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JOYEUSES CLAQUES

Illustration originale de Pierre Auclerc - © 2011

toute guillerette
l’humanité s’éveille
s’étirant langoureusement sur le futon,
la natte, le matelas, le vieux carton,
le grabat ou le tas de gravats
c’est selon.

puis dans un élan joyeux
s’élance hors de son nid
en zonzonnant essaim,
tel que frelons.
fredonnant dans la brume à matines
au son des clarines et du tromblon.
elle peut pas s’empêcher de partir en missionnaire
l’humanité 

rétiaire et mirmillon
sabre et goupillon.

***

Quoi que plus biologique et naturel que la guerre ? La religion. Car le puissant sentiment qui nous étreint en contemplant la voûte étoilée est tout aussi profondément ancré en nos gènes, que l’envie de foutre sur la gueule du connard qu’a piqué mes cloches et mes œufs en chocolat.

Mais pourtant c’est pas bien, de foutre sur la gueule : tous les dieux sont bien d’accord sur ce point. Mais c’est pas bien non plus de chouraver les cocos chocolatés et les dieux de tous les panthéons s’entendent là-dessus aussi comme larrons en foire.

Alors on fout sur la gueule en invoquant le panthéon, qui nous octroie sa bénédiction en retour : c’est pas bien compliqué, la religion.

Évidemment, faut leur sacrifier des trucs et des machins précieux pour obtenir leurs grâces, alors j’avoue : les cloches et les œufs en chocolat, c’est moi qu’ai fait le coup ; à grands coups de canon.

***

Mais les religions n’offrent d’espoir que post-cadavérique : c’est leur seul point faible. Car les paradis pleins d’anges neuneus et de houris à la con ne suscitent pas mon émoi ni celui d’une foule de gens : nous autres mécréants ne croyons qu’aux cloches en bel et bon aloi[1] et au chocolat pur beurre de cacao[2] .

Notre seul espoir, c’est la politique. Seule la politique est capable de faire revenir les cloches avant le dimanche de Pâques et de nous gaver de chocolat immédiatement.

Le problème avec la politique, c’est qu’après avoir longuement pratiqué son culte, je ne vois de cloches que sous les ponts, claquant des dents sur des cartons, boulottant des œufs durs pendant que ça se gave à l’Élysée autant qu’au Vatican.

Alors je me suis converti à la pilotique : pas de cloches, pas d’œufs en chocolat, pas de guerre et encore moins de canons. Et pas la moindre trace d’espoir et encore moins de désespoir : la vie est belle telle quelle, point à la ligne.

E la nave va…

 

  1. Avec lesquelles on fond les meilleurs fûts de canons. []
  2. Dont on confectionne les plus fins suppositoires []
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Roger Velu s’en va-t-en guerre

Image © Sambucus 2009 - tritouillée par Cyp Luraghi« Une « bonne »guerre et ça ira mieux ; c’est un truc que j’entends de plus en plus souvent… et pas forcément sur le ton de la plaisanterie. Est-ce à dire qu’il y a de plus en plus de cons… Ça craint ! »
Al Nasr dans la discussion d’hier.

 

Bien sûr : les cons croissant au même rythme que le reste de la population, nous sommes mal barrés ; il va falloir s’organiser rapidement sinon foutu. Car ils sont non seulement la majorité, mais les tenants et les aboutissants de nos sociétés. Nous ne sommes rien face à ce flot ronflant de cons s’enflant.

J’ai toujours pensé que la normalité, c’est la folie : ainsi il est normal de faire la guerre, voyez vous. C’est normal parce que lié à notre animalité même : l’instinct de territoire et l’estomac vide, le plan sempiternel que nous trimbalons probablement gravé au tréfonds de nos gênes.

Pourtant rien de plus fou que faire la guerre, tout le monde en convient bien, fors les cons. Et encore : le con de base n’aime la guerre que sur un écran ; devant un micro ou s’il est sondé par des esclaves téléphoniques, il jurera ses grands dieux qu’il n’aime rien de mieux que la paix, dont il ignore tout, puisqu’il passe sa vie à subir sans se battre et que ça l’agite de secousses nerveuses. Roger Velu combat sa peur avec des gélules bicolores. Il compte ses gouttes comme d’autres leurs cartouches et dompte sa frayeur ennemie en saignant tant il rase les murs crépis rêche.

Tout est axé sur la guerre pour le Roger Velu occidental et comme il n’en a pas à portée,  il s’en fabrique dans sa petite tête. À la télévision il s’éclate en matant les corps basanés atrocement mutilés couverts de mouches dans les conflits lointains comme not’ Ben85 devant son match de foot, et s’étripe sur les forums de la presse-internet dans les fils de discussion traitant du conflit proche-oriental, dont les articles sortent d’ordinaire avant le weekend, augurant pour le déconnologue de bien joyeux moments de lecture.

Car le déconnologue ne va pas t-en-guerre. Il fait quelques tours d’auto-tamponneuses avec ses potes et s’achève en gros pogo. En ce faisant il réduit le Roger Velu géant à néant et arrête son char.

Net.

 

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