Archives par tag : Joie

Rouziquer tranquillou

 

Le bout de gras, ça se discute. Comme tout le reste au demeurant. Jusqu’à éplucher l’os de carcasse ou de côtelette selon la bête, de la pointe du couteau et rouziquer[1] artistement à prestes petits coups de quenottes, le grillé croustillant agrémenté d’une pointe de fleur de sel. De la vie. 

Croûter de la barbaque en bonne compagnie, c’est gagner sa vie bien mieux qu’en s’emmerdant à la foire d’empoigne au dehors où résonne le fracas et retentit la fureur ; c’est une activité antique et increvable, qui comble d’aise autant panse que pensée, les innervant de sucs qui ne sont pas de bile. 

Assemblés comme des pithécanthropes décortiquant le bestiau, dépiauté tout d’abord parce qu’on n’est pas des sauvages et que la société s’épile, se plume et se pèle comme le canard gras ou un chevreuil des grands bois, avant d’être disséquée par notre bonne petite société d’amis avides d’en tirer de doctes conclusions et d’en faire bombance. 

Une fois passée la couenne, on entre dans le vif du sujet : en société. Mieux que lire le journal, et nettement plus roboratif. Entre nous, point  de lutte d’influence, ni désir de puissance, ni jalousie, ni toutes ces conneries qui nous pourrissent la vie… rien que le bruit des mandibules et des os rompus pour en sucer la moelle. Rompus comme les bâtons de nos discussions et conciliabules sur l’Icyp et autour d’une table en bois d’arbre. 

En partant d’une idée gracieusement offerte par l’ami Sambucus ici : CLIC

E la nave va… 

  1. Ronger comme le font les souris (sud-ouest). []
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Au jour joui

 

 

*

Ça ne tourne pas bien rond.

Pas
Bien
Rond

Rond finalement : tout ronron.

Rien à battre
Des clous !

E la nave va…

*

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Bouda Bouddha

Le supérieur du monastère de Pishu (Zanskar - Tibet indien) avec son pote en 1984 © Cyprien Luraghi

 

devant la roue de la vie
tirer la gueule
ou face au zef

ravi

dans l’axe
tournoyant
belle hirondelle

?

 

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एक लाख (Un Lakh)

Illustration © Pierre Auclerc 2010

Un lakh = cent mille dans le système de numération indien.

Un lakh de commentairess en vue sur l’Ici-Blog… la frime. Le chiffre qui tue : cent mille. Ouaouaouh ; faites péter la roteuse : les compteurs sont au taquet, petits mickeys…

Rien à branler, des chiffres. Rien ne m’emmerde plus dans la vie que les chiffres. Alors cent mille ou autre, ça me laisse de glace. L’important c’est la moelle du com. Le chiffre c’est son nonosse, au com.

J’aime bien les Indiens dont les grands chiffres ont des noms spécialement créés pour : le lakh, le crore[1] … c’est plus humain tout de suite : un lakh c’est comme mille balles : on comprend immédiatement ce qu’on peut faire avec.

Idem avec le coup des cent mille coms, qui n’évoque que triste courbe et fade camembert de banquier : alors qu’en pensant à un lakh de coms, on ressent immédiatement au tréfonds de sa fibre tout l’effort que ça représente. Le temps aussi : un lakh de minutes, ça en fait un sacré, de bout de temps passé à massacrer joyeusement nos malheureux claviers : 69 journées de 24 heures. Mais on peut tranquillement multiplier par cinq et des poussières pour mieux coller à la réalité : un an quasiment rond en arrondissant bien rondement les angles mous.

Alors voilà : il y aura un lakhième com sur l’Ici-Blog le 3 décembre, on peut compter dessus. Et ça sera la foire, comme tous les vendredis :

 

© Cyp Luraghi 2010

 

Dans le monde entier ce sera la foire, comme tous les vendredis et les six autres jours de la semaine. C’est la foire tous les jours, sur la planète. Pas moyen de s’y ennuyer : il s’y passe toujours quelque chose de joyeux. Vous l’entendez, ce long soupir de jouissance orgastique résonnant aux quatre horizons en continu, flottant tout au dessus du bourdon de la guerre ?

