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Le choubari

 

Lire cet article de Wikipédia sur le shibari tout d’abord : CLIC.

 

Cuisiner, c’est torturer : obtenir les aveux ou des saveurs procède de la même essence.

Au départ la matière brute : un chou du jardin miraculeusement épargné par l’ennemi : cet enculé de ragondin hantant les rives du fleuve toujours prêt à planter ses incisives dans la chair des fruits de la terre amoureusement chouchoutés par Annie et sa copine Adeline en leur jardin.

Et des carottes ; du marché parce que la terre du jardin des copines est caillouteuse à souhait et que pour les carottes c’est nul.

Pour la farce un petit ragondin fera l’affaire, une fois désossé, dénervé et haché menu. Le plus délicat sera d’obtenir son consentement, car l’éthique du choubari exige l’acquiescement mutuel d’ingrédients adultes sinon c’est non.

Le ragondin étant peu consentant par nature, la plupart des maîtres choubaristes autorisent l’emploi d’un cochon, animal consentant d’office, auquel on aura prélevé la quantité de chair à saucisse nécessaire au rituel.

L’huile sera extra-fine et de première pression à froid, l’olive exprimant mieux sa jouissance en étant langoureusement triturée à température ambiante entre deux meules la foulant lentement.

La ficelle sera de lin mercerisé, souple, douce et néanmoins cisaillante, mais pas au point de trancher la feuille : le chou doit rester intact sinon c’est non. La farce ne supporterait pas et elle s’échapperait, en plus. La ficelle à choubari est traditionnellement d’une longueur de un mètre vingt, mais certains choux de fort calibre peuvent nécessiter un bon pied de plus pour l’accomplissement de leur ligotage.

Les nœuds, considérés comme une faute de goût atroce lorsqu’ils sont apparents, ne le seront pas si l’on prend soin de lier la crucifère en la retournant cul par dessus tête. Façon de parler.

La cocotte est en fonte noire : obligatoire. La taille 28[1] est préconisée : le lit de carottes s’y sentira plus à l’aise que dans les modèles ordinaires, plus petits : ce légume endure peu et une trop grande contrainte est préjudiciable à son excitation. On peut se procurer cet accessoire chez Fist Food, rue sainte Croix de la Bretonnerie dans le Marais à Paris.[2]

Contrairement à son cousin nippon le shibari, la pratique millénaire bien française du choubari érotique pousse le vice dans ses derniers retranchements : la jouissance terminale n’est obtenue qu’à la cuisson, après saupoudrage de sel et de poivre : deux substances qui, employées par la main d’un vieux maître choubariste, déclenchent invariablement des torrents d’émoi libérateurs : le légume le plus insensible se révèle soudain d’une lubricité jusqu’alors insoupçonnable ; c’est merveille à voir.

La France compte encore quelques millions de pratiquants du choubarisme, mais cette vénérable tradition ayant apporté tant de joie dans les ménages, est malheureusement en voie de perdition : la jeunesse lui préfère les divertissements caoutchoutés sous atmosphère conditionnée et les ligues de vertus animalières condamnent cet art aussi antique que la corrida, malgré le fait patent que tout le monde soit adulte et consentant, dans le choubari.

Voilà : il m’a semblé urgent de parler publiquement de notre sexualité en péril, car tous les disciples et les groupies de la Déconnologie Pilotique© (lamorillienne) sont choubaristes.[3] Une fois de plus, c’est la faute à nos ennemis jurés : les biomormons.

Nous aurons leurs peaux, camarades ! et de leurs vessies nous ferons des lanternes !

E la nave va..

 

  1. Celle de la photo est vraiment mahousse. []
  2. 499 € franco de port. []
  3. Et adorateurs de Nanabozo : ce sera le sujet d’un prochain billet. []
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LA SOUPE AU GNIAF

Le gniaf a causé dans le poste il paraît : il veut nous faire bouffer sa soupe. Manque de bol, l’émetteur radio arrosant Puycity déconne à pleins tubes depuis des semaines : France Inter n’est quasiment plus audible et seules les stations commerciales font retentir leurs voix de putes outrageusement fardées.

C’est comme tout le reste depuis quatre ans et demi, cette histoire d’émetteur : il n’en a rien à foutre du service public, le gniaf. Ou bien si, il en a à foutre : son bon plaisir est de le détruire. Je ne serais pas étonné que ça le fasse bander de lire chaque matin les chiffres du ravage monstrueux causé par son gouvernement de fumistofascistes[1] s’acharnant de manière brutalement sadique à chier sur le populo et à lui en faire chier un max.

