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Le vrai péril fasciste n’est pas celui qu’on croit.

Illustration © Pierre Auclerc - ICYP - 2013

Ah, elle n’est pas facile la vie de l’honnête homme, en France, en ce début de 21è siècle. Quand il allume sa télévision ou son internet, il apprend qu’il est menacé par le fascisme, ce qui le rend très inquiet, car il a été à l’école et il a bien compris que le fascisme c’est très vilain, les zheures sombres, et tout ça.

Mais, se demande t-il, qu’est-ce exactement que ce péril fasciste dont on me dit qu’il menace la République, mes fils et ma compagne jusque dans mes bras ?

C’est une bonne question.

On lit un peu partout, sous des plumes plus hâtives à reformuler les poncifs du voisin qu’à tenter de faire preuve de lucidité, que la période actuelle serait caractérisée par une grande confusion intellectuelle et politique. Les Sentinelles stipendiées et autoproclamées qui guettent du haut de leurs miradors le retour de la bête immonde sont formelles : l’extrême-droite conservatrice et autoritaire française est en cours de mutation en reprenant à son compte les penseurs et politiques de la gauche radicale, dans un grand mélange de patriotisme social, de socialisme capitaliste, d’anarcho-syndicalisme et d’appel à la révolution (non violente dans un premier temps). Le tout étant lié au moyen d’un délicat fond de sauce à base de populisme et de mise en cause des soi-disant élites responsables de tous (ou presque) les maux.
Ce brouet indigeste est dénoncé quasi unanimement par nos braves Sentinelles, à l’exception des plus pétochardes qui se positionnent déjà sur le créneau du TINA (il n’y a pas d’alternative, il faudra en passer par le FN pour transformer la France, hélas…). On dit ainsi sur tous les tons à l’honnête homme que ces mélanges idéologiques, cette confusion, ne riment à rien, et sont obscènes. Bref que ce n’est pas très sérieux.

Du coup, l’honnête homme se demande si cela le rassure. Il se dit que si c’est absurde, ça ne repose sur rien, et qu’il n’en sortira rien de concret à part du bruit.
Mais ensuite, l’honnête homme, qui a du bon sens contrairement à ce que nos braves Sentinelles qui le méprisent déclarent, se dit que ça ne lui suffit pas, et il ouvre un livre d’histoire qu’il a acheté pour l’occasion en 1-click sur amazon. Et il y découvre effaré que dans les années 20, le fascisme est né de la conjonction des idées patriotiques et des idées socialistes et anarcho-syndicalistes sur fond révolutionnaire.

Et tout d’un coup, il se rend compte que tout ça n’a rien d’absurde ou de confus ou de pas sérieux, que c’est au contraire très clair, et que soit les Sentinelles sont incultes et stupides, soit elles sont complices : la réalité le frappe d’évidence : le rapprochement rouge-brun en cours, celui de l’extrême-droite conservatrice autoritaire traditionnelle avec les extrêmes-gauches subversives et radicales, est le même que celui qui s’est opéré en Italie dans les années 20, et fédéré par Mussolini.

À peine remis de sa stupeur, notre honnête homme s’aperçoit que le fascisme italien n’était pas raciste. Or il observe que ce rapprochement rouge-brun conspue à longueur de journée deux populations désignées comme les ennemis de l’intérieur qui veulent saper la civilisation et le modèle républicain français : les musulmans et les juifs. Il observe que l’épouvantail des musulmans est largement utilisé pour convaincre l’électorat de droite et du centre, ainsi que l’électorat républicain soi-disant laïc de gauche. Mais, pour l’extrême-gauche, les musulmans sont des victimes ontologiques, et la République est une chienne à abattre. Pour eux, la coalition rouge-brun a donc remis au goût du jour le péril juif mais cette fois comme ennemi de l’extérieur avec sa cinquième colonne en France, ce qui fonctionne très bien sur fond de conflit israélo-palestinien en particulier.

Par conséquent, notre honnête homme en conclut que l’analogie avec le fascisme ne tient pas, puisque cette coalition rouge-brun est raciste et antisémite. Il ouvre donc un autre livre d’histoire qu’amazon lui a recommandé, et il y découvre stupéfait que cela aussi a un antécédent historique, plus au nord, en Allemagne à la même époque.

