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Idées grises

Cailloux arrangés par François Deloncle

C’est elles qui nous foutent tout en l’air, et les chocottes, et aussi nous rendent plus futés en cherchant à y échapper. Et là, tous les moyens sont bons. Avant qu’à force de broyer du noir elles nous fassent sombrer dans le trou sans lumière, proie des ombres pesantes.

***

Elles m’arrivent parfois comme à tout un chacun, bien entendu. Mais je me laisse pas faire. Ne jamais croire qui dit : c’est impossible d’y échapper ; tu n’y couperas pas. Mentalité de serf, ça. Et de nos jours l’auto-esclavage est très à la mode : partout je n’entends que jérémiades, lamentations et ego-apitoiement : l’indignation larmoyante remplit les unes des vilains canards de l’internet et les témoignages − plus bidons les uns que les autres − suscitent des masses d’émois imbéciles. On se croirait à la messe : le journaliste et le chroniqueur ont remplacé le curé en chaire, et ça nous serine du sermon lénifiant à longueur de tribunes.

Y en a ras le cul de ce macabre cinoche, je dis.  

Debout ! les damnés de la télé !
Debout ! les lapins de clapier !
La déraison secoue les canapés,
C’est l’évasion des lapins.

Être possédé par les idées grises, c’est l’assurance de devenir aussi gris, moche et creux qu’un parpaing. Aller de l’avant droit devant sans se soucier de l’impossible imposé par la norme des biomormons, qui sont mes ennemis jurés. 

En partant d’un commentaire de Konstadt sur le fil précédent : CLIC

Note : je ponds ce micro billet à l’arrache vu les circonstances : depuis une semaine j’effectue de très gros travaux dans le moteur de l’Icyp ; lire ici : CLIC. Les suivants seront plus roboratifs. 

Ouf… e la nave va !

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On vous aura prévenus


Pelés. Épluchés jusqu’au trognon par la caillante sévère de ces derniers jours, nous sommes : c’était tout aussi prévisible que l’éjection magistrale du gniaf au mois de mai et le litre de mazout à un euro. 

Or comme me l’écrivait Miss Peggy sur le fil précédent

« On vous aura prévenu » , comme y dit tout le temps numéro[six] pour le froid toussa, je trouvais que ça avait de l’allure, ce n’est qu’un début, continue le combat.
Sinon, tu proposes un début à chaque déconno, et chacun mon tour on fait une suite, et tu fais l’assembleur génial, le démiurge stakhanoviste… enfin, je sais pas quoi

Miss Peggy ne sait pas, et moi faut que je sache : c’est ça le truc quand on est comme moi le konduk’ de service de l’Icyp. C’est-à-dire le serveur du serveur : rude vie que celle d’un kondukator de pacotille je vous assure ;-)

Proposer un début à chaque déconnologue distingué… ouais ouais ouais… ça en fait des débuts, mine de rien. Assembleur génial je veux bien − trop facile − mais démiurge stakhanoviste par -14°C au dehors et 15 à la cambuse de la Maison de l’Horreur et à des heures qu’ont pas de nom, c’est niet. 

J’ai donc décidé de simplifier à l’extrême, pour cause de bouts de doigts congelés : vous annoncez tout ce dont on nous avait prévenu et je continue à écrire ce billet au fur et à mesure de la causette. Simple et peu frigorifiant. Hors-sujets bienvenus. Allez hop !

***

DISTILLATION DES COMMENTAIRES (l’article proprement dit, donc) :

La prévention est de mise : il vaut mieux savoir que les histoires d’amour finissent mal avant de se lancer dans une telle aventure. Sortons couverts : caoutchouc et doudounes de rigueur… par les temps qui courent on ne sera jamais assez prévenus, ni par la météo nationale, ni par le ministère de l’Hygiène : des vibrions toxiques nous guettent au coin de la moindre venelle et dans le tunnel on peut trouver la mort comme la princesse de Galles.[1] Ou la vie, comme celle de la princesse Giulia : car tout est planifié et rien n’est dû au hasard, les services du Palais étant d’une efficacité préventive remarquable. 

