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L’HYGIÉNISME PUE

Illustration © Cyprien Luraghi - ICYP - 2017Tant que l’Outre-Atlantique s’astique le cauchemar climatisé entre soi, tout va bien. Faut bien que l’océan serve à quelque chose. Mais il en faut plus pour que cet obstacle naturel salé peuplée de monstres gluants, empêche les ligues d’hygiénisme vertueux américaines de venir nous faire chier jusque dans nos campagnes. Sans parler des villes, dont je ne dirais[1] mot tant qu’à faire. Ces gens-là qui redoutent le miasme, le microbe, le saint-nectaire au lait cru et encore plus son association suspecte[2] avec du pinard, ignorent la sagesse exprimée par tant de mamans bien de chez nous : « les petites bêtes, ça mange pas les grosses ».

Exit tout ce qui a bercé nos belles années : le bon gasoil bien gras, la clope, l’amour sans caoutchouc, les rebords de trottoirs non matelassés, etc. etc. Aujourd’hui en ouvrant le journal je tombe là-dessus : «On a été sauvées par la clope ! ». En résumé un lycéen avec plein de nœuds pourris dans les boyaux de sa tête, a lamentablement tenté de buter plein de monde dans son bahut. Heureusement, c’était un gros nul et personne n’est mort, ouf. Et donc la clope clopée en catimini dans le garage à motos du lycée a sauvé ces deux jeunes miraculées. Alors qu’en général elle tue plein de monde, la vilaine. Comme le fait est patent, l’anecdote est contée dans les journaux, qui pour une fois peuvent le faire sans risque. Mais dans l’ombre, le biomormon veille au grain et au ministère de l’Hygiène, la ministre a écarquillé des soucoupes, tant elle est choquée par cette exclamation joyeuse d’une jeunesse qui pourrait éventuellement se mettre à cloper à mort en suivant le mauvais exemple induit par ladite exclamation.

La ministre de l’Hygiène va se retourner dans son lit toute la nuit, torturée, obsédée, suante, et puis au petit matin vous allez voir : elle interdira les garages à motos dans les lycées.

Il est grand temps de changer de paradigme,[3] les aminches ! E la nave va ! Et merci à Konstadt[4] pour sa précieuse collaboration !

  1. Un débat fait rage dans les commentaires actuellement : s ou pas s à la fin de « dirai » ? []
  2. Rappel utile : nous autres déconnologues prononçons − et écrivons, d’ordinaire : sussepaicte. []
  3. Je HAIS ce mot, berk ! []
  4. Un déconnologue distingué et tamponné sur l’œuf []
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Entravons sans jouissances !

Illustration © Cyprien Luraghi - ICYP - 2017

Exit la gaudriole, le foutraque, le mal branlé, le guingois, le cradoc familier, les frêles parapets aux passerelles du libre jouir. Place aux liens solides, propres sur eux, calibrés, confortables, rassérénants. Bienvenue dans le principe de précaution. Au départ il y a un corps mammifère bourré d’instincts et de pulsions suspects,[1] dans lequel les fluides les plus variés circulent, drainant désirs et émotions tant qu’à faire. Progressivement il se couvre de pelisses et s’encombre de colifichets. Dont ces chaînettes et colliers symbolisant l’appartenance au corps social : cordes et licols. Puis, plus récemment, des extensions sont apparues. Le smartphone par exemple. Miroir, miroir, dis moi qui est le plus conformiste ? Appuie sur Envoi et compare-toi au monde entier, clic. Sois unique dans le globiglobal. Lequel est l’archétype de l’unicité glutineuse. Le néodieu partagé par tout un chacun en quelque sorte. La Référence de toutes les références. Celle qu’on suit comme un con. Qu’on est si on le fait.

Mais icy, foin de ces conneries merdiques : le conformiste aliéné de l’ère des réseaux miroirs, nous nous foutons de sa poire. Et pas qu’un petit peu. Et dans les règles de l’art. Et en meute cannibale. Partant du principe que rien n’est plus comique et comestible qu’un triste con et qu’il constitue le meilleur aliment pour nos estomacs de francs-limaçons tristophages. Et qu’en ces panses philosophales se distille la bonne humeur : l’arme suprême de notre complot intergalactique d’éradication des sourires à l’envers. Et des manches à balais dans le cul.

Suçons ces sucs sinistres, les aminches ! Sus ! Sus ! Et merci à Zebao pour le titre du billet ! E la nave va, olé !

