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Billet quantique miauleur

Illustration © Cyprien Luraghi 2016 - ICYP

10 décembre

Je n’en fais qu’à ma tête. Elle passe devant, le reste suit. Par exemple aujourd’hui j’ai envie d’écrire ce qui me passe par la tête et de continuer à le faire en direct-live jusqu’à épuisement du sujet. Pour autant que ce billet ait un sujet, le vieux matou de l’illustration n’étant sujet de personne. Une chose est sûre : ce billet durera au moins jusqu’au vendredi 16. Ce jour-là, dans l’après-midi, je saurai ce qu’il en est pour l’affaire qui nous a fait monter à Paris, que j’avais vaguement évoquée dans l’avant-dernier billet. Mais là, lecteur de passage, tu n’en sauras toujours rien : patience, patience. Il en faut à revendre, je vous assure. La vie est une salle d’attente, autant le savoir tout de suite.

Actuellement dans la salle d’attente, des candidats à la candidature poireautent. Ils veulent être calife à la place du calife. Or le calife a jeté l’éponge. Les lecteurs réguliers de l’Icyp ont peut-être remarqué que depuis l’élection de François Hollande − surnommé Goudamou par nous autres déconnologues distingués −, je n’ai publié aucun billet sur son gouvernement. Alors que pendant le pénible quinquennat précédent du gniaf, [1] ça y allait gaiement. Car quoi en dire ? Comme me le faisait très justement remarquer un membre de ma progéniture : « papa, on a voté pour lui en n’en attendant rien et on a eu droit à moins que rien ». Donc il n’y avait rien à en dire ou si peu que ça ne valait pas la peine de me flinguer le bout des doigts à marteler le clavier. Ah si, tout de même : on a eu droit à un déferlement d’hygiénistes débiles faisant fixette sur la clope et assimilés. Sacrés socialistes, tiens. Bon, en face c’est encore pire et c’est ce qui pend au bout du nez des citoyens, dont je ne suis pas fort heureusement. Car je vis dans une dimension légèrement parallèle située dans l’éther tuttiquantique. Voilà : c’est tout pour aujourd’hui, la suite demain − à moins que l’envie de clavier ne me reprenne avant minuit…

 

11 décembre

Tout commence par un grand café. Sans grand café, pas de journée valant d’être vécue. La routine de l’Icyp a grand besoin de grand café, déjà. Donc j’attaque en ouvrant les yeux et le Terminal de notre petit serveur, pour bloquer les adresses IP des vilains botnets qui cherchent en permanence à venir y déposer leurs pubs à la con dans les commentaires, pour des fausses montres de luxe et du viagra de contrefaçon. Mine de rien, ça bouffe pas mal de temps. Et puis il y a les mises à jour du moteur Linux, évidemment. Et l’entretien, le nettoyage, les sauvegardes et compagnie. Et puis ensuite aller lire tous les commentaires commis dans la nuit et à l’aube matutine. Dans la foulée c’est boulot, boulot : j’attaque la réparation du premier ordinateur du jour, en général sur un coin de table vu que de plus en plus fréquemment il s’agit d’un portable ne nécessitant pas d’installation à l’atelier du rez-de-chaussée. Même le dimanche ; d’ailleurs là je viens de finir celui d’un copain du patelin d’à côté. Mais c’est bien parce que c’est lui et qu’il le mérite.

Ce n’est pas ma seule routine quotidienne : il y a les ablutions par exemple. Et le Jeu des 1000. Et pas que. Mais de l’une de ces routines, je ne peux pas encore parler. Pas avant vendredi prochain en tout cas. Patience, patience…

 

12 décembre

Rue89 existe encore. Pourtant ça ne devrait pas. Ou plus, plutôt. Non parce qu’ils ont envoyé un mail circulaire à tous ceux qu’ils appellent des riverains − leurs commentateurs, en fait − vu que leur canard est en cours de phagocytation par le Nouvel Observateur. Et que donc j’en ai reçu huit, correspondant à mes comptes successifs depuis fin 2007. Or donc comme c’était dit dans ce mail, il était prévu que ce week-end tout le bétail soit transféré sur Le Plus, où les reliquats de la rédaction s’apprêtent eux aussi à rejoindre leur nouveau pondoir. Et il ne s’est rien passé : tout continue comme si de rien n’était. Forcément puisque rien n’a été. Pourquoi ? Je n’en sais rien. C’est comme ça et pas autrement, faut pas chercher plus loin.

