Archives par tag : Fruits et légumes

aux pelures

Illustration © Pierre Auclerc 2013

 

*

foin des asphodèles

passé les grues cendrées

on se les pèle

à cru

dans tous les cas

la racine, tubéreuse, est comestible

*

e la nave va…

Publié dans Déconnologie, Tout court | Autres mots-clefs : , , , , | 2820 commentaires

Goût de bambou

Illustration © Annie et Cyprien Luraghi 2013

Tapi au jardin sous l’ombrée c’est l’attente tendue. Et la pousse craquant écorce, jaillissant lancée à la branchure crevant droit au ciel dressée et dardant à mesure.

« Maître, vous n’avez pas notre bambou de montagne, le seul peut-être qui sera rustique » 

C’est ainsi que dans le troisième quart du siècle avant-dernier une brochette de nobles nippons avait offert dans la hâte du grand départ, quelques pieds de ce bambou au bon docteur Hénon. Lequel s’empressa de ramener ça par vapeur à hélice à son copain Houzeau et sa secte missionnaire du bambou mirifique. Poussant sauvage par chez nous maintenant, un peu partout et jusque dans le jardin d’Annie et chaque année au printemps on se fait quelques fricassées de leurs turions au wok, comme au pays.  

Jean Houzeau de Lehaie - CC Wikipédia

Jean Houzeau de Lehaie – CC Wikipédia

Quand j’écris un billet c’est souvent de la grande improvisation ; autrefois parce qu’il fallait pondre vite, avant le seuil fatidique des 600 commentaires qui faisait ramer le blog. Depuis les améliorations techniques de l’Icyp ce n’est plus une nécessité mais le pli est pris : je cherche une illustration et brode des phrases en dessous après avoir bien rêvassé et épluché des mots bruts. Et toujours je fais des découvertes palpitantes en cours de route. Comme maintenant, où partant des bambous bordant les rives de la basse vallée du Lot et garnissant mon assiette. Et là je tombe sur la biographie d’un Jean Houzeau de Lehaie, inconnu au bataillon. À qui je dois le plaisir de ma portion d’Asie toute fraîche dans l’estomac, chaque printemps. Un comme on n’en fait plus : un qui donnait sans compter sans esprit de retour, pour la beauté de la science et le bien-être général. Comme son copain Hénon, il ne se contentait pas de classifier des plantes comme le font les vieux garçons maniaques. Il les distribuaient gratuitement, leurs bambous, convaincus que ces plantes fabuleuses venues du bout du monde, amélioreraient le sort de leurs compatriotes. Ce en quoi ils n’ont pas eu tort, tant les usages et les vertus du bambou sont nombreux. 

Et en poussant la recherche à peine plus loin, j’ai découvert sans surprise, que ceux de la bande à Houzeau frayaient avec des anarchistes et autres communards de leur temps, et en particulier le bienveillant géographe Élisée Reclus, avec lequel ils partageaient bien des valeurs : défense des Noirs aux USA, anti-esclavagisme et compagnie. 

C’est ce type de grands et bons esprits qui manque le plus de nos jours, où le progrès humain est devenu le monopole d’organismes pesants et sans âme. L’humanitaire est un business comme un autre : il n’y a plus d’idéal ni d’utopie. Et pourtant : la sève du monde cherche à s’élever au dessus des sombres horizons hostiles et la jeunesse ne rêve plus que d’avoir le droit de rêver à un monde meilleur que celui, sinistre, que les salauds finis menant le monde à sa perte leur promettent comme des matons menaçant du mitard les taulards récalcitrants. 

Qui propagera les bambous inconnus du nouveau siècle ? 

 E la nave va…

Publié dans Binosophie, Humain, Pilotique | Autres mots-clefs : , , , , , , , , | 1299 commentaires

les biomormons

Illustration © Cyprien Luraghi 2013

C’est peu de le dire : ils sont le fléau du siècle. Annie avait inventé le terme il y a une quinzaine d’années quand on vivait dans les grands bois de la Plouquie Profonde. Au départ ça s’écrivait bio-mormons avec un tiret. Nos voisins en étaient. Jeune couple sans enfants. Lui grande perche osseuse au regard creux balayant les bas-côtés de l’horizon, fuyant tes yeux. Elle petit jambon à coupe Jeanne d’Arc toujours l’air constipé, miel dehors et fiel dedans, faux cul comme pas permis. Alors en déconnant joyeusement autour de la table en bois d’arbre en bonne compagnie, le mot fut adopté. Ça leur convenait si bien à ces petits prédateurs fragiles coincés du fion. 

Ils pouvaient pas nous blairer et c’était tout à fait réciproque. Logique. Le voisin du dessus les avait dans le pif aussi, ces pieds tendres à sang de rave, et il avait le nez long comme tous ceux de sa race finaude de petit paysan gascon croisé bougnat, le monsieur. Ils s’étaient installés dans le coin tout récemment avec l’idée d’y rester. Ils débarquaient de leur monde de biomormons chez nous, autant dire chez les Sioux. Évangélistes pour couronner le tout. Sans défaut apparent, vicieux et souriants. 

Tous les autres biomormons sont comme nos deux premiers, de quelque variété qu’ils soient. Car il en est de toutes sortes et pas que des évangéliques. Leur point commun : imposer leur putain de morale hygiéniste zombie aux bien vivants. Et leur trouille irraisonnée de tout corpuscule douteux. Les particules fines sont dans leur collimateur, et pas que. 

