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Le Vrai Féminisme Authentique

Radegonde à la table de Clotaire - animée par Cyp - source Wikimedia Commons.

Après la mort de Clovis [en 511], ses quatre fils, Théodoric, Chlodomir, Childebert et Clotaire, prirent possession de son royaume, et se le partagèrent également.

Lors d’une guerre, il arrive malheur à Clodomir. Aussitôt Clotaire (le cadet) prend les mesures qui s’imposent :

Gondemar ayant pris la fuite avec son armée, Clodomir le poursuivit, […] et tomba ainsi au milieu de ses ennemis qui lui coupèrent la tête, la fixèrent au bout d’une pique, et l’élevèrent en l’air [en 524]. Ce que voyant les Francs, et reconnaissant que Clodomir avait été tué, ils recueillirent leurs forces, mirent en fuite Gondemar, écrasèrent les Bourguignons et s’emparèrent de leur pays. Clotaire, sans aucun délai, s’unit en mariage à la femme de son frère, nommée Gontheuque.

Après une expédition guerrière liée à un conflit géopolitique complexe, Clotaire décide de prendre soin de la fille de son ennemi :

Clotaire, en revenant, emmena captive avec lui Radegonde, fille du roi Berthaire, et la prit en mariage.

Plus tard, son neveu Théodebald fils de Théodoric va mal : avec bonté, Clotaire prend soin de sa femme :

Celui-ci, en effet, devenu très infirme, ne pouvait remuer de la ceinture en bas : il mourut peu de temps après, la septième année de son règne [en 553]. Le roi Clotaire prit son royaume, et fit entrer dans son lit sa femme Vultrade.

 

Bref, en synthèse :

Le roi Clotaire eut sept fils de ses diverses femmes, savoir : d’Ingunde il eut Gonthaire, Childéric, Charibert, Gontran, Sigebert, et une fille, nommé Clotsinde ; d’Aregunde, sœur d’Ingunde, il eut Chilpéric ; et de Chunsène, il eut Chramne.

 

Et voici l’explication : Clotaire voulait pour les femmes ce qu’il y a de mieux :

Comme il était déjà marié à Ingunde, et l’aimait d’unique amour, il reçut d’elle une prière, en ces termes : Mon Seigneur a fait de sa servante ce qui lui a plu, et il m’a appelée à son lit : maintenant, pour compléter le bienfait, que mon seigneur roi écoute ce que lui demande sa servante. Je vous prie de daigner procurer un mari puissant et riche à ma sœur, votre servante ; de telle sorte que rien ne m’humilie, et qu’au contraire, élevée par une nouvelle faveur, je puisse vous servir encore plus fidèlement.

À ces paroles, le roi, qui était trop adonné à la luxure, s’enflamma d’amour pour Aregunde, alla à la maison de campagne où elle habitait, et se l’unit en mariage.

L’ayant ainsi prise, il retourna vers Ingunde, et lui dit : J’ai songé à t’accorder la grâce que ta douceur m’a demandée, et cherchant un homme riche et sage que je pusse unir à ta sœur, je n’ai rien trouvé de mieux que moi-même. Ainsi sache que je l’ai prise pour femme, ce qui, j’espère, ne te déplaira pas. Alors elle lui dit : Que ce qui paraît bon à mon seigneur soit ainsi fait ; seulement que ta servante vive toujours avec la faveur du Roi.

 

Cette heureuse disposition d’esprit, toute d’altruisme et de dévouement, a permis à Clotaire de profiter pendant cinquante ans du troisième plus long règne de l’histoire de France. Seuls messieurs Quatorze et Quinze ont fait mieux.

 

Le féminisme authentique avait quand même de la gueule au VIè siècle, et il protégeait du cancer du cul si on en juge par la vie décomplexée et pleine de santé de notre joyeux compagnon.

 

Toutefois :

Comme il était, durant la cinquante et unième année de son règne, dans la forêt de Cuise, occupé à la chasse, il fut saisi de la fièvre, et se rendit à Compiègne. La, cruellement tourmenté de la fièvre, il disait : Hélas ! qui pensez-vous que soit ce roi du ciel qui fait mourir ainsi de si puissants rois ? Et il rendit l’esprit dans cette tristesse [en 561].

Quelle injustice divine qu’un homme ayant voué ainsi sa vie à la gent féminine soit finalement récompensé de sa grande vertu au moyen d’un quelconque bacille vénérien…

 

Moi je l’aime bien ce Clotaire. Il est très injustement méconnu. Ce billet vise donc à réparer cette injustice…

 

PS : les textes en italiques sont extraits de L’Histoire des Francs, rédigée au VIè siècle par Grégoire de Tours :

http://fr.wikisource.org/wiki/Histoires (Grégoire_de_Tours)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Grégoire_de_Tours

 

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