Alors je sais : icy il en est quelques uns qui n’en ont rien à foutre de Rue89 − Ubu89 pour les intimes − et qui n’y ont jamais foutu les pieds. Mais le noyau dur de la Déconnologie s’y est formé et comme c’est pas juste des amitiés virtuelles, hein… et que ça dure depuis bien sept ans, et qu’il s’est passé des tas de choses, et pas qu’entre nous… eh bien j’en cause, d’Ubu89. D’un côté ça me fait tout drôle de savoir que ce vénérable navire de l’internet va être bientôt englouti, et de l’autre je m’en fous pas mal. L’Icyp existait bien avant Rue89 et existera − je l’espère − bien longtemps après le naufrage. Dont je ne me réjouis pas : des gens vont perdre leur boulot à la rédaction et chez pas mal de vieux commentateurs, le désarroi est palpable. Nous autres commentateurs de fond sommes un peu comme les rats : on aime nos vieilles caves, on y a nos petites habitudes, on connaît bien la faune.

C’est tout pour aujourd’hui : moins de cinq jours à tirer avant vendredi soir. C’est ça qu’il faut se dire en attaquant le lundi.

 

13 décembre

Toute la journée ça a été le défilé. D’abord à la maison : des amis en veux-tu, en voilà, et du client en chair et en os et au téléphone, et du voisin de gauche et celui d’en face et même un brave toutou de passage qui a fait fuire la Moutche, car cette tigresse miniature est au moins aussi courageuse que le lion du Magicien d’Oz. Ça tombait bien parce qu’il n’y avait pas de machine à réparer en urgence au boulot. Et puis que la vie sans amis n’est pas une vie. Nous autres membres du peuple singe debout, n’avons pas la mentalité erémitique. Nous exécrons la solitude. Qui est mauvaise conseillère et nous pousse à broyer du noir puis à nous faire des films à la con dans la tête. Quand quelque chose ne va pas, on le dit aux bons amis et on écoute leurs bons conseils. Si chacun restait dans son coin comme une merde sèche, l’humanité serait encore plus déprimante qu’elle ne l’est déjà. J’ai dit. Hugh !

Encore trois petits jours de rien du tout à tirer jusqu’à vendredi. Il se passera quelque chose ce soir-là, vous verrez, les amis… et les lecteurs inconnus aussi. Patience, patience…

 

14 décembre

Ça a commencé il y a 2617 jours. Sept ans, un mois et trente jours. Peut-être que dans quarante et quelques heures, ça commencera à s’arrêter. Je n’en sais rien, pour l’heure. Je n’espère pas : j’attends, simplement, sagement. Le verdict que j’attends est sans doute déjà couché noir sur blanc, quelque part au tribunal de Paris. Après-demain en fin d’après-midi je devrais enfin le connaître. Je ne suis pas le seul à l’attendre, ce verdict. Toutes celles et ceux qui subissent cela depuis 2617 jours − et même bien plus pour une autre que moi −, sont dans l’expectative. Pas anxieuse, mais légèrement fébrile tout de même. On en a tant vu et de toutes les couleurs, rien que pendant ces 2617 jours. Qu’on n’ose pas espérer. Pourtant on devrait. Mais l’espérance a ses limites et elles ont été salement dépassées, dans cette histoire de fou. De folle, plus précisément. L’espérance est un luxe bourgeois. Contentons nous de patience…

 

15 décembre

17 heures : 24 heures à tirer. Je clone des disques durs en compote en attendant Godot. Récupérer des données sur des supports pourris, c’est ma petite spécialité. C’est tout à fait méditatif et ça laisse le temps de gamberger ou de causer un brin avec les amis icy et là…

C’est un commentateur de Rue89, proche ami de notre Picholive[2] − qui m’a appris la nouvelle de sa mort toute récente par MP tout à l’heure.

Picho, il s’était chopé le crabe à l’automne dernier et un jour il n’était plus venu dans mon estaminet de l’internet, il y a quelques mois. Je me doutais bien que ça ne devait pas trop gazer pour lui − chimio, etc. −, mais je n’imaginais pas qu’il puisse casser sa pipe comme ça, d’un coup, aussi tôt.

On ne se connaissait pas en dehors du Web, mais il voulait à tout prix qu’on se fasse un raout en sa compagnie à Puycity au printemps. On le fera quand même, pour lui rendre hommage, non mais !

Illustration © Cyprien Luraghi 2016 - ICYP

Léopardo en est tout retourné (et le drapeau en fond, c’est Picho qui nous l’avait confectionné).

Picho, en matière de clin d’œil, m’avait envoyé 69 euros pour que je puisse m’offrir les services d’un avocat pour l’affaire dont le verdict tombera demain en fin d’après-midi. Comme d’autres amis l’ont fait. Déconnologie never dead, quoi qu’il en soit. À demain, donc…

 

16 décembre

 16 heures tout rond. C’est l’heure de l’énoncé du verdict à la cinquième Chambre du tribunal de Paris. Maintenant ça peut tomber n’importe quand. Je surveille ma boîte à mails. Patience, patience…

19 heures tout rond. Rien dans la boîte. Ce qui signifie que l’après-midi a probablement été chargée au tribunal et que par conséquent, le verdict n’arrivera dans ma boîte que lundi. Patience et repatience, donc. 

