Archives par tag : Chant de guerre

Populus ex machina

 

Le peuple. Du Front Nationalitaire au Front Mélenchional tout le monde s’en réclame et parle en son nom. Des foules tombent en pâmoison quand du haut de la tribune des voix fortes martèlent ce mot ; et la masse vibre à son propre unisson : transe transie tétanisant alcaloïde opiat messianique espoir.

Jusqu’au prochain tour. 

Faut bien croire à quelque chose et rien de tel qu’un bon vieux magnétiseur public pour requinquer le credo pâlichon du peuple. Entre le gniaf, Murène Lapine et le Chon, le peuple a retrouvé ses couleurs ces derniers temps : il est servi copieusement et rote d’aise. 

Quelle connerie, franchement : le peuple. Senatus populusque romanus tant qu’ils y sont, les harangueurs populiques contemporains, poussant la beuglante enchanteuse qui incitera leurs sectateurs à glisser petit bulletin dans l’urne afin de les installer pour un bail dans les palais d’une République pure héritière des Napoléons ; comme cette devise romaine trimbalée au fil des siècles depuis la chute des Tarquins jusqu’au dernier souffle d’un empire qui lui aura fait perdre tout sens. 

Comme de nos jours la devise de la République française, hein… triste chiffe usagée suscitant l’émoi sexuel pourtant, de ses usagers ; tant peuple que tribuns agissant en son nom.[1] 

Le peuple. Logiquement, j’en suis. Pourtant j’ai pas l’impression. Enfin : ça dépend. En tant que sujet de sa très gracieuse République, ça ne fait pas l’ombre d’un doute. Comme tout citoyen déclaré à sa naissance en mairie, je sacrifie à ses dieux en remplissant des formulaires administratifs abscons régulièrement, et en raquant un max de taxes. 

Pour le reste, nul ne m’en fera démordre : je ne suis pas du peuple. Ah que non. Quand je vois le peuple se speeder comme des mouches à la vue d’une merde au soleil sur les forums en ce moment, j’ai pas du tout envie d’être de la party. Si c’est ça le peuple : non merci. 

D’un côté t’as les gros racistes bandant pour la fille du sale vioque pété de thunes de Saint-Cloud, qui sont français de peuple exclusivement, et de l’autre les gardiens du temple de la Pureté Écarlate du Chon. On connaît les premiers par cœur : inutile de s’étendre sur leur pestilence de charogne, dont le gniaf en bon clébard, s’est imprégné en se vautrant dedans, enivrant le reliquat de ses troupes suivant son sillage jusqu’à la noyade finale dans la fosse septique de l’enfer brun. Bon débarras. 

Je ne parlerai pas des socialos, ni des écolos : ceux-là n’emmerdent pratiquement personne sur aucun forum. Difficile d’adopter une attitude fanatique ou dévote en écoutant François Hollande causer dans le poste, il faut dire. Idem pour la vaillante Eva Joly qui fait tout pas bien comme il faudrait, même que je trouve ça impeccable comme attitude. 

Et il y a les mélenchouinistes : je ne les trouve pas mieux que les fafs de la Murène, autant le dire tout de suite. Je ne suis pas de leur peuple : c’est clair. Eux ils sont le peuple ; pas les autres. Le peuple qui va casser la gueule au grand capital et faire la Révolution, non mais ! Le peuple mené par le camarade Merluchon qui veut la VIe République à lui tout seul. Le peuple de Gauche pur et dur. 

Paraîtrait que le Chon parle en mon nom : qu’il aille se faire foutre. Je ne veux pas de sa parole d’intercesseur : elle pue la mort. C’est pourquoi je tiens tant à ne pas être du peuple. Moi je suis du petit populo, d’abord. Celui sur lequel crache la vilaine troupe de nervis stalinoïdes du Chon ; du populo qu’il méprise de toute la puissance de son cynisme cinglant de gras bourgeois… Ah oui c’est un brillant orateur : digne successeur de tous les tribuns populistes de tous les temps, qui ont toujours mené les braves gens droit à leur perte. 