Partout où nos regards se posent, c’est la foire du vendredi. En Haïti c’est la fiesta mahousse, à Cuba la nouba d’enfer et à Guantanamo on danse la Guantanamera, comme de bien entendu ; en costume orange, derrière les hautes grilles. Des deux côtés de toutes les grilles du monde entier on festoie. Le gniaf  (( © Tjeri. Le tyranneau actuel du Régime Français. )) lui-même fait la bringue au Palais : il boit du jus d’oranges en regardant danser les majordomes. Et les bonniches, car il rêve de faire aussi fort que la bite à Berlu.

La moindre particule se la pète en tournoyant gaiement dans le vaste univers[2] : le lakhième com se pointe à l’horizon de l’Ici-Blog.

E la nave va, donc.

 

  1. Dix millions. []
  2. Au vide plein de Plein. []
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À table !

© Alain Auzanneau 2009

A Tavola !

Sur fond de musique d’ascenseur :

− Grande frite ou normale ?
− Grande, et de la mayonnaise.
− Crounch crounch crounch bave crounch
− Pardon m’sieur, ça vous dérange pas si je passe la serpillière ?
− Regarde un peu ce sans-gêne qui part sans jeter son plateau, ah là là, les gens n’ont plus d’éducation.

 

Sur fond de Mozart :

− Monsieur et madame ont-ils fait leur choix ?
− Certes oui, nous prendrons le tartinzoin au bituroscope, puis la guazidouille à la sauce trépassante aux petits zigouïgouïs. Puis vous me baillerez la carte des vins.
− Bien monsieur, excellent choix. Notre sommelier vous conseillera notre Château Selapaite 1978 qui sera parfait avec la guazidouille.
− Regarde un peu ce vendeur de bidet vulgaire avec cette fille de trente ans de moins que lui, ça doit être une pute, mon dieu mon dieu mon dieu.

 

Sur fond de vociférations klaxonnatoires :

− Putain, mais il va marquer le nègre à la fin !

− Bah, avec Domenech au cul, aucune chance, on est foutus, la France est foutue…
− Je suis pas d’extrême droite, j’ai même des amis gauchistes, mais faut reconnaître que le Pen ne dit pas que des conneries, et pas qu’en matière sportive…
− Ouais, Maurice, remets nous donc une tournée de cacahuètes et du saucisson, et deux pintes, faut qu’on soit prêts pour la seconde mi-temps.
− Eh regarde les deux qui bouffent tout en silence au fond de la salle, on dirait qu’ils nous prennent de haut, non, à pas aimer le foot ; ça m’a l’air de deux beaux pédés ces deux-là, on va aller leur demander qui ils supportent tiens, et on leur fera la bite au saindoux s’ils savent pas.

 

Sur fond de Petite Musique d’Ici-Blog :

Un beau bordel autour de la Grande Table. Ici, c’est pas compliqué, la bouffe est collective, à l’orientale : régulièrement, le taulier concocte une recette originale qu’il offre bien fumante dans une grande marmite (en fonte noire) au milieu de la Grande Table. Les habitués arrivent à l’heure qu’ils veulent, avec leur manger aussi, et chacun picore ce qui lui fait envie, sous le regard placide et attendri du patron, le sieur Cyp, dit Cypounet pour les habitués, ou Kondukator Kosmoplanétaire pour les inadvertants qui se sont trompés de crémerie.

Ça sent le tabac, parfois le tabac fourré, mais ça ne fait gueuler que l’hygiéniste empaillé qui pend au dessus de la Grande Table pour tenir éloignés les vampires, les cancéreux du cul et autres fâcheux.

Parfois, en mélangeant leurs ingrédients, quelques convives inventent une recette dont en toute modestie ils jugent que par son génie elle devrait révolutionner l’humanité façon Copernic, et ils vont alors perfectionner leur brouet dans une alcôve tout équipée préparée spécialement à leur attention par l’Homme de la Pampa qui sous des dehors bourrus et barbus veille d’un oeil bienveillant sur son établissement fort bien tenu qui sent encore le plâtre frais…

Ici, on ne croise pas de vendeur de bidets à pute, on ne passe pas la serpillière sous les pieds des convives, et on n’entend pas de glapissements hideux. On est chez tonton Cyp, autour de la Grande Table, et on semble s’y trouver pas mal, vu le temps qu’on y passe.

 

À table !

 

Publié dans Déconnologie, Humain | Autres mots-clefs : , , , , , , , , , | 477 commentaires
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