Archives par tag : Hindouisme

Le bénéfice du douteux

Illustration © Cyprien Luraghi 2017 - ICYP

Bientôt treize ans que j’ai laissé tomber la bouteille. Et quelques dizaines d’années de plus que j’ai envoyé valdinguer la mystique gazeuse − qui était très à la mode au temps de la route des Indes et des hippies en mon adolescence. En 76 précisément, le jour où j’ai foulé pour la première fois le sol de ces Indes. Alors que j’y étais allé par attirance pour la spiritualité censée l’imprégner. Tu parles : c’est comme partout ailleurs pour ça. Business as usual. En roupies sonnantes et trébuchantes. Je ne suis pas éthologue, mais à n’en point douter un jour futur ces scientifiques découvriront que les singes croyaient déjà à de telles conneries depuis la nuit des temps. Il n’est donc pas naturel de s’en départir, pas plus que de laisser tomber la bouteille. Car là aussi ça remonte à loin : des dizaines de milliers d’années au moins et peut-être même plus. D’ailleurs les singes ne sont pas plus en reste que les éléphants, quand il s’agit de se pinter la ruche en gobant des mangues bien fermentées ou toute autre variété de fruit blet chu de l’arbre.

Faute de dieux existant ailleurs qu’en soi, il est d’usage dans notre race de prendre chacun son soi puis de le projeter au dehors sur ce qui est apte à refléter nos croyances. Totems en bois, cailloux remarquables, statues de plâtre peint, maîtres à penser, troubles mentors, gourous douteux, lamas libidineux, curés tripoteurs, politiciens vérolés, notaires véreux, dictateurs paranoïaques, affairistes sadiens et tutti quanti. 

N’avoir ni dieux ni maîtres est inhumain, en réalité. Ça contrevient au fond de nous. Et avoir dieux et maîtres insupporte l’esprit libre, le tuant à petit feu. Comme mauvaise drogue. Indispensable stupéfiant. Rabougrissant opium. Cervelle au schnaps. Alors trouver la parade est vital. Pour moi c’est simple : je pars des toutes petites choses sur lesquelles je me projette en grand, rêvassant langoureusement. Comme sur cette étiquette de bouteille de bière indienne traînant dans ma vieille malle de voyage en tôle bleue toute cabossée. Elle en dit long, cette petite étiquette. Pas assez pour refaire le monde, mais sufisamment pour en pondre un billet évoquant l’état du monde et du monde y vivant… 

 

© Cyprien Luraghi - ICYP - 2017

…e la nave va…

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Plan pas neuf

Capture d'écran animée de "Plan 9 from outer space" de Ed Wood - Animation © Cyprien Luraghi 2010

Les pipirelles chtarbées craquètent au firmament dans l’air sec comme un coup de trique : ce coulis glaçant les rotules, s’insinuant aux creux poplités, descendu droit du septentrion peuplé d’élans prodigieusement virils.

Aux quatre coins cardinaux, rien de bien nouveau : comme chaque année nos amis hindous se préparent à fêter Diwali[1] de manière aussi pieusement consumériste que Noël chez les christis, et les dévots de Krishna[2] salivent à l’idée de se faire éclater la sous-ventrière à la confiserie lourde.

Le litre de mazout s’est encore pris une claque dans la gueule, le gramme d’herbe pareil et tout le reste à l’avenant. Le pinard sera dégueulasse à cause du printemps pourri et de l’été trop court, les grévistes l’ont dans le cul et les migrateurs à pneus de la Toussaint décollent la joie au cœur et le réservoir plein. Nous branlerons moins longtemps avant de mourir, c’est pas bien grave.

Rien n’est grave puisque tout roule : nos économistes ont invoqué l’esprit du grand Capital et les pompes se sont remises en marche. L’Économie est comme le reste de l’univers : globalement, ça tournicote. Et pour qu’elle vire bien il faut que ses grands prêtres fassent tourner les guéridons : ainsi Bill Gates et Liliane Bettencourt fréquentent les mêmes cercles spirites que Lakshmi Mittal et croient dur comme fer aux soucoupes volantes qui viendront sauver le monde libre des griffes talibanes et des grévistes.

Lakshmi : justement ce sera sa fête aussi à Diwali. Déesse de la fortune et membre de la nébuleuse Krishna. Je vous passe les détails croustillants et bibliques. Vous voulez plein de ronds ? Priez Lakshmi. Offrez-lui quelques menues piécettes, elle vous les fera prospérer comme Bernard Madoff et ses amis.

En comptant bien, sou à sou, on totalise vite; les plus rétifs aux maths se prennent eux-mêmes au jeu : un plus un plus plus un = je jute. L’Économie est une affaire juteuse. Ça dépend pour qui; enfin : de quel numéro tu as tiré dans le chapeau. Numéro Six, à gauche !

