est plus ça, les paradis fiscaux n’échapperont pas aux conséquences de mesures de rétorsion plus ou moins démagogiques des pays occidentaux en crise, c’est à dire leur totalité. Même la Suisse fait dans l’auto-flagellation préventive avec l’Allemagne.

Preuve de la déconfiture occidentale, les dernières valeurs refuge sont l’Asie et l’or. Le défiscalisé rit jaune, fait volte-face et son front perle à rebours[3] .

Ne nous leurrons pas. Ce ballast est juste une stratégie de déminage social et de survie d’une caste. De la barbaque jetée aux piranhas pour passer le gué.

Mais ce n’est pas tous les jours qu’on peut voir autant de Rolls en surchauffe, ni autant de crétins manger leur chapeau.

E la nave va…

  1.  Riche, roi de Lydie aussi []
  2. Merci à Homere pour l’info. []
  3.  Pas pu m’empêcher []
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Le trésor gélinais

Image trouvée sur un disque dur jeté à la benne, tritouillage © Cyprien Luraghi 2010

Les choses ont bien changé, sur le Mont Gélin. Et l’ambiance aussi : jamais la tension n’a été aussi forte. Seul Savachié, le livreur de fleurs et d’épines, arbore sa jubilation.

L’histoire du Mont Gélin est bien riche, en voici la chronique.

Les temps anciens

La terre est dure, mais l’eau est abondante. Les poules, principale ressource des Gélinais, pondent et se reproduisent. En haut de la colline domine le grand apérotier, dont les feuilles aux vertus psycholeptiques incitent celui qui les touche à inviter ses voisins.

Le chef Bonnepioche, propriétaire privilégié du seul coq gélinais, affiche sa richesse avec ostentation en même temps qu’il cache une blessure douloureuse : À la mort de son père, héros gélinais, il a été victime d’une crise d’amnésie et a oublié le grand secret des Bonnepioche, transmis de génération en génération, qui faisait de cette famille un modèle de sagesse. Un malheur n’arrivant jamais seul, depuis ce jour, la feuille d’apérotier ne lui fait plus aucun effet. Loin de s’en plaindre, il en simule les sensations, invitant même ses voisins plus qu’à son tour. Ce qui a toujours mis les Gélinais en joie, sauf Savachié que ça met en rage, rapidement raisonnée par Bâbord et Tribord, les fidèles conseillers de Bonnepioche.

Premier jour

C’est Bâbord qui l’a trouvée. On n’a aucune idée de sa provenance, mais elle flottait, immobile, au fond du Péhibé, le principal puits d’eau potable du Mont Gélin. D’un verre coloré et bullé, scellée par un bouchon de résine, la bouteille laissait voir le rouleau de cuir tendre joliment maintenu par un nœud de jonc.

À l’apéro du soir, on a fait fondre la résine, libéré le rouleau de sa gangue et de de sa bride, et chacun a pu admirer ce que révélait le parchemin : une carte aux trésors.

Jéfellessèque, le brillant compteur de ponte, jugea précieux la bouteille et la carte, et décrypta les symboles de celle-ci sans souffrir du moindre avis contradictoire, comme de coutume car personne ne voulait compter les œufs à sa place. Jéfellessèque semblait du reste avoir raison, et chacun acquiesça à ses conclusions : on cherchera le trésor à l’endroit par lui désigné, et on conservera la bouteille. Mais surtout, à l’avenir, le possesseur d’une carte sera propriétaire du trésor correspondant.

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Ce soir ondine chez माया

Autoscan © Nono (Nono) 2010Boules et boulets rouges pour tous : c’est grand anniversaire. Bouddha a 2553 ans et Liger 47, déjà. Bravo à eux : longue vie, bonheur, prospérité, plein de pépètes et de pesetes et que leur santé pète de joie jusqu’à perpète !

Encore que Bouddha s’en bat l’œil et la paupière de toutes ces choses, qui ne sont que mâyâ : illusion, pâle reflet d’ersatz de semblant de réalité.[1]

Par exemple : l’Asie méridionale et du sud-est attend la mousson en tirant la langue sous le cagnard implacable et dans l’atroce poussière du Nuage Brun, et les météorologues sont aussi écoutés et révérés que les aruspices romains.

Il va pleuvoir des cordes à tel point qu’on pourra les tresser, et ces cordes dressées comme les vertes tiges du riz nous empliront la panse du suc de la vie.

Qu’on dit.

Nous escaladerons les degrés du vaste ciel en nous hissant à mains nues sur ce filin doré. Propulsés de la glèbe desséchée au sommet de l’échelle sociale. Nous gagnerons des milles et des cents. Nous dînerons aux chandelles en tête à tête avec la grande déesse. Toutes les étoiles du show-business seront présentes au banquet…

Mâyâ tout ça. Rien de réel : la terre est basse et il faut la sarcler encore et encore pour pouvoir becqueter sans jamais atteindre la satiété : c’est donc ça, la réalité… Mais non : le mal au dos, les articulations qui craquent, tout ça c’est du bidon. Le bidonville aussi est bidon, tout comme les stages de l’Agence du Travail Obligatoire.

Il n’y a pas d’eau et on espère, pas plus qu’il n’y a de travail pour tous alors on fait semblant : la paysan indien suce un caillou pour tromper sa soif et le serf occidental sous contrat précaire fait le beau dans les antichambres de la morne mouise.

Mâya tout ça : माया je vous dis.

Une seule solution à cet imbroglio : faire comme si de rien n’était.

Essayez :

faire
comme
si
de
rien
n’était.

Fastoche !

 

  1. N’étant ni bouddhiste ni bouddhologue, pardonnez mon imprécision. []
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