Archives par tag : Coq

Ô… Coq’ !

Photographie de Pierre Auclerc - tritouillage : Cyprien Luraghi © ICYP 2015

(poème fermier en prose et en rime, c’est selon)
(et allégorique étant donné les moments difficiles que traverse notre beau pays aujourd’hui)
(voire ironique)
(ou satirique ! mouaaaaarrrrffff)

***

T’as eu du bol,
T’aurais pu finir à la coque,
T’aurais pas fait ton coquetier !

Les matins calmes,
La nuit est encore là,
Dans les chaumières ça ronfle,
Dans les étables ça vesse avec langueur,
La campagne gnengourdie
Retient encore son souffle…

Quand soudain !
Putain de coq !

T’es qu’un piaf qu’a du gosier,
Un nain dressé sur ses ergots,
Il aurait fallu te couper les roustons,
Ou te bourrer le cul à coup d’ sabots

Coq à la con,
Ce soir ce sera ta fête,
Tu vas mariner dans du Morgon
Fallait pas se moquer du prophète,

Tu m’as rendu amok
On va te bouffer aux petits oignons
Et j’en aurais pour mon pognon,
Tu vois, je t’aime bien, vieux coq

© Cyprien Luraghi 2015

***

 (note du kondukator de service : ce poème plouquien provient de ce commentaire dans le fil de discussion précédent : CLIC.

…e la nave va…

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Coq-Roi

Illustration © Pierre Auclerc 2008

 

Coq,

Oiseau au camail écarlate
Dans les fermes pleines de gadoue
Avec les poules tu t’éclates.
Tu es vraiment l’roi du roudoudou.

*

 

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À poulets rouges

© Pierre Auclerc 2009 - tritouillé par Cyp Luraghi

Ils sont fiers à gueuler ensemble quand ça leur prend, nul ne sait pourquoi. Eux si. Ils ressentent un besoin impérieux de le faire, périodiquement. Ils ouvrent leur journal et s’indignent bruyamment. Comment ? un pédophile ! des burqas ! l’islamisme ! le binge drinking ! Tarnac ! Cantat ! Tout est bon à prendre pour obtenir l’offuscation orgastique suffocante de la collectivité .

Hurler avec les loups, on dit… faut voir la gueule des loups, par les temps qui courent. Même pas des loulous de Poméranie. Plus c’est petit et plus ça piaille. Pareil sur l’internet : pour déchiqueter un suspect, il faut s’y prendre à cent dix mille, au moins. Le pilori pour tous ! pour trente balles par mois, tu peux dégobiller sur qui tu veux, à satiété.

Mais la populace n’est jamais satisfaite : elle se languit que ça saigne en palpitant. Elle attend que les banlieues-dépotoirs s’embrasent pour enfiler sa tenue de combattant ; que les bombes au phosphore déchirent la nuit dans les ghettos pour trépigner sur la moquette… et elle guette le moindre signe ostensible pour crucifier le gibier.

Aujourd’hui est un grand jour : celui de l’alliance de la gauche avec l’extrême-droite, unies dans le dégueulis. Nous sommes entrés dans le nouveau siècle ; nul besoin d’atteindre la fin de sa première décade : c’est fait. J’ignore le nom du fleuve traversé, mais nous marchons sur Rome.

C’est fête. Allégresse et régression se tiennent par la main, sororalement. Rien ne saurait les séparer, désormais. Unies pour la fureur et pour occire, elles se lâchent dans la basse-cour des caqueteurs.

***

Les artistes célèbres sont indignes : ils étalent indécemment les vices de la foule qui les lynche. Les inconnus sont un cran plus dignes : ils perpètrent leurs forfaits dans leurs alcôves. Il faut être très con et pervers pour être artiste.

Les poulets regardent passer les grues cendrées, outrés. 

Salut et merci à Pierre Auclerc, qui m’a autorisé à me servir libéralement dans ses photos. 

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Express de nuit

Tarzan © Cyprien Luraghi 1993

 

Pas un mot.