***

Spectral et fendant l’éther sur son scooter ultraluminique, le Number d’Argent pensait à tout cela en son dedans, contemplant gravement la boule bleue sur laquelle il s’apprêtait à fondre, calculant avec son hypermental l’angle de rentrée dans l’atmosphère afin d’atterrir en douceur dans la vallée de l’Indre… les toits ardoisés d’un manoir cossu se discernaient déjà et le regard las[3] du Number d’Argent distingua soudain les goudronefs de la compagnie…

Le sort du monde allait se décider lors de ce raout des troupes déconniques[4] … brrrrr…

***

Et toc : j’ai casé presque tous les sujets de billet suggérés dans la papote précédente : CLIC.

E la nave va..

  1. Le 5 novembre, cette année. []
  2. Dieu nunuche par excellence, auquel je consacrerai un billet Ici rapidou sinon Ginkoland me fera du mal. []
  3. Bien que super perçant. []
  4. Qui se tiendra pendant la fête des morts dans un château hanté abondamment garni de guéridons, ça va de soi. []
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Petit commerce

Gujarat - Inde - 1993 - Image et animation © Cyprien LuraghiCes deux-là, je les ai rencontrés à Girnar, près de Junagâdh, tout à l’ouest de l’Inde… un grand pèlerinage jaïn[1] où les hindouistes se rendent en masse aussi, car tout est bon à prendre dès lors qu’il s’agit de s’approcher du divin qui remédie à tous les maux possibles dont nous sommes affligés : bandaison molle, scrofules, découvert bancaire béant, fuite de conjoint…

Ces deux-là ne s’en cachaient pas : c’est avec beaucoup d’humour qu’ils faisaient leur petit numéro de maître à la Panoramix et de disciple soumis ; ça marche à tous les coups : le pèlerin remplit ainsi leur escarcelle car il n’attend de ce duo que l’immuable rituel réglé comme du papier à musique depuis la nuit des temps : je jette ma piécette et l’intercesseur des puissances occultes me gratifie d’une bénédiction.

***

N’allez pas croire que c’est plus stupide que dans les démocraties modernes et laïques : le schéma y est strictement identique.

La seule différence, c’est qu’au lieu de jeter sa roupie aux anachorètes maigrichons, on fourre des petites enveloppes dans la fente des troncs républicains, lors des grands pèlerinages électoraux.

E la nave va…

 

  1. se prononce « djahine ». []
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Noble gueux

Jankhare/Bista - Transe Himalayenne - Népal 1990 © Cyprien Luraghi

DEUXIÈME PARTIE

 

Février 1990, grand ouest népalais.

Quelques jours plus tard Nous embauchons un nouveau porteur au marché aux esclaves d’un bourg de famine. Jhankaré. Intouchable. Paria. De la caste des Kamis − les forgerons. Avec Hari, ça fait une drôle de paire.

***

Ce qui est frappant, quand on voyage avec un intouchable, c’est que même dans l’intimité il continuera à jouer son rôle de paria social. À chaque halte dans un bhatti[1], Jhankaré se tient soigneuse­ment à l’écart, boit son thé dehors, et va ensuite laver lui-même son verre, de peur de contaminer par sa souillure intrinsèque le client suivant. Nous avons beau l’encourager, il persiste dans son auto apartheid…
Hari, lui, a depuis longtemps laissé tomber tous ses principes et devoirs de caste, partageant tout avec nous et buvant à la même gourde. Il est loin de son terroir, notre Hari. Ici il peut tout se permettre, il voyage incognito.

Jhankaré attend encore un jour ou deux… On ne sait jamais : si quelqu’un le dénonçait, ça serait le drame. Hari, en revanche, profite lâchement de son image de brahmane : c’est Jhankaré qui trimballe le gros du paquetage, et nous nous retrouvons à porter 15 kilos chacun, alors qu’Hari n’en charrie que 10, dans son sac militaire…

***

Nous arrivons à Singaoti, un gros bourg peuplé de brah­manes.

Il n’y a pas de bhatti à Singaoti, qui n’est desservi que par des chemins secondaires ; nous demandons l’asile aux gens du lieu, moyennant finances. Un paysan de haute caste accepte de nous loger dans une annexe de sa propre maison. Quand nous apprenons que notre hôte est brahmane, nous soufflons aussitôt à Jhankaré : « Tu vas changer ton nom de caste[2] : à partir de ce soir, tu n’es plus paria, mais de la caste des Bistas (honorables commerçants). »

Il a l’air plutôt ennuyé ; mais on ne lui laisse pas le choix : c’est un ordre.

