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Nihil obstat et tutti quantique

Ah : ça ira !.. et même que ça y va déjà. Pas gaiement ceci dit, mais ça y va. Opiniâtres comme des constipations, les militants de tous les camps se foutent sur la gueule et ça ira crescendo jusqu’au mois de mai et même encore après ; pas plus tard que juillet : les vacances sont Léthé pour la population. 

Et ça remettra ça sur le gaz à la chute des feuilles et pour dix mille ans la même ritournelle : depuis que le singe a fait ses humanités ça n’a fait qu’y aller et ça y va, ça y va. À la lanterne ou au rasoir national, au pilori, à l’échafaud ; et ça se grogne à la face car tout un chacun la détient, la clé d’un avenir meilleur et du régime miracle qui fera de vous tout ce dont vous rêviez, tout petitous. 

Putain d’ambiance délétère ces derniers temps : ça sent la campagne, mais pas la bouse de vache fraîche et le lilas : remugles de lisier de porcs de batterie qui nous assaillent les narines. C’est moche et ça pue ce qui se passe en cette campagne, du moins pour ceux qui sont dans l’arène : moi je croque des noix de cajou en sirotant du café : effarant spectacle que celui des militants de tous les bords à la foire d’empoigne sur les forums de l’internet. C’est pas nouveau vous me direz, mais là c’est spécial : autrefois les choses étaient simples et tranchées : le communiste était un vrai coco rouge jusqu’à la moelle par exemple ; le rose éléphantesque, le vert totalement viride et le bleu horizon. Alors que là c’est nettement moins net : les bruns eux-mêmes se parfument à la rose de supermarché pour tenter de masquer leur pestilence et les rouges ne savent tellement plus où ils en sont que nombre d’entre eux sont en train de sombrer dans les théories du complot. 

Un truc qui n’a pas changé : ils adorent toujours des idoles… elles-mêmes empreintes de cette puanteur confuse ; ainsi il y a quelques années nous avions dû nous farcir − je ne trouve pas d’autre mot  − les adorateurs d’une madone poitevine totalement neuneu : il ne fallait surtout pas les contredire sinon ils vous mordaient. Depuis, elle a disparu aux oubliettes et ses sectateurs se sont recasés là où ils pouvaient. Certains ont échoué chez Alain Soral[1] : une crèmerie taillée sur mesure pour ces gogols malveillants. 

Cette année on a droit à un déferlement de sectateurs de Le Pen et Mélenchon sur les forums : les sarkozystes se tiennent à carreau en mouillant dans leurs frocs, songeant douloureusement à la mornifle nationale que leur gniaf va se manger de plein fouet en pleine gueule en mai et les socialos attendent paisiblement la victoire de leur placide calife au regard si doux. 

Comme dit, je m’en fous pas mal de ce spectacle : comme pas mal de monde, seul m’importe que le gniaf soit éjecté : après cinq ans de ses saloperies, ça ne pourra qu’assainir l’air pollué par ses miasmes. Or donc après avoir hésité un temps je me suis décidé à voter Goudamou[2] ce coup-ci et aux deux tours. Il est le meilleur bouteur en lice, déjà, et il n’est visiblement pas affligé des tares rédhibitoires de son prédécesseur. Et comme je n’en attends rien du tout, je ne risque pas d’être déçu. 

Après on pourra discuter de tel ou tel détail tranquillement, parce que dans le monde actuel on ne peut pas faire plus. Mais ça, les idolâtres ne veulent pas en entendre parler : pour eux la Révolution est en vue. Quels cons, vraiment. 

Les uns croient qu’en votant Murène Lapine ils seront débarrassés des bougnoules et par conséquent de tous leurs problèmes. Quels sales gros cons, ceux-là. Mais on peut difficilement s’attendre à plus subtil raisonnement, venant du parti de la Collaboration. 

Les autres croient, eux, que c’est sous la houlette testostéronée de Mélenchon que le grand capital sera anéanti et que tout le monde il sera bien dans ses baskets. Pourquoi pas : après tout le vieux monde tremblote sur ses bases et ça chie pas mal dans la colle en Grèce et ailleurs. Vu de l’extérieur c’est assez apocalyptique comme tableau. Sans doute moins, vu de l’intérieur : c’est un système démentiel qui avance sans but à toute berzingue vers le grand n’importe quoi, mais c’est du costaud. 

