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969 : fatal Bouddha

Illustration © EulChe 2013 - tritouillage : Cyprien Luraghi

 – 969 –

Un nombre qui semble anodin comme ça.
Juste cet égrillard 69 qui semble partouzer avec un autre 9.
Halte là.

 

C’est un code.
Porté par des religieux.
Des moines.
Des moines d’une religion comme les autres qui s’appelle le Bouddhisme.
Qui embrigade les moutards dès le plus jeune âge sous prétexte de les éduquer.
Et pour qu’ils soient bien éduqués, on commence par leur faire mendier leur maigre pitance dans la rue.
De porte à porte.
Pieds Nus.
Tous les matins.
365 jours par an. Sauf les années bissextiles.
Qu’il fasse 40° ou qu’il pleuve.
Qu’il vente ou qu’il neige.
Le coup de chance, c’est qu’il ne neige jamais.

Pour en revenir au 969, c’est religieux donc.
Et quand c’est religieux, on ne rigole pas avec le sexe.
Et donc le 969 ça n’a rien à voir avec le sexe ou l’amour.
Parce que c’est lié à une religion comme les autres.
Une religion qui bade la souffrance et l’insatisfaction.
Une religion qui sous couvert de promouvoir l’amour, en fait promeut la haine de celui qui n’est pas de la même secte.
Le 969 c’est le code que promeut Wirathu.
Que les médias étrangers appellent le Nazi Bouddhiste.
Mais lui préfère se définir comme le Ben Laden Birman.
Parce que le bouddhisme, c’est une religion comme les autres.
Une religion dont les adeptes ne tueraient pas une mouche.
Une religion avec ses extrémistes complètement cons qui veulent tuer ceux qui ne pensent pas comme eux.
Enfin, quand je dis qu’ils pensent…

Ceux qui en prennent plein la gueule, pour le coup, ce sont les Rohingyas.
Qui sont musulmans.
Du coup ce sont tous les musulmans du pays qui tremblent.
Parce que le bouddhisme c’est une religion comme les autres.
Que le gouvernement manipule pour ses propres intérêts.
Quand on a 135 ethnies à pacifier et unir, c’est plutôt utile d’avoir un ennemi commun.
Un ennemi qui se remarque car il se tourne vers l’Ouest pour célébrer son Dieu.
Un ennemi facilement reconnaissable car plus bronzé.
Depuis des décennies on apprend à tous les enfants qu’en fait, ces bronzés, ils viennent envahir leur pays. Que les colons anglais les ont fait venir du Bangladesh. Alors qu’il est avéré qu’ils sont dans le pays depuis plus longtemps que beaucoup d’autres ethnies.
Mais les enfants, devenus adultes, ils y croient à ce qu’on leur a appris.
Et ils ont beaucoup moins de scrupules à tuer cet ennemi qu’à écraser une fourmi, par mégarde.
Puisqu’il n’existe pas en tant qu’Ethnie, ce n’est pas grave, n’est ce pas.
A force de les tuer ça commence à se voir. Et à se savoir.
Au point qu’Human Right Watch a parlé d’épuration ethnique, quand même.
Mais pour épurer une ethnie faut qu’elle existe, cette ethnie.
Les Rohingyas, eux, ils n’existent pas.
Même Aung San Su Kyi, la Prix Nobel que le monde entier admire, ne sait pas quoi dire quand on lui demande si les Rohingyas sont Birmans.

969 c’est la solution.
Finale et imparfaite.

 

E la nave va…

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Triangle Gore

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Jusque vers 2008 c’était le royaume du pavot.
Pas le gentil coquelicot que l’on trouve dans nos campagnes, non.

Le méchant.

 

Le Papaver Somniferum, plus connu sous le nom d’Opium Poppy.
Celui que le Monde Libre voue au gémonies.
Mais dont la production explose dès que ses armées, au Monde Libre, foule les terres du Pavot.