Hari se prête au jeu d’assez bonne grâce. Nous étalons nos affaires dans la petite pièce, diablement enfumée. M. « Bista » accumule gaffe sur gaffe : il ne veut pas du tout partager notre couche ; il se sent pitoyable, coupable du pire des crimes : mentir sur sa caste. Quand notre hôte lui tend une gamelle, il hésite longuement avant de la prendre… Nous serrons les dents : s’il se trahit, nous serons jetés dehors sans ménagement, en pleine nuit… Ça va, le taulier semble ne rien remarquer de bizarre…

Nous avons tous quatre les paupières collées par l’enfumage, ce matin. Bon, ça aura déjà empêché les puces et les poux de nous tourmenter : nous en sommes couverts…

***

Au fil des jours Jhankaré se décoince sérieusement et nous finissons excellents amis, partageant couvert, couche et bestioles. Mais Hari conserve toujours ses distances avec lui et devient de plus en plus méprisant avec lui. On ne se prive pas de le charrier à mort et de se foutre de sa poire quand il bave devant un des rares poulets rencontrés, dont on s’est faits un festin de brutes. Il peut aller se brosser ce végétarien faux-cul, qui loin de son village est prêt à enfreindre tous ses nombreux tabous alimentaires. Il n’avait qu’à être moins péteux et imbu de sa putain de caste.

Après deux semaines de marche, nous arrivons à Jumla, où l’agitation est grande : la chasse aux instituteurs − opposants à la dictature du roi Birendra − est ouverte. Ça grouille de flics et l’ambiance est malsaine : l’insurrection générale est proche…[3] Hari aurait dû nous accompagner jusqu’à Katmandou − à 42 jours de marche − mais après s’être répandu en saloperies après s’être pris une muflée sévère au raxi[4] au troquet sur le compte de Muki, je le vire.

Hari, décuité, pleure presque quand nous le payons. Mais on ne se laisse pas attendrir ; ce type est vraiment con ! Il gémit : « Vous n’allez pas me renvoyer comme ça, tout nu ! »
Il exagère : on lui a laissé une paire de chaussures neuves, des chaussettes et ma veste chaude. Après son départ, on se rend compte qu’on a oublié de lui retrancher son avance… Il a fait une bonne affaire avec nous, celui-là !
Le nouveau porteur arrive. C’est tout le contraire d’Hari. Il s’appelle Karma et vient de la vallée de Mugu, tout au nord, dans la zone interdite, aux confins du Tibet. Il a une trentaine d’années et c’est un ours.
Quand il entre dans la cuisine, les filles éclatent de rire. Il a la grâce d’un yack sauvage, et l’odeur aussi. Il se cogne partout, comme si l’intérieur d’une maison n’était pas fait pour lui.

Ah Karma ! not’ Karma ! on en a fait un sacré, de bout de chemin ensemble… du jour où on l’a embauché jusqu’à la capitale, on n’a plus jamais arrêté de se faite mal aux côtelettes tellement il nous a fait plier en quatre : Karma, c’était le Rire. Et puis il s’en foutait bien de ces histoires de castes : les Tibétains n’ont pas ça en stock. Ils ont des clans et des rangs, et quelques autres trucs pas mal non plus, dans l’genre… mais c’est une autre histoire.

***

Voilà. C’est ça : des Hari brahmanes on en rencontre tous les jours ici en France. Ils ont leur caste dans le sang quel que soit leur rang social. Pas tous : j’ai eu connu des brahmanes de tous pays qui n’en avaient rien à foutre, des brahmaneries à la Hari. Des exceptions à la règle d’une rareté extrême qui les rend encore plus précieux à mes yeux.

Des Jankahré parias aussi, il y  en a des foules qu’on croise dans le métro et au supermarché. Il maudissent et envient les brahmanes d’ici en catimini, mais filent droit et doux en leur présence. Alors par dépit ils se bouffent la gueule entre eux. Pas tous. Y en a qui se rebiffent et même qui se rebellent. J’en connais quelques uns.

E la nave va…

 

  1. Maison d’hôte et/ou magasin général. []
  2. Le nom de famille détermine la caste. []
  3. Elle débouchera, le 9 avril, trois jours après le massacre de Katmandou − plus de 600 morts après que l’armée ait ouvert le feu sur la foule massée devant le palais − sur un ersatz de monarchie constitutionnelle. En 2006, la monarchie est abolie à la suite de treize ans de guérilla (13000 morts) menée par les maoïstes venus du grand ouest. La République est proclamée. []
  4. Alcool local distillé à partir de n’importe quel grain ou de n’importe quoi tout court. []
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Gueux noble

Hari Prasad - Népal 1990 © Cyprien LuraghiPREMIÈRE PARTIE

Février 1990, dans le grand ouest népalais…

Mukti[1] va acheter du tabac au magasin d’à côté.