Faut surtout pas leur coller la sinistre réalité en face, au idolâtres de ce tigre de papier. Faut pas leur parler de la posture indigne et colonialiste du Chon sur le Tibet : ça les emmerde autant que les national-frontistes quand on leur cause des idées de Faurisson sur les chambres à gaz des camps de la mort nazis. Si leur gourou caractériel soutenait comme il le fait pour la dictature chinoise, le gouvernement d’extrême-droite israélien actuel, en traitant les Palestiniens de la même manière que les Tibétains, comment réagiraient ses sectateurs, si je défendais le droit à l’auto-détermination de cet autre peuple colonisé sur un forum ?

Est-ce qu’ils me railleraient en me traitant d’islamofasciste à la solde du Hamas, à l’instar de ce « réincarnation du dalaï-lama » dont m’a gratifié le Yéti d’Ubu89 hier ici : CLIC, ou TienTien aujourd’hui ? Ayant appris ce qu’ils valent − de la merde brune −, je pense qu’ils seraient tout à fait capables de réitérer leurs vilenies quel que soit le peuple opprimé défendu, tant leur fanatisme haineux les obnubile. Seule importe la satisfaction de leurs bas instincts, et de boucler la gueule au dissident. C’est ça, la voix du peuple : abaisser, avilir, blesser, humilier… et se sentir forts ; tous ensemble, tous ensemble, ouais ! ouais ! Exactement comme une bande de skins démolissant le portrait d’un basané. 

La parole du Chon ne se discute pas : elle s’exécute. 

Je dis une chose : pour Le Pen, les chambres à gaz sont un détail de l’Histoire. Pour le Chon, le massacre du peuple tibétain est un détail de l’Histoire. Logique : ces deux vils personnages ont en commun d’être ultra-réactionnaires et nationalistes. 

Le peuple du Chon et de Le Pen : au cul !
Le populo sinon rien ! 
Le cœur est à gauche et la gauche sans cœur n’est que charogne. 

Je dédie ce billet au noble et vaillant peuple tibétain.

E la nave va…

  1. [han ! han!] []
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Le point de dégelée

 

Ça se craquelle sous la semelle et fond entre les doigts : ronces et chênes feuillés secs tête baissée dans le bois, j’avance en n’y voyant goutte lunettes embuées et branches qui dégouttent. 

Sur le pré passé la lisière c’est débâcle et gadoue au programme. Après m’être copieusement gelé les arpions je suis partant pour la glissade sous le fade soleil de pluviôse  : le grand bon vent d’autan va nous sécher tout ça en moins de quatre jours d’ici peu et il en profitera pour chasser les miasmes élyséens, au temps des cerises. 

Le temps est venu de tomber les caleçons longs et les sales cons dans la foulée, camarades !

E la nave va…

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Le Perçant

 

Dans les traditions militaires et estudiantines, il y a le Père Cent[1] : quand l’appelé ou l’apprenant voyait enfin le bout du tunnel après un long et pénible parcours du combattant. Plus que cent jours à tirer, d’où ce beuglement collectif retentissant dans les chambrées des villes de garnisons : « Cent jours au jus[2] , camarades ! »

Clameur suivie d’orgie ponctuée de grands « La quille, bordel ! » : cette quille des légendes colportées qui est à la fois la trique retrouvée après de longs mois de rata au bromure[3] et le nom de ce navire tant attendu par les bagnards de Cayenne, venant les rapatrier en métropole à la fin de leur temps de pain amer. 

***

Peu importe la véracité de ses origines : la quille est à portée de main, vaillants déconnologues… dans cent jours le gniaf sera éjecté manu populari  et on tient le bon bout, vu comment il est mal barré face à Goudadur[4] et à part notre ami Hulk, tout le monde s’en réjouit sur l’Icyp. 

Alors bon : déjà nous ne sommes ni des lycéens ni des troufions, et l’Icyp n’est pas une caserne reniflant la vieille chaussette de garçon négligé. Et pendant les bientôt cinq ans du règne du gniaf, nous n’avons jamais ployé l’échine face au déferlement de saloperies balancées à pleines citernes par cet homme sans qualité et son gouvernement de fumistofascistes dont certains ne dépareraient pas à la droite de Le Pen. 

