Archives par tag : Chant de guerre

Idées grises

Cailloux arrangés par François Deloncle

C’est elles qui nous foutent tout en l’air, et les chocottes, et aussi nous rendent plus futés en cherchant à y échapper. Et là, tous les moyens sont bons. Avant qu’à force de broyer du noir elles nous fassent sombrer dans le trou sans lumière, proie des ombres pesantes.

***

Elles m’arrivent parfois comme à tout un chacun, bien entendu. Mais je me laisse pas faire. Ne jamais croire qui dit : c’est impossible d’y échapper ; tu n’y couperas pas. Mentalité de serf, ça. Et de nos jours l’auto-esclavage est très à la mode : partout je n’entends que jérémiades, lamentations et ego-apitoiement : l’indignation larmoyante remplit les unes des vilains canards de l’internet et les témoignages − plus bidons les uns que les autres − suscitent des masses d’émois imbéciles. On se croirait à la messe : le journaliste et le chroniqueur ont remplacé le curé en chaire, et ça nous serine du sermon lénifiant à longueur de tribunes.

Y en a ras le cul de ce macabre cinoche, je dis.  

Debout ! les damnés de la télé !
Debout ! les lapins de clapier !
La déraison secoue les canapés,
C’est l’évasion des lapins.

Être possédé par les idées grises, c’est l’assurance de devenir aussi gris, moche et creux qu’un parpaing. Aller de l’avant droit devant sans se soucier de l’impossible imposé par la norme des biomormons, qui sont mes ennemis jurés. 

En partant d’un commentaire de Konstadt sur le fil précédent : CLIC

Note : je ponds ce micro billet à l’arrache vu les circonstances : depuis une semaine j’effectue de très gros travaux dans le moteur de l’Icyp ; lire ici : CLIC. Les suivants seront plus roboratifs. 

Ouf… e la nave va !

Publié dans Pilotique, Spectacle, Trouducologie | Autres mots-clefs : , , | 1378 commentaires

INSTINCT GUÉGUERRE

Pare-brise à Kaboul - Photographie © EulChe - tritouillage : Cyprien Luraghi 2012

Peace and love c’est bien joli.

En attendant la population s’accroît plus que de raison et ça commence à s’entrechoquer les coudes, dans la foule mondiale. Sept milliards : ça en fait, des masses impopulaires. Faudrait voir à y remédier, sinon on va finir par ne plus aimer notre prochain que sous forme de rillettes, vu qu’il n’y aura plus rien d’autre à tartiner sur la baguette. 

Un vivant, un mort : pas compliqué.
Un ventre vide égale un ventre plein.

Les temps qui courent requièrent la simplicité : le complexe n’est plus de mise. La tuyauterie est encombrée de déchets gras et la fosse déborde ; ça pue.

Faut dégraisser de toute urgence.
Écoper le trop-plein,
purifier, rafler, éradiquer,
bien racler.

Éliminer le superflu pour qu’à nouveau le fluide puisse couler librement dans notre espace vital. Chacun reconnaîtra le sien et les dieux feront le tri à l’arrivée du plus sanguinaire convoi mortuaire depuis l’aube des temps du singe debout. Il n’y a d’autre solution que la finale : la guerre des guerres. Après elle il n’y en aura plus : toutes précautions seront prises pour pas que ça recommence : capote anglaise ou militaire, point-barre : sinon t’auras plus qu’à numéroter tes abattis.

Aux armes, les citoyens n’ont malheureusement pas assez accès : avec une kalachnikov pour soixante-six péquins,[1] et oublions les bombinettes et autres gaz à nuisibles : ça gâte la marchandise. Va falloir y aller à l’arme blanche. Hache et machette de rigueur, faute de précieuses munitions d’assaut plus efficaces, à balles réelles. 

Dès demain ça va être la fête des voisins : je commencerai par celui de gauche et comme ça ne suffira pas à éclaircir mes rangs, je truciderai mon voisin d’en face dans la foulée. Enfin… peut-être pas : il est boulanger et sans baguette j’aurais l’air fin avec mon baril de rillettes et mon coupe-coupe.

