Archives par tag : Hollande

Trompettes dans l’éther

Grues cendrées

Les yeux au ciel

Au delà de la soupe aux nuages

L’azur vibrionne en écarquillant tout grand…

 

Je me dis : le vent glacial les pousse au cul alors c’est pareil pour nous autres plantés comme des poteaux, les pieds dans la merde froide déversée à pleines charrettes par les puissantes canailles gouvernant le monde : profitons de la bise de novembre pour prendre la poudre d’escampette et faire des galipettes dans nos petites têtes pendant que les socialos enculent le populo, après que la bande à Sarko lui ait ouvert la voie. 

J’en ai pour mon argent avec ce nouveau gouvernement. De petits bureaucrates collets montés insipides grisâtres : crachin de novembre au palais. Un vrai régal de tous les sens. 

Oh, comme ils sont minables : c’en est presque émouvant, de les voir patauger dans les ornières tracées par leurs prédécesseurs, empêtrés dans leurs harnais trempés, se tortillant du fion avec leurs œillères bien ajustées, les sabots gras. 

Ah, qu’ils sont admirables, ces héros de l’idée zéro par nous élus au joli mois de mai. J’avais tant espéré voir ce fond de la pensée créative touché un jour et le voici ; et me voilà ravi, comblé d’aise : la vie vaut vraiment la peine d’avoir été vécue un bon demi-siècle pour assister enfin au parachèvement du grand œuvre des médiocres, dont la pitoyable brochette à Hollande est le couronnement. De cette sous-monarchie inavouée qu’on se farcit depuis le putsch des ronds-de-cuir et des notabliaux de 1789. 

Enfin : quatre ans et demi de rigolade et d’entartage à outrance en perspective, ça ne se refuse pas… car la crème chantilly lubrifie bien mieux la démocratie, que la vaseline du pot aux roses. 

E la nave va…

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KI KI SO SO LHA GYALO !

 

Trop tard : c’est pas d’heure. Avant l’heure : il n’y a pas d’heure. 

Il y a le chemin tracé et celui qui reste à parcourir, quelle que soit la voie empruntée. Souvent je compare l’Icyp à un petit navire fendant les flots de l’océan Octétique en solitaire, loin de la flotte amirale et des flottilles. Mais je ne suis un terrien et c’est sur mes deux pinces que dans une vie précédente je fendais les vagues rocheuses des montagnes de l’Himalaya.

Remonter la vallée, franchir le col et redescendre la suivante jusqu’au prochain pertuis ; s’exposer au danger car si les monstres abyssaux n’existent pas que dans l’esprit des marins, les démons de la tempête ne sont pas chimériques dans la tête du montagnard : ils prélèvent leur quota de vivants et les envoient bouffer les pissenlits par la racine régulièrement. 

C’est pourquoi il convient de ne pas fanfaronner face aux éléments naturels : ils sont considérablement plus puissants que nous autres, misérables voyageurs. 

Il aura fallu cinq ans pour remonter cette vallée sinistre peuplée d’aborigènes hostiles et odieux : demain j’ignore ce qui m’attend sur l’autre versant. En attendant je profite de mon petit bonheur : passé le dernier raidillon dans les éboulis noirs, le replat herbu est agréable à la semelle de mes croquenots et le sac paraît soudain plus léger, comme l’air ténu dans lequel baigne le torrent déboulant. 

Comme à chaque sommet de col, je pousse la beuglante joyeuse : KI KI SO SO LHA GYALO ![1]

Demain ce sera le premier alpage, et le premier lait de la première dzomo[2] et puis après la première pause : en route.

E la nave va…

  1. En Tibétain : « Les dieux ont vaincu ! » []
  2. Hybride yak-vache, cf Wikipédia []
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MOINS ZÉRO

 

L’Accident Quantique Majeur est assez similaire au nirvāna : indescriptible et immanent, permanent et à portée : difficile à saisir et partout en même temps, en tous temps. 

Pour certains il est le sauveur des religions messianiques et pour d’autres, un politicien charismatique ; le point de focalisation des fantames inassouvis ; une chimère. 

l’AQM est l’entre deux fromager : ni pâte molle et fadasse, ni serial killer de papilles ammoniacal ; ni gouda mou[1] , ni faux camembert discount trop fait puant le fion de gniaf, ni quoi ou qui que ce soit d’autre car l’AQM n’est personne et pas une chose non plus. Il n’est ni le sondage ni son résultat : l’AQM se fout complètement du remue-ménage dans la ménagerie ; il est bien plus fortiche, tapi et prêt à surgir de son quantum pour se déployer, majestueusement tutti quantique en chacun de nous n’importe quand, et surtout quand ça lui chantera car son mystère est entier et nul ne connaît Ses voies.[2] 

Or donc en l’attendant : attendons. 

E la nave…

  1. François Hollande, quoi… []
  2. Fors notre prophète bien aimé Numérosix (que des apsaras mamelues satisfassent ses désirs les plus torrides !) []
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Populus ex machina

 

Le peuple. Du Front Nationalitaire au Front Mélenchional tout le monde s’en réclame et parle en son nom. Des foules tombent en pâmoison quand du haut de la tribune des voix fortes martèlent ce mot ; et la masse vibre à son propre unisson : transe transie tétanisant alcaloïde opiat messianique espoir.

Jusqu’au prochain tour. 

Faut bien croire à quelque chose et rien de tel qu’un bon vieux magnétiseur public pour requinquer le credo pâlichon du peuple. Entre le gniaf, Murène Lapine et le Chon, le peuple a retrouvé ses couleurs ces derniers temps : il est servi copieusement et rote d’aise. 

