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La grande déperdition

Illustration © Sambucus et Cyp Luraghi 2012

On est bien peu de choses, bédame. Partis du petit plop[1] en direction du Grand Tout, la soupe sociale primitive s’est lentement solidifiée pour se cristalliser enfin, adoptant la forme d’un moteur : celui qui propulse l’Humanité vers un avenir incertain, mais supposé radieux par un pourcentage non négligeable d’optimistes résolus et un peu fous sur les bords. Et en effet il faut l’être vu que l’ambiance générale après une quatorzaine de milliards d’années d’évolution, est un tantinet catastrophique et d’une rare morosité. 

Ça sent l’huile épaisse de fond de carter jamais vidangé et le gicleur bouché : asphyxie et calamine en vue ! Pourtant l’oxygène est partout au delà des compartiments blindés dans lesquels les esprits chagrins marinent dans l’anoxie et le jus gras, ignorant que c’est si vivifiant et beau, de l’air. Ils sont englués dans leurs vieilles idées fixes ; et moi je dis : à Freud, sales et méchants ! Parce que c’est juste dans leurs têtes que ça ne tourne pas rond… et je pense à ces flopées de braves bourgeois qui s’improvisent en petits Saint-Just d’opérette sur des tas de sites politiques en toc. Aussi flippés que ces tarés hantant les alentours de Bugarach, et dont Le Yéti d’Ubu89 offre un parfait exemple, qui vient de larguer sa pénible « Grande Perdition » pour une hasardeuse « Grande Mutation » tout récemment : CLIC

Dans son dernier billet c’est encore plus fendard : voilà que ce vieux schnoque bien à l’abri du besoin, s’imagine à l’aube d’un nouveau 1789 : hi hi… Le v’là barré dans l’éther de sa grande frustration jouxtée d’une violence sourde qui fait peine à voir. Le vl’à rendu à rêver de la fin des régimes démocratiques : et y a quoi donc, quand il n’y a plus de démocratie, hein ? Des dictatures, pardine ! Et comme bien d’autres je n’ai nulle peine à me l’imaginer, ce méchant Yéti, à la tête d’un Comité de salut public

Oh, mais il n’est qu’un minuscule spécimen parmi tant d’autres, de cette dérive des incontinents reniflant le jus d’abattoir et qui suintent la grande merdition. Des qui n’ont jamais connu la misère, la faim et le froid et n’ont jamais vécu dans la moindre dictature. Ces pauvres cons du Tiers-État qui s’osent à me donner la leçon depuis leurs petits bureaux douillets, et qui se fantasment en gavroches… 

Y a des tartes[2] qui se perdent, sans blague. Mais bon, étant adepte depuis très longtemps de la non violence, je me contenterai de foutre tout ce vieux linge sale dans ma machine à lover ;-)

E la nave va !

  1. Voir le billet lié. []
  2. À la crème. []
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le petit plop

Illustration © Cyprien Luraghi 2012

 

Le gicleur injecta et la lumière s’éjecta, et cætera. L’automobile se propulsa sur le goudron, la shooteuse dans le pli de l’avant-bras, et la pine dans lapine. Il y en eut partout et tout le monde fut rendu en bonne forme et à bon port dans de grands transports, à grands renforts de tremblements, d’à-coups fiévreux et dans la secousse. De rire et de terreur sacrée.

Dans notre univers méconnu, toutes sortes de forces sont en goguette : certaines dûment disséquées par nos vaillants scientifiques, et d’autres leur ayant échappé ou qu’ils ne conçoivent même pas dans leurs plus folles errances corticales. 

La force d’attente du Rien a toujours su se planquer des regards indiscrets des scientifiques, par exemple. Les poètes eux-mêmes ne trouvent pas de mots pour l’évoquer. Et pourtant, elle nous imprègne jusque dans nos particules subatomiques les plus intimes, tous autant que nous sommes. L’humanité entière est sous son influence, qui sait bien que tout espoir est vain en toutes circonstances. Hormis si les dieux en ont décidé autrement. Parce que la force d’attente du Rien suppose un futur à coup sûr, linéaire et tangible, ponctué d’un accident quantique majeur de manière inattendue et erratique, l’AQM étant par essence hors du coup sauf quand il survient, giclant dans un tonnerre d’éclaboussures rutilantes. Les grands esprits soupçonnent  qu’il est le Grand Gicleur, qui non seulement fut à l’origine du big bang, mais d’autres crépitements universels, dont le petit plop connu de nous seuls, déconnologues distingués. 

Sur une idée de notre prophète bien-aimé Numérosix sur le fil précédent : CLIC et une autre de I.P un peu plus loin : CLIC 

E la nave va…

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