  1. prononcer « sussepaictes » []
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Billet quantique miauleur

Illustration © Cyprien Luraghi 2016 - ICYP

10 décembre

Je n’en fais qu’à ma tête. Elle passe devant, le reste suit. Par exemple aujourd’hui j’ai envie d’écrire ce qui me passe par la tête et de continuer à le faire en direct-live jusqu’à épuisement du sujet. Pour autant que ce billet ait un sujet, le vieux matou de l’illustration n’étant sujet de personne. Une chose est sûre : ce billet durera au moins jusqu’au vendredi 16. Ce jour-là, dans l’après-midi, je saurai ce qu’il en est pour l’affaire qui nous a fait monter à Paris, que j’avais vaguement évoquée dans l’avant-dernier billet. Mais là, lecteur de passage, tu n’en sauras toujours rien : patience, patience. Il en faut à revendre, je vous assure. La vie est une salle d’attente, autant le savoir tout de suite.

Actuellement dans la salle d’attente, des candidats à la candidature poireautent. Ils veulent être calife à la place du calife. Or le calife a jeté l’éponge. Les lecteurs réguliers de l’Icyp ont peut-être remarqué que depuis l’élection de François Hollande − surnommé Goudamou par nous autres déconnologues distingués −, je n’ai publié aucun billet sur son gouvernement. Alors que pendant le pénible quinquennat précédent du gniaf, [1] ça y allait gaiement. Car quoi en dire ? Comme me le faisait très justement remarquer un membre de ma progéniture : « papa, on a voté pour lui en n’en attendant rien et on a eu droit à moins que rien ». Donc il n’y avait rien à en dire ou si peu que ça ne valait pas la peine de me flinguer le bout des doigts à marteler le clavier. Ah si, tout de même : on a eu droit à un déferlement d’hygiénistes débiles faisant fixette sur la clope et assimilés. Sacrés socialistes, tiens. Bon, en face c’est encore pire et c’est ce qui pend au bout du nez des citoyens, dont je ne suis pas fort heureusement. Car je vis dans une dimension légèrement parallèle située dans l’éther tuttiquantique. Voilà : c’est tout pour aujourd’hui, la suite demain − à moins que l’envie de clavier ne me reprenne avant minuit…

 

11 décembre

Tout commence par un grand café. Sans grand café, pas de journée valant d’être vécue. La routine de l’Icyp a grand besoin de grand café, déjà. Donc j’attaque en ouvrant les yeux et le Terminal de notre petit serveur, pour bloquer les adresses IP des vilains botnets qui cherchent en permanence à venir y déposer leurs pubs à la con dans les commentaires, pour des fausses montres de luxe et du viagra de contrefaçon. Mine de rien, ça bouffe pas mal de temps. Et puis il y a les mises à jour du moteur Linux, évidemment. Et l’entretien, le nettoyage, les sauvegardes et compagnie. Et puis ensuite aller lire tous les commentaires commis dans la nuit et à l’aube matutine. Dans la foulée c’est boulot, boulot : j’attaque la réparation du premier ordinateur du jour, en général sur un coin de table vu que de plus en plus fréquemment il s’agit d’un portable ne nécessitant pas d’installation à l’atelier du rez-de-chaussée. Même le dimanche ; d’ailleurs là je viens de finir celui d’un copain du patelin d’à côté. Mais c’est bien parce que c’est lui et qu’il le mérite.

Ce n’est pas ma seule routine quotidienne : il y a les ablutions par exemple. Et le Jeu des 1000. Et pas que. Mais de l’une de ces routines, je ne peux pas encore parler. Pas avant vendredi prochain en tout cas. Patience, patience…

 

12 décembre

Rue89 existe encore. Pourtant ça ne devrait pas. Ou plus, plutôt. Non parce qu’ils ont envoyé un mail circulaire à tous ceux qu’ils appellent des riverains − leurs commentateurs, en fait − vu que leur canard est en cours de phagocytation par le Nouvel Observateur. Et que donc j’en ai reçu huit, correspondant à mes comptes successifs depuis fin 2007. Or donc comme c’était dit dans ce mail, il était prévu que ce week-end tout le bétail soit transféré sur Le Plus, où les reliquats de la rédaction s’apprêtent eux aussi à rejoindre leur nouveau pondoir. Et il ne s’est rien passé : tout continue comme si de rien n’était. Forcément puisque rien n’a été. Pourquoi ? Je n’en sais rien. C’est comme ça et pas autrement, faut pas chercher plus loin.

