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La théorie des nœuds

Illustration © Paul Grély 1972 − Fonds Auzanneau - tritouillage : Cyprien Luraghi 2016 - ICYPTout juin il a plu des cordes et ça n’avait rien de théorique. Juillet qui s’achève gentiment, est le mois des nœuds. C’est indiscutable et prouvé scientifiquement. Les unes des journaux, unanimes, corroborent cette thèse audacieuse lancée dans les commentaires par ma pomme icy-même l’autre jour. Thèse ayant viré rapidou à la théorie car en temps de canicule la cervelle carbure à plein rendement, n’ayant pas à lutter contre la froidure. Le nœud régit les univers connus et inconnus de la même manière que le con nappe la planète d’une couche épaisse et uniforme. D’ailleurs entre le nœud et le con, le lien est fermement établi : en chacun de nous le con réside, prêt à bondir à la moindre occasion et quand ce con en a trop bavé, c’est à l’aide du nœud qu’il se pend au lustre pour en finir avec sa chienne de vie.

Des exemples édifiants tels que celui-ci j’en ai plein la besace. Mais ma théorie concerne le Grand Tout et c’est ainsi que le nœud n’est pas seulement la particule du con, mais aussi la force du Lien, lequel n’a qu’un rapport lointain − mais pas inexistant − avec le Rien du Tout. Le Lien est la force sur laquelle s’appuient les Francs-limaçons, dont nous sommes. Mais seuls les initiés au 62ème degré en perçoivent toutes les nuances : ceux-ci viennent s’installer à Puycity, source inépuisable de quercynol1 et havre de paix dans ce monde au pourcentage de psychos craignos s’accroissant de manière prodigieuse. Car si ces derniers temps ne sont pas les temps derniers, ça pue du cul quand même pas mal, je trouve. C’est pourquoi la force du nœud nous est indispensable. Précisément pour assurer le Lien entre nous autres bons vivants.

L’univers est une danse cosmique sur l’océan de la soupe primitive et l’Icyp un petit navire dansant dessus, cahin-caha, bien vaillamment.

…e la nave va, hips…

  1. Gros rouge de Cahors + liqueur de noix = GDB garantie sur facture. []
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Jeu de massacre

Illustration © Annie et Cyprien Luraghi 2016 - ICYP

Hier on était peinards à tailler la bavette, toute la Tribu autour d’une table en bois d’arbre, au fin fond d’une Plouquie gasconne des plus paisibles. À causer de tout, de rien et même plus. À se délecter d’un poulet de la basse-cour, à siroter des nectars et s’achever au cabécou de chez le bon faiseur.

Et puis un peu après minuit tout le monde est parti se pieuter, heureux d’avoir été si bien ensemble. Et là j’ai allumé l’ordinateur pour saluer les aminches et vérifier si tout allait bien dans la salle des machines de l’Icyp.

Et lire le journal.

Un tueur avec sa tête pleine d’eau avait fait de son camion un abattoir.

*

La paix aux vivants et aux morts innocents. La malemort aux assassins.

*

…e la nave va…

 

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Le temps qu’il fait

Népal de l'Ouest 1990 - Illustration © Cyprien Luraghi - ICYP 2016

*

autour d’un feu en bois d’arbre ou d’une table de la même essence
c’est de saison
c’est tout le temps la saison
à croire qu’il n’y en a plus
comme la jeunesse
quand il n’y en a plus il y en a encore
au fond, mine de rien
en grattant bien
petit, grand : tout le temps
en même temps
au chaud, à l’abri, ensemble
le ventre plein
on sait où on va
loin
vers l’été dehors
e la nave va

*

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Un truc simple et vite torché

Illustration © Cyprien Luraghi - ICYP - 2016Année de foin, année de rien, comme disaient les petits paysans morts et enterrés depuis belle lurette. Ce printemps de merde qu’on vient de se manger, mes amis, quelle horreur. Mais bon : ça nous a fait pousser des tas de girolles car comme les morts le disaient si justement : à quelque chose malheur est bon. Délicieux, même. Rien de tel qu’une bonne fricassée de malheur.

