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Au Grand Guignol

Capture d'écran du film Zatoichi de Kitano - 2003 Un peu d’air frais enfin ! On est à l’estive et les rus à l’étiage. Sacrée canicule.

Le gouvernement, dans son immense sagesse, a ordonné l’exécution des vieux débiles dans les maisons de retraite. Nos petites infirmières se sont mises à la tâche avec ardeur : il ne sera pas dit qu’on a laissé claquer nos aïeux de déshydratation, ce coup-ci. Une fois, pas deux.

Le Trou de la Sécu leur dit merci.

On vit dans un pays formidable. Eau et gaz à tous les étages : fini tout ça. C’est d’un ringard.

Du passé table rase a été faite. Sauf que c’est pas les cocos rouges qui l’ont débarrassée, mais les partisans de la tsarine. Voyez-vous ça : le monde entier nous envie notre régime unique. De quoi qu’on se plaint ? Simple : on ne se plaint pas.

Heureux comme Dieu en France : buriné profond au fronton de nos bâtiments officiels, partout. Alors forcément c’est vrai : à force de voir des devises si belles, elles se gravent au tréfonds de notre citoyenneté… tout aussi innée que le gêne du crime détecté dès trois ans par un décret dont la bienveillance ne cessera jamais de me combler de ravissement.

S’ils le disent, c’est que c’est vrai. Nous vivons au mitan d’un élysée, même que le gouvernement a décidé d’abolir les paradis fiscaux. Les niches fiscales aussi. Comme ça, d’un coup de sceptre magique.

Sarkolas est même parvenu à faire rigoler les Allemands, des gens réputés si sérieux en temps ordinaire.

Fini l’ordinaire !

Hé : j’ai rallumé le chauffage à l’atelier ce soir, juste pour emmerder l’été et sa triste banalité : un peu d’amusement ne peut pas nuire à l’humeur générale, qui est au beau fixe. Trente degrés il fait en France : quinze le matin et quinze le soir.  Plus fortiche que les islandais nous sommes.

Bon : les Islandais nous ont grattés pour la Crise, c’est vrai.

Mais nous les aplatirons en finale du Mondial, ces bouffeurs de poiscailles !

E la nave va…

 

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Beat et pas square

Takeshi en Zatoichi (2003) gif animé par Cyp LuraghiIl ne s’emmerde pas, Kitano.

Takeshi se fait pas chier, dans la vie. Il ne s’emberlificote pas dans les grands principes à la con : il prend ses rêves pour des réalités et comme l’art c’est le rêve sinon rien, il est tout bon.

Il a tout bon aussi, Beat, à tout révolutionner tout le temps que ça dure et jusqu’à son dernier souffle que j’espère éloigné d’un univers lumière. Parce qu’il est un homme bon dans le fond et que ça se voit dans ses pupilles et au moindre de ses tressautements. Il se pose là et quelque chose de frais et neuf arrive soudain. Il fait respirer cette époque de suffocation.

Il envoie bouler les tenanciers du calibré gaiement, valdinguer à coups de pieds de nez ; depuis longtemps ça n’était pas advenu et le jour où j’ai vu sa tête dans un film la première fois est resté gravé là, bien profond dedans. Une avalanche de sentiments intriqués et cette familiarité immédiate avec celui-qui-est-comme-nous de tout en bas, de la plèbe et qui l’aime et n’a jamais cessé de l’aimer et qui le lui rend bien, à lui qui donne et nous élève par la noblesse délurée de son grand art.

Sa camelote est celle d’un Cocteau mâtiné de Charlot avec la face et la maîtrise du geste de Buster Keaton, la luxuriance de Fellini,  la concision élégante et rigolote de notre Henri Michaux.

***

J’écris ça à la jetée depuis mon lit ce matin parce qu’il est en France pour une exposition de ses objets à Paris − que je ne verrai pas − et que Rue89 lui a consacré un articulet hier, et que nous parlons très souvent de ses films dans nos commentaires.

Banzaï d’honneur au plus grand kamikaze déconnologue de l’univers  !

Publié dans Billet Express, Cinoche | Autres mots-clefs : , , , , , | 730 commentaires
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