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GRUNT !

Hache du néolithique trouvée pas loin de notre ancienne baraque - scan direct et tritouillage © Cyprien Luraghi 2010

Ventre Vide n’a pas d’oreilles, mais il a des pattes. Deux précisément, sur lesquelles il se tient debout, scrutant le vaste horizon en quête d’un rôti de mammouth.

Tête Vide résonne juché sur ses deux pattes. Deux précisément, sur lesquelles il se hisse, scrutant les parois de Lascaux, quéquette de m’as-tu-vu en avant.

Gris-de-Peur n’a que ses pattes pour détaler de son pays de guerre et de misère et tenter de trouver le bifteck ou la matraque aux grands confins; c’est selon.

Sapé de fin bleu,Tête Vide arpente lentement son domaine. Sa femelle s’extasie sur le mobilier et l’électroménager : d’époque et dans le jus, et tellement pittoresquement grottesque.

Ventre Vide et Gris-de-Peur ont construit leur cabane sous un pont pourri dans la zone pourrie d’une grande banlieue pourrie : aux grands confins, dans la vallée où coulent lait et miel − qu’ils disaient.

***

Penché sur son ordinateur portable, il rapporte la nouvelle à raison de soixante mots à la minute : le journaliste dans la salle de rédaction défend la liberté de la presse en combattant valeureusement le fin sapé Tête Vide et sa femelle en pâmoison dans la grotte de Lascaux avec son clavier-massue.

Le journaliste défend aussi les ventres vides et les romanichels : il défend tout ce qui est défendable aux grands confins, loin de son cul assis au dessus de ses pattes : sauvages voleurs de mammouths, romanichels et assimilés saltimbanques.

Une fois qu’il a fini son article sur la visite du campement de romanichels néolithiques à tags pariétaux du plus bel effet par le chef en chef à tête vide et sa greluche, il passe sa copie au Community Manager qui la cale sur le marbre électronique du pure player[1] − dont il est la cheville ouvrière − et balance la purée aux lecteurs − têtes et ventres avides :

petits ratiocinateurs disséquant les mots doctement
en peugnotant[2]  
de la pointe des dents,
et rats de cale délurés et festoyant
à s’en faire péter la panse
en faisant leurs choux gras,
de cette feuille de chou.

***

Penché sur son ordinateur portable, rat de cale romanichel fait bien du boucan en martelant le clavier aux confins fonds du fond, cliquètement résonnant comme bidons vides frappés violemment, aux tympans fragiles tout pareillement : des doctes ratiocineurs, du Community Manager, du journaliste et du chef en chef Tête Vide et de sa suite.

Qui appellent la police pour que cesse incessamment tout ce barouf et que les paisibles riverains[3] retrouvent le joli goudron nickel qui fait toute leur fierté et nappe leur sommeil de rêves dans les clous.

Ils appellent ça de la musique et font la fête jusqu’à pas d’heure. Je vous parle même pas de l’odeur méphitique de ces trous du cul qui nous pètent au nez en rigolant. On n’est même plus chez nous.

Chauffez les bulldozers, déterrez les haches de guerre : ça va charcler dans les cales. Envoyez la troupe, faut que ça gicle et que ça dégage du paysage urbain !

Voleurs de mammouths et fauteurs de prouts : out !

Grotte de Lascaux, salle de rédac’ : même combat !

***

« …le second degré et l’ironie passent, en général, assez mal sur Internet. »

Ce billet est dédié au Community Manager d’un pure player parisien qui a écrit cette monstruosité hier ici : CLIC 

 

  1. Journal en ligne. []
  2. Chichiter. []
  3. Je hais ce mot. []
Publié dans Déconnologie, Pilotique | Autres mots-clefs : , , , , , , , , , , | 648 commentaires
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