Archives par tag : Insurrection qui vient

RÉSIGNEZ VOUS !

Photographie : © Cyprien Luraghi 1989 - Himalaya indien (Garhwal)Les culs terreux la tête dans les étoiles, c’est fini. Il faut se faire une raison, le monde : l’époque est aux têtes enfoncées dans des culs récurés. Des trous de balles de mormons morts obturés de calebasses hébétées.

Que faire sinon baisser les bras devant ces légions de museaux enfouis dans des régiments de fions désinfectés ? Le spectacle affligeant de ces masses populaires inertes n’incite à rien. Alors rien, tant qu’à faire.

Les seuls qui remuent encore faiblement le font en vain : manifs, grèves, castagne encagoulée : zéro résultat. La lutte des classes c’est fini et nul matin ne prélude plus à un grand soir. Les pontifes de tous les partis de la gauche sont d’accord sur ce point depuis des lustres.

L’Insurrection qui vient n’est pas pour demain : vous pouvez dormir tranquille.

Inutile de vous révolter, damnés de la terre. Croquez plutôt des chips en matant TF1 et et pianotez sur Facebook et OverBlog : vous nous rendrez service en nous foutant la paix ; restez anesthésiés par vos médocs et surtout ne bougez plus : le petit oiseau va sortir.

Cui-cui.

[envol de kondukator de pacotille tout guilleret sur la rive nord du Lot]

Billet hyper express de délestage sur une idée de lamorille.

E la nave va…

 

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Hope for Happiness

Près de Tournon d'Agenais - Photo © Nono - Tritouillage © Cyp Luraghi 2010

Ça rigole plus : le monde est dans la rue à battre le pavé dans la bruinasse. Pourtant la calorie se conserve au chaud du clos logis par les temps qui courent, où on se les pèle en métropole.

Rien que ceux-là. Sans parler de ceux qui même le cul collé au poêle à mazout s’emmerdent à cent sous de l’heure − et encore : allez trouver cent sous de nos jours, où la jeunesse turbine à l’œil en stage pendant des mois et des années, pour plus tard travailler plus longtemps à cause de l’espérance de vie qui verdoie et de la thune qui merdoie.

Pas de quoi se marrer : tout est moche partout en France, sans déconner. D’ailleurs la déconnologie, c’est fini. La tristologie est de rigueur parce que justement : la Rigueur est de sortie et que ça va chier encore pire que depuis les trente cinq dernières années de crise qu’on se farcit. On n’a rien vu, je vous dis : le pire est à venir.

Parce que la propagande nous fait gober tout ce qu’elle veut : que les juifs-émissaires de la Zone − gitans et musulmans  − égorgent nos fils et nos compagnes, sauf que le péril est jaune comme l’Orient est rouge. C’est pas marrant et carrément flippant : les Chinois à Paris, bientôt… voilà ce qui nous attend avec le gouvernement actuel : quinze heures de boulot avec le chef qui vous postillonne dans la gueule six jours par semaine pendant cinquante ans, sinon pas de retraite. Et fini les congés payés : il faudra rembourser aux actionnaires du royaume la dette monstrueuse causée par le Front Populaire et ses foutus accords de Matignon.

Il y aura encore des décennies de crise; des siècles de Crise avec un grand C qui n’en finira plus d’engraisser à vos dépens. Pas de quoi se réjouir en vérité.

C’est pourquoi j’ai pris les devants en laissant pénétrer une paire de Témoins de Couinovah dans la Maison de l’Horreur l’autre matin[1] et de les inviter à disserter de la tristesse universelle et à leur ouvrir mon cœur à propos des tourments qui me triturent la tripe alors que la Force Déconnique m’a laissé tomber comme une vieille chaussette. Comme le Témoin de gauche me proposait une ristourne d’un tiers sur la cotisation annuelle : j’ai craqué. Soixante six balles je peux; mais pas cent.

C’est sympa chez les tristosses : on couine en se faisant la compète de celui qui tirera la tronche la plus longue. Comme un concours de bites mais en plus soft. Tout est doux chez Couinovah : ouatiné comme un nimbostratus de crachin. On se les pèle pas mal dans leurs temples ouverts à tous les vents, mais pas plus que dans une manif; on s’y tient au chaud tous ensemble tout pareil.

***

[rive nord, cinq heures moins vingt : un kondukator assoupi sur son clavier est secoué par une décharge nerveuse; son petit cœur fait boum, boum : encore cette saloperie d’horloge de la gazinière qui fait ting-ting quand ça lui chante; après s’être ébroué et avoir poussé son gluttement rauque, il appuie négligemment sur la touche « publier » de son billet et hop.]

***

Ce billet-express a été inspiré par un com de Homère sous le billet précédent, suivi d’une longue papote super sérieuse alors que j’écoutais « Hope for happiness »[2] de Soft Machine à fond à l’atelier.

E la nave va…

 

  1. Vers quatorze heures douze, plus précisément… []
  2. Là :  CLIC  []
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