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Paradoxale doxa

Photo trouvée sur disque dur à la benne - tritouillée par Cyp Luraghi © 2010Une hirondelle ne fait pas le printemps, putain.

C’est à n’y rien comprendre : il en va de ce printemps comme de la physique quantique et de la doxa : on sait que ça existe mais ça s’arrête là.

Plein de mots comme ceux-ci que nous connaissons uniquement pour les avoir fréquentés dans le dictionnaire mais n’excitent aucun influx dans nos ciboulots las d’apprendre des absconseries. Le printemps c’est pareil : la rumeur publique dit qu’il y fait doux. Ne pas se fier à la voix du peuple, pas plus qu’à celle de ses dirigeants qui en sont issus.

Seuls les dirigeants de droit divin sont attitrés. Seulement voilà : non content d’avoir des doutes sur l’existence d’un être supérieur supposé m’avoir créé,[1] je suis du genre à ne pas faire confiance aux marchands d’aspirateurs. Dieu frapperait à ma porte que je grommellerai à peine, pas plus en tout cas qu’avec un client pénible. Alors vous pensez bien comment je recevrais le président d’une république.

C’est pour ça que j’ai choisi l’arnarcho-situationnisme. Facile : personne ne sait exactement de quoi il en retourne ; comme ça : peinard. Depuis que je définis comme tel, on me fout la paix. Ça cloue le bec direct :

− Z’êtes quoi, vous ?
− Anarcho-situationniste.
− Ach. C’est de gauche ou de droite ?
− De l’extérieur.

Exit. On passe à autre chose de nettement plus intéressant : l’incroyable impossibilité de cerner le concept du printemps de cette année. Parce que la mémoire du dernier printemps s’est évaporée. Donc du coup on ne sais plus ce que c’est et il faut nous raccrocher à de faibles symboles : les hirondeaux se gèlent les noisettes en criant famine l’air hagard dans leur nid : c’est le printemps. Par exemple.

Répéter vingt fois cette formule le matin et vingt fois de suite tous les jours du mois de mai, selon la méthode de ce brave monsieur Émile et non seulement la vie sera plus belle, mais vous vous foutrez de tout ce qui passe à votre portée et vous serez ainsi mué en anarcho-situationniste.

Vos nombreux et pugnaces adversaires n’y résisteront pas : ils claqueront tout net, la gueule enfarinée et bavant comme limaçons en barrique.

Et le paradoxe ? Justement : c’est de lui et bien d’autres choses que devisaient quelques bons amis sur le fil de discussion du billet précédent, Ici :

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Ce billet est dédié au bienheureux Émile Coué et à tous les joyeux déconnologues qui tiennent bon malgré la doxa imbécile − et ô combien incomprise. 

 

 

  1. Sur mes parents déjà j’émets de sérieuses réserves. []
Publié dans Billet Express, Déconnologie | Autres mots-clefs : , , , , , , , | 637 commentaires
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