Voilà notre honnête homme tout à fait inquiet désormais. Le retour du nazisme, se dit-il in petto, ce n’est tout de même pas rien, et il n’a pas tort. Son inquiétude est renforcée par le ballet permanent qu’il observe de purs gauchistes radicaux tamponnés sur l’œuf, amis du peuple autoproclamés (démontrant par là qu’on peut se proclamer ami de ce qu’on méprise) qui prêtent attention à cette synthèse rouge-brun, la justifient par un besoin légitime de changer la société et d’écouter ledit peuple, puis basculent sans jamais l’admettre du côté obscur et s’en vont rejoindre la nébuleuse du Front National.
Avant, se dit-il, c’étaient les ouvriers et les employés qui faisaient défection du Parti Communiste pour aller grossir les rangs des électeurs FN, ce n’était pas bien grave. Mais désormais, ce sont des intellectuels (souvent autoproclamés), des leaders d’opinion, qui font ce même mouvement. Voilà qui est plus inquiétant, d’autant qu’il est difficile de faire la différence entre les opportunistes qui vont à la soupe (eh oui, le PCF, le NPA, l’altermondialisme, pour faire carrière, c’est compliqué), et ceux qui y croient vraiment.

Mais notre honnête homme prend du recul, car il n’est pas dos au gouffre encore, il peut se le permettre. Et que constate t-il ?
Il constate que dans son entourage, les gens qui se disent de gauche qui prêtent attention à cette coalition rouge-brun sont tous, sans exception, des gens sans colonne vertébrale intellectuelle, sans convictions ancrées, qui baignent dans un relativisme délétère selon lequel tout se vaut, et qui pour la plupart vivent de grandes frustrations personnelles dans leur vie. Il en parle avec ses vrais amis, et il constate qu’il en va de même partout.
Du coup, le voilà un peu rassuré de constater que la mouvance rouge-brun est largement une affaire de médiocres et de ratés. Il constate aussi que de très nombreux intérêts privés n’ont rien à gagner à l’arrivée au pouvoir d’une telle coalition rouge-brun. Son livre d’histoire lui montre que la quantité des déclassés et des désespérés est beaucoup plus faible (quoique trop importante) dans la France d’aujourd’hui que dans l’Allemagne et l’Italie de l’entre-deux guerres, grâce à un système redistributif aussi performant qu’il est onéreux.
Il en conclut que ce pays est encore armé d’un solide bon sens, que des anticorps nombreux et puissants existent, et que personne n’est prêt à lâcher ses intérêts particuliers ou corporatistes pour une quelconque aventure.

Notre honnête homme se rassure donc. La mouvance rouge-brun, et le FN, ne prendront donc jamais le pouvoir. Ils vont certainement causer des perturbations diverses et variées, mais cela n’ira pas au-delà et ne sera pas bien grave in fine.

Mais il reste quand-même un peu inquiet. Tout de même, 25% du corps électoral qui vote pour la haine, on ne peut pas être complètement rassuré.

Et ça tombe bien, car une autre mouvance bien plus puissante et bienfaitrice est là, qui a pensé à tout pour le rassurer et lui garantir une vie heureuse.

Dans le temps, la République était paternelle. On ne rigolait pas tous les jours, et l’autorité était l’autorité et on lui obéissait dans les domaines jugés importants où elle voulait qu’on lui obéisse. Pour le reste, Pompidou disait « n’embêtez pas les Français ».
C’était une époque insupportable, intolérable, où tout un chacun pouvait mal se conduire en toute impunité. On pouvait nuire à sa santé, ne pas manger cinq fruits et légumes par jour, se tuer à 200 sur l’autoroute sans mettre sa ceinture, cultiver son cancer du poumon en fumant des gitanes sans filtre, etc.
On peut toujours faire tout ça en 2014 d’ailleurs, mais ce qui a changé, c’est qu’à l’époque, la société et le gouvernement disaient : « tant que ça ne nuit qu’à vous, c’est votre problème, vous êtes un adulte responsable, on vous a prévenu des risques ». C’était le gouvernement paternel.

