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À grand Blanc, petit nègre

Photo : Homère - tritouillage : Cyprien Luraghi © ICYP 2018

Je ne suis pas le seul à l’avoir remarqué : sur le réseau, les plus ardents défenseurs de la chose nationale écrivent avec les pieds. Ils ont la langue pâteuse et approximative. Comme leurs ancêtres les Gaulois, qui parlaient français comme mes aïeux tessinois venus bouffer le pain des Français − faute de polenta à coller dans le chaudron. 

La France est un pays plein de pain et de toutes sortes de bouffes, il faut dire. C’est pour ça qu’elle attire irrésistiblement les vilains immigrés. Comme la fleur de l’amorphophallus séduit la mouche et à son instar, elle sent pas mal la charogne aussi. 

L’humanité a l’estomac dans les talons. Moi aussi d’ailleurs, vu l’heure. Vite, un pain français. Pendant que la France comme tant d’autres pays à tant d’autres époques, projette son malaise interne sur une cause extérieure absurde, non seulement j’ai les crocs mais il faut que j’alimente la conversation Icy et Là, que je m’occupe de la salle des machines de notre petit navire fendant l’océan Octétique… et qu’en outre j’abreuve le Menuisier. Cette outre cuvant sa murge dans sa cuve de picrate du cru. Ça occupe, je peux vous dire. Car la soif du Menuisier est danaïdale.

Ceux qui lisent mes billets sans avoir accès à nos commentaires frénétiques,[1] ignorent qui est le Menuisier, alors j’explique : au commencement était le Bureau. Le Menuisier construisit ledit Bureau. Le Bureau dicte ses ordres au kondukator de service − ma pomme − qui les redicte aux déconnologues papoteurs. Lesquels n’en tiennent jamais aucun compte. Précisément à cause du Menuisier, censé jouer les intermédiaires. Car si le roseau est un végétal pensant, le Menuisier est une outre cuidante dont la pensée ne s’élabore qu’au fond d’un récipient à vinasse, tout comme celle de Diogène. D’où sa torpeur perpétuelle et l’anarchie joyeuse qui règne à bord. 

Parfois je me pose des questions existentielles. Par exemple : le Bureau est-il un meuble ou une pièce ? Et pourquoi traite-t-il le Menuisier en subalterne, alors qu’il lui doit tout ? Et tant d’autres interrogations irrésolubles dont l’irrésolubilité patente me fait vaguement flipper genre trente secondes par décennie, étant très pris par les nombreuses tâches qui me sont imparties dont je causais plus haut. Alors vogue, petit navire, vogue, e la nave va… ! 

  1. Bien fait, ils n’ont qu’à implorer leur admission : CLIC []
Publié dans Déconnologie, Pilotique | Autres mots-clefs : , , , , , | 2414 commentaires
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