Et puis un jour, vers 2005, surement parce que cette production là tombait dans les mauvaises poches, on a envoyé les Nations Unies.
UNODC ça s’appelle. United Nations Office on Drugs and Crime.
Bien qu’ayant un siège à Vienne, on sent bien l’influence derrière un nom pareil.
Et l’UNODC, ils ont eu une idée fantastique : et si on remplaçait le pavot par du Caoutchouc et du Thé ?
Et ils ont financé tout ça.
Auprès de qui ? ben des autorités pardi.
Parce que c’est quand même plus facile.
Et puis cultiver le caoutchouc et le thé ça demande des structures, de plus grandes surfaces.
Pas un truc qu’un petit paysan peut faire.

 

Depuis ?

Officiellement il n’y a plus de culture de pavot.
Bon, suffit de pas aller bien loin en dehors de cette zone pour en trouver, hein.
Pis le Thé et le Caoutchouc ça rapporte beaucoup plus.
À ceux qui ont déjà les poches pleines.

Les autres ?

Ils sont devenus encore plus dépendants de leurs maîtres.

Qui se sont reconvertis et sont passés maîtres dans l’art, outre de faire la guerre, de produire toutes les saloperies chimiques qui inondent l’Asie, et un peu plus loin.
C’est que le Triangle d’Or, c’est peut-être surfait à première vue aujourd’hui, mais personne n’a vraiment envie d’en changer le nom.

 

E la nave va…

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La rage dedans

Illustration © EulChe - tritouillage : Cyp Luraghi 2012

Saloperies de bacilles : en terrain favorable ils prospèrent à ses dépens, en suçant tous les nutriments. Ils s’installent en terre conquise et si le propriétaire ne les en déloge pas promptement, ils vont jusqu’à lui pomper la moelle, le laissant sur le flanc. Il est dit qu’il faut prendre le mal à la racine sauf que là, c’est la racine qui est mal et enrage. Celle de la dent. Ma dent. Des animalcules y squattent indûment, boulottant à s’en faire éclater la sous-ventrière, tout leur saoul et se reproduisant pis que lapins, envahissant tout et laissant traîner leurs déchets derrière dans la pestilence. 

Saloperie de journée qu’ils m’ont fait passer, les staphylos dorés. La tête comme une pastèque, la chique et tous les désagréments y afférents. 

J’ai quand même eu un instant de remords, avant de gober la gélule d’antibiote : après tout nous ne somme qu’un amas de souches bactériennes acoquinées. J’ai lu ça dans les livres. J’aurais peut-être pas dû : maintenant le scrupule m’étreint. En les zigouillant, je porte atteinte à mon espèce. Ouais mais là ils exagèrent : pas possible d’accueillir toute la misère du monde. Le Blairostan aux Blairostanais

Un quota… en voilà une bonne idée : là je vote pour sans hésiter. Les bactéries utiles : oui. Celles qui font le bon fromage : bienvenue. Mais celles de la pulpite : go home ! Le vibrion putride assisté : no pasaran ! Nous exigeons du germe de souche !

Je n’ai pas hésité bien longtemps : juste le temps de trouver une justification valable au massacre en vue. C’est bien les antibiotes. Super efficace. Radical. J’ai eu bien fait de ne pas écouter mon Jiminy Cricket intérieur et d’endosser sans plus d’états d’âme, la tunique rêche du bactéricide. On s’y fait très vite, vous verrez… car en chacun de nous un génocidaire sommeille et il ne faut qu’un faible déclic pour nous rendre totalement amoks

En partant d’une idée de Marina sur le fil précédent : CLIC

E la nave va…

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Norme alitée

Qunduz, Afghanistan - © 2012 - Photographie : EulChe - tritouillage : Cyp Luraghi

Sur le divan ou le billard : elle est allongée et s’y décortique par le menu. Elle s’offre à l’homme de l’art dans son insipide modernité : la normalité.

Elle est communément acceptée, malgré sa banalité flippante. Même en la trifouillant au plus profond, sa chair reste filandreuse et ses viscères manquent de tripe. Son âme est inconsistante et veule. La norme commune est l’aune d’un début de siècle régressif ; le reflet du désir bridé, de l’audace ratatinée, du courage atrophié, du neuf annihilé dès l’œuf.

Elle s’impose au monde entier : du calibre des ficelles aux lois régissant la servitude volontaire des citoyens conscients de leurs devoirs et craignant la foudre en cas de désobéissance à la statue de la Normalité éclairant le monde. Médiocre et peu encline à franchir les bornes : dans l’ornière, et œillères de rigueur. Pusillanime, froussarde, tatillonne et mesquine.

