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LA FIN DE LÉTHÉ

La bonne intelligence humaine, c’est à la persistance de la mémoire qu’elle est due. Avoir la mémoire courte c’est être con, conséquemment. Les animaux supérieurs ayant la mémoire longue ne sont pas des masses, pourtant on les rencontre chez les espèces les plus massives : éléphants et cachalots : la connerie leur est interdite et c’est heureux car elles s’éteindraient irrémédiablement sans même avoir recours à la main de l’espèce humaine, si prompte d’ordinaire à zigouiller plus que de mesure.

Idem pour nous autres bipèdes, exception faire des yétis dont la mémoire tourne en boucle et donc a l’air long mais juste l’air. Sauf que des masses se vautrent dans l’omission mémorielle, favorisant l’abrutissement présent parce que c’est régressif bébé hamburger couche-culotte super confortable, de dodeliner du chef au rythme du gniaf en chef1 grisonnant l’air bon papa sur l’écran de la télévision vomi paillettes et de l’internet caca doux pasteurisé.

Elles se disent soudain qu’au fond il n’est pas si mauvais bougre et qu’après tout pourquoi pas rempiler avec pour un tour de manège: on s’habitue à tout, douce anesthésie ; celle ressentie par le roué de coups quand enfin ça cesse de lui pleuvoir dessus à bras raccourcis. Les masses peu ou prou populaires ne puisent pas à bonne source vive et profonde mais au languide courant du Léthé.

Je n’oublie rien : il lui reste six mois à faire le beau cabot, l’avocat de sa gueule à son barreau perso, au gniaf. Je n’oublie pas ses coups bas, ni ceux que sa race ont assénés au petit populo dont je suis.

Avivons nos mémoires et foutons les dehors avec perte et fracas, sous les crachats comme le Berlu des Ritals, le gniaf et sa brochette. Nos mémoires longues sont leurs ennemies. Ils le savent et font tout pour nous plonger dans l’oubli télévision : instrument majeur du décervelage au règne finissant.

Manque de bol pour eux maintenant : il y a l’internet. Qui aura leur peau à coup de petites vidéos où on voit bien leurs tics et leurs grimaces, et la félonie fumistofasciste qui est la signature de ces ennemis du populo ; fils à papas mafieux des citadelles du fric frac.

Quand le gniaf sera viré dans moins de six mois, et que les volutes de fumée des pétards de la fête seront balayées par l’autan du beau printemps, on verra mieux alors apparaître les grands sauriens au sang de glace dont il n’est qu’une des misérables marottes et souffler la bise de leurs museaux de dragons frigides.

Dans la vieille malle au grenier, sous le masque à ypérite du poilu de la maisonnée, est planqué l’épluche-démons ; nous nous en sommes souvenus. Bien raffûté il fera son affaire à ces salauds de dinos de la pompe à phynances : de leur peaux nous ferons de jolis portefeuilles en croco.

176 jours au jus, camarades !

E la nave va…

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