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Prout de mammouth

 

Illustration © Caporal Pancho - Cyprien Luraghi - ICYP 2017

L’atterrissage en douceur est optionnel. Voilà ce que l’individu que l’on peut contempler dans l’illustration de ce billet m’écrivait hier soir icy-même :[1] 

Cyp, pour une fois, tu voudrais pas envoyer dans le fénoménalement érotique ou l’aventure barbare pour le prochain… ? Rapport que tout ça me donne furieusement l’envie de me radicaliser dans le barbare et le sans foi…

Alors sans foi je sais faire, mais pour ce qui est du barbare, hormis mon amour immodéré pour le croquage de croupions de poulets grillés avec la graisse dégoulinant sur le menton, je sens que ça va pas être possible. Quant au fénoménalement érotique, bouaif bouaif bouaif. Faudrait déjà que l’individu portraituré daigne lui-même nous étaler ses fantasmes pourris,[2] au lieu de déléguer à son bouc-émissaire de service − ma pomme, comme d’hab’ − cette tâche pénible. 

Si l’individu portraituré est givré, ce n’est pas de sa faute : il revient d’un long périple dans les hautes sphères. Là-haut, ça caille velu. Planer à 10 000 aussi longtemps dans un Blériot XI au moulin dopé à l’éther de betteraves, ça laisse des traces. Avoir contemplé le fénoménalement barbare se répandant comme lisier de porc industriel en rivière bretonne partout sur la planète, ça refroidit grandement l’individu et pas que le portraituré. 

L’aventure érotique la plus fénoménale advient quand après avoir contemplé l’effroi du vieux monde, on laisse s’aller l’esprit en apesanteur. Loin de l’empois de la pensée réseau. Quand on parvient à imaginer seul comme un grand comment ça sera dans pas bien longtemps. Quelques petits lustres à peine. Après qu’une fois de plus, le vent mauvais de la haine aura absolument niqué les cervelles du bon peuple. Soudain devenu barbare. Mesmérisé par des gourous fuligineux. Des Trump, des Kim, du serial killer Duterte, du Vladolf Staloutine… et le maudit Modi aux Indes et Salmane le ressusciteur du choléra au Yémen, et la salope birmane prix Nobel de la mort. Tant d’autres encore un peu partout, et des pas si éloignés que ça au cœur même de la vieille Europe si bien calamistrée : Hongrie, Pologne et cætera.

Un jour, l’humanité se réveillera avec une gueule de bois historique et contemplera les murs rougis du sang qu’elle aura fait couler pendant son grand délire. Hébétée, sonnée, tétanisée. Elle atterrira enfin, s’assagira un temps et puis ça repartira plein gaz pourri comme en 40. Au casse pipe. Comme à son habitude à la con. 

 

*

…e la nav(ion)e va… !

  1. Dans les commentaires que vous autres lecteurs inconnus ne pouvez pas lire, bien fait pour vous. []
  2. Pléonasme, car il en va du fantasme comme du jeu de mot et du fromage : y a que pourri que c’est bon. []
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Un truc simple et vite torché

Illustration © Cyprien Luraghi - ICYP - 2016Année de foin, année de rien, comme disaient les petits paysans morts et enterrés depuis belle lurette. Ce printemps de merde qu’on vient de se manger, mes amis, quelle horreur. Mais bon : ça nous a fait pousser des tas de girolles car comme les morts le disaient si justement : à quelque chose malheur est bon. Délicieux, même. Rien de tel qu’une bonne fricassée de malheur.

Les morts ont leurs trompettes à la fin de l’automne dans les sous-bois et les vivants ont des girolles au printemps, surtout s’il est pourri. Ce qui fait démentir la première phrase de ce billet. Car nous vivons dans un monde absolument absurde et je vous dis pas comment c’est dur de s’en inspirer pour pondre des billets pas absurdes. Alors autant y aller franco : le plus important dans la vie c’est de faire un preum’s dans les commentaires icy, pour commencer. Du moins c’est notre Tigerbill qui le pense, lui qui ne preumse jamais malgré (ou à cause) de son âge canonique. Chacun son idéal. Celui de Caporal Pancho est nettement plus corsé : du sexe, du sang, de l’épopée, de la geste héroïque, des larmes, et à la fin, du réconfort. Voire un verre de cognac et un bon stikodon. Et il voudrait que j’écrive un billet avec tout ça dedans, notre Caporal. Il rêve tout éveillé, le pépère. Trop fatiguant à écrire, tout ça. Notre lamorille national souhaite que je parle de chaleur − humaine aussi tant qu’à faire − : le problème c’est qu’on ne la voit pas venir, la chaleur. Les chats du quartier ont beau être en chaleur dans les venelles, le thermomètre ne décolle pas. Donc ce sera pour une autre fois. Notre prophète bien aimé Numérosix aimerait que je parle de Poutine, des juifs, des antisémites, de Charles de Gaulle et du réchauffement climatique. Bien. Bien bien. Et c’est qui qui va se manger des régiments de tarés masqués surgis des culs de basse-fosse de l’internet en pleine gueule si je fais ça ? Hein ? Ma pomme, comme d’hab’. Non merci, j’ai déjà donné. Au suivant. C’est Hulk, qui souhaite un sujet sur le beau temps qui revient toujours après la pluie.

Alors mon Hulk je vais te dire. Un jour mon regretté ami Victor, héros de Coup de rouge, avait trouvé un taf de chef saucier super bien payé en Angleterre, dans le restau chic d’un club de golf pour gros rupins rosbifs. Deux fois mieux payé qu’en France. On était contents pour lui parce que cuistot en France, c’est payé des misères. Victor avait rendu son tablier et était revenu chez nous après quarante-et-un jours de crachin non-stop. Donc bon… je voudrais pas dire mais les bons vieux proverbes à la noix…

…E la nave va !

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