***

C’est le retour à la normale : cette espèce de cocon feutré faiblement sonorisé par les échos grinçants du passé récent. L’émollience d’après que les coups se soient arrêté de pleuvoir dru. La stase. On a beau la cuisiner sous le scialytique en la scrutant tranchant : rien n’en sourd. La norme y incrustée est hermétique et claquemurée au dedans, qui n’est que repli et pas du genre intime. Elle contient sa rébellion, ne l’exprimant que sous forme d’indignation polie, courtoise et respectant la charte. Pour mieux s’y conformer, la norme a modifié le sens des mots perçus à travers son filtre formaliste : ainsi parvient-elle à se convaincre de posséder un idéal ; qu’il existe un monde paradisiaque à portée de son poing levé ; mais macache. Rien n’est suivi d’effet.

Il n’y a rien à en tirer : la norme est sans jus. C’est sec comme un coup de trique là-dedans, et creux. Rien à en attendre de bon non plus : pas plus que d’une portion de fromage fondu sous aluminium et atmosphère conditionnée.

***

Heureusement que tout le monde ne l’adore pas, c’te foutue déesse programmée comme un insecte par un petit comptable. Dictatrice intransigeante et répugnasse tant exécrée des vrais vivants, zombies délurés inclus et rats de catacombes en prime et en promo de bas de rayon. Parce qu’à la lumière crue du bloc opératoire, laïc et gratuit, je ne suis pas le seul à préférer la petite étoile au bout de l’effet tunnel : l’AQM brillamment prédit pour dans pas bien longtemps par notre prophète bien-aimé. 

En partant d’une idée de Miss Peggy ici : CLIC

E la nave va…

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INSTINCT GUÉGUERRE

Pare-brise à Kaboul - Photographie © EulChe - tritouillage : Cyprien Luraghi 2012

Peace and love c’est bien joli.

En attendant la population s’accroît plus que de raison et ça commence à s’entrechoquer les coudes, dans la foule mondiale. Sept milliards : ça en fait, des masses impopulaires. Faudrait voir à y remédier, sinon on va finir par ne plus aimer notre prochain que sous forme de rillettes, vu qu’il n’y aura plus rien d’autre à tartiner sur la baguette. 

Un vivant, un mort : pas compliqué.
Un ventre vide égale un ventre plein.

Les temps qui courent requièrent la simplicité : le complexe n’est plus de mise. La tuyauterie est encombrée de déchets gras et la fosse déborde ; ça pue.

Faut dégraisser de toute urgence.
Écoper le trop-plein,
purifier, rafler, éradiquer,
bien racler.

Éliminer le superflu pour qu’à nouveau le fluide puisse couler librement dans notre espace vital. Chacun reconnaîtra le sien et les dieux feront le tri à l’arrivée du plus sanguinaire convoi mortuaire depuis l’aube des temps du singe debout. Il n’y a d’autre solution que la finale : la guerre des guerres. Après elle il n’y en aura plus : toutes précautions seront prises pour pas que ça recommence : capote anglaise ou militaire, point-barre : sinon t’auras plus qu’à numéroter tes abattis.

Aux armes, les citoyens n’ont malheureusement pas assez accès : avec une kalachnikov pour soixante-six péquins,[1] et oublions les bombinettes et autres gaz à nuisibles : ça gâte la marchandise. Va falloir y aller à l’arme blanche. Hache et machette de rigueur, faute de précieuses munitions d’assaut plus efficaces, à balles réelles. 

Dès demain ça va être la fête des voisins : je commencerai par celui de gauche et comme ça ne suffira pas à éclaircir mes rangs, je truciderai mon voisin d’en face dans la foulée. Enfin… peut-être pas : il est boulanger et sans baguette j’aurais l’air fin avec mon baril de rillettes et mon coupe-coupe.

Mais trêve de chichis : taillons dans le lard de l’humanité sans se prendre le chou, elle ne s’en portera que mieux après coup. Éliminons la surpopulation.

Salut voisin. Couic.

Le titre de ce billet est de T0rdrelordre − lire dans le Lexique

E la nave va… 

  1. Cent millions d’AK-47 ont été fabriquées depuis son invention en 1947. []
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