Le populo : voilà son ennemi, au gniaf. Il lui voue une haine farouche et en a une peur terrible ; et il a bien raison : sans sa garde prétorienne − 1000 bonshommes au moindre de ses déplacements ! − ce minable sous-imperator se ferait réduire en chair à pâté sur le champ, tant il est exécré comme un Tibère le fut en son temps.

Le quinquennat du gniaf est celui de l’injonction paradoxale, remarquablement illustrée par son fameux slogan « travailler plus pour gagner plus ». De quoi rendre fous des millions de travailleurs précaires, trimbalés comme du vil bétail dans des vies de merde que s’empressent de fustiger et railler les branleurs nés des ghettos mafieux. Les mêmes qui osent prôner la méritocratie à l’unisson de leur gourou le gniaf.

Alors voilà : j’ai loupé son dernier discours ; celui où il nous vante les vertus de sa putain de soupe pas cuite qui arrache la gueule. Tant mieux : j’ai rien loupé en réalité puisque je la connais par cœur, sa recette de merde.

N’est pas chef qui se décrète, ni aux fourneaux ni à l’Élysée.

Comme le disait Lao Tseu : « On régit un grand État comme on fait frire un petit poisson. »

Virons donc le gniaf en mai prochain et exigeons un chef de cuisine un peu moins nul : avec des croûtons et un soupçon de crème fraîche, la soupe aux orties est tout à fait exquise…

E la nave va…

  1. © Numerosix, voir dans le Lexique. []
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ÉLAN DU CŒUR

 

Plus un rond en caisse : fauchés comme les blés tous autant qu’on est, de la base au sommet : ça fait maigre à tous les étages de la pyramide. Carême et ceinture pour tous pendant toute la durée du lent naufrage.

Les gros rupins, dans un élan de solidarité internationale formidable, ont drastiquement réduit leur train de vie, à l’instar de leur populo. Ils ont viré les trois-quarts de leur petit personnel et du bétail dans leurs usines. Admirable et radical beau geste.

Il ne leur reste plus que quelques radis. Et un peu de beurre.

En partant d’un com de Miss Peggy ici : CLIC

E la nave va…

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C’est dans la boîte

 

D’abord il y a les grues cendrées : elles sont passées hier. Et ensuite le vent du Nord, le mazout, les bûches de chêne et les chaussettes en laine. Et les conserves en bocaux et le congélo ras le couvercle, le macérat de calendula dans le bahut à la cambuse, les gros rideaux et le repli au cœur de la tente de pierre à tuiles canal, et au dessus dans le ciel de zinc les trompettes à plumes qui s’éloignent rive sud.

Et les factures, les nouvelles gabelles, le contrôle technique de la bagnole, la bise et le glagla au dehors. Et nous comme dans un chausson, parés, fins prêts pour la grande traversée. Buffet garni d’épicerie, direction le printemps à petite vapeur.

C’est nul l’hiver surtout après en avoir perdu l’habitude à vivre tropicalisé. Nul et dur et rudasse, et long et froid et très mouillé. Les Népalais ont un mot pour ça qui fait défaut à notre langue : chisô.[1] Les mois des os tout froids, chapkas et paréos molletonnés, gros habits en gros tissus.

L’hiver non. L’hibernation oui. Une fois compris ça tout va mieux. Des fois il faut vingt ans : c’est mon cas. C’est tout naturel en réalité ; mais une hibernation tout éveillée parce qu’on n’est pas des pipistrelles immobiles à sang d’antigel.

***

La moitié du temps les vivants du septentrion se la couleraient douce à grignoter les fruits de l’été le dos collé au poêle, à s’oindre de doux liniments et se taper la cloche. De temps en temps pour se dégourdir les papattes, les uns iraient se coller les pieds sous la table des les autres et c’est tout et ce serait très bien comme ça.

L’économie serait heureuse comme jamais, de profiter enfin des congés payés après s’être tant décarcassée à emmerder le monde. On n’entendrait plus claironner le Président : quel bonheur. L’apaisement général réduirait considérablement le taux de maladie et l’ulcère de la Sécu se refermerait, laissant apparaître une légère cicatrice rose jolie : signe indubitable de sa guérison.

Les méchants cons feraient toujours leurs sempiternelles merderies, mais au ralenti, presque imperceptiblement… juste de quoi se préserver jusqu’à leur éruption printanière après avoir mûri tout l’hiver. Et là nous les percerons comme des boutons de fièvre[2] et… et… et… [stridulations de réveille-matin made in China]

E la nave va ;-)

  1. Se prononce « tchisso ». []
  2. © Liger []
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LA BANDE À CYP

 

Dans mon billet précédent, je me foutais de la poire des jérémiades du Yéti − blogueur sur Ubu89 − et bien évidemment le Yéti n’a pas apprécié : c’est logique. Je n’écris pas pour plaire et ne m’attends pas à autre chose que d’en prendre plein les lunettes en retour. Lire ce qu’il nous m’envoie dans les gencives ici : CLIC.