Maintenant c’est différent. On veut nous empêcher d’avoir ces comportements « déviants ». On édicte des normes de vie qu’on nous somme de respecter, et pas seulement pour préserver notre capital santé comme ils disent. Mais aussi parce que ces normes représentent la nouvelle morale publique que les gens autoproclamés raisonnables souhaitent imposer à la population, pour faire son bien malgré elle si nécessaire. On veut interdire la cigarette électronique parce que « fumer c’est mal ». On fait condamner une exposition artistique de photo à Bordeaux au motif qu’une des photos présentait un enfant de manière équivoque, et cela au nom de la protection de l’enfance. On fait honte aux gens qui refusent de se vacciner contre une grippe imaginaire au motif qu’ils mettent en danger, par leur refus, les plus faibles. De manière générale, on édicte des normes de protection des individus contre eux-mêmes. Et on pourchasse le crime jusque dans l’art et dans la science. Un historien n’a pas le droit de dire, même preuves sérieuse à l’appui, que les bombardements de Dresde en 1945 étaient justifiés par le besoin de briser le peuple allemand et d’éviter une troisième dans vingt ans ; s’il le fait, il sera poursuivi et condamné pour apologie de crime de guerre. Etc, etc. les exemples abondent. Le dernier en date étant la pénalisation des clients de prostituées qui offre une excellente synthèse de ce que sera bientôt la nouvelle bête immonde au ventre fécond.

La vie, c’est dangereux, et c’est turbulent, et c’est imprévisible. Les gens raisonnables ont décidé que la vie ce n’est donc pas raisonnable, et qu’il convient d’encadrer tout ça. Ce qui est précieux pour eux, ce n’est pas la vie, c’est ce qu’on peut en mesurer ; sa durée, son degré de santé, son absence de traumatismes. Mieux vaut pour eux une population qui vit cinq ans de plus dans un état morose et gavée de psychotropes qu’une population qui vit vraiment, qui fait des bêtises, et qui meurt cinq ans plus tôt en moyenne.

Nous sommes ainsi passés de l’État paternel à l’État maternel. Les citoyens ne sont plus des adultes responsables qui ont à assumer leur vie et leurs choix, mais des enfants turbulents qu’il s’agit de canaliser et de mettre dans le droit chemin. Le gouvernement maternel des gens raisonnables se développe ainsi au centre de manière consensuelle. C’est l’extrême-centre de la vie politique et sociale. Et cet extrême-centrisme devient peu à peu le nouveau totalitarisme qui va asservir les gens, avec leur plein consentement, puisque c’est pour leur bien. Et comme tout totalitarisme qui se respecte, l’État aura de moins en moins besoin d’intervenir contre les déviants, puisque la pression sociale ordinaire et quotidienne s’en chargera.
Par exemple : vous faites du ski hors piste :
. L’État vous dit : si on doit vous secourir à cause de cela, c’est à vos frais, les impôts payés par les gens ne servent pas à couvrir des prises de risque insensées.
. L’Assurance Maladie vous dit : si on doit vous soigner à cause de cela, c’est à vos frais, nous ne couvrons que les risques indépendants de la volonté de l’individu.
. L’assureur vous dit : je ne peux pas vous assurer contre les conséquences d’un accident, car ma charte de Responsabilité Sociale d’Entreprise m’interdit d’encourager les comportements déviants.
. Votre voisine vous dit : vous devriez avoir honte de faire du ski hors piste et de mettre en danger les secouristes en cas d’accident.
. Vos collègues et supérieurs disent : ce gars qui fait du hors piste, comment lui faire confiance pour jouer collectif et respecter les règlements ?
. Etc. Donc vous avez le droit de faire du hors piste, ce n’est pas interdit. Mais dans les faits, si, c’est interdit parce que vous ne pouvez pas vous le permettre.

Et voilà, en conclusion, l’honnête homme a bien compris que le vrai péril « fasciste » ou totalitaire qui nous guette n’est pas la mouvance rouge-brun, ni l’islamisme radical ou quelqu’autre religion, ni le terrorisme, ni même les excès du capitalisme mondialisé. Il y a suffisamment d’anticorps dans la société, et d’intérêts privés, et de matérialisme individualiste, pour contrer correctement tout cela.
Ce qui est beaucoup plus puissant, et qui se prépare à dominer nos vies c’est l’extrême-centrisme totalitaire, et s’il n’y avait qu’une seule lutte à mener, il faudrait choisir la plus importante, c’est à dire celle-ci : la lutte contre le totalitarisme d’extrême-centre, hier rampant, aujourd’hui chaque jour plus audacieux, et demain au pouvoir si on le laisse prospérer. Les vrais fachos dangereux, c’est eux, pas les pitres rouges-bruns qui sont voués à l’échec.