Mais trêve de chichis : taillons dans le lard de l’humanité sans se prendre le chou, elle ne s’en portera que mieux après coup. Éliminons la surpopulation.

Salut voisin. Couic.

Le titre de ce billet est de T0rdrelordre − lire dans le Lexique

E la nave va… 

  1. Cent millions d’AK-47 ont été fabriquées depuis son invention en 1947. []
Publié dans Déconnologie, Pilotique, Spectacle | Autres mots-clefs : , , , , | 1478 commentaires

Mise en boîte

 

Les vieux sont d’un âge avancé et les jeunes avancent en âge, de concert. Parce qu’il ne faut plus dire vieux, mais senior ou personne d’âge avancé dans la langue nouvelle, sans cesse renouvelée par des commissions créées pour notre plus grand plaisir, citoyens. Pendant ce temps-là tout le monde avance en âge, même les bébés. 

Le franc-limaçon aussi avance, glisse et s’immisce caparaçonné suant mucus sur sol sec, à défaut de rosée sur mousse. Et suce le suc aux joubarbes, tire les poils des pattes aux barbus et râpe de sa langue le duvet des velus, leur amollissant le cuir. 

Le franc-limaçon est une espèce d’anarchiste à part. Un anar dont les anars de gauche disent qu’il est un anarchiste de droite et que les anars droitistes définissent comme anarchiste hippie. Donc de gauche forcément… le hippie étant l’espèce la plus universellement méprisée avec le zazou. Dont il est l’héritier direct, fors l’accoutrement. Or donc pour trancher cette interrogation provoquant tant de céphalées chez les emboîteurs forcenés cartésiens en diable, je décrète le franc-limaçon comme étant un anar centriste. Comme ça les emboîteurs seront heureux de pouvoir nous coller dans une boîte avec une étiquette dessus. S’ils ne peuvent pas emboîter, étiqueter et ranger sur des étagères ils sont malheureux comme des pierres et deviennent très méchants, voire fous comme des lapins. Ce que nous ne voulons pas, car les anarcentristes de la franc-limaçonnerie ne désirent qu’une seule chose : le bien de l’humanité. Notre seul ennemi étant l’inhumanité, laquelle se manifeste malencontreusement dans bien trop de carapaces à formes humaines. 

Le franc-limaçon est majoritairement un bobo [1] , aussi. Enfin : c’est les emboîteurs qui disent et il ne faut surtout pas les contrarier sinon ils échouent invariablement sur Overblog où ils ouvrent des tas de blogs paranoïaques et conspirationnistes dénonçant le complot franc-limaçon satanopédotrotkyste bobo situationniste à la solde de la juiverie cosmopolite multiculturelle chelou[2] . Nous sommes grassement payés par le Dalaï-Lama et sa clique, tout le monde sait ça. Car le franc-limaçon est juif, mais bouddhiste renégat de surcroît. Prévoir une grosse boîte pour fourrer tout ça dedans. Mais les emboîteurs ont toutes sortes de boîtes à leur disposition et je leur fais confiance : ils sauront nous y coller… comme nous saurons nous en carapater, hé hé ;-)

Une autre illustration de Philoche se trouve ici : CLIC. Ce billet a été intégralement pondu à partir de commentaires recyclés à bilan carbone déplorable, provenant du fil de discussion précédent. 

E la nave va…

  1. Le bout de discussion qui cause des bobos se trouve sur le fil précédent, ici : CLIC []
  2. Éventuellement pro-palestinienne et pro-tibétaine, tant qu’à faire… []
Publié dans Déconnologie, Pilotique, Spectacle | Autres mots-clefs : , , , , , , , , | 1178 commentaires

KI KI SO SO LHA GYALO !

 

Trop tard : c’est pas d’heure. Avant l’heure : il n’y a pas d’heure. 