Les morts ont leurs trompettes à la fin de l’automne dans les sous-bois et les vivants ont des girolles au printemps, surtout s’il est pourri. Ce qui fait démentir la première phrase de ce billet. Car nous vivons dans un monde absolument absurde et je vous dis pas comment c’est dur de s’en inspirer pour pondre des billets pas absurdes. Alors autant y aller franco : le plus important dans la vie c’est de faire un preum’s dans les commentaires icy, pour commencer. Du moins c’est notre Tigerbill qui le pense, lui qui ne preumse jamais malgré (ou à cause) de son âge canonique. Chacun son idéal. Celui de Caporal Pancho est nettement plus corsé : du sexe, du sang, de l’épopée, de la geste héroïque, des larmes, et à la fin, du réconfort. Voire un verre de cognac et un bon stikodon. Et il voudrait que j’écrive un billet avec tout ça dedans, notre Caporal. Il rêve tout éveillé, le pépère. Trop fatiguant à écrire, tout ça. Notre lamorille national souhaite que je parle de chaleur − humaine aussi tant qu’à faire − : le problème c’est qu’on ne la voit pas venir, la chaleur. Les chats du quartier ont beau être en chaleur dans les venelles, le thermomètre ne décolle pas. Donc ce sera pour une autre fois. Notre prophète bien aimé Numérosix aimerait que je parle de Poutine, des juifs, des antisémites, de Charles de Gaulle et du réchauffement climatique. Bien. Bien bien. Et c’est qui qui va se manger des régiments de tarés masqués surgis des culs de basse-fosse de l’internet en pleine gueule si je fais ça ? Hein ? Ma pomme, comme d’hab’. Non merci, j’ai déjà donné. Au suivant. C’est Hulk, qui souhaite un sujet sur le beau temps qui revient toujours après la pluie.

Alors mon Hulk je vais te dire. Un jour mon regretté ami Victor, héros de Coup de rouge, avait trouvé un taf de chef saucier super bien payé en Angleterre, dans le restau chic d’un club de golf pour gros rupins rosbifs. Deux fois mieux payé qu’en France. On était contents pour lui parce que cuistot en France, c’est payé des misères. Victor avait rendu son tablier et était revenu chez nous après quarante-et-un jours de crachin non-stop. Donc bon… je voudrais pas dire mais les bons vieux proverbes à la noix…

…E la nave va !

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Marvel entête

Illustration © Pierre Auclerc - tritouillage : Cyprien Luraghi 2016 - ICYPAvoir un drôle de 11 ans auquel j’ai essayé de donner le goût du cinéma − chez d’autres c’est le foot ou le bris de vaisselle − c’est accepter ses choix, surtout que je ne le vois pas souvent. Donc, en ce moment, et pour l’été je présume, c’est animation ou super-héros, avec un peu de Star Wars dedans. Autant vous le dire tout de suite, il y a plus à manger des patates dans la tronche qu’à boire du petit lait.

Depuis que Sam Raimi s’est attelé à ressusciter Spiderman sous forme de film, avec le succès qu’on connait, d’ailleurs il a été lourdé en guise de remerciements, Marvel s’est mis en tête − oui je sais elle est facile − de ne plus dépendre des studios hollywoodiens pour nous inonder des ses produits. Alors que la vente de bandes dessinées, les fameux comics, stagne, la firme, en créant ses propres studios, fort d’un gros paquet de pognon et d’un certain savoir en matière d’effets spéciaux, enchaîne les toiles de super-héros : Spiderman, Hulk, Captain America, le Punisher, les Avengers, Thor, le Ghost Rider etc…

Et puis vint Disney et ses brouzoufs. Bon, d’un point de vue commercial, dans un monde capitaliste dominé par la culture américaine, on ne peut hélas pas faire grand’ chose contre cette machine à pognon. Nino est curieux d’un peu de tout. Il aime aller au cinéma, mais il commence à se lasser des films mettant en scène des super-héros. Faut dire que l’enchaînement des séquelles, des préquelles et des mélanges devient indigeste. Et surtout montre les limites d’un cinéma américain en manque d’idées. Remakes, adaptation de BD ou de jeux vidéo, c’est pas le top en matière de créativité. Pourtant, ça cartonne.