On a beau être avertis comme pas deux, rien ne laisse présager on ne sait pas quoi : ainsi nous errons dans un inconnu prévu par les clairvoyants ; inutile de tracer des plans sur la comète : elle pourrait très bien nous retomber sur la pastèque. Surtout qu’avec la crise il n’y a plus de plan, tellement les précédents ont été foireux : les banquiers ont tout intérêt à prévoir des sorties de crise en permanence, induisant une impermanence fort inquiétante. Et ils se plantent à tous les coups et nous plantant le nez dans le ruisseau, dans la foulée. 

Prévenir, c’est empêcher que quoi que ce soit d’inattendu advienne : c’est étouffer tout courage dans l’œuf et encourager pleutrerie, veulerie et acceptation du joug ; des fourches caudines sous lesquelles il conviendra de se plier, afin de juguler la crise. Qu’ils nous disent, les prédictateurs

Bref : nous voici prévenus et condamnés d’avance : c’est doublement peinant ; mais seulement si l’on croit aux courbes mathématiques comme aux apparitions mariales. Ce qui n’est pas mon cas et je l’espère : pas le vôtre non plus car il faut toujours se méfier de trop de prévenance : des fois qu’il y aurait mauvaise intention embusquée dans ce désir impérieux de vouloir ainsi nous surprotéger.

L’avenir n’appartient pas à ses geôliers.

***

COMMENTAIRES AYANT SERVI DE BASE À L’ARTICLE

Numérosix :

  • Les histoires d’amour finissent mal, en général.
  • La météo nous avait prévenu de la vague de froid une semaine avant. Donc on peut s’en plaindre mais pas s’en étonner. D’ailleurs peut-on encore s’étonner de ce qu’on nous prévoit a coup sûr ?

Hulk :

  • Carla Bruni allait avoir un bébé (ça fait bien deux ans qu’il nous avait prévenus).
  • Le score d’Éva Joly : 2%

Cyp :

  • En lisant le tout premier commentaire de l’inepte Brogilo sur Ubu89 en 2007, on était prévenu d’avance de sa cuistrerie intégrale : CLIC 
Homère :
  • Bossuet nous avait prévenu : « L’homme prévenu ne vous écoute pas, il est sourd ; la place est remplie, et la vérité n’en trouve plus. »
  • On nous avait bien prévenu qu’on allait en chier, et si j’aurais su, j’aurais pas prévenu.
  • Au début de la crise, tous mes amis banquiers disaient que c’était même pas vrai… en 2010, c’était déjà la fin de la crise selon eux.

Ginkoland :

  • Je suis venu, j’ai vu, je vous avais prévenu et si ça continue faudra qu’ça cesse !
Miss Peggy :
  • T’as prévenu et moi aussi : ça va chier, ça commence à bien froidre maintenant…
  • Je me disais là, c’est pas « on vous aura prévenus[2] » ?
  • Les trucs les plus prévus, prévenus et prévisibles sont quand même les plus difficiles à esquiver comme les embouteillages, la mauvaise humeur du chef, les aggios du banquier, la retraite à 60 ans, un repas avec sa belle-mère, les poux à l’école, la crise d’adolescence de nos mioches, les délocalisations, la suppression d’un comm sur ubu_ç, la fin des ampoules traditionnelles, la prise de poids à l’arrêt du tabac, les colles à l’école, le papilloma virus, la perte du triple A, les chagrins d’amour, la mort, et c’est tout aussi insupportable que ce que l’on n’a pas vu venir, comme la dinde cramée dans le four, le sida, la vache folle, les tsunami, fukushima,la mort de Diana, le 11 septembre, et la rage de dent, les chagrins d’amour, la mort.
    Sauf les prophéties du Yéti qui n’adviennent jamais et nous font bien marrer.

 t0rdrelordre :

  • La mort de Diana. 
  • J’ai l’impression que l’on nous prévient souvent, pas pour nous alerter, mais pour nous faire accepter.
Tigerbill :
  • Moi, à part le soleil qui poudroie et le gnaf qui merdoie, je ne vois rien venir.
Mon-Al :
  • Prévenu, prévenu, ouais, sans doute, on est prévenu … mais pas toujours condamné ! Héhé …
Luc :
  • Un homme averti en vaut deux dit-on, et c’est pour ça qu’en Chine ils sont si nombreux.. car ils passent leurs temps à s’avertir ou à se prévenir, au choix….

