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Tu seras notaire

Sans Titre - © François Deloncle 2010Hop, c’est parti en quatrième sur le chemin de la vie. Souvent pour aboutir dans des lieux très communs, abreuver des sillons pour en fin de parcours sucrer les fraises.

Seul on ne peut, pas à pas, arpenter que l’ornière, guidé de main de maître. Au roulé-boulé s’ensuit l’arthrose, déambulant.

Souvent, mais pas tout le temps et pas tout le monde.

Heureusement.

Ce n’est pas une mince affaire que celle-là.

Jouer des coudes et se les serrer tout à la fois, et sans tenir compte de rien hors le ciel au dessus, prendre la tangente et se carapater vite fait hors de ce fichu guêpier gris.

Aller à la chasse aux papillons et tout le reste sans filet. Parce que notaire : non. Même avec de gras émoluments.

Aide comptable du Spectacle encore moins ; très peu pour moi : je laisse ce soin aux chroniqueurs à langue et fumet de cocotte vus à la télévision ou rédigeant les manchettes des magazines demi-mondains balisant l’internet, héritiers des colonnes Morris.

Ployés aux écritures comme sous le joug et lustrés comme les robes des bœufs de concours, ils égratignent d’un fin soc la glèbe en tirant la langue : heureux d’eux-mêmes et souriant à la badine, léchotant gentiment la pierre à sel du lot commun, ils alignent les mots comme les pinces à linges sur un fil que nul vent n’agite.

Les tâcherons de la futilité se pensent maîtres du champ.

Je le leur laisse libre et passe mon chemin, non sans avoir bousillé leurs sillons maigrelets en roulant-boulant.

 

Avec des vrais petits morceaux d’Homère (Pas-glop) dedans, ce billet express n’est pas dédié à Hugues Serraf, mais à la mémé dans sa maison de retraite, qui veut jeter Sarko à la poubelle et dont Marina nous a causé dernièrement.

 

 

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La tribune du calcinateur

© Pierre Auclerc 2009 - tritouillé par Cyp Luraghi

Alors que d’autres vaticinent, je batifole et sautille sans me soucier de qui, de quoi… et d’abord à quoi bon ? Il vaut mieux se péter la gueule que suçoter sa bile. Surtout en voyant ce que sont devenues les vaticinations, aujourd’hui : fades et légères comme du yaourt zéro.

Un vaticinateur se doit d’être pénétré, alors que les actuels flottent vaguement à la surface. Nulle force n’y entre ni n’en sort. De presque imprécateur et quasi-prophète se prenant le chou en postillonnant, l’homme universel moderne se montre à la télévision, oint du même fard matissant que le politicien ; il feint de s’énerver parfois parce que le taf du bouffon royal est de rire à la commande ; et celui du vaticinateur du Siècle Spectaculaire de modifier le cours des mots afin de faire accroire que le sentiment de révolte est un sujet périodiquement récurrent, comme perdre des kilos avant les grandes vacances. Par exemple.

Moi aussi je peux faire ça : tenir des rubriques aussi vaines que celle de Hugues Serraf dans Rue89. D’ailleurs là je le fais très bien, ne disant rien sans en avoir l’air.

Déjà dit tout là-haut : gambades et cabrioles au menu pour ma pomme. Je suis pas vaticinateur insipide et moderne pour un sou, moi. Je ramone au chalumeau ; franc du collier tête baissée pour rentrer dans le vif du sujet illico et derechef. Je n’y vais pas avec le dos doux et rond de la cuiller : j’affûte son rebord à la meule d’émeri : gare !

Car ça nous pend au bout du nez : nous allons droit à la grosse cata, cahin-caha. La planète ne sera pas sauvée parce que nous trions nos ordures. Boucher le trou du cul des vaches qui pètent le méthane ne changera rien à l’affaire : nous allons dans le mur en riant de nos peurs comme au grand huit et cent millions de clones de Hugues Serraf sont dans les wagonnets.

C’est ça, vaticiner. Je me farcis le boulot des autres pour des prunes ; imposer ça à un pauvre déconnologiste, c’est terrible. D’ordinaire je ne trace pas de plans sur la comète : je ne sais pas faire ordinaire ; je ne suis pas prophète non plus, et encore moins dans mon pays. Je ne sais pas étaler poncifs et lieux communs à la chaîne comme Hugues Serraf. Pourtant, c’est ce que je viens de faire.

Je ne suis pas un libéral de gauche, ça doit être ça…

 

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