Le coq dort
et se les pèle
hissé dans la glycine
par grand’ peur du renard
qui lui a tout bouffé ses poules.

Plumé-vidé :
850 grammes.

La main qui l’a nourri le mord
les doigts luisants
de sauce à l’estragon.

Toujours se méfier de la gamelle…

*

N.B. : L’art du haïkou de chez nous est plus disert et blablateux que son cousin nippon le 俳句, si ça lui chante.

 

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Plan de boulet

5 octobre 2001

Je dois remplir mon dossier de demande d’aide sociale : l’AS de la SGDL me l’a rappelé hier au téléphone. C’est pas bien, j’aurais dû le faire avant. Cyp, tu laisses traîner les choses et puis après tu te plains que ça foire… Non, non madame ! Objection : j’étais super malade. Oui, voilà madame : j’étais avant-hier chez Jean et Marie, qui sont charcutiers à Pouliviac et je leur bricolais quelques améliorations sur leur ordinateur, de façon à ce que ça ne plante plus. Tout un truc. Dans ces cas-là je me fais payer en nature : trois heures de réglage contre un gros tas de saucisse sèche. Impeccable, mon garçon, faut bien vivre après tout. [NVDF du 20 août 2015 : peu de temps après je devenais dépanneur officiel avec ma petite asso 1901.] Je rentre à huit heures et voilà que je me sens mal. Très très MAL, madame. Une gargantuesque gastro des familles, tenez : c’est la spécialité du grand Sud-Ouest. Et puis hein, juste avant, les yeux dans le sable à me scanner des trois cent pages et des pour vous offrir un Sitacyp encore plus beau. Un ex-chômeur en cours d’inscrip’ au RMI qui bosse comme ça, c’est louche. Un peu mon ami que c’est louche. C’est le statut de l’écriveur moderne. Tant mieux, comme ça on coûte pas cher et on fait pas chier. En revanche, il n’est pas interdit de mordiller la main qui nous nourrit. Non ?

Si.

J’aime pas les Friskies® au lapin, je préfère le Sheba® sauce chasseur. Comme avant-hier, je continue à dresser le portait de l’ami Serge Tassopardo. [NVDF du 20 août 2015 : un billet lui a été consacré pour célébrer sa mémoire quelques années plus tard : CLIC]

6 octobre 2001

C’est samedi, ça passe et ça repasse sous les fenêtres ; les poulets piaillent, effrayés par le trafic et le barouf : les chasseurs sont de sortie. Ça m’énerve et en même temps je m’en fous. C’est depuis qu’ils ont construit un cabanon de chasse dans les bois du père Roudy, à trois cent mètres de la Cazelle. Mais ils se sont calmés; depuis trois ans c’est le gendre à Roudy qui fait la police; il a des enfants, il sait ce que c’est. Avant, ils fonçaient par grappes de dix bagnoles à 80 à l’heure et maintes gallines se sont retrouvées laminées…

− C’est vos poules, ça, monsieur ? dit l’automobiliste.
− Ah non, les miennes sont pas si plates…

Justement, ce soir on assassine. Deux coqs au moins. Ils sont tout petits, nos coqs, pas plus de 900 grammes à l’arrivée, mais alors ils sont trop bons. Leur chair a le goût du gibier. Elle est sombre et ferme, pas filandreuse du tout, les os sont recouvert d’un périoste très bleu. C’est étrange, on a l’impression de manger du dinosaure miniature. Mais les poulets sont des petits dinos, en fin de compte. C’est con, j’ai pas de magnéto, sinon je vous collerai une séquence sonore qui vous ferait comprendre de quoi je cause. Les poulets, quand ils se parlent c’est tout un truc. Rien que la ponte, c’est toute une affaire. Ah ! le cri de ponte ! [on peut, bien sûr, m’offrir un enregistreur mini-disc doté d’un bon micro, ça n’est pas interdit… tout le monde en profiterait, non ?]

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