ARTICLE  RÉDIGÉ EN DIRECT-LIVE du 10 au 12 février

E la nave va…
En ligne et à l’œil… 

  1. Sauf que nous, on verra le bout du tunnel. []
  2. La question du « s » ou pas à la fin de « prévenu » est épineuse. []
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VENGEUR MASQUÉ

Caillou magik - cailloux arrangés et photographie de François Deloncle - © 2009« […] (estimation à la louche : ne me demandez pas de sources statistiques :-) 99% des gens qui ont tué un autre être humain l’on fait … en pensant bien faire en en trouvant cela parfaitement normal et justifié !!! […] »

Xavier de Ligonnès alias Ligo, Chevy et au moins deux autres pseudonymes[1] sur le forum de Cité Catholique le 18 mai 2010 (vers le milieu de la page) : CLIC

 

Depuis une quatorzaine d’années, je pèle les forums de l’internet : c’est le meilleur roman d’la vie du monde. Quand j’enquille un fil de discussion, c’est pour filer d’un bout à l’autre, et si un blog m’intrigue, c’est tout englouti jusqu’à la lie sinon rien.

Alors je ne répéterai pas les mêmes monceaux de conneries et autres saloperies graveleuses que la plupart des journaux ont raconté sur l’affaire de l’assassin très supposé de sa famille. Que les choses soient claires : le forum de Cité Catholique est peuplé en très grande majorité de braves gens et non pas comme des quarterons de pisse-copie l’ont partout claironné, d’intégristes craignos ou de mystiques exaltés fumeux du genre de la Gloglo. Bien que ce soit un fief intégriste, ça y cause de tas de trucs théologiques en tout bien, tout honneur et très paisiblement : point barre.

Mais ce qui m’a surtout intéressé, c’est le fait que Ligonnès soit un troll multicomptes − le seul de ce forum. Phénomène pénible et très peu étudié parce que réputé salissant par les tenanciers de forums, qui se contentent en général de les virer de manière répétitive, misant de manière irréfléchie sur leur lassitude face à ce rejet exprimé d’un clic sec, définitif et tranchant. Sauf que ça ne marche pas.

Tous les trolls multicomptes que j’ai pu croiser en quatorze ans d’internet se sont prouvés être des créatures particulièrement mauvaises et profondément malades de la cervelle.

Alors évidemment, je ne peux pas comparer un Ligonnès avec un Brogilo, la Bouse de Clichy et quelques autres phénomènes de foire du même acabit, dont nous parlons Ici de temps à autre, vu qu’ils nous collent au cul comme des hémorroïdes : cette engeance merdique ne détestant rien tant que les bons vivants à personnalité unique ; mais c’est exactement la même folle mécanique qui les anime, assassins en puissance ou simples gniasses paranoïdes.

Parce que c’est ça qui nous caractérise Ici, tous autant que nous sommes : il n’existe aucune différence entre les pseudonymes qui y écrivent et la chouette brochette en chair et en os qui se réjouit en grands raouts ou petits conclaves, coudes collés dessus et pieds dessous, une bonne vieille table en bois d’arbre et les yeux dans les yeux à papotipoter jusqu’à pas d’heure.

On n’est pas les seuls heureusement ; mais j’ai de plus en plus de doutes sur le fait que nous soyons encore majorité, sur l’internet. Qui prend des airs de nef des fous à toute allure.

Ces transformistes à personnalités fractionnées et fracturées sont tous en quête de quelque chose : Ligonnès d’une caution morale − qu’il n’a pas trouvée − à ses pulsions morbides ; Brogilo du pur plaisir pervers de meubler sa triste existence en menant un wargame atroce, jouant avec la vie des gens[2] ; et la Bouse de jouir de manière malsaine en pratiquant ses sports favoris qui sont ses seules raisons de vivre : la calomnie, la victimisation et le harcèlement à outrance avec ses deux alliées − Jexiste la corbaque de Brest et la coach Gloglo.