 

17 décembre

J’aime bien les jours où il n’y a rien à raconter. Juste à déguster des litchis tout frais arrivés par avion de la Réunion, offerts par le voisin de gauche qui a de la famille là-bas. Siroter des caouas, têter la clope à vapeur, gamberger sur le prochain billet, dépiauter l’ordinateur portable d’un client. Mollement, c’est samedi. Relire Rousseau et tomber là dessus :

Je ne sais quel aveuglement, quelle sombre humeur, inspirée dans la solitude par un mal affreux, m’a fait inventer, pour en noircir ma vie et l’honneur d’autrui, ce tissu d’horreurs, dont le soupçon, changé dans mon esprit prévenu presque en certitude, n’a pas mieux été déguisé à d’autres qu’à vous. Je sens pourtant que la source de cette folie ne fut jamais dans mon cœur. Le délire de la douleur m’a fait perdre la raison avant la vie : en faisant des actions de méchant, je n’étais qu’un insensé.

(Lettre à M. Moultou – À Montmorency, le 23 décembre 1761)

Me dire que les paranos, t’en as vu un, tu les as tous vus. Me dire que c’est cette distorsion du réel qui fait que le monde est si mal. Si tordu. Il n’y a que ça à faire ce samedi. Et rêvasser peinardement… ;-)

 

18 décembre

Je me suis fait la réflexion hier soir : ce billet-journal renouvelle le genre. Quand j’avais démarré le Sitacyp il y a quinze ans, c’était pareil. J’écrivais au fur et à mesure et au fil des jours, tout ce qui me passait dans la tête et un peu aussi ce qui se passait au dehors. Quand cette saga sera achevée − en fonction du verdict qu’on devrait enfin (peut-être) connaître demain, de temps à autre et en fonction des événements, je continuerai le journal, comme au bon vieux temps où nous n’étions qu’une douzaine à faire ça sur le Web francophone. En attendant, attendons…

 

19 décembre

Nous attendrons encore, donc. Puisque le verdict ne sera rendu que le 5 janvier. Je viens de l’apprendre. No comment, il vaut mieux. Je clos ce billet-journal et entame la gamberge pour le billet suivant.

 

…e la nave va !  

  1. Je ne prononce jamais le nom de ce putricule. []
  2. Moctezumiaou sur Rue89 []
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Les cuites sont carottes

Illustration © Cyprien Luraghi 2015 - ICYPLa Déconnologie[1] [2] a pour particularité de surgir des écrans pour se projeter dans la réalité réelle. C’est sa signature. L’écran c’est bien, mais ça ne vaut pas une bonne vieille table en bois d’arbre garnie d’une brochette de bons vivants, couverte de victuailles et de bons flacons.

Or donc depuis 2008 un paquet d’entre nous se rend visite en vrai. Et de temps à autre des raouts s’organisent chez l’un ou l’autre ou en louant un gîte pour l’occasion. Quand le raout comprend peu de déconnos, il s’agit alors d’un raoutito. Et là, justement, on vient de s’en faire un à l’occasion du passage en France d’une déconnologue distinguée dont je ne dirai rien publiquement car de nos jours les murs de l’internet ont des oreilles pleines de pus et des langues de putes. Raoutito rondement mené et pas encore plié puisque nous finissons les restes en compagnie d’un déconno restant quelques jours de plus afin d’arpenter les ruelles pentues de Puycity, le Trou de nez du Monde, siège interplanétaire de la Déconnologie[3] dans sa grosse berline allemande pavoisée aux armes de notre meute sauvage.

 

Y avait pas de vent ce jour-là pour déployer le drapeau mais ça frime à mort quand même.Le raout ou sa déclinaison le raoutito, se décompose en trois parties : le racontage de conneries, le disage de mal des pnutres[4] et le tapage de cloche. Le tout abondamment arrosé de Cahors[5] vu qu’on est en plein mitan du vignoble. Bref : tout va bien à bord et c’est toujours autant magique de voir de nouvelles têtes sortir de derrière leurs écrans. Et puis ça sent le printemps, enfin : à l’instant le premier matou de l’année vient de pousser son cri d’amour de derrière les hortensias du jardin d’Édith… et la Moutche ne semble pas pressée de rentrer ce soir ;-)

E la nave va les aminche(ttes) !