Et puis nombre de déconnologues distingués − dont ma pomme − ne sont pas socialauds : pour ceux-là Goudadur n’est qu’une machine à aplatir le gniaf, et ils n’en attendent rien d’autre que de voir un homme normal mettre fin à un quinquennat de démence orchestré par un psychopathe débile. 

C’est pourquoi nous allons festoyer en décomptant les jours qui nous restent à tirer sous le règne de cette brochette d’ordures, non pas comme un régiment de misérables serfs tondus en uniforme rose abreuvés de vile vinasse, mais en continuant à faire ce que nous savons faire le mieux : surenculer ces fâcheux et pour cette joyeuse tâche, le Perçant nous servira d’axe, de pivot : de pal libérateur. 

CENT JOURS AU JUS, CAMARADES ! HAN ! HAN !

Joyeux anniversaire à Miss Peggy… e la nave va !

  1. Ou Père 100, ou Percent ou persan, cf Wikipédia : CLIC []
  2. Le jus en question, c’est le café quotidien. []
  3. Tradition militaire tombée  en désuétude consistant à assaisonner la tambouille du bidasse de bromure pour contrer les ardeurs sexuelles des bidasses. []
  4. François Hollande, dit « Goudamou » et rebaptisé ainsi par © levoisindegauche : CLIC []
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Flux continu

Une de plus, une de moins : c’est ça qu’est bien à la fin de l’année : ça sent le sapin, la bûche, la chaudière et la terre mouillée. Et les gadgets électroniques confectionnées en Chine Populaire scintillent de toutes leurs diodes luminescentes pour le plus grand plaisir des plus petits et la joie vibratile des grandes personnes au soir venu, les samedis.

C’est ça les fêtes : tout le monde offre du plaisir à tout le monde et se fait plaisir au passage.

Bon : j’ai tendance à voir ça de l’extérieur. Ayant pas mal vécu dans un pays où l’an neuf se fête quatre fois l’an[1] j’avoue m’en foutre un petit peu, de tout ce tralala de circonstance. Entre le solstice d’hiver et l’équinoxe suivant, c’est la nouba au pays des yétis. Bombance, dévotions et supplications à une infinie brochette de déités ; beaux habits et congrès familiaux.

Et puis il y a le bilan de l’année écoulée : tradition universelle s’il en est, depuis que l’écoulement du temps se mesure : à l’aube du temps des machines. La première mécanique a été celle des ancêtres de l’horloge atomique, c’est chose connue[2] : avant ça il fallait se contenter d’observer le ciel avec effroi et humer le fond de l’air dans l’angoisse en poireautant dans la caillante jusqu’à renifler enfin la première effluve des jeunes pousses dardant au soleil forcissant pour une raison ixe, plongeant la jeune humanité dans des abîmes de perplexité à intervalle régulier.

Là, les choses sont devenues simples, claires et nettes : au bout de tant et tant de temps : Nouvel An, donc bilan. Reluisant ou pas : bilan obligatoire pour tous. Nul ne doit y échapper sous peine d’excommunication. Un blogueur bloguant communique son bilan de fin d’année dans un billet spécial pour : j’ai vu ça partout sur l’internet. Où que je pousse la souris : rien que des bilans. Avec ou sans paillettes, petits cœurs animés et chatons débiles. Bilans super chiants de la presse économique ; exaltés chez les conspirationnistes pour qui c’est tous les ans la fin du monde ; consternants pour les consternés ; hallucinants pour les cinglés et tous autres bilans à l’avenant.

Quant à moi : dépôt de bilan.

Voilà : j’ai accompli le rite de passage d’un jour à l’autre. Il faut pas m’en demander plus : le grand bon vent propulse l’Icyp et chasse les miasmes du vent mauvais en flux continu, comme d’hab’. Belle et bonne routine ; doux ronron.

Je vous souhaite rien que du bon, toutes et tous : amour, amitié, de la rigolade à gaver, plein de sous, zéro gniasse pour vous pourrir la vie et l’éjection du gniaf au joli mois de mai, olé !