Et nous, blogueurs ordinaires et bêtement monoblocs, sommes bien démunis face à ces serial-craignos à faces multiples, qui peuvent porter réellement préjudice à tout un chacun, et que ça peut aller vraiment très loin et jusque dans la vie du dehors.

Parce qu’il n’existe pour l’heure aucun moyen technique valable de les identifier et que nous sommes contraints de naviguer dans leur sphère d’influence néfaste, que ça fout une putain d’ambiance de merde sur les forums… et que ça peut réellement tourner vinaigre et aller jusqu’à nous mettre en danger. Celles et ceux qui ont eu affaire à la gniasse Jexiste − la corbaque de Brest − et à la Bouse savent très bien de quoi je cause.

Les fous rigolos et gentils sur les forums : vous m’en rajouterez une douzaine bien dodue… mais les psychopathes et autres paranoïaques malveillants majeurs, c’est niet.

***

Là, sur le forum de Cité Catholique, tout le monde est correctement secoué en découvrant que le troll multicompte de service a zigouillé toute sa famille : en bons chrétiens ils se culpabilisent alors qu’il n’y a pas de quoi ; qui aurait pu deviner ce qu’il y avait de planqué derrière les avatars de Ligonnès ?

Tout le monde ou presque avait bien senti que le mec craignait de la couenne et le modérateur avait très correctement percuté et pris les mesures idoines ; mais personne ne pouvait prédire que ça se finirait de si affreuse manière. Il aurait fallu lire entre les lignes et prendre un temps considérable… et voir la chose sous un angle différent que celui que leur impose leur credo. Et ce qui est valable pour les cathos, est tout aussi pertinent pour n’importe quel autre forum, de quelque obédience qu’il soit. Faut avoir du recul pour se rendre compte de ce genre de choses, d’abord.

Sur l’internet bien des gens révèlent leurs tripes, dissimulés sous un semblant d’anonymat… jusqu’au jour où ça craque et pète et que les masques tombent. Les mêmes qui au dehors sont si propres sur eux et si polis qu’on leur donnerait le bon dieu sans confession.

Ne cherchez pas : il n’y a pas de signal d’alarme sur internet : c’est le grand shoot’em up et basta !

E la nave va…

  1. Je sais lesquels, mais démerdez-vous pour les trouver, non mais. []
  2. J’aurais bientôt l’occasion d’en reparler Ici plus en détail. []
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100 déc’

Arrangement et photographie © François Deloncle - 2010« Bidonnant & Dramatique »

Longtemps, ce fut la devise de l’Ici-Blog qui ne s’appelait pas l’Ici-Blog, mais le Blogacyp. Et puis j’ai viré la devise, comme j’ai viré le mot « écrivain » de devant mon nom, sous l’enseigne.

Longtemps aussi j’ai écrit sur des grands forums : d’abord sur Minitel,[1] puis sur les antiques newsgroups de Usenet[2] et enfin sur Internet il y a neuf ans avec le Sitacyp. C’était pas terrible, le premier internet. Là c’est un peu mieux : on peut commenter les conneries du Kondukator de service directement, juste en dessous du billet.

Un billet + des commentaires = un blog. Simple.

Je m’y suis mis en 2006. Au début c’était mon petit camp de base et j’allais me dégourdir les papattes sur les grands forums[3]  par périodes − toujours intensément. Mais toujours fermement basé Ici, où j’adore mitonner mes petites priapées tragicomiques.

Et puis j’en ai eu marre des grands boulevards alors depuis 100 billets et 301 jours je suis Ici et pas ailleurs[4] …et l’ailleurs a déboulé Ici en masse compacte et bien que je me sois dit que ça n’était qu’un feu de paille, je m’étais planté : ça ne débande pas.

Évidemment il faut alimenter la machine : au bout de quelques centaines de commentaires, ça rame comme on dit. La page a du mal à se charger… on patine dans le miel au ralenti… mais malgré cette lenteur, ça continue à papoter comme si de rien n’était. De tout on cause, jamais de rien.

Rien n’est plus chiant que le rien. L’insignifiant ; le rien d’un débat télévisé avec un ancien ministre fossilisé et un philosophe sans le moindre comédon pour accrocher nos regards vides. Autant commenter la météo, comme nous le suggérait not’ Prophète Numebert VI[5] : c’est mieux que rien.