Il y a le chemin tracé et celui qui reste à parcourir, quelle que soit la voie empruntée. Souvent je compare l’Icyp à un petit navire fendant les flots de l’océan Octétique en solitaire, loin de la flotte amirale et des flottilles. Mais je ne suis un terrien et c’est sur mes deux pinces que dans une vie précédente je fendais les vagues rocheuses des montagnes de l’Himalaya.

Remonter la vallée, franchir le col et redescendre la suivante jusqu’au prochain pertuis ; s’exposer au danger car si les monstres abyssaux n’existent pas que dans l’esprit des marins, les démons de la tempête ne sont pas chimériques dans la tête du montagnard : ils prélèvent leur quota de vivants et les envoient bouffer les pissenlits par la racine régulièrement. 

C’est pourquoi il convient de ne pas fanfaronner face aux éléments naturels : ils sont considérablement plus puissants que nous autres, misérables voyageurs. 

Il aura fallu cinq ans pour remonter cette vallée sinistre peuplée d’aborigènes hostiles et odieux : demain j’ignore ce qui m’attend sur l’autre versant. En attendant je profite de mon petit bonheur : passé le dernier raidillon dans les éboulis noirs, le replat herbu est agréable à la semelle de mes croquenots et le sac paraît soudain plus léger, comme l’air ténu dans lequel baigne le torrent déboulant. 

Comme à chaque sommet de col, je pousse la beuglante joyeuse : KI KI SO SO LHA GYALO ![1]

Demain ce sera le premier alpage, et le premier lait de la première dzomo[2] et puis après la première pause : en route.

E la nave va…

  1. En Tibétain : « Les dieux ont vaincu ! » []
  2. Hybride yak-vache, cf Wikipédia []
Publié dans Humain, Inde, Pilotique, Spectacle | Autres mots-clefs : , , , , , | 1542 commentaires

Populus ex machina

 

Le peuple. Du Front Nationalitaire au Front Mélenchional tout le monde s’en réclame et parle en son nom. Des foules tombent en pâmoison quand du haut de la tribune des voix fortes martèlent ce mot ; et la masse vibre à son propre unisson : transe transie tétanisant alcaloïde opiat messianique espoir.

Jusqu’au prochain tour. 

Faut bien croire à quelque chose et rien de tel qu’un bon vieux magnétiseur public pour requinquer le credo pâlichon du peuple. Entre le gniaf, Murène Lapine et le Chon, le peuple a retrouvé ses couleurs ces derniers temps : il est servi copieusement et rote d’aise. 

Quelle connerie, franchement : le peuple. Senatus populusque romanus tant qu’ils y sont, les harangueurs populiques contemporains, poussant la beuglante enchanteuse qui incitera leurs sectateurs à glisser petit bulletin dans l’urne afin de les installer pour un bail dans les palais d’une République pure héritière des Napoléons ; comme cette devise romaine trimbalée au fil des siècles depuis la chute des Tarquins jusqu’au dernier souffle d’un empire qui lui aura fait perdre tout sens. 

Comme de nos jours la devise de la République française, hein… triste chiffe usagée suscitant l’émoi sexuel pourtant, de ses usagers ; tant peuple que tribuns agissant en son nom.[1] 

Le peuple. Logiquement, j’en suis. Pourtant j’ai pas l’impression. Enfin : ça dépend. En tant que sujet de sa très gracieuse République, ça ne fait pas l’ombre d’un doute. Comme tout citoyen déclaré à sa naissance en mairie, je sacrifie à ses dieux en remplissant des formulaires administratifs abscons régulièrement, et en raquant un max de taxes. 

Pour le reste, nul ne m’en fera démordre : je ne suis pas du peuple. Ah que non. Quand je vois le peuple se speeder comme des mouches à la vue d’une merde au soleil sur les forums en ce moment, j’ai pas du tout envie d’être de la party. Si c’est ça le peuple : non merci. 