Bonne poire pour sûr, ma pomme… et j’en ai une bonne en retour aussi, de poire.[1] Chargée à l’acide satirique.

Mais bon : je suis pas tout seul dans ce cas parce que nous sommes une bande − ou meute − et que j’en suis de manière connement naturelle, le chef désigné par les tristes poires et autres phénomènes gniasseux. Mais une bande de quoi ? et qui sont ces désignateurs ?

D’abord un désignateur vise le chef désigné, sinon ça n’en est pas un. Vachement pratique, le chef désigné : ça évite de trop réfléchir. M’enfin j’assume : puisqu’ils le disent tous autant qu’ils sont, ces gniasses, alors pourquoi ne pas être un vrai chef de bande comme ils disent si bien ? Ou mieux, de meute : les désignateurs adorent parler de meute, pour désigner les déconnologues distingués se foutant de leur poires ridicules en ribambelle.

Si c’est le prix a payer pour le ticket d’entrée à la cabane de foire pour le jeu de massacre de ces pompeux cornichons à la chantilly cloutée : je suis leur homme, toujours partant ; leur blouson noir, hippie, immobiliste railleur,[2] anarchiste de droite,[3] sataniste pédotrotskyste à revenus occultes, harceleur de harcelées professionnelles[4] et tout ce qui leur passera par la tête : plus ce sera gros, plus ça me fera rigoler et comme le rire est bon pour la santé, hein…

***

Au début j’ai eu un peu de mal à m’y faire : c’était surprenant et assez désagréable de s’en manger plein des dents gratis, parce que Machinette ou Bidulon de l’Icyp, s’étaient attirés les foudres de Cacador et Indignette sur le forum d’Ubu89 alors que j’y étais même pas [m’ sieur Pion].

Mais là je le dis tout net : ça m’amuse beaucoup. Ce petit bal masqué ridicule qu’est l’internet pour la majorité des gens qui s’y exhibent. Ce théatricule sur la scène duquel ça se pose là, chacun bien campé dans son rôle et sérieux comme pape. Sérieux : c’est ça leur truc. Si t’es pas sérieux t’es foutu, de nos jours. Le monde est une affaire sérieuse et il n’est pas question d’en rigoler sinon couic.

Même à propos d’articles parfaitement débiles, il faut écrire des choses sérieuses et deviser doctement de ces débileries avec des connards masqués pontifiants à mort. Sinon bye bye. Les vengeurs masqués rappliqueront et se chargeront de vous tailler une e-réputation sur mesure. Je sais tout ça : tapez mon nom sur Google et vous pigerez vite que le Luraghi de l’Icyp est au moins aussi vil que Blondeau Georges Jacques Babylas.[5]

Or donc ça a non seulement fini par me foutre la bonne humeur au beau fixe, mais aussi à m’épater de manière permanente en constatant que mes désignateurs les plus fervents, étaient de toutes sortes : de l’intellectuel bobeauf de gauche enculturé à la bignole sous neuroleptiques abrutie devant sa télé poubelle en passant par les cas psys tamponnés sur l’œuf.

Justement : c’est cet édifiant spectacle de ces désignateurs si unis dans leur cause commune qui me réjouit tant : quel plaisir délicieux que de les voir dans le même sac, en effet. Je tiens là le bon bout de la queue du Mickey au manège : c’est qu’ils se prennent tous au sérieux, eux.

Pas moi, pas nous : Ici on se fend la poire pour un rien, et même qu’on se gausse des malheurs du monde parce qu’ils sont bien assez chiants comme ça et qu’on n’y est pour rien. Et moi au premier rang en bon chef de bande de zazous.

Jusqu’ici sur Terre
Un homme pouvait être
Blanc ou noir ou jaune
Ou rouge et puis c’est tout
Mais une autre race
Est en train d’apparaître
C’est les Zazous, C’est les Zazous…

(Brigitte Fontaine : extrait de « Zazous »)

E la nave va…

 

  1. À gauche sur l’illustration. []
  2. © Kebra []
  3. © Brogilo []
  4. © Jexomil, Pipirella et la Gloglo − voir dans le Lexique []
  5. Le vil Vil dans les œuvres de Marcel Gotlib : CLIC []
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