J’ai aimé les grands forums parce qu’on y rigolait considérablement ; mais ça s’est réduit en peau de chagrin, aux commissures.

Dans pas longtemps en France, il n’y aura plus que des blogueurs gentiment alignés et triés sur le volet ; il faudra une carte d’accréditation ou quelque chose dans le genre.

Il faut pas déconner. Fini la rigolade.

À mon commandement : commentez !

Repos.

Tu salues tes copains sur le forum après ta journée de boulot : pénalité ! hors-sujet ! deux points en moins. Circulez.

T’envoies bouler l’aut’ folle (Ajout du 26 septembre 2015 : ce lien n’est désormais accessible qu’aux membres de l’Icyp : plus de précisions sur cette déséquilibrée en lisant les deux derniers “billets liés”, voir au pied de ce billet…) qui te colle au train avec sa parano et croit dur comme fer que la mafia et les trotskistes veulent l’assassiner ? Signalé ! À dégager !

Tu dis sans penser à mal des gros mots genre bougnoule, négro, enculé, tarlouze et que sais-je encore qui donne du goût à la langue et tu pratiques le second degré : éliminé ! en Sibérie direct !

***

Alors voilà : Ici c’est le fameux Café du Commerce de l’internet.

Ce lieu mythique que les blogueurs sérieux raillent le nez pincé, domaine obscur des abominables digresseurs et des Intouchables déconnologues[6] ; le troquet dont on pointe du doigt les clients au comptoir en se moquant d’eux en douce, quand il ont le dos tourné. Gros cons de droite et petits cons de gauche le coude sur le zinc, à siroter en chœur. Tu parles d’un spectacle.

Le truc rigolo planté dans le mur gris : c’est Ici.

Ici on peut. Alors j’Ici, j’y reste.

E la nave va…

  1. Dès 1978, une amie strasbourgeoise ayant possédé un des 150 premiers terminaux. []
  2. L’ancêtre d’Internet : CLIC.  []
  3. Principalement le défunt blog de campagne de DSK , puis sur Rue89. []
  4. Ou si peu que ça compte pas ;-) []
  5. l’Homme au Camille d’Or. []
  6. Qui sont souvent les mêmes. []
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Tu seras notaire

Sans Titre - © François Deloncle 2010Hop, c’est parti en quatrième sur le chemin de la vie. Souvent pour aboutir dans des lieux très communs, abreuver des sillons pour en fin de parcours sucrer les fraises.

Seul on ne peut, pas à pas, arpenter que l’ornière, guidé de main de maître. Au roulé-boulé s’ensuit l’arthrose, déambulant.

Souvent, mais pas tout le temps et pas tout le monde.

Heureusement.

Ce n’est pas une mince affaire que celle-là.

Jouer des coudes et se les serrer tout à la fois, et sans tenir compte de rien hors le ciel au dessus, prendre la tangente et se carapater vite fait hors de ce fichu guêpier gris.

Aller à la chasse aux papillons et tout le reste sans filet. Parce que notaire : non. Même avec de gras émoluments.

Aide comptable du Spectacle encore moins ; très peu pour moi : je laisse ce soin aux chroniqueurs à langue et fumet de cocotte vus à la télévision ou rédigeant les manchettes des magazines demi-mondains balisant l’internet, héritiers des colonnes Morris.

Ployés aux écritures comme sous le joug et lustrés comme les robes des bœufs de concours, ils égratignent d’un fin soc la glèbe en tirant la langue : heureux d’eux-mêmes et souriant à la badine, léchotant gentiment la pierre à sel du lot commun, ils alignent les mots comme les pinces à linges sur un fil que nul vent n’agite.

Les tâcherons de la futilité se pensent maîtres du champ.

Je le leur laisse libre et passe mon chemin, non sans avoir bousillé leurs sillons maigrelets en roulant-boulant.

 

Avec des vrais petits morceaux d’Homère (Pas-glop) dedans, ce billet express n’est pas dédié à Hugues Serraf, mais à la mémé dans sa maison de retraite, qui veut jeter Sarko à la poubelle et dont Marina nous a causé dernièrement.

 

 

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