Alors je sais : icy il en est quelques uns qui n’en ont rien à foutre de Rue89 − Ubu89 pour les intimes − et qui n’y ont jamais foutu les pieds. Mais le noyau dur de la Déconnologie s’y est formé et comme c’est pas juste des amitiés virtuelles, hein… et que ça dure depuis bien sept ans, et qu’il s’est passé des tas de choses, et pas qu’entre nous… eh bien j’en cause, d’Ubu89. D’un côté ça me fait tout drôle de savoir que ce vénérable navire de l’internet va être bientôt englouti, et de l’autre je m’en fous pas mal. L’Icyp existait bien avant Rue89 et existera − je l’espère − bien longtemps après le naufrage. Dont je ne me réjouis pas : des gens vont perdre leur boulot à la rédaction et chez pas mal de vieux commentateurs, le désarroi est palpable. Nous autres commentateurs de fond sommes un peu comme les rats : on aime nos vieilles caves, on y a nos petites habitudes, on connaît bien la faune.

C’est tout pour aujourd’hui : moins de cinq jours à tirer avant vendredi soir. C’est ça qu’il faut se dire en attaquant le lundi.

 

13 décembre

Toute la journée ça a été le défilé. D’abord à la maison : des amis en veux-tu, en voilà, et du client en chair et en os et au téléphone, et du voisin de gauche et celui d’en face et même un brave toutou de passage qui a fait fuire la Moutche, car cette tigresse miniature est au moins aussi courageuse que le lion du Magicien d’Oz. Ça tombait bien parce qu’il n’y avait pas de machine à réparer en urgence au boulot. Et puis que la vie sans amis n’est pas une vie. Nous autres membres du peuple singe debout, n’avons pas la mentalité erémitique. Nous exécrons la solitude. Qui est mauvaise conseillère et nous pousse à broyer du noir puis à nous faire des films à la con dans la tête. Quand quelque chose ne va pas, on le dit aux bons amis et on écoute leurs bons conseils. Si chacun restait dans son coin comme une merde sèche, l’humanité serait encore plus déprimante qu’elle ne l’est déjà. J’ai dit. Hugh !

Encore trois petits jours de rien du tout à tirer jusqu’à vendredi. Il se passera quelque chose ce soir-là, vous verrez, les amis… et les lecteurs inconnus aussi. Patience, patience…

 

14 décembre

Ça a commencé il y a 2617 jours. Sept ans, un mois et trente jours. Peut-être que dans quarante et quelques heures, ça commencera à s’arrêter. Je n’en sais rien, pour l’heure. Je n’espère pas : j’attends, simplement, sagement. Le verdict que j’attends est sans doute déjà couché noir sur blanc, quelque part au tribunal de Paris. Après-demain en fin d’après-midi je devrais enfin le connaître. Je ne suis pas le seul à l’attendre, ce verdict. Toutes celles et ceux qui subissent cela depuis 2617 jours − et même bien plus pour une autre que moi −, sont dans l’expectative. Pas anxieuse, mais légèrement fébrile tout de même. On en a tant vu et de toutes les couleurs, rien que pendant ces 2617 jours. Qu’on n’ose pas espérer. Pourtant on devrait. Mais l’espérance a ses limites et elles ont été salement dépassées, dans cette histoire de fou. De folle, plus précisément. L’espérance est un luxe bourgeois. Contentons nous de patience…

 

15 décembre

17 heures : 24 heures à tirer. Je clone des disques durs en compote en attendant Godot. Récupérer des données sur des supports pourris, c’est ma petite spécialité. C’est tout à fait méditatif et ça laisse le temps de gamberger ou de causer un brin avec les amis icy et là…

C’est un commentateur de Rue89, proche ami de notre Picholive[2] − qui m’a appris la nouvelle de sa mort toute récente par MP tout à l’heure.

Picho, il s’était chopé le crabe à l’automne dernier et un jour il n’était plus venu dans mon estaminet de l’internet, il y a quelques mois. Je me doutais bien que ça ne devait pas trop gazer pour lui − chimio, etc. −, mais je n’imaginais pas qu’il puisse casser sa pipe comme ça, d’un coup, aussi tôt.