Quelle connerie, franchement : le peuple. Senatus populusque romanus tant qu’ils y sont, les harangueurs populiques contemporains, poussant la beuglante enchanteuse qui incitera leurs sectateurs à glisser petit bulletin dans l’urne afin de les installer pour un bail dans les palais d’une République pure héritière des Napoléons ; comme cette devise romaine trimbalée au fil des siècles depuis la chute des Tarquins jusqu’au dernier souffle d’un empire qui lui aura fait perdre tout sens. 

Comme de nos jours la devise de la République française, hein… triste chiffe usagée suscitant l’émoi sexuel pourtant, de ses usagers ; tant peuple que tribuns agissant en son nom.[1] 

Le peuple. Logiquement, j’en suis. Pourtant j’ai pas l’impression. Enfin : ça dépend. En tant que sujet de sa très gracieuse République, ça ne fait pas l’ombre d’un doute. Comme tout citoyen déclaré à sa naissance en mairie, je sacrifie à ses dieux en remplissant des formulaires administratifs abscons régulièrement, et en raquant un max de taxes. 

Pour le reste, nul ne m’en fera démordre : je ne suis pas du peuple. Ah que non. Quand je vois le peuple se speeder comme des mouches à la vue d’une merde au soleil sur les forums en ce moment, j’ai pas du tout envie d’être de la party. Si c’est ça le peuple : non merci. 

D’un côté t’as les gros racistes bandant pour la fille du sale vioque pété de thunes de Saint-Cloud, qui sont français de peuple exclusivement, et de l’autre les gardiens du temple de la Pureté Écarlate du Chon. On connaît les premiers par cœur : inutile de s’étendre sur leur pestilence de charogne, dont le gniaf en bon clébard, s’est imprégné en se vautrant dedans, enivrant le reliquat de ses troupes suivant son sillage jusqu’à la noyade finale dans la fosse septique de l’enfer brun. Bon débarras. 

Je ne parlerai pas des socialos, ni des écolos : ceux-là n’emmerdent pratiquement personne sur aucun forum. Difficile d’adopter une attitude fanatique ou dévote en écoutant François Hollande causer dans le poste, il faut dire. Idem pour la vaillante Eva Joly qui fait tout pas bien comme il faudrait, même que je trouve ça impeccable comme attitude. 

Et il y a les mélenchouinistes : je ne les trouve pas mieux que les fafs de la Murène, autant le dire tout de suite. Je ne suis pas de leur peuple : c’est clair. Eux ils sont le peuple ; pas les autres. Le peuple qui va casser la gueule au grand capital et faire la Révolution, non mais ! Le peuple mené par le camarade Merluchon qui veut la VIe République à lui tout seul. Le peuple de Gauche pur et dur. 

Paraîtrait que le Chon parle en mon nom : qu’il aille se faire foutre. Je ne veux pas de sa parole d’intercesseur : elle pue la mort. C’est pourquoi je tiens tant à ne pas être du peuple. Moi je suis du petit populo, d’abord. Celui sur lequel crache la vilaine troupe de nervis stalinoïdes du Chon ; du populo qu’il méprise de toute la puissance de son cynisme cinglant de gras bourgeois… Ah oui c’est un brillant orateur : digne successeur de tous les tribuns populistes de tous les temps, qui ont toujours mené les braves gens droit à leur perte. 

Faut surtout pas leur coller la sinistre réalité en face, au idolâtres de ce tigre de papier. Faut pas leur parler de la posture indigne et colonialiste du Chon sur le Tibet : ça les emmerde autant que les national-frontistes quand on leur cause des idées de Faurisson sur les chambres à gaz des camps de la mort nazis. Si leur gourou caractériel soutenait comme il le fait pour la dictature chinoise, le gouvernement d’extrême-droite israélien actuel, en traitant les Palestiniens de la même manière que les Tibétains, comment réagiraient ses sectateurs, si je défendais le droit à l’auto-détermination de cet autre peuple colonisé sur un forum ?

Est-ce qu’ils me railleraient en me traitant d’islamofasciste à la solde du Hamas, à l’instar de ce « réincarnation du dalaï-lama » dont m’a gratifié le Yéti d’Ubu89 hier ici : CLIC, ou TienTien aujourd’hui ? Ayant appris ce qu’ils valent − de la merde brune −, je pense qu’ils seraient tout à fait capables de réitérer leurs vilenies quel que soit le peuple opprimé défendu, tant leur fanatisme haineux les obnubile. Seule importe la satisfaction de leurs bas instincts, et de boucler la gueule au dissident. C’est ça, la voix du peuple : abaisser, avilir, blesser, humilier… et se sentir forts ; tous ensemble, tous ensemble, ouais ! ouais ! Exactement comme une bande de skins démolissant le portrait d’un basané. 

La parole du Chon ne se discute pas : elle s’exécute. 

Je dis une chose : pour Le Pen, les chambres à gaz sont un détail de l’Histoire. Pour le Chon, le massacre du peuple tibétain est un détail de l’Histoire. Logique : ces deux vils personnages ont en commun d’être ultra-réactionnaires et nationalistes. 

Le peuple du Chon et de Le Pen : au cul !
Le populo sinon rien ! 
Le cœur est à gauche et la gauche sans cœur n’est que charogne. 

Je dédie ce billet au noble et vaillant peuple tibétain.

E la nave va…

  1. [han ! han!] []
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