L’honnête homme ne veut pas d’un État maternel, et il veut que les gens raisonnables s’occupent de leurs fesses et pas des siennes.

Aux armes citoyens !

…e la nave va…

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Poing de rupture

Illustration © Pierre Auclerc 2012

Quand rien ne va plus il faut rompre : j’ai appris ça à quatorze ans en me barrant d’une famille mortifère où tout le monde se haïssait. Après, c’était tellement mieux que j’ai continué à appliquer cette méthode plein de fois avec succès.

Longtemps j’ai haï cette famille et puis un jour je me suis dit qu’avec cette haine aussi il fallait marquer la rupture et briser le dernier maillon qui m’y enchaînait encore, tout au tréfonds : grand bien m’en a fait. Allons en paix chacun suivant nos chemins opposés et qu’à chaque pas la distance nous sépare mieux et pour de bon.

Pour le boulot pareil : quand un salaud de patron devenait trop pénible je l’envoyais chier, lui et sa boîte et son putain d’esprit d’entreprise qui est comme celui d’une famille pas choisie : une sectouille minable. Ça ne m’a pas garni le compte en banque mais qu’est-ce que c’était mieux, après coup. Je n’ai jamais perdu au change en rompant avec le doux esclavage et la paisible retraite promise au bout de tant et tant d’annuités.

Idem en toutes circonstances : est-ce que je suis un bœuf pour me laisser couper les roubignolles et ployer sous le joug ?

Alors bien entendu en faisant ainsi je ne me suis pas fait que des amis, c’était tout cuit d’avance. Les petits chefs aiment qu’on leur obéisse : c’est leur seule façon d’exister. Les collègues au boulot médisent en chuchotant sur ce chieur de première magnitude qui dit ses quatre vérités au fumier qui les exploite, ce dont ils sont foutrement incapables. Et le simple fait de porter un patronyme exige des rituels familiaux auxquels il convient de ne pas déroger, faute de quoi c’est la haine froide de tout le clan. Les Lares réclament l’autel qu’il n’y a pas dans ma cagna.

Il y a de la magie dans toutes ces ruptures, qui restent gravées profondément dans les sillons de la mémoire et resurgissent instantanément à la moindre évocation. Un sentiment d’audace, une ivresse aventureuse : quoi de plus osé que de plaquer une boîte comme je l’avais fait en 1983, à sept mille bornes de la France dans un pays −le Népal− qui était réellement au bout du monde à cette époque. Avec dix dollars en poche et pas de billet de retour. Et trouver un taf trois fois mieux payé quelques mois plus tard par un heureux hasard, sans même chercher. Et comme ça ixe fois. Et pas que pour le boulot ou la famille, mais pour tout le reste aussi. Sur l’internet par exemple. 17 ans que j’y suis en ayant rompu tout lien avec ce monde tissé de liens serrés. L’Icyp navigue seul et sans toile, se tenant à l’écart des réseaux zozios et ne régurgitant pas comme les autres, la bouillie insipide de la boîte à échos globale. Parce que j’ai rompu ces liens amarrant l’esquif au quai, aussi. C’est tellement mieux maintenant, une fois de plus.

…e la nave va !

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Au tournant

Illustration originale © Pierre Auclerc 2012 - tritouillage : Cyprien Luraghi

Au loin j’entends les éclats. L’agitation est à son comble. La frénésie s’est emparée des esprits : c’est la guerre. Alors j’ai pris le chemin des grands bois : là je suis bien. Loin du lupanar des bandes-mous et des mouilles-secs qui se foutent la peignée après avoir si longtemps courbé l’échine sous le joug : esclaves par nature et manque d’audace. Trouillards veules de tous les temps et retourneurs de vestes. Un coup pour le maréchal, un coup pour le général ; sous l’œil vide du sous officier servile et zélé. 

La guerre n’est pas mon fort : je pratique les vertus du combat non violent en alignant quelques mots qui, mine de rien, font leur petit bout de chemin sans fabriquer le mal. 