On ne se connaissait pas en dehors du Web, mais il voulait à tout prix qu’on se fasse un raout en sa compagnie à Puycity au printemps. On le fera quand même, pour lui rendre hommage, non mais !

Illustration © Cyprien Luraghi 2016 - ICYP

Léopardo en est tout retourné (et le drapeau en fond, c’est Picho qui nous l’avait confectionné).

Picho, en matière de clin d’œil, m’avait envoyé 69 euros pour que je puisse m’offrir les services d’un avocat pour l’affaire dont le verdict tombera demain en fin d’après-midi. Comme d’autres amis l’ont fait. Déconnologie never dead, quoi qu’il en soit. À demain, donc…

 

16 décembre

 16 heures tout rond. C’est l’heure de l’énoncé du verdict à la cinquième Chambre du tribunal de Paris. Maintenant ça peut tomber n’importe quand. Je surveille ma boîte à mails. Patience, patience…

19 heures tout rond. Rien dans la boîte. Ce qui signifie que l’après-midi a probablement été chargée au tribunal et que par conséquent, le verdict n’arrivera dans ma boîte que lundi. Patience et repatience, donc. 

 

17 décembre

J’aime bien les jours où il n’y a rien à raconter. Juste à déguster des litchis tout frais arrivés par avion de la Réunion, offerts par le voisin de gauche qui a de la famille là-bas. Siroter des caouas, têter la clope à vapeur, gamberger sur le prochain billet, dépiauter l’ordinateur portable d’un client. Mollement, c’est samedi. Relire Rousseau et tomber là dessus :

Je ne sais quel aveuglement, quelle sombre humeur, inspirée dans la solitude par un mal affreux, m’a fait inventer, pour en noircir ma vie et l’honneur d’autrui, ce tissu d’horreurs, dont le soupçon, changé dans mon esprit prévenu presque en certitude, n’a pas mieux été déguisé à d’autres qu’à vous. Je sens pourtant que la source de cette folie ne fut jamais dans mon cœur. Le délire de la douleur m’a fait perdre la raison avant la vie : en faisant des actions de méchant, je n’étais qu’un insensé.

(Lettre à M. Moultou – À Montmorency, le 23 décembre 1761)

Me dire que les paranos, t’en as vu un, tu les as tous vus. Me dire que c’est cette distorsion du réel qui fait que le monde est si mal. Si tordu. Il n’y a que ça à faire ce samedi. Et rêvasser peinardement… ;-)

 

18 décembre

Je me suis fait la réflexion hier soir : ce billet-journal renouvelle le genre. Quand j’avais démarré le Sitacyp il y a quinze ans, c’était pareil. J’écrivais au fur et à mesure et au fil des jours, tout ce qui me passait dans la tête et un peu aussi ce qui se passait au dehors. Quand cette saga sera achevée − en fonction du verdict qu’on devrait enfin (peut-être) connaître demain, de temps à autre et en fonction des événements, je continuerai le journal, comme au bon vieux temps où nous n’étions qu’une douzaine à faire ça sur le Web francophone. En attendant, attendons…

 

19 décembre

Nous attendrons encore, donc. Puisque le verdict ne sera rendu que le 5 janvier. Je viens de l’apprendre. No comment, il vaut mieux. Je clos ce billet-journal et entame la gamberge pour le billet suivant.

 

…e la nave va !  

  1. Je ne prononce jamais le nom de ce putricule. []
  2. Moctezumiaou sur Rue89 []
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De par l’immonde

Illustration © Cyprien Luraghi - ICYP - 2016Un bon ami est passé ce matin nous porter un pochon du dernier raisin de l’année. Mûr à point, la peau fragile et un tantinet aqueux vu le temps de merde d’un novembre caractérisé par des orages comme d’avril. Alors j’en ai coiffé Léopardo pour en tirer l’illustration de ce billet. Léopardo est népalais, mais pas des hautes montagnes : de la plaine du Téraï, là où vivent les animistes Tharus et compagnie, dans la forêt profonde dont il ne reste plus grand-chose de nos jours, ratiboisée par les paysans fuyant guerre civile et famine sévissant dans leurs grandes collines et venus s’installer là depuis une trentaine d’années. Léopardo était planqué derrière un tas de rougnes chez un brocanteur de Katmandou depuis bien vingt ans. Personne n’en avait voulu et le vendeur me fit de la retape : si je le voulais, je pouvais partir avec pour une poignée de roupies, ça ferait du débarras. Le problème c’est que Léopardo est encombrant : soixante-six centimètres des orteils aux oreilles et le fourrer dans le sac à dos pour le retour en France, c’est carrément pas évident. Donc je dis non. Mais Léopardo me fixe de ses deux globules et c’est dur de résister. Dans ces cas-là c’est simple : il faut sortir de la boutique nonchalamment et là le vendeur vous suit et ne demande plus qu’une demi-poignée de roupies. Alors j’ai topé là et Léopardo fut à moi pour trois euros et demi.