D’un côté t’as les gros racistes bandant pour la fille du sale vioque pété de thunes de Saint-Cloud, qui sont français de peuple exclusivement, et de l’autre les gardiens du temple de la Pureté Écarlate du Chon. On connaît les premiers par cœur : inutile de s’étendre sur leur pestilence de charogne, dont le gniaf en bon clébard, s’est imprégné en se vautrant dedans, enivrant le reliquat de ses troupes suivant son sillage jusqu’à la noyade finale dans la fosse septique de l’enfer brun. Bon débarras. 

Je ne parlerai pas des socialos, ni des écolos : ceux-là n’emmerdent pratiquement personne sur aucun forum. Difficile d’adopter une attitude fanatique ou dévote en écoutant François Hollande causer dans le poste, il faut dire. Idem pour la vaillante Eva Joly qui fait tout pas bien comme il faudrait, même que je trouve ça impeccable comme attitude. 

Et il y a les mélenchouinistes : je ne les trouve pas mieux que les fafs de la Murène, autant le dire tout de suite. Je ne suis pas de leur peuple : c’est clair. Eux ils sont le peuple ; pas les autres. Le peuple qui va casser la gueule au grand capital et faire la Révolution, non mais ! Le peuple mené par le camarade Merluchon qui veut la VIe République à lui tout seul. Le peuple de Gauche pur et dur. 

Paraîtrait que le Chon parle en mon nom : qu’il aille se faire foutre. Je ne veux pas de sa parole d’intercesseur : elle pue la mort. C’est pourquoi je tiens tant à ne pas être du peuple. Moi je suis du petit populo, d’abord. Celui sur lequel crache la vilaine troupe de nervis stalinoïdes du Chon ; du populo qu’il méprise de toute la puissance de son cynisme cinglant de gras bourgeois… Ah oui c’est un brillant orateur : digne successeur de tous les tribuns populistes de tous les temps, qui ont toujours mené les braves gens droit à leur perte. 

Faut surtout pas leur coller la sinistre réalité en face, au idolâtres de ce tigre de papier. Faut pas leur parler de la posture indigne et colonialiste du Chon sur le Tibet : ça les emmerde autant que les national-frontistes quand on leur cause des idées de Faurisson sur les chambres à gaz des camps de la mort nazis. Si leur gourou caractériel soutenait comme il le fait pour la dictature chinoise, le gouvernement d’extrême-droite israélien actuel, en traitant les Palestiniens de la même manière que les Tibétains, comment réagiraient ses sectateurs, si je défendais le droit à l’auto-détermination de cet autre peuple colonisé sur un forum ?

Est-ce qu’ils me railleraient en me traitant d’islamofasciste à la solde du Hamas, à l’instar de ce « réincarnation du dalaï-lama » dont m’a gratifié le Yéti d’Ubu89 hier ici : CLIC, ou TienTien aujourd’hui ? Ayant appris ce qu’ils valent − de la merde brune −, je pense qu’ils seraient tout à fait capables de réitérer leurs vilenies quel que soit le peuple opprimé défendu, tant leur fanatisme haineux les obnubile. Seule importe la satisfaction de leurs bas instincts, et de boucler la gueule au dissident. C’est ça, la voix du peuple : abaisser, avilir, blesser, humilier… et se sentir forts ; tous ensemble, tous ensemble, ouais ! ouais ! Exactement comme une bande de skins démolissant le portrait d’un basané. 

La parole du Chon ne se discute pas : elle s’exécute. 

Je dis une chose : pour Le Pen, les chambres à gaz sont un détail de l’Histoire. Pour le Chon, le massacre du peuple tibétain est un détail de l’Histoire. Logique : ces deux vils personnages ont en commun d’être ultra-réactionnaires et nationalistes. 

Le peuple du Chon et de Le Pen : au cul !
Le populo sinon rien ! 
Le cœur est à gauche et la gauche sans cœur n’est que charogne. 

Je dédie ce billet au noble et vaillant peuple tibétain.

E la nave va…

  1. [han ! han!] []
Publié dans Pilotique, Spectacle, Trouducologie | Autres mots-clefs : , , , , , | 1337 commentaires
Aller à la barre d’outils