Là, je les y attendrai tranquillement au tournant. Au coin du bois. Pas pour la bourse ou la vie. Seulement les voir passer, pieds dans la boue, éclopés. Et puis je reprendrai mon sac et en avant, en avant, en avant… tout doucement…

E la nave va…

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Étoiles et toiles

Illustration © Pierre Auclerc 2010

 

Le nom brille tout là-haut et un peu plus bas, ça s’admire le nombril en faisant le beau : basses flatteries et branlette à tous les étages : c’est l’internet des blogs, à peu d’exceptions près. Stars et paillettes. Des petits cocons gluants dans une galaxie de toiles poussiéreuses accrochées aux murs lézardés du vieux monde. Avec des liens ténus et improbables sur lesquels je me déplace comme Tarzan dans la jungle, de liane en liane. 

Conclusion : le web des blogs est mort de chez mort. Et dans les blogs, j’inclus les magazines en ligne : ces fameux pure players qui ont remplacé les feuilles de choux d’autrefois, lesquelles avaient au moins le mérite de pouvoir accueillir les épluchures de nos petits légumes avant de finir à la poubelle. Un blog c’est le courrier des lecteurs en dessous de l’article, dans tous les cas. L’Icyp n’échappe que de peu à cette règle inflexible héritée d’un modèle antique et périmé qu’il convient d’achever, je le crois fermement. 

Et si l’Icyp est parvenu à être un peu à part, c’est qu’il n’est relié par aucun fil à aucune autre toile. Et que la plupart du temps, ses billets sont rédigés en partant de commentaires laissés sous le fil précédent. Ainsi celui-ci est basé sur un mot de Marina ici : clic. Le nombril, qui abrite une faune et une flore bien planquées dans un endroit un tantinet secret qu’on ne se gratte pas bien souvent et qu’on omet de récurer, et qui est à notre origine. À laquelle il est bon de revenir en la touchant du doigt, chose facile. 

Notre origine et ce qui nous tient ensemble, liés d’amitié, c’est la déconnologie. Qui n’est pas ce que ses détracteurs en disent et pensent à notre place : relire ce billet de l’Ici-Blog pour se rafraîchir la mémoire : clic

Autre chose : la déconnologie ne tisse pas de toile. Elle se balade sur celles des autres, saltimbanque et gitane. Elle n’attend rien de quiconque. Elle est partout où le vent la pousse.

E la nave va !

 

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Trompettes dans l’éther

Grues cendrées

Les yeux au ciel

Au delà de la soupe aux nuages

L’azur vibrionne en écarquillant tout grand…

 

Je me dis : le vent glacial les pousse au cul alors c’est pareil pour nous autres plantés comme des poteaux, les pieds dans la merde froide déversée à pleines charrettes par les puissantes canailles gouvernant le monde : profitons de la bise de novembre pour prendre la poudre d’escampette et faire des galipettes dans nos petites têtes pendant que les socialos enculent le populo, après que la bande à Sarko lui ait ouvert la voie. 

J’en ai pour mon argent avec ce nouveau gouvernement. De petits bureaucrates collets montés insipides grisâtres : crachin de novembre au palais. Un vrai régal de tous les sens. 

Oh, comme ils sont minables : c’en est presque émouvant, de les voir patauger dans les ornières tracées par leurs prédécesseurs, empêtrés dans leurs harnais trempés, se tortillant du fion avec leurs œillères bien ajustées, les sabots gras. 

Ah, qu’ils sont admirables, ces héros de l’idée zéro par nous élus au joli mois de mai. J’avais tant espéré voir ce fond de la pensée créative touché un jour et le voici ; et me voilà ravi, comblé d’aise : la vie vaut vraiment la peine d’avoir été vécue un bon demi-siècle pour assister enfin au parachèvement du grand œuvre des médiocres, dont la pitoyable brochette à Hollande est le couronnement. De cette sous-monarchie inavouée qu’on se farcit depuis le putsch des ronds-de-cuir et des notabliaux de 1789. 

Enfin : quatre ans et demi de rigolade et d’entartage à outrance en perspective, ça ne se refuse pas… car la crème chantilly lubrifie bien mieux la démocratie, que la vaseline du pot aux roses. 

E la nave va…

Publié dans Déconnologie, Pilotique, Trouducologie | Autres mots-clefs : , , , , , | 1448 commentaires
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