Un scénario ténu, beaucoup d’esbroufe, un cynisme de façade, un humour bourrin, un rythme hystérique succédant à de trop longues explications pseudo-scientifiques ou moralisatrices, des images de synthèse à foison : voilà ce qui fait office de colonne vertébrale pour chaque film. Autant dire que la patte personnelle du réalisateur − que l’on avait encore avec Raimi pour les Spiderman − disparaît derrière un cahier des charges bien fixé. Et c’est là où le bât blesse. Des personnages sont censés avoir une personnalité qui les distingue du commun des mortels après avoir subi un accident qui a provoqué chez eux une mutation, la plupart du temps, deviennent parfaitement plats, voire creux.

Le dernier avatar est le très mauvais Captain America : civil war. En gros, un homme qui a perdu femme et enfant dans les dégâts collatéraux pendant une méga-baston impliquant les vengeurs a décidé, lui aussi tiens, de la déguster froide, la vengeance. Il va donc se faire passer pour un ancien copain de Captain America qui s’est fait laver le cerveau par les Russes, mais après la chute du Mur hein, histoire de bien nous faire comprendre que méchant un jour, méchant toujours. Quel vilain ! Il va monter les héros qui sont pourtant supers les uns contre les autres. Cette trame, bien élimée, s’étend sur plus de deux heures ! Au menu : baston, sentiment de culpabilité, attentat, re-sentiment de culpabilité, re-baston, re-attentat, publicité pour des bagnoles allemandes, voyage dans quelques capitales pour montrer que du blé, on en a, méga-re-baston qui met l’aéroport de Berlin en coupe réglée − oui l’Allemagne c’est tendance −, poursuite en auto, en moto, en hélicoptère, en avion du futur pour se retrouver en Russie, où il neige bien évidemment, afin d’assister à  la bagarre finale entre Iron Man et Captain America, dans laquelle personne ne sort vainqueur, faut bien une suite ou un avatar.

Nino paye 4 euros, il a moins de 14 piges. Moi, j’ai des réducs grâce au bahut. Ceci dit, comme on se souvient de rien, disons, deux heures après la séance, on a quand même vaguement l’impression de s’être fait alléger le porte-monnaie pour pas grand’ chose. Ce genre de films d’action américains sont gangrénés par l’omniprésence du danger terroriste, qui suinte à chaque plan. Le côté patriote en plus, mine de rien, qui, au détour d’un bouclier, d’un tee-shirt ou d’une morale bien guimauvienne, s’instille petit à petit, plaisamment, c’est donc mainstream.

Chez DC Comics, c’est guère mieux. En fait, on en regretterait les Batman de Tim Burton, qui creusait dans la psychologie des personnages, des méchants en particulier. Quelques réussites, cependant, concernent les moins connus de ces super-héros dont le panthéon nous promet une palanquée de toiles − on en est à 3 productions par an rien que pour Marvel et ça va s’accélérer si ça marche − comme Ant-Man, l’homme fourmi, ou Deadpool, à l’humour lourdingue mais régressif. Et puis les deux Kick-Ass, très bons pastiches de ce genre-là. Surtout ne pas se prendre au sérieux quand on est une personne avec des pouvoirs, sinon, on devient vite sentencieux, donc chiant. Ah, une dernière chose, il y a de plus en plus de nanas dans ces productions. Dans celui évoqué trois ! Et aussi des noirs, mais par contre aucun asiatique, ce qui est un scandale quand on sait l’influence du cinoche asiatique − de Hong Kong en particulier − sur le film de baston ricain. Voilà. Que Thor veille sur vous.

…e la nave va…

Publié dans Cinoche | 6296 commentaires
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