Depuis, Léopardo fait la joie de notre petite famille et des amis de passage : il se tient debout sur le plancher de la cuisine, au pied d’une fenêtre où il nous regarde vivre, la gueule ouverte. De temps en temps pour illustrer un billet, je m’en sers comme aujourd’hui encore. Et puis Léopardo est un des totems de l’Icyp. Sans totems, la vie ne vaut pas un clou rouillé. Au temps jadis, les totems et les fétiches restaient plantés en lieu fixe et la tribu ne s’en éloignait guère, par crainte des représailles planquées dans la nature hostile à l’entour. C’est fini, ça. Léopardo fend la planète en avion et la tribu est éparpillée aux quatre coins du monde.

Heureusement la tribu est invariable, increvable et joyeuse. Elle se fout de tout : des éléments déchaînés, des tarés ivres de haine sur les réseaux, du flot de merde dans les gros tuyaux, du décervelage global, de la mauvaise graisse, des sérieux pontifiants, des missionés par des dieux qui ne sont que leurs misérables démons intérieurs, des avachis larvaires aspirés par des écrans, des terreurs irraisonnées, de la gamberge masturbatoire, de la notion de nation, de l’identité culturelle, des salsifis en boîte qui sont des scorsonères, de la voiture automatique, de l’intelligence artificielle, des artifices en général et du monde qui n’est immonde que pour qui le veut bien.

Comme notre bienveillant totem tharu : la gueule ouverte et tout observant.

…e la nave va !

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Le grand refroidissement

Illustration © Annie et Cyprien Luraghi 2016 - ICYP

 

Ne croyez surtout pas qu’il fait chaud dehors. C’est rien que des menteries. Jamais le monde n’a été aussi gelé globalement. Les météorologues soufflent le faux et l’effroi. Ouvrez-vous les yeux et couvrez-vous bien : ce qu’ils nous serinent est erroné. Ils ont été achetés pour distiller leurs boniments. Et par qui, ils ont été achetés ? Par le grand Maratattaoû, sans aucun doute :

 

Illustration © Cyprien Luraghi - ICYP

 

Et quel est donc le but de ce grand Marratataoû ?

Intoxiquer l’opinion pour s’en foutre plein les fouilles et devenir le maître du monde. Transformer les vaillants citoyens en larves molles et serviles. Ce genre de choses. Et pour ça, tous les moyens sont bons. Sachant que le meilleur de ces moyens est d’injecter la peur au cœur de la fibre citoyenne. Et pour ça c’est super simple : il suffit de dire l’exact contraire de la réalité. Brandir le spectre du grand remplacement, par exemple. Ça fout les boules instantanément et même : ça bout les foules.

Alors évidemment je ne suis le grand Marratataoû que pour de rire, la rigolade étant notre seule religion icy. Mais il en est d’autres qui eux ne rigolent pas en manipulant les masses populaires. Quand je dis que ça caille alors qu’on vient de se farcir une caniculette, c’est juste faire le ventilo pour les malheureux frappés d’insomnie à cause de la grosse chaleur. Quand vers deux heures du mat’ ils taillent encore la bavette ici au lieu de pioncer ferme.

*

C’est la rentrée. Il va se passer des choses. Inexorablement, la plongée dans les frimas de l’automne sera calorifère. Rasés et chauffés gratis au programme. Pas besoin de jouer au devin pour voir ça dans ma célèbre poule de cristal. Le fûmot pestilentiel frappe déjà à nos narines. Les vieux cadavres sont de sortie et les charognards se grognent déjà au museau pour savoir quel clan pourra planter ses crocs en premier dedans. Celui du maréchal Pétain est le plus disputé. Inépuisable macchabée.

Le maréchal est mort à l’île d’Yeu. Pas à l’île du Diable.

Allons enfants. De qui, de quoi, déjà ? E la nave va en tout cas…

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