 

 

 

  1. Pilotique et lamorillienne. []
  2. Le lamorillianisme est l’émanation de l’esprit de lamorille, fritteur en chef de l’Icyp. []
  3. Lequel Trou de nez n’a rien à envier dans un tout autre genre, au Nombril du Monde : Pougne-Hérisson. []
  4. Le pnutre est un genre de gnoutre mais en moins grave. []
  5. Fors ma pomme vu que ne je picole plus depuis des lustres. []
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Comité d’accueil

Illustration © Cyprien Luraghi - ICYP - 2015

Le jour qui s’annonce est un grand jour : notre petit quartier de la Pétaudière dans les bas de Puycity, s’apprête à accueillir un nouvel arrivant. Événement rare et remarquable, car les cœurs de nos vieux bourgs ont tant besoin de sentir pulser du sang frais dans leurs vieilles artérioles que sont ses venelles. Pour l’occasion le conseil municipal a nommé une espèce de recoin vague en y clouant une plaque de rue. Car nous ne faisons pas les choses à moitié : tout nouvel arrivant a droit à sa rue personnelle, ici. Tradition surgie du néant et bien plaisante, ma foi.

Déjà, les cancans vont bon train : l’Apache ne pipe toujours pas mot en arpentant notre ruelle, mais son silence en dit long sur le nouvel arrivant. Tout semble soudain si inhabituel : la femme du boulanger tire plus nerveusement sur sa cigarette qu’à l’ordinaire, à sa fenêtre après le déjeuner. Hier, son bonhomme a embauché un poil en retard à trois heures du mat’ en maugréant, mais il m’a tout de même salué de la main en pressant le pas. La Moutche a croqué deux souris sous la table en bois d’arbre, au lieu de l’unique qu’elle me ramène chaque soir. L’autan nous a poussé quelques gouttes de pluie : c’est un signe. S’ajoutant à d’autres bons signes. Car le nouvel arrivant est un bon arrivant : sa venue nous comblera d’aise comme je l’espère de tout mon cœur, notre chouette petit quartier aura l’heur de lui plaire. Le comité d’accueil au grand complet se tient sur le pied de paix ;-)

 

La Moutche et sa souris vespérale - © Cyprien Luraghi 2015

e la nave va

 

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Colloque annuel

Lilly - illustration de Pierre Auclerc - ICYP - © 2013

Ceci est un billet de blog public dans lequel vous ne saurez rien de ce qui s’ourdit dans les commentaires situés à son pied, parce que vous, lecteurs non inscrits, bien ou malveillants, ne pouvez y accéder. Va falloir vous résigner à gamberger en vain : vous en serez réduits à des supputations douteuses. 

Ce que nous complotons bien à l’abri de vos grandes oreilles ne vous concerne pas. Encore que… Il est bien possible que nous disions du mal de vous en secret, ou que nous conspirions contre vos petites personnes. Méfiez-vous : nous sommes peut-être en train d’espionner le contenu de vos ordinateurs et de sonoriser vos chiottes avec des tout petits micros… 

Votre vie nous intéresse au plus haut point : le moindre détail concernant vos us et coutumes occasionne de longs conciliabules dans notre soute à commentaires accessible seulement au Peuple Élu ayant juré ses grands dieux à notre prophète bien aimé Numerosix, de rester muet comme une tombe sur les rites effroyables se déroulant à l’abri des regards indiscrets. Bref : passants qui passez, vous pouvez vous brosser : vous ne saurez rien de nos orgies. On sacrifie des chats sur l’autel du grand Marrattataoû, peut-être : allez savoir… et dans le sombre dessein de vous marabouter et vous causer du tort. C’est ce qui se susurre assurément dans les corridors et les bas fonds de l’internet à notre sujet, donc forcément ; y a pas de fumée sans feu, hein… et vous m’en direz tant et plus, bédame !

Sachez tout de même que pour nous autres déconnologues distingués, dignes francs-limaçons et satanopédotrotskystes invétérés, tout baigne dans l’huile. Le moteur de l’Icy ronronne d’aise dans la salle des machines chauffée aux granulés de bois périgourdin bio. Ça tchatche un max, ça dit du bien, ça dit du mal ; on se prend du bon temps en bande désorganisée. On se fout sur la gueule entre gens hautement civilisés, aussi. C’est le joyeux bordel en tout bien, tout honneur et dans un coin y a un chat qui pionce sur son coussin et qui s’en fout bien. Ça pourrait être pire, à la veille de l’an neuf que je vous souhaite encore plus excellent que le vieux qui s’en va, à petits pas lents sur le fil… de l’an.

…e la nave va…

Publié dans Déconnologie, Éditorial, Trouducologie | Autres mots-clefs : , , , , , , , , , , , , | 2234 commentaires

dérisoire territoire

Illustration © Annie et Cyprien Luraghi 2013

vains mots

pas plus

pour dire

on est

antennes au vent

suspendus

face aux biomormons de gauche

et aux fafs

 

e la nave va

Publié dans Déconnologie, Pilotique, Tout court | Autres mots-clefs : , , , , , , | 3078 commentaires
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