Là il ne s’agit plus comme au bon vieux temps, de lever le poing en scandant des slogans, de brûler des palais et de faire rouler des têtes dans la sciure. Fini tout ça : du passé table rase a été faite et le présent a très bien repoussé dessus depuis, tel du chiendent. Aucune technique éprouvée ne parviendra à révolutionner le gloubiboulga planétaire actuel : ce n’est pas en touillant du mauvais brouet qu’on en fera de la bonne soupe. 

Allez dire ça à un ardent supporter de Mélenchon ces jours-ci sur un forum : il vous mordra. Mieux : il vous traitera tour à tout ou en bloc de suppôt du grand capital, de jaune, social-traître, et tout ce qui lui tombera sous la main. Faut surtout pas leur casser leur icône à ceux-là, parce que ça brise leurs illusions dans la foulée. Personnellement je n’aime pas du tout la personne de Mélenchon : ayant pas mal traîné mes guêtres au Népal dans le temps, je trouve sa position sur le Tibet parfaitement dégueulasse : lisez cet article de Pierre Haski sur Rue89[3] : CLIC  et la diatribe particulièrement débile du camarade Merluchon sur son blog en 2008 : CLIC. Mais bon : en matière de sale connerie il n’arrive pas à la cheville des fumiers du camp d’en face. Faut lui laisser ça même si au bout du compte ça n’aboutira à rien du tout. Comme d’hab’. 

Sur un forum, il est rigoureusement impossible de discuter avec un mélenchonniste : ces gens-là ont leurs opinions coulées dans du béton vibré et le simple fait d’exister leur fait cracher le mot : nihiliste !

Ils savent pas trop ce que ça veut dire mais ça la fout bien : nihiliste ! Je ne saurais compter le nombre de fois où ces connards m’ont traité de nihiliste, tellement ça glaviotait dru tout récemment. Alors soit : je veux bien être un nihiliste ; s’ils le disent tous c’est que ça doit être vrai. Après tout il y a quelques années les mêmes gogols pas finis me traitaient d’anarchiste de droite

Un nihiliste selon leur fruste définition qui n’est pas celle de l’encyclopédie, est un défaitiste, un qui ne croit à rien, un démissionnaire désabusé cynique et une espèce de beauf girouette en prime. Car seuls les mélenchonnistes détiennent la Vérité VRAIE[4] et des chevilles de douze bornes de circonférence. 

J’avoue ne détenir aucune vérité sinon que c’est VRAI que je me marre comme une baleine en lisant ces foutriquets antipathiques et visqueux. Le nihiliste que je suis les emmerde correctement : vous en connaissez beaucoup, des nihilistes ravis du spectacle présent et qui croit que l’AQM − l’Accident Quantique Majeur[5] − qui vient fera le job mieux que cent mille Mélenchon postillonnant dans le micro ?

Pour conclure, je vous livre en pâture l’extrait d’un commentaire publié par Charles Mouloud hier soir : il est le reflet de la mocheté intérieure de ces gens-là… et aussi d’une irrésistible drôlerie involontaire ; enjoy :

Là, je rigole doucement, en voyant la cohorte de cette cour des miracles, encline à pourfendre les défauts de Mélenchon ( qui en a de sévères ! ), en taxant de tous les noms ses soutiens, et qui vont aller par vote « révolutionnaire » ( si, si, ce sont des gens de convictions ! ), bourrer l’urne de Hollande par deux fois.
Ils sont situationnistes ou nihilistes le matin, anti fafs l’après midi, écolos de comptoir à l’apéro et anti Mélenchon le soir.
Ils ne votent pas Chirac contre Le Pen, mais pour faire barrage à Sarko, bénissent Hollande deux fois.
De vrais dialecticiens !

Ici : CLIC

E la nave va, camarades !

  1. Ceux qui ont connu l’ex blog de campagne de DSK aux alentours de 2006 se souviennent sûrement d’un « Asse42 » fervent dévot de Royal ; voici où il en est rendu de nos jours sur son nouveau blog : CLIC []
  2. François Hollande. []
  3. Qui n’était pas encore devenu Ubu89. []
  4. Les majuscules font allusion à ce billet du Yéti : CLIC []
  5. © Numérosix []
Publié dans Déconnologie, Pilotique, Spectacle, Trouducologie | Autres mots-clefs : , , , , , , , | 1169 commentaires
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