E la nave va…

  1. Dans la vallée de Katmandou il y a le Nouvel An des hindous, celui des bouddhistes, puis celui des Néwars et enfin le même que dans le lointain Occident. []
  2. Lire le bouquin passionnant de Daniel Boorstin « Les découvreurs » en vente dans toutes les bonnes librairies. []
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Nouvelles lumières

Il y a les mauvais côtés de la circulation globale des idées et des denrées : la gloubiboulguisation ; et puis les bons : le temps des nationalismes belliqueux vit ses derniers soubresauts, après des dizaines de milliers d’années de règne sinistre et sans conteste.

J’en vois qui ricassent : et gnagnagni et gnagnagna : discours de bisounours neuneu, et cætera. J’ai l’habitude et pour le dire tout net : si ça m’a parfois fait grommeler ce n’est plus le cas depuis longtemps. J’ai l’habitude, j’ vous dis… rodé, le mec.

Tout se casse la gueule gentiment comme au jeu de quilles et les prophètes de l’Apocalypse couinent comme des yétis châtrés, et les nostalgiques désabusés rêvent de révolutions comme dans le bon vieux temps, et de groupes terroristes vengeurs terrorisant l’oligarchie mondiale de la Banque et tout le tralala. Et ça se fout de la poire des indiniais, et ça dit que la jeunesse n’a envie de rien et n’a rien dans le ciboulot, sinon des envies d’un conformisme consternant comme me le rappelaient il y a quelques petites années, nos enfants : « papa : c’est terrible ; t’as pas idée : ils rêvent tous d’avoir une baraque à crédit, de se marier, d’avoir des mioches et un boulot à la con. Et ils ont seize, dix-sept ans ! » 

Ben oui, mais voilà : y a pas que la petite vieille France et la misérable ligue marchande européenne, dans tout ça : ailleurs, ça se bouge un peu plus le cul qu’ici : aux USA par exemple où les mouvements de protestation contre le Merdier ne font que prendre force et vigueur ces derniers temps… mais c’est pas dans les journaux français que ça en cause, parce que le pisse-copie national de base s’intéresse nettement plus aux débats néo-féministes débiles sur le scandale du bleu et du rose dans la layette, ou à la bite de DSK. Soyons Français : pensons avec le trou du cul bien resserré, et conchions le reste du monde en projetant nos crottules avec parcimonie.

M’en fous : j’ suis pas français, sinon de papiers, c’est-à-dire de rien du tout. Ça me concerne vraiment pas des masses, les débats nationaux et la question nationale me fait une belle jambe. Ce qui m’intéresse est ailleurs : ici c’est mort de chez mort ; il y a bien longtemps que les Lumières se sont éteintes au royaume de France, avec ses petits rois présidicules et ses laquais amidonnés, gardiens du temple d’une culture morte et d’une langue desséchée.

C’est ailleurs que ça a commencé à se passer et comme en 68 personne ne voit rien venir ici. Tellement ça se tripote le nombril à plein temps.

Vous le saviez qu’aujourd’hui le mouvement des 99 percent a coordonné une occupation de tous les grands ports des USA ? Lisez ça (en anglais) : CLIC, et ça : CLIC… quelques minuscules exemples de de qui est parti de ce petit blog de rien du tout : CLIC.

Et ce qui se passe aujourd’hui n’est qu’un petit début… mais un bon début : celui de l’anéantissement d’un système barbare d’une rare sauvagerie, qui au lieu de faire profiter l’humanité des bienfaits du progrès, l’a avilie, maintenue dans la servitude et sucée jusqu’à la moelle : une idéologie tout aussi mortifère que le nazisme et le stalinisme est à l’œuvre et il s’agit maintenant qu’elle est clairement identifiée, de l’anéantir.

Et ce n’est certainement pas avec les idées venant des siècles morts ou de cultures défuntes comme celles du vieux monde que ça marchera, mais avec les nouvelles lumières qui s’allument de partout jaillissant des esprits déliés.

E la nave va !

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