− Hé, patron, tu ne connaîtrais pas un porteur pour nous guider jusqu’à Bhajang ?
− Je crains qu’avec le mauvais temps vous n’ayez quelque problème à trouver un volontaire… Je vais demander au voisin, je sais qu’il a besoin d’argent, peut-être que ça l’intéressera… Il envoie un gamin le quérir.
− S’il est d’accord, il fera l’affaire. C’est un brahmane de haute caste[2] , mais comme il est dans l’embarras, il n’hésitera pas à porter vos bagages, même si vous êtes impurs… Il était fonction­naire autrefois, cet homme, puis il a été viré pour alcoolisme notoire. Il s’est retrouvé dans la merde. Avec un hectare on ne fait pas vivre une famille. Surtout avec cinq enfants en bas âge, comme lui.

Extrait de Pistes Himalayennes, co-écrit avec Mukti Gurung (Albin Michel 1991)

***

C’est ainsi que nous avons embauché Hari comme porteur.

Misère de chez Misère : le grand ouest népalais. Les touristes n’y vont jamais. Y a rien à voir ; aucun fier 8000 enneigé à l’horizon : rien que des hautes collines déboisées calcinées par le cagnard et des misérables paysans le ventre creux. La famine. Faut le vivre. Et en plus on est chez les hindouistes avec leur système de castes à la con. Faut pas s’étonner si l’insurrection maoïste menée par Prachanda est née ici dans les années 90.

***

Caste et classe : deux mots que j’associe volontiers en écrivant sur les forums, ce qui a le don d’en exaspérer plus d’un. Car classe évoque immanquablement lutte et c’est tabou dans nos social-démocraties. Il n’y a plus de lutte des classes, point à la ligne. Et c’est un crime encore bien pire que de confondre castes et classes comme je le fais. Et pourtant…

La noblesse n’est pas une classe sociale, mais une caste puisque conditionnée par l’hérédité comme n’importe quelle caste dans le monde hindou. Les membres de cette castes étaient − et sont encore quoique dans une moindre mesure − plus fréquemment riches que la moyenne de la population. Mais il est des nobles désargentés, c’est bien connu.

C’est le cas de notre Hari porteur : dans l’ouest népalais les brahmanes − caste de prêtres et de précepteurs à la base − sont pour la plupart de gros propriétaires terriens[3] qui jusqu’à tout récemment pratiquaient le servage. Mais l’antique ordonnancement de la société hindoue n’est plus qu’un souvenir… comme chez nous le règne de la noblesse au profit des gras bourgeois du Tiers-État avachis dans les palais confisqués par la République.

Mukti et moi ça nous amusait un brin d’avoir sous nos ordres un brahmane. Faut dire que ce n’est pas banal : les portefaix sont tous ou quasiment de vile extraction, au Népal. Et étant nous-mêmes de très basse caste de par la profession de nos aïeux, nous étions très curieux d’observer son comportement… et ça n’a pas loupé : Hari nous tire ouvertement la gueule et son arrogance n’a d’égale que sa fainéantise. Les quinze malheureux kilos qu’il coltine − nos sacs en font une bonne vingtaine − lui arrachent des soupirs lamentables à chaque pas. Aux repas il mange à part, car nous sommes impurs et le simple contact de nos ustensiles ou de notre nourriture le souilleraient. C’est ça, un brahmane.

Mais on s’en fout bien et même s’il n’en branle pas une, nous décidons de le garder quelque temps puisqu’il nous distrait si bien. Notre petit budget nous permet ce luxe.

Mieux que ça : nous concevons de faire une expérience… embaucher un paria comme porteur supplémentaire et d’étudier leur relation. C’est un peu borderline comme démarche, mais au pays de la famine rien n’est vraiment rationnel.

En attendant la seconde partie de ce billet, je vous laisse atteindre le seuil fatidique des 600 commentaires pour disserter sur caste et classe, inné et acquis, tout ça tout ça…[4]

Hari Porteur se campera-t-il dans sa posture héritée d’une tradition multimillénaire, ou bien changera-t-il au contact de notre futur coolie paria de chez paria ?

 

  1. Mon co-galérien pendant la traversée de l’Himalaya à pinces en 89/90. []
  2. Les brahmanes constituent la caste la plus élevée dans l’hindouisme et cette caste, comme les autres, est stratifiée en de nombreuses sous-castes. []
  3. Les zamindars, engeance honnie. []
  4. Et pas que, bien entendu : Hors-Sujet bienvenu ! []
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