Ils sont les surgeons de ces ligueurs vertueux massacreurs de Sioux en Amérique. Les puritains comme on disait autrefois. Des moralistes modernes, de ceux qui aiment le sexe bien emballé, sous atmosphère conditionnée, gymnastique. Et propre ; bien dans les clous du saint Livre psychiatrique. Tous partisans de la prohibition de tout ce qui fait le sel de la vie. Les bons trucs un peu cracra qui nous font vivre : les ivresses et les rêves les plus fous. L’âpre et le soyeux. Le chatoiement inutile, la fioriture purement décorative, le fou rire et le bel amour. Les copains. La clope, même à vapeur électronique. Les gros mots, les blagues de cul, le pinard et la fumette. Je vous cause même pas du second degré qu’ils prennent pour du premier à tous les coups. 

C’est des gens de bien qui voient le mal partout. Sauf là où il se terre : dans leur sang de navet, sous la peau de ces sacs à merde. Qui sont considérablement plus dangereux que le péril Jaune ou les islamigrés. 

Ils sont partout. Mais qu’ils se disent une chose : nous aussi.

Épluchons les biomormons !

 

…et le navet va…

Publié dans Déconnologie, Édits Vespéraux, Trouducologie | Autres mots-clefs : , , , , , , , | 1162 commentaires

Piquons à vif !

© Cyprien Luraghi 2012

 

Vu ce dont ces pourris se sont rendus coupables, faudrait te leur arracher les organes avec les dents, et puis te les couler lentement dans le béton et te les y laisser mariner jusqu’à ce qu’ils y claquent, en bloc. Après les avoir enduits de goudron puis saupoudrés de plumettes. Et poinçonnés à vif à l’Opinel king size. Tranchés façon jambon de Parme avec un couteau à beurre émoussé. 99 ans incompressibles à l’île du Diable, les fers aux pieds. Ou camisolés chimique à l’asile de fous à vie à se baver dessus, légumisés. Pilorisés sur l’internet à perpète. Livrés aux mouches. Jetés au tonneau à limaces après entartage aux clous rouillés. Et enfin leur décapiter la tête

C’est la première chose qui frappe sur les grands forums de l’internet : partout ce ne sont qu’appels à la mort et aux pires sévices, dans les commentaires. Les guillotines y sont bien engraissées et en pressant la sciure du plancher de ces échafauds et piloris modernes, le raisiné jute franchement, qui fournira le boudin poisseux dont la foule fera ses choux gras. 

C’est l’intérieur des tripes de cette multitude que je lis sur l’internet. Déballées sans vergogne sous couvert d’anonymat. J’adore. Quelle belle obscénité que voilà, et bien puante et fumante encore. Inutile de se crever le cul à dégoter un petit forum planqué, hanté de psychopathes thanatophiles : il suffit d’ouvrir n’importe quel quotidien régional ou national pour tomber dessus, pour peu que le sujet de l’article s’y prête − crimes sordides de toutes sortes − : ça gueule contre la lapidation des femmes dans les pays lointains, en vouant leurs bourreaux aux gémonies pour balancer ensuite le coupable préalablement tranché fin-fin dans la géhenne, de manière tout aussi sadique qu’icelui. Par exemple. 

Fascinant spectacle que celui de cette cette agora électrique transformée en place de Grève internationale. Étonnant grand-guignol gratis que cette brochettes de clients droits surgis de ces comptoirs en zinc d’autrefois, où pogromes et ratonnades en cancans allaient bon train tout en sirotant des blancs-cass’ : maintenant c’est tout un chacun qui y va de son petit jeu de massacre perso dans les catacombes du réseau à touches martelées de haine vengeresse, et le monde entier en profite. Étrons humains à masques de soie artificielle en plein rite sacrificiel après le turbin. Double peine capitale et exclusion définitive du circuit : si leur imagination morbide passait à l’action, notre planète bleue rougirait du sang de leurs victimes et les astronomes d’outre galaxie se gratteraient le crâne en apercevant cet étrange phénomène dans leurs lorgnettes. 

Bon : pendant ce temps-là ils font pas de bêtises, nos bourreaux de canapés. Les pédophiles satanistes de l’ultragauche barbue peuvent dormir sur leurs deux oreilles en rêvant à la commission de leurs prochains méfaits : les octets font tampon et rien de matériel, tranchant ou contondant, jamais, ne franchit la barrière des écrans. Seuls des petits grains de lumière colorée viennent frapper la rétine et se frayent leur chemin jusqu’à ma boîte à comprenette. Qui y trouve un plaisir joyeux sans cesse renouvelé ; la vision d’une vilaine troupe de méchants cuistres s’agitant en vain étant des plus distrayantes. 

Le problème sur l’Icyp, c’est que personne n’y souhaite jamais la mort de quiconque et que quand on y tranche des gens en rondelles, c’est pas pour de vrai. D’où le risque terrible de voir l’ennui mortel se pointer. 

C’est pourquoi en tant que Kondukator Kosmoplanétaire de la Déconnologie Pilotique (lamorillienne), je nomme Mon-Al bourrelle officielle à vie de l’Icyp : elle saura nous estrapasser nos condamnés après leur avoir fait cracher leurs aveux au concasseur à poulets,[1] j’en suis certain.

Cet édit est dit et édicté et l’infaillibilité kondukatoriale étant ce qu’elle est, la séance est close. Et indiscutablement discutable, juste en dessous de ce billet.

 

En partant de ce commentaire de Homère sur le fil précédent : CLIC 

E la nave va… 

  1. …ou pire… []
Publié dans Déconnologie, Édits Vespéraux, Spectacle, Trouducologie | Autres mots-clefs : , , , , , | 1129 commentaires

DAME NATURE

 

Chez la femme, l’insatisfaction n’est même pas une nature : elle précède l’Être…

(bon on va arrêter on risque de passer pour des phallocrates, et c’est pas vrai du tout)

Homère sur le fil de discussion précédent.

***

 E la nave va…

Publié dans Déconnologie, Tout court | Autres mots-clefs : , , , , | 1625 commentaires
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