Archives par tag : Cyp

La trappe

© Cyprien Luraghi 2007

 

Cinq ans de trappe, voilà ce que je viens de me taper.

C’est Titou qui m’a demandé l’autre jour combien de temps j’avais passé dedans.

Depuis l’histoire de la maison que je raconte sur le vieux site j’ai pas bougé tout tout ; je ne suis presque pas sorti.

Une vie de termite, blanchâtre et obstinée mastiquant du bois dur.

Là, je suis en haut, dans la cuisine.
En bas, ça dort ; les ventilos sont cois.

J’ai un passeport neuf, un petit tas de travellers.
Je peux sortir la tête, je peux partir.
La tempête est calmée, les salopards se sont éteints.

 

 

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IN GODE WE TREUSTE

Scan © Cyprien Luraghi 2006

Y a des paillettes chez les païens

pour qui tout est objet
de paillardise…

Ainsi cet olisbos fondant en bouche
satisfera le tiroir-caisse des confiseurs
qui sont en trêve, à défaut d’être en rêve…

Mangez-moi, mangez-moi, qu’ils chantaient !

Et, pour ceux qui ne le croyaient pas, me voilà tout enguirlandé !


© Cyprien Luraghi 1997


Dernière minute : Philippe de Jonckeere est passé aux actes.

Pour ceux qui ont l’ADSL, cliquez ici.

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Un an sans rouge

© Cyprien Luraghi - 2003

 

…Pour un rougeaud dans mon genre, on pourrait croire à l’anémie.

Mais non : j’ai juste arrêté de me bourrer la gueule.
Quand on sait pas boire, ben on boit pas.

Je ne suis jamais raisonnable,
mais là, je me suis fait eu comme un bleu :
les crus m’avaient cuit !

À picolette et p’tite piquette ,
j’ai préféré pinter ma ruche
au jus d’caoua qu’est pas d’chaussette.

Un grand salut aux allumés d’ATOUTE !
Et merci.

 

  

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DEMIAN WEST

Salut !

J’ai eu une semaine des plus follotes : j’étais dans le plâtre.
Je me suis rien cassé du tout : je refaisais les enduits de la chambre à Gaspard, tout simplement.
Je déteste le bâtiment : mon père était maçon et j’ai vu où ça l’a mené : 58 ans, six pieds sous terre.

Je suis tombé sur un article de Philippe Gammaire dans Agoravox, qui parle de mon vieux potosse Demian…

 


© Demian West, ~1975 Bic Orange pointe fine sur revers de papier photo

C’est là que ça se passe

[ NVDF] Depuis mai 2008, Demian a fait retirer tous ses posts sur AgoraVox, suite à censure. C’est un lien mort, mais je le laisse).

Je me suis fendu de mon petit commentaire (cherchez le 13 septembre à 1h12), que je vous reproduis là :

Ha. J’ai longtemps vécu avec Demian, quand il ne s’appelait pas encore Demian. Des années.

Demian est certainement tout ce que vous dites de lui, cela ne fait aucun doute, puisque vous l’écrivez.

Pour moi, il a été un véritable détonateur, tout bonnement. Pas que pour moi. Dans les années 70 à Strasbourg; nous étions prêts à tout et nous avons tout fait; j’avais seize ans et lui dix-sept.

Fuyant nos familles de merde, nous avons fait tout ce qu’on nous avait dit de ne pas faire: l’Exact Contraire qui est toujours, je le vois, notre credo commun.

Demian est un Contraire, mais il n’est pas contrariant du tout, sauf quand il a envie d’être chiant, et là aussi il côtoie l’excellence, à nous les briser grave.

Notre civilisation, nous l’avons bricolée nous-mêmes; elle n’est pas aussi moche que celle dans laquelle nous baignons présentement. Au contraire.

Demian est mégalo. La belle affaire! Il est de ceux qui pètent plus haut que leur cul. C’est épargner les naseaux des cafards pour mieux encenser les anosmiques. Se mettre à la portée de tout un chacun, je dis toujours.

Demian est un entier, pas un hongre, pas une demi-portion. C’est un homme. Pas un petit machin pusillanime. Pas un poulet de batterie. Sa retraite, il s’en branle.

J’ai donc vécu avec l’être le plus invivable qui fut; n’empêche qu’on s’est bien fendu la poire. Oui, car c’est un comique aussi. Vous savez comment je l’ai rencontré la toute première fois? Tard dans la nuit, dans un bled mort, dans un décor tout juste bon pour l’arpentage des golems, au mitan du pavé, comme un chat vertical. Il fredonnait l’air de la Panthère Rose.

Et puis Demian est un putain d’artiste. Je suis vachement content qu’il n’ait pas viré minable, comme les autres; et même comme les autres artistes d’alors, qui sont devenus des artistes pépères, en charentaises.

Avec Demian, pas de garde-fous: la liberté, le batifolage; la prise de tête aussi, puisqu’on en a une et qu’il faut la faire tourner à toute blinde. Sinon t’es mort. Et les morts, y a plus que ça: regarde autour de nous, Demian: ils n’ont plus rien à quoi se cramponner et le sol penche, et le sol glisse…

Demian sait et propage une chose fondamentale: le net, c’est l’écriture. Pour l’heure conspuée, moquée, tournée en ridicule, négligée. Ah! mais c’est qu’on écrit au Mont Blanc, non mais! Foutez moi cette machine à écrire à la benne, mon petit Blaise!

On s’plaint, on s’plaint: y a plus de littérature. Mon cul: elle est sur Internet.

Et le papier? Ben on se torche avec!

Avec ma toute vieille amitié

Cyp
En ligne et à l’oeil

PS : si vous cherchez bien, vous trouverez quelques illustrations de Demian sur le blog…

 

Publié dans Humain, Inde, Tout Venant, Trollogie | Autres mots-clefs : , , | 26 commentaires

L’angine




− Tire ta langue
− Aahhhh
− Elle est toute blanche : t’as une angine…



Ça faisait neuf mois que je n’avais pas pris un jour de repos.
Un jour au lit, à lire.
Parfois, c’est le bonheur.

 

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